En Littérature portugaise








titreEn Littérature portugaise
page15/17
date de publication21.01.2020
taille0.8 Mb.
typeLittérature
ar.21-bal.com > Biología > Littérature
1   ...   9   10   11   12   13   14   15   16   17

Résumé

Notre étude porte sur la relation entre le texte, la voix et le corps dans le poème « Do Mundo » de l’auteur portugais Herberto Helder, publié en 1994 et intégré aux recueils Poesia Toda (1996) et Ou o Poema Contínuo (2004). La première partie analyse l’organisation du texte, sa genèse et les modifications qu’il a subies au fil des années. La deuxième partie traite de la manifestation de la voix dans le texte et montre que celle-ci est fragmentée, à l’image du corps dont elle émane. La troisième partie suit les constantes métamorphoses du corps et démontre que le corps énonciateur du discours est en étroite relation avec tous les corps du monde. De ce fait, le poème se manifeste comme une entité de chair, voire comme une incarnation de la poésie.
Mots clés
Herberto Helder ; Do Mundo ; Ou o Poema Contínuo ; Poesia Toda; Ou o Poema Contínuo: súmula; Retrato em Movimento.

Voix ; corps ; texte ; poésie ; poème ; réécriture ; création ; habitation ; cosmologie ; rythme ; totalité ; fragment ; sujet ; objet ; érotisme ; incarnation.

1 Nous considéreons que les poèmes traduits par H. Helder font partie également de sa production poétique, vu que l’écrivain n’hésite pas à les signer comme s’il en était l’auteur. Toutefois, ces poèmes (O Bebedor Nocturno, As Magias, et les Poemas Mudados para o Português: Doze Nós numa Corda, Oulof et Poemas Ameríndios) ne sont pas intégrés dans son recueil de 2004, Ou o Poema Contínuo.

2 H. Helder n’a pas intégré toute son œuvre dans cette somme anthologique, mais a choisi d’y faire figurer les fragments les plus significatifs de sa production.

3 Deleuze, Gilles, Guattari, Félix, Mille plateaux – capitalisme et schizophrénie 2, Paris : Les Editions de Minuit, 1980.

4 « et dans toutes les lignes de marbre du poème de la naissance/ je sens la secousse », DMF, p.115.

5 « Détache-la de toi, mets-la au monde avec la puissance/ qu’elle contient. Fais la tournoyer dans le monde, tournoyer/ sous l’haleine/ comme si c’était toi, tournoyer, les pores exposés à la lumière en un périlleux/ équilibre/ - fleur et son nombril. », LPC, p. 327. Cette traduction de Le poème continu que nous utilisons comme base pour les traductions des citations de notre corpus ne contient pas tous les fragments du poème, car elle est la traduction de Ou o Poema Contínuo: súmula augmentée de quelques autres fragments choisis par les traducteurs. Ce livre rassemble les poèmes de Poesia Toda en un seul poème et écarte tous les fragments redondants. Ainsi, pour chaque vers cité non traduit par M. Carvalho et M. Montagné, nous utiliserons la traduction de C. Mérer et N. Siganos (DMF), malgré ses imprécisions.

6 « Il me fut donné une fois, le don, et je ne sais plus. », LPC, p. 331.

7 Helder, H., Ou o Poema Contínuo: súmula, Lisboa: Assírio & Alvim, 2001, p. 126. « tu te voyais rendu à la vie, toi qui l’instant d’avant,/ étais mort. », LPC, p. 347.

8 « Feuille à feuille comme on dresse un oiseau/ et l’air et l’arbre/ mutuellement s’illuminent./ L’oiseau chante, quelqu’un écoute, les choses s’assemblent/ de guingois/ dans le grand trou lumineux qui les domine. », LPC, p. 327.

9 Ricœur, Paul, La métaphore vive, Paris : Seuil, 1975, p. 11.

10 « Chaque mot recule derrière sa face cachée,/ à l’arrière de ses lignes/ jusqu’aux derniers retranchements », LPC, p. 303 et 305.

11 Helder, H., Os Passos em Volta, Lisboa: Assírio & Alvim, 2001, p. 147. « Je n’ai pas gardé un seul des papiers que j’ai remplis ; il m’importe la forme achevée de mes expériences et de leurs significations, conservée en une espèce de mémoire tendue et limpide », traduction de notre fait. Toutes les traductions de notre fait seront désormais abrégées en TNF.

