Rapport commun academie des sciences / cadas N° 6








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l'Appareil d'Information

sur la Science et la Technique

Paul Caro
Jean-Louis Funck-Brentano
Rapport commun academie des sciences / cadas N° 6

Mars 1996
SOMMAIRE
Première partie : Du Savoir à la Société

Une étude sur les modes de diffusion

des connaissances
I. La fabrication du savoir
II. La "littérature" scientifique
III. Comment la science fait évoluer cultures et civilisations
IV. La perception de la science par le "public"
V. La vulgarisation scientifique comme mission pédagogique
VI. La vulgarisation scientifique comme composante du spectacle
VII. La vulgarisation scientifique, enjeu idéologique

1. La réaction romantique

2. Jean-Jacques Rousseau, l'éducation, et la Nature

3. L'Académie, les Idéologues, et le rationnel

4. L'exhibitionnisme de l'image

5. Le Scientisme

6. Le Constructivisme

7. Le mouvement anti-science et anti-technique

8. L'irrationnel
VIII. Les fondements de la culture contemporaine
IX. Emetteurs de messages et destinataires
X. Epilogue
Réferences

Deuxième partie : L'Etat des Lieux

I. L'evaluation de la perception de la science par le public

1. La mesure du savoir

2. La mesure de l'image de la science et de la technique

Bibliographie
II. Journaux, revues et radios
III. La science dans l'édition
IV. Les images fixes ou animées

Bibliographie
V. La télevision

1. La télévision d'aujourd'hui

2. La télévision des multimédias

Bibliographie
VI . Les outils multimédias

1. Les cassettes vidéo

2. Les CD-Rom

3. Le réseau Internet

4. La structure d'Internet

5. L'avenir des multimédias

6. Les obstacles au développement des multimédias

7. Conclusion
VII. Les banques de données et de connaissances scientifiques et techniques

1. Pourquoi ces banques ne sont-elles pas utilisées ?

2. Pourquoi la création de ces banques de données et de connaissances

scientifiques et techniques devient-elle inéluctable ?

3. Comment inciter les citoyens à consulter les banques de données

et de connaissances scientifiques et techniques ?

4. Comment favoriser, en France, la création de banques de données

et de connaissances scientifiques et techniques ?

5. Que seront les bibliothèques du futur ?

VIII. Les musées

1. Première fonction : Les collections

2. Deuxième fonction : La pédagogie interactive

3. Troisième fonction : La présentation du contemporain

4. Les expositions temporaires

5. Muséologie et vulgarisation scientifique

6. La fonction sociale des musées et des expositions

7. Enjeux de pouvoir autour des musées et des expositions

Bibliographie
IX. L'action associative, l'animation culturelle

scientifique et technique

1. Les maisons des jeunes et de la culture et les "clubs"

2. Les objectifs des manifestations nationales et internationales et

des initiatives des organismes de recherche

3. Les structures d'encadrement

4. Conclusion

Bibliographie
X. La communication scientifique institutionnelle

1. La communication interne à chaque organisme

2. La communication externe

Recommandations
Première partie

Du Savoir à la Société

Une étude sur les modes
de diffusion des connaissances

Dans notre ambiance sociale tourmentée, divisée en multiples groupes de pression qui s'affrontent, chacun cherche à prouver aux autres l'importance particulière de son travail. Avec juste raison, la compagnie des chercheurs et des ingénieurs soutient qu'elle apporte à la société des éléments moteurs qui propulsent l'économie, changent les formes de la vie quotidienne, multiplient les possibilités de contact entre les gens et créent des richesses, non seulement matérielles mais aussi immatérielles dans le domaine du plaisir et de la connaissance. D'autres groupes, au contraire, affectent de penser que le progrès scientifique et technique mène l'humanité à sa perte et que la multiplication des machines arrache son âme à l'homme, tandis que la superficialité du spectacle entraîne la dépravation morale. Entre ces vues extrêmes se débat l'éducation, avec ses programmes et l'obligation qu'elle a de préparer les jeunes citoyens à des métiers.
Les conditions de l'équilibre entre les grands pôles qui se partagent le marché de la complexité sociale font l'objet de très nombreux écrits savants et entraînent une frénésie de rencontres et de discussions. Les rapports entre la science, la société, la technique, l'éducation et les médias ont ainsi été très étudiés par une galaxie d'auteurs : savants célèbres, historiens, philosophes, pédagogues, romanciers, journalistes, etc... Cette dispersion des approches montre bien que le système scientifique et technique est confronté à un grand nombre de partenaires qui, chacun défendant ses intérêts, se partagent la scène sociale, enfermés dans leur logique propre.

