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2.2.3L’unité sémantique (USèm)


Le calcul des paraphrases est intéressant en cela qu’il peut fournir le degré de similarité de deux énoncés. Les paraphrases sont l’objet même du modèle senstexte. Leur calcul s’appuie sur des relations formelles entre deux unités sémantiques. Ces relations sont appelées Fonction Lexicale (FL). Bien que la déclaration des fonctions lexicales ne constitue pas l’objet principal de notre dictionnaire qui s’intéresse davantage aux opérations textesens, il reste que le Dictionnaire Intégral a pour ambition d’intégrer chacune de ces fonctions. Dans cette section, nous présentons d’abord les propriétés sémantiques des USèm en terme de fonction lexicale puis une deuxième section présentera les autres propriétés non contextuelles des USèm.

2.2.3.1Les USèm selon le modèle senstexte


Nous étudions les cinquante et une fonctions lexicales simples28 du DEC. Nous donnons la manière dont elles sont traitées dans le Dictionnaire Intégral. En cas de différence de traitement, nous expliquons les raisons de ces différences. Pour effectuer cette présentation, nous avons regroupé les fonctions lexicales de la façon suivante 29 :

  • Les fonctions lexicales de dérivation sémantique

  • Les fonctions lexicales verbales

  • La synonymie

  • Relations de collocations et termes privilégiés

  • Fonctions lexicales à valeur sémantique spécifique

  • Préposition régissant le mot clé

  • Formes exclamatives

  • Les fonctions lexicales non ou rarement autonomes

  • Fonctions diverses

  • Conclusion pour l’ensemble de cette présentation.

A ] Les fonctions lexicales de dérivation sémantique.

Ces fonctions lexicales sont au cœur des mécanismes de paraphrase du DEC. Elles font directement référence à la notion de régime de construction : ces fonctions renseignent soit sur certaines valeurs prises par un actant i soit sur les dérivations sémantiques de l’argument de la fonction lui-même (noté actant 0).

La notion de dérivation sémantique est plus large que la notion courante de dérivation morphologique : dans la dérivation sémantique, la racine de l’argument peut être changée.

Considérons S1(acheter sens X) qui est la valeur prise par tout de sujet de acheter sens X. S1(acheter sens X)=acheteur.

Dans ce cas, il y a identité entre dérivation morphologique et dérivation sémantique.

Considérons S2(acheter sens X) qui est la valeur prise par tout complément d’objet de acheter sens X.

S2(acheter sens X)={achat, marchandise, service}.

Dans ce cas, la dérivation morphologique est incapable de retourner les différentes dérivations sémantiques.

Considérons S3(acheter sens X) qui est la valeur prise par tout complément d’agent de acheter sens X.

S3(acheter sens X)={vendeur}.

En général, le complément d’agent S3, n’est pas un dérivé morphologique du mot clé.


  1. Le dictionnaire enregistre les dérivations sémantiques valables pour un mot-sens donné plutôt que les dérivations morphologiques valables pour une racine donnée.

Le dictionnaire adopte précisément cette règle.
Il convient de voir maintenant les différents cas de dérivation sémantique et la manière dont elles sont prises en charge par le Dictionnaire Intégral. Le DEC envisage deux cas essentiels de dérivation sémantique. Une première série considère des dérivations qui aboutissent à des paraphrases qui ne changent pas la structure sémantico-communicative de l’énoncé. C’est le cas par exemple de forêt gabonaise avec forêt du Gabon. D’autres aboutissent pour une même énonciation de rapports entre des objets (paraphrases) à une modification de la structure sémantico-communicative. C’est le cas par exemple avec Jacques en colère est dangereux et la colère de Jacques fait que Jacques devient dangereux.

A1 ] Les fonctions lexicales de dérivation sémantique aboutissant à des paraphrases conservant la structure sémantico-discursive.

  1. Le dictionnaire fournit les données de la transformation entre une proposition conjuguée et sa nominalisation.

La fonction lexicale associée du DEC est S0. Cette fonction retourne un nom pour un verbe-sens donné en argument.

S0(acheter X) = achat (Y), S0(éclipser X) = éclipse 1, S0(s’éclipser X) = éclipse 1.

Cela permet la transformation :

Pierre achète un œuf  l’achat de Pierre est un œuf.

Le Dictionnaire Intégral adopte une règle légèrement plus détaillée que le DEC sur ce point : il propose une différence entre action, fait ou résultat.

Action(bleuir X, Verbe transitif) = bleuissement.

Fait(bleuir, Verbe intransitif) = bleuissement.

Résultat(bleuir, Verbe) = bleuissement.

Ces distinctions peuvent parfois être déduites du type de verbe et aboutissent souvent à un même nom. Ce n’est pas toujours le cas :

ActionRésultat(tortiller, Verbe transitif) = {tortillement, tortillage}

Résultat(tortiller, Verbe transitif) = tortillon

FaitRésultat(tortiller, Verbe pron) = {tortillement, tortillage}

Dans cet exemple, la fonction Résultat retourne une valeur qui ne peut être ni une action ni un fait.

  1. Le dictionnaire fournit les données de la transformation entre une nominalisation et une proposition conjuguée.

La fonction lexicale associée du DEC est V0. Cette fonction retourne un verbe pour un nom-sens donné en argument.