12 Id., Ibid., p. 147. « Ils sont en France (à Paris ou à Marseille), en Hollande, en Afrique du Sud », TNF.

13Tanto como os outros. Muito na altura em que estava a escrever. Quase nada, agora. (…) estou voltado presentemente para outras experiências, e esse volume me parece remoto. É bom isto: uma pessoa acabar por se sentir estrangeiro àquilo que fez. É o que lhe dá lugar à auto-ironia, saúde dos espíritos sem usura. Marinho, Maria de Fátima, Herberto Helder: A Obra e o Homem, Lisboa: Arcádia, 1982, p. 61. TNF.

14 « la lèpre à la bouche. Cette lèpre qui m’empêche de parler », LPC, p. 305.

15 « Lire ce paysage de droite à gauche et vice-versa/ et de bas en haut. Sauter les lignes émues sous les yeux./ Qui lira, s’il lit, apprendra :/ quelqu’un marche sur les eaux,/ quelqu’un blanc, nu, pierre d’or dans la bouche, bras ouverts./ Les eaux traversent les miroirs. Lire à la lumière qui vient des eaux. », DMF, p. 115.

16 Helder, H., « Cinemas », Relâmpago: revista de poesia, n° 3, Lisboa: Fundação Luis Miguel Nava e Relógio d’água editores, octobre, 1998, p. 7. « L’écriture ne remplace pas le cinéma, ni ne l’imite, mais la technique du cinéma, en tant qu’art faciliteur, provoque une manière graphique de faire et de célébrer tout en rondeur. Des yeux qui contemplent et réfléchissent, les mains dans les mains en série, mouvement, montage de sensiblités, musique visible (il faut aussi écouter avec les yeux !), oh, nous marchons vers la lévitation dans la lumière ! », TNF.

17 « quand filmé le visage au séjour de lumière reste muet. », LPC, p. 345.

18 Helder, H., Photomaton & Vox, Lisboa: Assírio & Alvim, 2006, p. 141. « Le film se projette en nous, les projecteurs », TNF.

19 Id.,Ibid., p. 140. « Tout poème est un film, et le seul élément qui importe est le temps, et l’espace est la métaphore du temps, et ce que l’on narre est la résurrection de l’instant précédant immédiatement la mort, la fulgurante agonie d’un nerf qui jaillit du poème et fait surgir la vie au sein de la masse irréelle du monde », TNF.

20 « Verbe et rumeur./ La feuille halète où trace il se fonde. », LPC, p. 337.

21 Toutefois, nous insistons que poème, corps et espace sont toujours liés.

22 Helder, H., Do Mundo, Lisboa: Assírio & Alvim, 1994, p. 5. « Sont ici insérés Sceaux, Autres, Derniers, d’abord publiés en décembre 1991 dans le n° 27 de la revue A Phala, chez Assírio & Alvim, et qui devraient côtoyer Les Sceaux dans Poesia Toda, éd. 1990, car ils appartiennent à la même impulsion d’écriture et ensemble forment un cycle complet. Ils paraissent maintenant sous forme de livre et se trouvent là où ils devraient être. Du Monde, inédit, s’est constitué à partir de fragments de ce qu’il a été possible de sauver de Retrato em Movimento, ou à partir de suggestions qui s’y trouvaient çà et là, ou encore à partir d’autre chose, et appartient donc à cet ensemble grâce à des raisons poétiques évidentes, raisons d’action et de diction », TNF.

23 Maria de Fátima Marinho cite un entretien d’Herberto Helder publié dans Jornal de Letras e Artes le 25/05/1964. Marinho, M. de F., Herberto Helder: A Obra e o Homem, op. cit., p. 109, TNF.

