Histoséminaire Pathologie Vésicale Cas n°1 et 2








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Points importants à retenir

  • Le carcinome micropapillaire, même dans une forme superficielle ou en contingent minoritaire, doit être mentionné dans un compte-rendu anatomo-pathologique ;

  • Si la musculeuse n’a pas été vue, il est impératif de rebiopsier le malade pour permettre une meilleure stadification ;

  • Le grade de ces lésions est toujours élevé ;

  • Selon l’importance de l’envahissement sous-jacent et la présence ou non d’invasions lymphatiques, il faut en informer explicitement l’urologue afin d’optimiser la prise en charge du malade, avec en discussion une cystectomie en première intention.


Références
[1] Amin MB, Ro JY, el-Sharkawy T, Lee KM, Troncoso P, Silva EG, et al. Micropapillary variant of transitional cell carcinoma of the urinary bladder. Histologic pattern resembling ovarian papillary serous carcinoma. Am J Surg Pathol 1994 ; 18 : 1224-32.
[2] Johansson SL, Borghede G, Holmang S. Micropapillary bladder carcinoma: a clinicopathological study of 20 cases. J Urol 1999 ; 161 : 1798-802
[3] Eble JN SG, Sauter G, Epstein JI, Sesterhenn IA. Pathology and Genetics. Tumours of the Urinary System and Male Genital Organs. World Health Organization Classification of Tumors, 1st ed. IARC Press Lyon, 2004, pp 89-91.
[4] Perez-Montiel D, Wakely PE, Hes O, Michal M, Suster S. High-grade urothelial carcinoma of the renal pelvis: clinicopathologic study of 108 cases with emphasis on unusual morphologic variants. Mod Pathol 2006 ; 19 : 494-503.
[5] Kuroda N, Hamaguchi N, Takeuchi E, Ohara M, Hirouchi T, Mizuno K. Lung adenocarcinoma with a micropapillary pattern: a clinicopathological study of 25 cases. APMIS 2006 ; 114 : 381-5.
[6] Kurman RJ, Seidman JD, Shih IM. Serous borderline tumours of the ovary. Histopathology 2005 ; 47 : 310-5.
[7] Maranchie JK, Bouyounes BT, Zhang PL, O'Donnell MA, Summerhayes IC, DeWolf WC. Clinical and pathological characteristics of micropapillary transitional cell carcinoma: a highly aggressive variant. J Urol 2000 ; 163 : 748-51.
[8] Mallofre C, Castillo M, Morente V, Sole M. mmunohistochemical expression of CK20, p53, and Ki-67 as objective markers of urothelial dysplasia.Mod Pathol 2003 ;16: 187-91.
[9] Comperat E. Aberrant protein expression in micropapillary bladder carcinoma. In: Virchows Arch. Springer eds.21st European Congress of Pathology, Istanbul 2007.
[10] Kamat AM, Gee JR, Dinney CP, Grossman HB, Swanson DA, Millikan RE, et al.. The case for early cystectomy in the treatment of nonmuscle invasive micropapillary bladder carcinoma. J Urol 2006 ; 175 : 881-5.

Carrefour Pathologie 2007

Histoséminaire Pathologie Vésicale - Cas n°8

(C. Mazerolles)
Cas n°8, Catherine Mazerolles

Renseignements cliniques :

Patient de 81 ans, tabagique (35 paquets-années). Episode récent d’hématurie, résection de tumeur de vessie. Néoplasie localisée au niveau périméatique droit d’allure infiltrante.
Diagnostic proposé :

Infiltration massive de la paroi vésicale par un adénocarcinome d’origine prostatique.
Description macroscopique :

Le matériel de résection pèse 6 grammes, il a été inclus en totalité au sein de 4 blocs.
Description histologique :
Microscopie 

Les fragments de paroi vésicale examinés sont massivement infiltrés par une prolifération carcinomateuse d’architecture polymorphe. Celle-ci est le plus souvent constituée de volumineux massifs mais on retrouve quelques travées, et des éléments tubulaires isolés parfois entourés d’une fente de rétraction. Sur le plan cytologique, les cellules sont monotones, cubo-cylindriques dotées de noyaux arrondis par place fortement nucléolés, il existe un index mitotique qui est élevé. Le cytoplasme des cellules est clair ou discrètement éosinophile. La tumeur infiltre massivement le chorion et la musculeuse propre. En surface l’urothélium est strictement normal ou le siège de lésions de cystite papillaire et polypoïde, il n’a pas été mis en évidence de papilles tumorales.
Immunohistochimie