V0(promesse X) = promettre (Y), V0(achat X) = acheter (Y).

Le Dictionnaire Intégral adopte cette règle en donnant l’accès aux fonctions réciproques des trois fonctions précédentes.

  1. Le dictionnaire fournit les données de la transformation entre un emploi nominal et son adjectivation.

La fonction lexicale associée du DEC est A0. Cette fonction retourne un adjectif pour un nom-sens donné en argument.

A0(école X) = scolaire (Y)

Ex : cahier d’école  cahier scolaire, région Île de France  région francilienne

Pour une même raison que dans le cas précédent, le Dictionnaire Intégral adopte une règle légèrement plus détaillée que le DEC : le dictionnaire connaît une différence entre relatif à, qui appartient à, qui est propre à, qui a lieu à, qui contient de.

  1. Le dictionnaire fournit les données de la transformation entre construction d’adjectifs et construction d’adverbes.

La fonction lexicale associée du DEC est ADV0. Cette fonction retourne un adverbe pour un adjectif-sens donné en argument.

ADV0(honnête X) = honnêtement (Y)

Le Dictionnaire Intégral adopte cette règle sous la forme DuneFaçon(A)=ADV.

DuneFaçon(judicieux X) = judicieusement (Y)

A2 ] Les fonctions lexicales de dérivation sémantique aboutissant à des paraphrases modifiant la structure sémantico-discursive.

Dans ces paraphrases, les objets qui composent la situation et leur relation entre eux sont présentés selon une organisation discursive nouvelle. Il y a modification de l’organisation discursive quand au sein d’un syntagme ou d’une proposition la tête du syntagme ou de la proposition sont changés (sans modification des rapports entre les objets présentés).

Le sanglier en rut est dangereux  le rut rend le sanglier dangereux.

  1. Le dictionnaire fournit la forme adjectivale du mot clé qui permet à un actant i du mot clé de prendre la position de tête du groupe nominal dont le mot clé était la tête.

Le DEC prévoit trois fonctions lexicales différentes : Ai, Ablei, Quali.

  1. Les modificateurs typiques pour le ie actant du mot clé : Ai

A1(mépris 1)=plein, rempli [de mépris 1]

A2(mépris 1)= couvert [de mépris 1]

Soit le mépris de Jacques pour Pierre. A1(mépris) permet :

Jacques rempli de mépris pour Pierre

Et A2(mépris) permet :

Pierre couvert de mépris par Pierre, Pierre couvert du mépris de Jacques.

Le Dictionnaire Intégral reproduit mal cette règle. Mais il nous semble que souvent les phénomènes concernés peuvent être décrits en terme de règle de transformation syntaxique qui s’appuieraient sur des informations non spécifiques à ces cas. Par exemple, pour éclipse, le DEC note :

A1(éclipse) = en [~], avec C2=vide.

L’éclipse du soleil  le soleil en éclipse.

Posons GN1=éclipse et GN2=soleil. Considérant que éclipse = S0(s’éclipser), il serait intéressant de vérifier si une transformation de GN1 de GN2 en GN2 en GN1 n’est pas vraie pour tout GN1 = S0(V ayant pour COD le sujet) et tel que GN1 est un état de GN2.

Revenons à l’exemple mépris. Mépris est un dérivé d’un verbe qui précise un état du sujet relativement à quelque chose d’extérieur au sujet. Une telle définition est aussi valable pour des verbes comme haïr, aimer, adorer, idolâtrer …Nous observons que leurs substantifs haine, amour, adoration, … supportent les mêmes transformations que celles proposées pour mépris. Aussi, il nous semble que ces transformations sont plutôt des propriétés de champs syntaxico-sémantiques particuliers.

  1. Adjectif, tel qu’il peut, tel qu’on peut le ... : Able1

Able1(peur) = peureux permet la transformation de la peur de Jacques en Jacques, peureux…

Able2(peur) = effrayant permet la transformation de la peur de Jacques pour les araignées en les araignées effrayantes pour Jacques.

Pour ces deux Able, et ces deux exemples nous avons retenu :

Relation N-->N : qui contient de (pour peureux  peur)

Relation Adj-->N : qui cause de (pour effrayant  peur)

Relation Adj-->V : qui V (pour effrayant  effrayer)

Ces relations permettent d’approcher les résultats obtenus par le DEC.

  1. Adjectif, tel qu’il entraîne Ablei avec une haute probabilité : Quali

Qual1(tromper) = malhonnête, un avocat malhonnête qui trompait...

Qual2(tromper) = naïf, un avocat qui trompait un client naïf...

Le Dictionnaire Intégral trouvera le plus souvent un lien entre les mots mis en relation par cette fonction lexicale. Pour les exemples cités, des co-activations se retrouvent aisément entre tromper et malhonnête d’une part et entre tromper et naïf d’autre part. Mais ce lien n’est pas encore associé au régime du mot clé et donc ne peut pas être utilisé pour effectuer les opérations de paraphrase prévues ici par le DEC.

  1. Le dictionnaire fournit la forme adverbiale du mot clé qui permet à un actant i du mot clé de prendre la position de tête de la proposition dont le mot clé était la tête.

Adverbe, adverbe typique du ie actant : Advi

Adv1(joie) = avec [joie]

La nouvelle a causé une grande joie à Marie  Marie a pris la nouvelle avec joie.