On a estimé récemment que dans tous les pays développés, le budget recherche/développement converge vers 2,5% du produit national brut [1]. Il ne faut pas, semble-t-il, s'attendre à ce que cette part augmente : le système savant devra fonctionner dans un cadre à moyens constants. Cette situation, nouvelle par rapport à l'habitude d'une certaine croissance en moyens matériels et en personnels, pourrait créer des contraintes sérieuses au sein de la communauté scientifique et l'obliger à revoir ses priorités et à changer ses structures. Si les conditions budgétaires imposées définissent la limite d'influence financière du groupe de production du savoir par rapport à ses compétiteurs, son poids idéologique et pratique est infiniment plus grand. Les découvertes et les innovations pèsent sur la société et semblent lui imposer des orientations irréversibles. La présente étude cherche à cerner la nature, l'état, la finalité, l'efficacité, les incertitudes, des modes de communication entre les pôles producteurs de savoir et le Citoyen.

I. La fabrication du savoir
La connaissance scientifique est produite par un groupe très réduit d'hommes et de femmes qui ont été éduqués très tôt à maîtriser les nombreuses connaissances nécessaires pour exercer le métier de chercheur, et qui, tout au long de leur carrière, doivent sans cesse se perfectionner en raison de l'avancée d'un savoir qu'ils contribuent à créer, et que souvent, ils enseignent. Ce petit groupe, constamment en alerte mentale, évolue dans un monde très différent de la routine qu'impliquent beaucoup de tâches répétitives dans les activités contemporaines. Les chercheurs dépendent le plus souvent de l'Etat, mais il y en a beaucoup plus dans la recherche industrielle, employés par de grandes sociétés publiques ou privées. Dans les pays de l'OCDE, on peut considérer comme chercheurs un peu plus de deux millions de personnes. Il y en a 140.000 dans les organismes de recherche publics, on estime à 350.000 le nombre des enseignants-chercheurs, mais la très grande majorité, 1.500.000, travaille dans les entreprises [1bis].
Les chercheurs forment une communauté internationale qui échange constamment des informations, le plus souvent en langue anglaise. Ces mécanismes de communication - publications papier, courrier électronique, "preprints" expédiés par fax, congrès, colloques, séminaires, etc... et les corpus de références associés (banques de données informatiques de résumés, ou de textes d'articles, avec outils de recherche et d'indexation automatique) -, ne seront pas abordés vraiment ici. Ils composent l'ensemble des moyens d'information internes de la communauté scientifique. La capacité individuelle des chercheurs, principalement des chercheurs académiques, est établie à travers le système des publications ("peer review"), qui constitue la pierre angulaire principale des mécanismes d'acquisition de la reconnaissance, la "marchandise" échangée entre les chercheurs et qui permet de construire des hiérarchies qui conditionnent l'acquisition des moyens de recherche et des ressources financières et humaines (salaires pour les élèves et associés).
Le système de communication interne à la recherche souffre aujourd'hui de pléthorisme dû à la combinaison d'un phénomène de rétrécissement dans des spécialités de plus en plus étroites qui rend la communication et le jugement difficiles, avec une prolifération d'approches qui, rassemblées autour d'un même objectif de recherche, contribue à transformer les aventures individuelles d'autrefois en travail parcellaire où chacun n'a qu'une vue étroite du champ étudié. Les revues scientifiques internationales hebdomadaires, comme "Science" et "Nature", qui rapportent les découvertes les plus importantes (ou considérées comme telles par leur comité de rédaction), s'efforcent de fournir aussi des articles généraux qui font le point sur l'état du savoir dans un domaine et des commentaires qui permettent d'éclairer le sens d'un travail récent pour les non-spécialistes. Ce problème de la diffusion de la culture scientifique au delà des spécialités individuelles au sein même de la communauté savante est une question très importante.