24As várias divisões que, originariamente, compunham os dois livros (escritas entre 1961 e 1966, as de Retrato em Movimento e entre 1967 e 1968, as de Vocação Animal) encontram-se misturadas e com algumas alterações no texto de 1973. Em Poesia Toda 2 e Poesia Toda (1981) há as seguintes divisões: «As Maneiras», «Artes e Ofícios», «A Imagem Expansiva», «Os Animais Carnívoros», «Estúdio», «Vocação Animal» e «Exercício Corporal». O título «As Maneiras» não existe em nenhum dos livros e engloba a «Dedicatória» e um texto de Vocação Animal e a Introdução e um texto de Retrato em Movimento, que neste último livro é incluído numa divisão intitulada «O Escultor». «Artes e Ofícios» corresponde a uma divisão do mesmo nome do livro de 1967 – em Poesia Toda o texto VI corresponde ao I de «Estúdio» na 1ª edição. «A Imagem Expansiva» possui uma parte em itálico e outra em redondo: o trecho escrito em itálico é, primitivamente, de Vocação Animal (incluído na subdivisão intitulada «Festas do Crime»), e o escrito em redondo corresponde ao texto completo que em Retrato em Movimento se inclui sob esta designação. «Os Animais Carnívoros» pertencem a Vocação Animal, «Estúdio» a Retrato em Movimento – nesta divisão, há algumas alterações em relação à edição de 1967: os textos I e III são, respectivamente, os textos VI e IV de «Artes e Ofícios». «Vocação Animal» corresponde ao capítulo intitulado «Festas do Crime», inserido no livro publicado em 1971. Finalmente, «Exercício Corporal» é uma divisão de Retrato em Movimento. Todos os textos das duas primeiras edições se encontram em Poesia Toda, com exepção do texto I de «Festas do Crime» que não faz parte das publicações de 1973 e de 1981. Id., Ibid., p. 110, TNF.

25 Vd. p. 15.

26 Nous pensons que la notion d’intertextualité est ici préférable à celle d’intratextualité. Certes, Retrato em Movimento fait historiquement partie de l’œuvre heldérienne. Toutefois, le fait que l’auteur ait choisi de ne pas l’intégrer dans Ou o Poema Contínuo semble confirmer notre point de vue.

27 Helder, H., Retrato em Movimento, Lisboa: Editora Ulisséia, 1967, p. 13. « Il est difficile de vivre ici, de respirer, de bouger les doigts au rythme de la respiration, de regarder à travers les mouvements du corps, d’avoir un corps dans l’ombre, un nom reluisant dans l’obscure dilatation des noms. Pourtant il faut vivre, il faut marcher, en avant ou en arrière, parce qu’il existe le ferment du corps, le sang, et l’irradiation appelée jambes et bras, on est bipède, quadrupède, myriapode – on retrouve toujours ce même endroit qui a dévoré la rose cardinale », TNF.

28 « En une zone à grand-peine frayée :/ cette musique, », LPC, p. 309.

29 Helder, H., Retrato…, op. cit., p. 31. « Ce journal que je lis feuillette le silence », TNF.

30 « une brève musique décentrée », LPC, p. 327.

31 Helder, H., Retrato…, op. cit., p. 23. « Quelqu’un était parti vers des pays sonores, mais il y en avait qui s’en allaient vers des contrées d’un silence absolu. On n’en savait plus rien. On imaginait », TNF.

32 Id., Ibid., p. 25. « (…) sa passion lue ou non lue, écrite ou pas, en silence, de vive voix, debout, couchée comme le journal à la fin de son unique journée », TNF.

33 « A la main, une gerbe de lames. », LPC, p. 303.

34 Helder, H., Retrato…, op. cit., p. 18. « Il est resté un champ de grandes lames de fer, cuirasses, poumons, phallus – que des symboles de l’euphorie nocturne, de l’intelligente et terrible vague qui nous a soudain menés au fond de la nuit », TNF.

35 Meschonnic, Henri, La rime et la vie, Paris : Gallimard, 2006, p. 120.

36 « Feuille à feuille comme on dresse un oiseau (…) », LPC, p. 327. Vd. p. 24 et 57.

37 Helder, H., Retrato…, op. cit., p. 18. « Parce qu’ici habite l’arbre de vie, l’arbre pétrifié qui a donné des feuilles et une fleur dans le sommeil. Je déambule par cette nation aride et je vois les objets sauvages ; les falaises, collines, baies et promontoires intérieurs, et le silence d’une végétation abstraite, et le terrible paradis de l’immobilité. Soudain, un rapace saisit l’animal innocent, et le ciel s’enfuit loin de cet instant. Ciel de fer forgé par de petites étoiles corrosives. », TNF.

38 Helder, H., Do Mundo, op. cit., p. 46. « Une pleine cuiller d’huile », LPC, p. 321.

39 « Une pleine cuiller de miel », TNF.

40 Helder, H., Retrato…, op. cit., p. 60. « (…) Comme un oiseau qui se pose sur le chant./ Feuille par feuille, comme on construit un oiseau et son parfum tourmenté./ (…)/ Il y a un arbre vivant enseveli dans un œuf et les plumes englouties dans le sang. Il y a un arbre qui chante sa propre naissance », TNF.