De même, ces fonctions semblent très dépendantes de la nature syntaxico-sémantique de certains noms comme joie, chagrin, tristesse … Quelques cas isolés sont enregistrés dans le Dictionnaire Intégral.

  1. Le dictionnaire fournit les noms typiques des i actants du mot clé.

Noms typiques pour le ie actant du mot clé : Si30.

S1(crime) = criminel

S2(crime) = victime [du crime]

S1(acheter) = acheteur

S2(acheter) = marchandise

S3(acheter) = vendeur

S4(acheter) = prix31

Pierre a pour profession d’acheter du bois exotique  Pierre est acheteur de bois exotique.

Le Dictionnaire Intégral prévoit :

acheteur  personne qui V(acheter)

marchandise  ce qui est V(acheter)

vendeur  personne qui V(vendre)

  1. Le DEC fournit les noms typiques des circonstants du mot clé

Ces fonctions sont essentiellement Sinstr, Sloc, Smod, Sres (32).

Nom typique pour le circonstant de l’instrument : Sinstr

Sinstr(peindre)=pinceau, brosse, Sinstr(raboter)=rabot

Nom typique pour le circonstant de l’instrument du lieu : Sloc

Sloc(lutter)=arène [de la lutte], Sloc(bataille)=champ [de bataille]

Nom typique pour le circonstant de l’instrument du mode : Smod

Smod(écriture)=écriture, Smod(marcher)=démarche

Nom typique pour le circonstant de l’instrument du résultat : Sres

Sres(copier)=copie

Nous ne retenons pas ces propositions pour le Dictionnaire Intégral sous la forme proposée qui nous paraît souvent soit en redondance d’une autre fonction soit d’interprétation ambiguë. Le Dictionnaire Intégral utilise néanmoins certaines de ces relations.

Sinstr est reproduit par une relation qui indique que le générique du verbe clé associé spécifié par une relation instrumentale à un instrument retourne ce verbe clé : GenV+CCmoyen

GenV+CCmoyen (raboter)=rabot ; par ex. {user, lisser…} au moyen d’un rabot = raboter

Sloc, Smod et Sres sont généralement reproduits par l’organisation générale du Dictionnaire Intégral qui permet à partir d’un terme générique comme lieu associé à un spécifieur comme lutter d’obtenir les spécifiques pertinents :

Spec(lieu / lutte) = arène ; Spec(manière / marcher) = démarche ;
Spec (résultat / copier) = copie


Quand, premièrement, le verbe n’a qu’une valeur possible en terme de lieu, manière ou de résultat, et que, deuxièmement, le verbe est défini par ce complément (c’est le cas avec raboter), les relations GenV+CClieu et GenV+CCmanière peuvent être utilisées pour modéliser le sens du verbe.

B] Les fonctions lexicales verbales.

  1. Le dictionnaire retourne le verbe support de l’actant i du mot clé.

Le DEC prévoit des fonctions lexicales qui retournent des verbes neutres sur le plan sémantique. Il s’agit des fonctions lexicales Operi, Funci et Laborij. D’autres fonctions retournent des verbes avec un apport sémantique. Ces fonctions sont : Reali, Facti et Labrealij.

B1] Les fonctions lexicales verbales sans apport sémantique.

Verbe sémantiquement vide qui prend comme sujet le pronom impersonnel il ou l’un des actants du mot clé et le mot clé comme son complément d’objet principal  : Operi

Oper0(vent) = faire [du vent]

Oper1(conseil) = donner ; Oper3(conseil) = recevoir 

Oper1(examen) = faire passer ; Oper2(examen) = subir avec examen par qqn (actant 1) de qqn (actant 2) en qqch (actant 3).

Oper1(attention) = faire ; Oper2(attention) = attirer avec attention à qqch (actant 1) et attention de qqn (actant 2)

Le Dictionnaire Intégral connaît et reconnaît faire du vent et faire attention comme locution verbale. Pour ces locutions, comme membre d’une expression, faire est bien un verbe vide. Mais les autres exemples posent problème. Considérons par exemple Oper1(conseil) = donner. Dans cet exemple, le premier actant de conseil est conseilleur. Un conseilleur donne : il ne nous semble pas que donner soit vide. De plus, prodiguer serait aussi un bel exemple de collocation de conseil dans un français soutenu.

Verbe sémantiquement vide qui prend le mot clé comme son sujet grammatical et un de ses actants (s’il y en a) comme son complément d’objet principal : Funci.

Func0(pluie ) = tomber

Func1(examen) = être effectué ; Func2(examen) = être passé avec examen par qqn (actant 1) de qqch (actant 2) en qqch (actant 3).

Func2(liste) = contenir, comprendre, avec actant 1 = Adjectif et actant2 = de GN : la liste rouge des abonnés  la liste rouge comprend des abonnés

Si Funci représente une locution figée, le Dictionnaire Intégral fournit Funci. D’une façon générale, le terme de mot vide nous pose problème. Il faut se demander en quoi contenir dans la liste contient des adresses est un mot vide. Est-ce parce que d’une part, l’on peut construire une phrase assez voisine comme une liste d’adresses où de serait considéré comme un mot vide et que, d’autre part, une relation de contenant à contenu existe déjà dans le mot liste ?