L’examen immunohistochimique montre une négativité des anti-corps anti-CK7, anti-CK20, de l’anti-P63, de l’anti-cytokératine 903. Il existe une positivité focale de l’anti-PSA et de la P501S.
Au vu de ce diagnostic, ce patient a bénéficié d’un bilan clinique et biologique approprié qui a permis de retrouver un adénocarcinome prostatique (TR globalement ferme et asymétrique, PSA 55 ng/ml). Un traitement par blocage androgénique a été institué.
Commentaires
Ce cas illustre la difficulté de différencier un carcinome urothélial infiltrant d’une infiltration par un adénocarcinome prostatique. Cette situation peut se rencontrer dans deux circonstances bien distinctes.
1- Le moins fréquemment l’infiltration de la paroi vésicale va déterminer, comme dans notre cas, la symptomatologie initiale. La tumeur est souvent révélée par une hématurie, mais peut également se manifester par des signes de compression, douleur ou insuffisance rénale. Le tableau morphologique correspond à celui d’un adénocarcinome non traité dont le degré de dédifférenciation morphologique et phénotypique reste limité. La morphologie montre souvent une architecture massive avec persistance d’une différenciation glandulaire focale. La cytologie reste très monotone avec des noyaux arrondis qui montrent un nucléole central inhabituel pour un carcinome urothélial. Il existe souvent des emboles vasculaires ou des images d’infiltration périnerveuse. Le phénotype montre habituellement une négativité des anticorps habituellement positifs dans les tumeurs vésicales anti-CK7, anti CK20 (même si ces deux anticorps sont considérés comme les moins spécifiques), mais aussi et surtout de l’anti P63 et l’anti CK903 [1] et une positivité focale des anticorps spécifiques d’une origine prostatique : anti PSA mais aussi l’anti PSMA dirigé contre un antigène de membrane spécifique prostatique et l’anti P501S qui est un anticorps dirigé contre une protéine située au niveau de l’appareil de golgi et qui serait le marqueur de cancer prostatique peu différencié le plus sensible [1,2]. Ces deux derniers anticorps montreraient une spécificité plus importante que l’anti PAP encore très récemment recommandé [3,4]. La recherche d’une différenciation neuroendocrine focale peut s’avérer positive mais est moins fréquente et moins diffuse que dans les carcinomes dédifférenciés androgéno-résistants.
2. En fait le cas le plus couramment rencontré est celui d’un cancer de prostate connu et traité. Le patient est souvent sous traitement anti-androgénique depuis plusieurs années. L’antécédent est connu mais ancien, probablement plus ou moins occulté par le patient, et très souvent non mentionné par l’urologue. Par ailleurs, la dédifférenciation de ces cancers va entraîner une chute de taux de PSA qui peut faussement rassurer sur son évolution. Le plus souvent il s’agit d’un adénocarcinome dédifférencié.
La dédifférenciation est un phénomène caractéristique de l’histoire naturelle de tous les cancers prostatiques [5]. Le score de Gleason va augmenter progressivement avec la croissance tumorale et l’évolution de la maladie. Mais le traitement anti-androgénique favorise et accélère ce processus de dédifférenciation On sait en particulier que les cancers prostatiques traités par traitement anti-hormonal au long cours évoluent selon deux phases [6] :

- une phase d’hormonosensibilité pendant laquelle la tumeur initiale se modifie : petites glandes atrophiques ou travées au sein d’un abondant stroma scléro-hyalin, diminution de la taille des cellules, clarification et vacuolisation cytoplasmique, pycnose nucléaire. Il existe souvent une perte du nucléole, des foyers de métaplasie malpighienne et une stroma réaction inflammatoire [6,7].