41 « Et d’elle-même chaque chose revient. », LPC, p. 329.

42 Nous allons voir de plus près la création du monde dans « Do Mundo » par les quatre éléments à la troisième partie. Vd. p. 125.

43 Helder, H., Retrato..., op. cit., p. 26. « Mais il y a une partie des journaux, leur cœur, je n’en sais rien, les poumons, les intestins par où transite l’aliment ardent, une partie quelconque qui brûle le bout des doigts. Je peux imaginer que c’est par là que débute la folie. Nous sommes amenés à plonger les mains jusqu’au fond de ce feu. Nous aimons le feu. », TNF.

44 « (…) grammaire en feu, », LPC, p. 305.

45 « (…) dans ma flamme. », DMF, p. 45.

46 « (…) l’étincelle, », LPC, p. 305.

47 « parce qu’il se débonde et se brûle. », LPC, p. 305.

48 « une brève musique décentrée/ étayaient tout, avant que ne s’écoulent enfin/ souffle et feu. », LPC, 327.

49 Helder, H., Retrato…, p. 83. « Il va et vient recouvert de feuilles noires, féroce navire dans la douceur involontaire des eaux », TNF.

50 « Branchies par quoi toute lumière éclose respire,/ rose,/ la première. », LPC, p. 313.

51 Helder, H., Retrato…, op. cit., p. 63. « Une étoile sauvage courait la géographie de plomb », TNF.

52 « plutonium, l’abîme./ La lune travaillait à la vitesse de la splendeur. », LPC, p. 331.

53 « emplis d’hélium l’espace réservé à ma gloire quand je me tourne/ dans l’obscurité sous la force », OPC, p. 101.

54 Helder, H., Retrato…, op. cit., p. 19. « Le désir a ses formes, les miroirs répliquent nos formes, nos formes possèdent leurs propres formes, la connaissance retrouve ses formes. Nous tendons à nous former, à former le monde, à reformer le monde, dedans et dehors. Le monde est notre façon d’être dans le monde, et c’est nous qui avons inventé cette forme », TNF.

55 Foucault, Michel, Surveiller et punir, Paris : Gallimard, 1975.

56 « A la très-lente dans le monde. », LPC, p. 303.

57 Nous allons analyser plus profondément ces relations dans les deuxième et troisième parties ;
1   ...   9   10   11   12   13   14   15   16   17

similaire:

En Littérature portugaise iconEn Littérature portugaise

En Littérature portugaise iconLittérature : littérature générale (grand format et éditions de poche), littérature jeunesse
«pépite» dans le monde de l’édition. Cette réussite, Editis la doit à ses maisons, des maisons prestigieuses, parfois centenaires,...

En Littérature portugaise iconLittérature : littérature générale (grand format et éditions de poche), littérature jeunesse
«pépite» dans le monde de l’édition. Cette réussite, Editis la doit à ses maisons, des maisons prestigieuses, parfois centenaires,...

En Littérature portugaise iconSes poèmes, dont ‘’Le Kaya-Magan’’, et ses essais
«ngor», en ouolof (langue majoritaire au Sénégal), signifie «honneur» et s'emploie comme titre honorifique (à la façon de «Votre...

En Littérature portugaise iconLittérature : littérature générale (grand format et poche), littérature jeunesse
«pépite» dans le monde de l’édition. Cette réussite, Editis la doit à ses maisons, des maisons prestigieuses, parfois centenaires,...

En Littérature portugaise iconLa littérature épique et la littérature engagée

En Littérature portugaise iconLittérature & illustrés xixe : 21 42 histoire xixe xxe : 43 57 autographes...
«auteur(s)» : le titre et le contenu des chapitres sont manuscrits d’une écriture

En Littérature portugaise iconLittérature (en Terminale L); option Musique, option Arts Plastiques....
«Un accent particulier est mis ici sur les contenus ouverts tant sur le passé que sur l’immédiat contemporain»

En Littérature portugaise iconLittérature Editions First; Hemma; La Découverte; Langue au chat;...
«pépite» dans le monde de l’édition. Présent sur trois secteurs éditoriaux, Littérature, Education et Référence, c’est également...

En Littérature portugaise iconLittérature p. 99








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
ar.21-bal.com