Prenons aussi l’exemple de Func0(pluie ) = tomber. Mel’cuk (1992, p. 120) note pour cet exemple qu’en russe la pluie ne tombe pas mais va ou marche. Nous admettons parfaitement cette remarque pour ce qu’elle a de savoureux dans la comparaison du russe et du français. De plus, la remarque montre clairement que l’expression des actions particulières à la pluie ne sont éventuellement ni triviales ni prédictibles dans une langue donnée. Mais cela n’induit pas la notion de verbe vide (dans l’opération textesens). Au contraire, considérant que la pluie agit sur un plan ontologique, l’exemple montre que pour traduire cette action en langue, un dictionnaire ontologique ne peut pas manquer de traiter ce fait de langue si particulier. Dans une liste reportant les verbes d’action de la pluie, le français pourra placer tomber et le russe aller ou marcher. De plus, le français pourra toujours reprendre le tomber ordinaire (Jean tombe) du français, car assurément la pluie ne monte pas, elle descend, et évidemment va.

verbe sémantiquement vide qui prend le nom de l’actant i comme son sujet grammatical, le nom de l’actant j comme son complément d’objet principal et le mot clé comme son deuxième complément d’objet : Laborij

Labor12(horreur) = avoir en [horreur], avec actant 1 = de GN et actant 2 = pour qqch : l’horreur de Marie pour les araignées  Marie a en horreur les araignées.

Le dictionnaire reconnaît l’expression avoir en horreur. Le dictionnaire prévoit d’enregistrer un lien entre horreur et avoir en horreur sous la forme d’une nominalisation particulière.

B2] Les fonctions lexicales verbales avec apport sémantique.

Verbe ayant le sens réaliser qui prend le mot clé C0 comme son complément d’objet principal et le nom du ie actant de C0 comme son sujet grammatical : Reali

Real2(examen) = réussir avec examen par qqn (actant 1) de qqch (actant 2) en qqch (actant 3).

Real1(piège) = tendre ; Real2(piège) = tomber avec de qqn (actant 1) à qqn (actant 2).

Real1(problème)=résoudre avec de qqn (actant 1) en qqch (actant 2)

Par inférence, les isotopies33 du Dictionnaire Intégral permettent de déterminer des liens (sans les justifier) entre le mot clé et le verbe pointé. Cependant le dictionnaire ne permet d’obtenir ces verbes et donc ne permet d’envisager ces transformations.

Verbe ayant le sens réaliser qui prend les deux actants de la situation comme son sujet grammatical et son complément d’objet principal, et le mot clé C0 comme son deuxième complément d’objet : Labrealij

Labreal12(ordre)=contraindre [par un ordre] avec de qqn (actant 1) à qqn (actant 2) :
L’ordre du maton aux prisonniers  le maton contraint les prisonniers par un ordre.


Même remarques concernant le Dictionnaire Intégral.

Verbe ayant le sens se réaliser qui prend le mot clé C0 comme son sujet grammatical principal et le nom du ie actant de C0 (si C0 a un actant) comme son complément d’objet principal : Facti

Fact0(soupçon) = se confirmer

AntiFact1(mémoire) = trahir, Fact2(mémoire) = garder, retenir avec mémoire de qqn (actant 1) en qqch (actant 2)

Même remarques concernant le Dictionnaire Intégral.

Concluons sur l’ensemble des fonctions lexicales verbales. A l’issue de cette présentation, nous pouvons observer quelques conséquences sur l’analyse d’une même entrée lexicale de deux conceptions et de deux objectifs initiaux différents. Comme nous l’avons dit lors de la présentation du DEC, la théorie senstexte a pour objet de générer toutes les expressions possibles d’un sens. Dans cette théorie, le sens est donné au départ. Poser contextuellement la vacuité de tomber et de contenir dans certains régimes de pluie et de liste (Func0(pluie ) = tomber et Func2(liste) = contenir), c’est rendre possible certaines générations de paraphrases contenant pluie et liste où l’on voit que le mot clé est si vide qu’il finit par disparaître :

Pendant que la pluie tombe, révise tes leçons  Pendant la pluie, révise tes leçons.

Donne-moi la liste qui contient les adresses  Donne-moi la liste d’adresses.

De notre côté, la perspective première est : textesens. Dans cette mesure, l’attitude de base consiste à se méfier du mot vide, et même, souvent à essayer de détecter le vide pour le remplir de quelque chose qui pourra compléter la restitution de la signification :

Pendant la pluie : pluie est une chose qui tombe même si le texte ne le précise pas : Pendant que la pluie tombe

Donne-moi la liste d’adresses de : qui contient

En textesens, le but est davantage de faire réapparaître les mots vides que de les faire disparaître.

Plus largement encore, nous pouvons voir dans certains mots vides par rapport à un mot clé donné du DEC des traces possibles de quelque chose qui rend compte d’une situation tellement évidente pour nous que l’économie de son énonciation est systématiquement permise. Or l’évidence ou bon sens est certainement ce qui se prête le moins à la description.

Nous pouvons résumer le point en écrivant :

  • en effectuant l’opération senstexte, la génération de paraphrases n’a pas à justifier en sens (mais seulement en langue) les équivalences qu’elle établit entre les énoncés.