- une phase d’hormono-résistance associée sur le plan morphologique à une accélération de la dédifférenciation tumorale, l’architecture peut devenir massive ou en nappe. Ce phénomène favorise l’émergence de certains clones de morphologie très différente : pseudo-urothéliaux, en métaplasie malpighienne, pseudo-sarcomateux, l’émergence fréquente d’une différenciation neuro-endocrine clonale ou diffuse a également été décrite mais peut ne pas être morphologiquement visible. Sur le plan cytologique on peut parfois observer un monomorphisme cellulaire et un nucléole proéminent évocateur. Cependant certaines tumeurs peuvent être le siège de zones très pléomorphes bien plus trompeuses.
Ces phénomènes de dédifférenciation dus au traitement hormonal se traduisent sur le plan biologique par une chute du taux de PSA sérique. Les cas concernés sont rarement biopsiés et donc peu décrits dans la littérature. Les rares cas documentés sont des résections prostatiques chez les patients rendus dysuriques par l’obstruction tumorale. C’est au cours de cette évolution que peuvent apparaître des lésions extra-prostatiques et en particulier vésicales ou métastatiques. Ces localisations extra-prostatiques peuvent poser d’importants problèmes diagnostiques chez des patients anciennement prostatectomisés et dont le taux de PSA est parfois très faible. L’examen immuno-histochimiques dans ces cas extrêmement dédifférenciés peut perdre toute spécificité (négativité des marqueurs spécifiques prostatiques). La cytokératine 903 et surtout la P63 paraissent être cependant des marqueurs assez spécifiquement urothéliaux [7] mais il n’a pas été décrit dans la littérature de résultats sur des séries d’adénocarcinomes dédifférenciés après hormonothérapie, les études publiées ayant été réalisées sur des adénocarcinomes prostatiques non traités [1-3]. Enfin la différenciation neuroendocrine qui peut apparaître après examen immunohistochimique dans des zones où elle n’est pas évidente morphologiquement peut aider à suspecter un cancer d’origine prostatique surtout quand les marqueurs spécifiques restent négatifs.
Dans ces cas difficiles, seule la confrontation anatomo-clinique doit permettre de rattacher ces lésions à une origine prostatique : le siège trigonal ou périméatique de la lésion, l’absence de contingent tumoral papillaire ou in situ, enfin la notion d’un antécédent d’adénocarcinome traité avec chute récente du PSA qui témoigne de sa dédifférenciation. L’enjeu de cette distinction est important. Actuellement les urologues réalisent des cystoprostatectomies radicales chez des patients de plus en plus avancés en âge. En France, ces dernières années, des cystectomies abusives pour extention d’un cancer de prostate ont été réalisées alors que ces patients relevaient d’un traitement médical.
Points importants à retenir

  • L’infiltration de la base de la vessie par un adénocarcinome prostatique est une circonstance clinique qui n’est pas exceptionnelle et qui modifie fondamentalement la prise en charge (pas de traitement radical, il s’agit d’une tumeur d’origine prostatique). Il est très fréquent que l’antécédent prostatique ne soit pas mentionné dans les renseignements cliniques (long délai entre les deux manifestations, PSA bas, tumeur non connue).

  • Il convient donc toujours d’être méfiant devant une tumeur urothéliale infiltrante dépourvue de lésions de carcinome in situ ou papillaire et rechercher des signes morphologiques évoquant une origine prostatique, monomorphisme cellulaire, nucléole….

  • Les données immunohistochimiques sont souvent utiles, positivité de l’anti-PSA, de l’anti-PSMA et de l’anti-P501S, négativité de l’anti-cytokératine 903, de la P63.

  • Les tumeurs très dédifférenciées peuvent ne pas montrer de phénotype spécifique ; la présence d’une différenciation neuroendocrine et surtout le contexte clinique vont permettre de rattacher l’infiltration à une origine prostatique.



Références
[1] Chuang AY, DeMarzo AM, Veltri RW, Sharma RB, Bieberich CJ, Epstein JI. Immunohistochemical differentiation of high-grade prostate carcinoma from urothelial carcinoma. Am J Surg Path 2007; 31: 1246-55.
[2] Sheridan T, Herawi M, Epstein JI, Illei PB. The Role of P501S and PSA in the Diagnosis of Metastatic Adenocarcinoma of the Prostate. Am J Surg Pathol 2007; 31(9):1351-1355.
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[5] Brawn PN. The dedifferenciation of prostate carcinoma. Cancer 1983; 52: 246-51
[6] Cochand-Priollet B, Leroy X, Le Cae A, Paraf F. Formes inhabituelles du carcinome prostatique et aspects après traitement. In : Vieillefond A, Sibony M, Molinié V, Camparo P, eds. Pathologie tumorale de la prostate. Paris : Elsevier, 2004. 63-75.
[7] Epstein JI, Algada F, Allsbrook WC Jr, Bastacky S, Boccon-Gibod L, De Marzo Am et al. Acinar adenocarcinoma. In : Eble JN, Sauter G, Epstein JI, Sesterhenn IA, eds. World Health Organization classification of tumours. Pathology and genetics. Tumours of the urinary system and male genital organs. Lyon, IARC Press, 2004. 178-84.


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