  • en effectuant l’opération textesens, la restitution de signification n’a pas à justifier en langue (mais seulement en signification) les représentations qu’elle effectue de chaque énoncé.

  • de ces deux justifications symétriques naît le fait qu’un mot vide en langue soit plein en signification (contenir pour le de de liste) et le fait qu’un mot plein en langue puisse paraître vide en signification (voiture ou automobile dans voiture automobile).

Sur le plan méthodologique, le caractère micro-systémique (Mel’Cuk 1992, p. 120) du DEC nous pose problème. En effet, les fonctions lexicales du DEC renvoient relativement peu de mots. Par exemple, alors que le DEC ne propose qu’un mot pour Real1(piège) (tendre), le Dictionnaire Intégral donne :

tendre  \34disposer des éléments en les combinant (Liste de V35)

tendre  \piège (termes liés).

Cette représentation permet par inférence d’établir un lien entre tendre et la plupart des collocations typiques ou non typiques prévues par le Grand Robert : piège, collet, embûche, embuscade, souricière, appât...), sans avoir préalablement rédigé les articles collet, embûche, embuscade, souricière, appât. Cet avantage du Dictionnaire Intégral sur le DEC est dû à son organisation non micro-systémique. Mais les représentations du DEC présentent l’avantage fonctionnel de permettre d’identifier des paraphrases.

C] La synonymie

Nous avons regroupé dans cette section deux cas de synonymie. Le premier cas est le cas courant où l’application de la fonction lexicale n’implique aucun déplacement des actants. Nous regroupons les fonctions Syn et Anti dans cette catégorie. Le deuxième cas envisage la synonymie avec permutation des actants. Il s’agit de la fonction Conv.

  1. Le dictionnaire retourne les synonymes du mot clé.

C1] La synonymie sans permutation d’actants

Les synonymes et quasi-synonymes : Syn, Syn, Syn, Syn
(vide = exact,  plus large,  plus étroit,  intersection de sens).

Syn(espoir)=espérance, Syn(espérance)=espoir

Deux termes reliés par la fonction lexicale Syn sont déclarés comme étant sémantiquement assez proches pour être substituables en contexte.

Nous acceptons cette règle mais nous la considérons comme insuffisante pour effectuer une opération textesens pour les raisons suivantes :

  • le critère de substituabilité n’induit aucunement que les termes en relation aient les mêmes corrélats. Comme l’écrit Rastier (1995),

espérance, par exemple, convient mieux à des contextes religieux

Dans ces conditions, les mécanismes d’activation de réseau sémantique ne doivent pas être les mêmes dans l’opération textesens.

  • la marque « exact » n’est pas suffisante. Pour le traitement de la langue, et pour faciliter la lecture du dictionnaire, il convient de différencier la synonymie exacte bijective quels que soient les sens (i.e. identité) et la synonymie exacte bijective pour certains sens.

  • la marque «  » n’est pas suffisante non plus : il n’y a pas égalité entre A et SYN(A) mais seulement entre A et SYN(A) + . La valeur de  doit être formellement indiquée pour stipuler les conditions de la substitution.

  • réciproquement, la marque «  » n’est pas suffisante puisqu’il faudrait pouvoir stipuler la valeur des traits sémantiques soustraits.

  • enfin la marque «  » n’est pas suffisante puisqu’il faudrait pouvoir stipuler la valeur des traits sémantiques ajoutés et soustraits.

Nous verrons que pour prendre en compte ces remarques, le Dictionnaire Intégral utilise un réseau de concepts et considère différemment les relations mot-sens vers mots-sens et les relations mots vers concepts.

Les antonymes et quasi-antonymes: ANTI, ANTI, ANTI, ANTI
(vide = exact,  plus large,  plus étroit,  intersection de sens)

Précisons avant d’en débattre la notion d’antonymie retenue dans le DEC. Dans de nombreux dictionnaires, le relation d’antonymie est fondée sur des critères psycholinguistiques. Par exemple, Miller (1998, p. 40) propose en illustrant WordNet : ANTI(homme) = femme et ANTI(femme) = homme. Il est clair que ces antonymies ne participent pas à une opération senstexte. Or, le DEC ne reconnaît la relation d’antonymie que si elle participe au processus de paraphrase :

Anti(échouer)=réussir, Anti(faux)=vrai, Anti(avoir raison)=avoir tort …

cette démonstration est incorrecte  cette démonstration n’est pas correcte.

Nous avons adopté la même règle pour le Dictionnaire Intégral.

C2] La synonymie avec permutation d’actants

Conversif, lexème qui dénote une relation converse de la relation exprimée par le mot clé de la fonction lexicale ; les indices montrent l’ordre des actants syntaxiques associés au conversif relativement à l’ordre de base du mot clé qui est toujours « 123 » : Convijkl

Conv21(être derrière) = être devant, Conv3214(Vendre 1.1)=acheter 1

Le Dictionnaire Intégral encode cette information.

D] Relations de collocations et termes privilégiés

Nous avons regroupé ici des fonctions lexicales qui rendent souvent compte d’une cooccurrence au sein du syntagme.. La présentation distingue les collocations sémantiquement vides selon le DEC des autres collocations. Le dictionnaire retourne les collocations typiques du mot clé.

D1] Les collocations sémantiquement vides

Les fonctions qui retournent des collocations vides sont : Epit et Gener.

Adjectif standard sémantiquement vides : Epit

Epit(océan 1.1)=immense

L’exemple fourni par le DEC entraîne que océan a pour synonyme immense océan puisque immense a une signification nulle dans cette collocation.

Avant de donner le mode d’application de cette règle, considérons les deux énoncés suivants et posons-nous la question de leur équivalence dans une logique senstexte :

1

Ulysse traversa l’immense océan pour rejoindre Pénélope

Ulysse traversa l’océan pour rejoindre Pénélope

2

Un immense océan de misère

un océan de misère

Ulysse est un héros dont les exploits tiennent en partie dans ses longs voyages sur l’océan. S’il est exact qu’au sens propre, et sur un plan ontologique, océan comporte un trait sémantique immense, vaste, cette isotopie36 dans l’exemple 1 nous semble donner une situation nouvelle qui contribue à construire le caractère héroïque du personnage de l’Iliade. Pour cet emploi de océan, immense ne semble aucunement vide.

Pour le deuxième exemple, nous trouvons un emploi métaphorique de immense : grande étendue de. Dans cet exemple, immense ne nous semble pas plus vide (et même dans l’opération senstexte) que dans l’exemple précédent puisqu’il faudra plutôt éviter de confondre

un océan de misère qu’éclaire un immense océan de foi

avec

un immense océan de misère qu’éclaire un océan de foi.

Finalement, pour ces deux emplois d’océan, le Dictionnaire Intégral cherchera une représentation d’abord ontologique, et considérera seulement qu’il existe des cooccurrences remarquables (en langue) entre océan et immense. En résumé de ce point, nous notons que le Dictionnaire Intégral n’adopte pas la règle : une compréhension profonde est nécessaire pour rendre compte des contextes où immense serait seulement pléonastique. Cette compréhension n’est pas fournie par une fonction lexicale isolée.

Mot générique dont la combinaison avec un dérivé syntaxique du mot clé est synonyme du mot clé : Gener.

Gener (colère) = sentiment [de colère], Gener (république) = état républicain

Dans l’optique senstexte, les énoncés

Depuis son service, Jacques éprouve un sentiment de colère chaque fois qu’il entend le bruit des bottes

et

Depuis son service, Jacques éprouve de la colère chaque fois qu’il entend le bruit des bottes

sont équivalents.

Le Dictionnaire Intégral n’adopte pas cette règle. Par ce fait, sentiment est considéré comme un terme générique de colère sans aucune particularité remarquable. Cela n’empêche pas le système de pouvoir générer colère depuis sentiment de colère comme il génère république depuis état républicain et donc de pouvoir effectuer une partie de l’opération Gener. Il reste alors à vérifier si une opération de réduction n’est pas possible depuis toute situation Générique+Spécifique(Générique). Si une réduction d’artisan de potier en potier ou de poisson de gardon en gardon ne sont pas valables, c’est que les énoncés à réduire ne sont pas valables : ils n’obéissent pas à des constructions possibles du terme générique.

D2] Les collocations avec apports sémantiques

Les fonctions qui retournent des collocations avec apports sémantiques sont Magn, Posi., Bon, Germ, Centr, Culm, Figur, Degrad, Nocer, Involv, Obstr, Excess, Manif, ver, Result.

Mots exprimant à un degré élevé / à un degré faible: Magn, AntiMagn

Magn(mémoire) = prodigieuse, d’éléphant

AntiMagn(vent) = doux, faible, léger

Les formulations adjectives de beaucoup pour un degré et de peu pour un degré avec des adjectifs sont traitées à l’aide de la relation ou des ensembles adjectifs description de dans un rapport généralement accessoire (sauf si le terme ne peut marquer les traits beaucoup ou peu que pour un seul mot clé ou concept clé).

Expression employée comme expression standard de l’évaluation positive du ie actant du mot clé : Posi.

Pos2(opinion) = favorable, AntiPos2(opinion) = défavorable

Pos2(critique) = favorable, élogieuse

Idem.

Mots employés comme une louange standard codifiée par la langue : Bon

Bon(compliment) = recherché, bien tourné

AntiBon (compliment) = maladroit

Bon(refuser) = poliment

AntiBon(refuser) = sèchement,

Idem.

Mots exprimant le germe de ... : Germ

Germ(colère)=ferment, levain

Ce phénomène est généralement encodé dans le Dictionnaire Intégral sous la forme d’une collocation virtuelle. Cette catégorie de collocation n’est pas encore associée à une relation particulière.

Mots exprimant le centre de, le milieu ... : Centr

Centr(hiver)=au cœur de

Même remarque que pour Germ.

Mots exprimant la culmination de et le plus bas de : Culm

Culm(joie 1)=comble [de la joie]

Idem.

Métaphore codifiée par la langue dont la combinaison est un synonyme plus étroit du mot clé : Figur

Figur(fumée)=rideau [de fumée]

En général, le Dictionnaire Intégral répercute ce phénomène en enregistrant un nouveau terme à part entière. Cela peut créer des difficultés si pour Figur(X), X peut avoir de nombreuses valeurs, ce qui semble toutefois assez rare.

D’autre part, si Figur(X)=Y est tel que Y peut signifier à lui seul, en contexte, la locution, nous créons un mot elliptique doté d’une contrainte concernant le domaine (s’il existe).

Se dégrader, devenir pire : Degrad

Degrad(lait) = tourner

Degrad(vin) = aigrir

Le Dictionnaire Intégral considère différemment la fonction Degrad selon que la relation du verbe vers le nom est nécessaire ou accessoire. Pour lait, nous avons le modèle :

tourner dans \devenir pire (liste de verbes)

tourner en relation avec lait, relation nécessaire.

Nuire à : Nocer

Nocer (moustique)=piquer

Idem.

Verbe qui décrit l’action de la situation C0 sur un objet qui n’est pas un objet de C0 : Involv

Involv(vent)=agiter, secouer [un arbre], cingler [un visage], plier, incliner, courber [des roseaux]...

Dans le Dictionnaire Intégral, les actions et effets de l’équivalent du mot clé C0 sont soit gérés par C0, s’il s’agit d’un fait de langue, soit gérés au niveau de la racine syntaxique des propositions courantes. Cette racine est capable d’enregistrer des propositions simples en partant des prédicats et en déclarant tout ce qui peut effectuer l’action concernée. Ce travail, important quant à ses résultats possibles, simple à réaliser, débute actuellement.

Fonctionner avec difficulté : Obstr

Obstr(souffle) = manquer

Pas de fonction spécifique dans le Dictionnaire Intégral. Des isotopies peuvent toutefois, bien sûr, être retrouvées si le verbe concerné prend ce sens de fonctionner avec difficulté dans le contexte de collocations connues par lui.

Fonctionner d’une façon anormalement excessive : Excess

Excess(moteur) = s’emballer.

Idem.

Verbe ayant le sens se manifester dans : Manif; avec mot clé C0=sujet grammatical.

Manif(opinion) = s’exprimer

MagnManif(joie) = éclater

MagnManif(désespoir)=éclater

Caus1Manif(excuse)=présenter

Caus1Manif(opinion)=exprimer, formuler

Idem.

Tel qu’il doit être : Ver

Ver(appareil) = exact , précis

Idem.

Ce qui résulte d’un événement : Result

Result1Perf(promettre) = être obligé de Vinf

Les règles concernant les effets et les causes ne sont pas reprises dans le Dictionnaire Intégral sauf quand il s’agit de représenter un usage courant ou que la réalisation du verbe X nécessite la réalisation du verbe Y, sans modification des actants ou des positions actancielles (c’est ainsi qu’abattre se retrouve comme spécifique de couper pour les arbres).

E] Fonctions lexicales à valeur sémantique spécifique

Nous faisons sur ces fonctions une présentation générale pour illustrer la théorie senstexte puis nous formulerons une conclusion pour l’ensemble des fonctions. Ces fonctions dont le nombre est amené à augmenter considérablement dans le modèle senstexte sont : Sing, Set, Cap, Equip, Son.

  1. Le dictionnaire admet des fonctions lexicales à valeur sémantique spécifique.

Élément d’un ensemble (Sing) et ensemble d’éléments (Set) :

Sing(flotte)=bateau

Mult(bateau) = flotte

Chef de : Cap

Cap(avion)=commandant de bord

Équipe de : Equip

Equip(avion)=équipage

Émettre le son typique : Son

Son(chien) = aboyer

Son(parquet) = craquer

Les théoriciens senstexte reconnaissent que des milliers de fonctions de ce type devront être créées pour rendre compte de l’ensemble des phénomènes utiles au calcul des paraphrases. Cette multiplicité des fonctions dans la théorie senstexte dénote une limite importante du modèle sous-jacent. Ainsi, tous les germes génériques de la langue pourraient devenir des titres de fonctions lexicales. Donnons quelques exemples :

Monnaie(Japon) = yen,

FaireTomber(arbre) = abattre,

Enlèvement(appendicite) = appendicectomie,

Aventurier[piller] = pillard,

Aventurier[piller des bateaux] = pirate,

Aventurier[piller des bateaux dans la guerre de courses] = corsaire,

Il faut aussi considérer que la plupart du temps, il conviendrait d’ajouter à ces relations leur expression inverse : son 1(glouglouter)=dindon! Cette limite de la théorie senstexte a pour principale origine l’hypothèse micro-systémique du modèle.

Pour ces raisons, le Dictionnaire Intégral rejette l’ensemble des propositions de fonction lexicale à valeur sémantique spécifique du DEC. Dans le Dictionnaire Intégral, le phénomène visé par la théorie senstexte est géré par l’existence d’une organisation structurelle du dictionnaire. Cette structure systémique permet d’éviter la croissance importante du nombre de fonctions lexicales.

F] Préposition régissant le mot clé

Ces fonctions sont Locin, Locab, Locad, Propt et Instr.

  1. Le dictionnaire retourne les prépositions régissant le mot clé.

Préposition régissant le mot clé et signifiant une localisation ou un déplacement spatial, temporel ou abstrait, autrement dit, préposition qui signifie se trouvant dans (Locin), se déplaçant de (Locab), se déplaçant à (Locad).

LocIn/ad(gare) = à [la gare]

LocIn(personnel) = au sein du [personnel]

LocAb(gare) = de [la gare]

LocAb(1973) = depuis [1973]

LocAd(front) = en plein [front]

Préposition signifiant à cause de : Propt

Propt(peur) = de, par [peur]

Préposition régissant le mot clé et signifiant au moyen de : Instr

Instr(main) = de, dans, avec [la (les) main(s)]

Sauf dans le cas d’emplois conventionnels, nous n’avons pas retenu cette spécification car ces fonctions lexicales peuvent correspondre à des classes de noms de taille considérable : l’établissement de ces classes devient un tâche prépondérante par rapport à la mise en place de quelques relations binaires. Nous nous dirigerons ici vers des descriptions portant sur des catégoriques sémantiques.

G] Formes exclamatives

  1. Le dictionnaire retourne un équivalent du verbe employé à l’impératif.

Forme exclamative qui exprime l’ordre ou la prière : Imper

Imper(tirer) = feu!

Nous adoptons cette règle sous une formulation plus générale. Le dictionnaire connaît une relation générale de synonymie sous contrainte particulière du verbe. Par exemple :

SynImper(tirer)=feu.

Synconditionnel(aimer)=vouloir

H] Les fonctions lexicales non ou rarement autonomes

Nous en donnons quelques exemples pour achever la présentation du DEC et de la théorie senstexte, et nous conclurons sur l’ensemble de ce point. Ces fonctions lexicales sont : Plus, Minus, Péjor, Prepar, Perf, Caus, Liqu, Perm, Incep, Cont, Fin, Prox et Pred.

Plus, moins : Plus, Minus

IncepPredMinus(vent) = mollir, se calmer : le prédicat (Pred) de vent qui commence à devenir (Incep) moins fort (Minus) est mollir37.

Péjor (peu différent de MinusBon)

CausPredPejor(joie) = altérer, gâcher

Préparer pour l’usage ou le fonctionnement ; se rencontre en général dans des fonctions lexicales complexes : Prepar

PreparFact(fusil) = charger.

Verbe ayant le sens d’une action complétée : Perf

S1Perf(s’évader) = un évadé

S1Perf(marier) = un époux

Causer (faire en sorte que quelque chose ait lieu) : Caus

CausOper1(désespoir) = pousser, réduire...

CausFunc1(difficulté) = créer, poser

Liquider (faire en sorte que quelque chose n’ait pas lieu) : Liqu

LiquFunc0(assemblée) = dissoudre

Permettre (ne pas faire en sorte que quelque chose n’ait pas lieu) :Perm

Perm1Fact0(colère) = s’abandonner [à la colère]

Commencer : Incep

IncepOper1(forme) = prendre

Continuer : Cont

ContOper1(influence) = garder

Cesser : Fin

FinOper1(influence) = perdre

être sur le point de : Prox

ProxOper1(désespoir) = être au bord [du désespoir]

verbalisateur des FL adjectivales : Pred

IncepPredMinus(joie) = diminuer, faiblir

L’ensemble de ces règles ne sont en général pas retenues dans le Dictionnaire Intégral qui adopte une autre représentation en cette matière.

Soit, par exemple FL(N)=V, une fonction lexicale simple ou composée qui donne le verbe d’action typique V au sujet N comme dans :

IncepPredMinus(vent) = mollir, se calmer.

Le Dictionnaire Intégral modélise dans ce cas :

V : a pour catégorie CatV, et construction ConstV,
--> V  Concept_Ontologique(V)
--> V  Contexte1(V){accessoire ou nécessaire}
....
--> V  Contextei(V){accessoire ou nécessaire}
....
--> V  Contexten(V){accessoire ou nécessaire}.


Pour notre exemple IncepPredMinus(vent) = mollir, se calmer, nous aurons :

mollir : a pour catégorie VI, et construction V, domaine : marine

--> mollir  devenir de moindre importance (Liste de Verbes)
--> mollir  verbes du vent {nécessaire}


et

--> se calmer  devenir de moindre importance (Liste de Verbes)
--> se calmer  verbes du vent {accessoire}


Mais le modèle de notre dictionnaire n’est pas toujours suffisant. C’est le cas avec S1Perf(s’évader) = un évadé que nous ne pouvons reproduire pour le moment avec la précision du DEC.

I] Fonctions diverses

Termes dont l’emploi co-occurrent est fréquent, et marque un contraste : Contr.

Contr (terre)=ciel

Par construction, les contrastes partagent de nombreux traits sémantiques. Ainsi le Dictionnaire Intégral reflète de nombreux contrastes sans toutefois les situer au niveau du terme (comme c’est le cas pour le DEC) mais au niveau du concept.

J] Conclusions sur les rapports DEC / Dictionnaire Intégral

La théorie senstexte propose un système cohérent de description des unités lexicales. Néanmoins l’absence de toute référence aux classes lexicales dans le DEC permet de penser qu’une instanciation à grande échelle du modèle serait peu économique et difficile à réaliser. De son côté, la conception du Dictionnaire Intégral utilise le plus largement possible ces classes. Comme ces classes doivent exister préalablement à la définition des équivalents de fonction lexicale du DEC, le Dictionnaire Intégral présente ponctuellement un retard dans le formalisme des fonctions lexicales. Mais quand les classes préexistent, c’est le cas par exemple pour l’ensemble des fonctions à valeur sémantique particulière, le travail dans le Dictionnaire Intégral est plus systématique.
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