II. La "littérature" scientifique
Si l'on convient de désigner sous le terme "littérature primaire" l'ensemble de la production, écrite ou informatique, publique ou "grise", composée par des chercheurs pour des chercheurs, l'un des objectifs de notre rapport consiste à déterminer comment ce savoir diffuse vers l'extérieur du cercle étroit de la communauté scientifique.
Il faut d'abord considérer la nature de l'objet "littérature primaire". C'est un langage qui ne peut être compris que par des individus qui l'ont appris. Il se caractérise d'abord par un vocabulaire riche et étendu, composé en gros de deux types de mots : il y a ceux qui désignent des objets accessibles aux sens (que l'on peut voir et toucher), mais qui sont souvent des objets inconnus ou dont l'existence n'est même pas soupçonnée (des instruments ou des produits chimiques, par exemple) ; il y a ceux qui désignent des concepts, souvent théoriques. Au sein même de la communauté scientifique, ces mots-concepts sont souvent ambigus et sont source de disputes parce qu'ils impliquent une charge d'imaginaire sur laquelle il n'y a pas forcément consensus. Ils sont très difficiles à expliquer et en plus, très souvent, ils font l'objet de "raccourcis" dans la langue de travail du chercheur (et constituent donc des éléments d'un jargon professionnel ou langue de métier comprise dans un cercle étroit). A côté du vocabulaire, le langage scientifique comprend de nombreux signes et formules qui fonctionnent comme un langage codé accessible seulement à ceux qui en ont la clef. Les images ont, de tout temps, orné les textes scientifiques primaires, du dessin naturaliste au diagramme en passant par la photographie. Ces images paraissent plus faciles à communiquer, mais en dehors de leur éventuel aspect esthétique, elles exigent aussi pour être comprises un apprentissage. Le discours scientifique primaire est fréquemment bardé de chiffres. Très souvent, ces nombres renvoient à des dimensions très éloignées des perceptions humaines ordinaires, donc difficiles à saisir, car ils couvrent une plage de valeurs d'environ 1040 d'une discipline à une autre (de l'astrophysique à la cristallographie et à la physique nucléaire). Telle est la matière première sur laquelle doit travailler l'appareil d'information sur l'information scientifique et technique. Naturellement, il s'y ajoute les individus eux-mêmes qui produisent ce savoir et qui peuvent physiquement intervenir comme acteurs dans ce mécanisme d'informations.
La question de la langue dans laquelle s'exprime la science est particulièrement critique [2], puisque comme l'anglais domine la production internationale, l'usage du français fait problème dans la littérature scientifique "primaire". Les médiateurs (journalistes, etc... ) doivent aussi souvent, pour être efficaces, aller chercher leurs informations auprès de sources étrangères. Cette situation est compensée par l'expression exclusive de la vulgarisation dans la langue nationale.
III. Comment la science fait évoluer

cultures et civilisations
La diffusion du savoir vers la société se fait d'une manière active dans deux directions principales : l'une est celle de l'enseignement, de la pédagogie ; l'autre est composée des multiples formes d'association de la science au spectacle (et à l'information spectaculaire). L'efficacité de ces deux modes de transport du savoir dépend du niveau de curiosité et d'intérêt qu'ils sont susceptibles d'engendrer en fonction de la nature des contenus véhiculés [3].
Mais en fait, la science pénètre plutôt dans la société d'une manière passive par les réalisations matérielles, par les technologies qui s'appuient sur elle et que l'industrie met en oeuvre pour fournir des services et fabriquer des biens. Bien que les philosophes aient des opinions divergentes à ce sujet, il semble bien que ce soient les technologies qui font la nature des cultures et qui caractérisent les civilisations. En deux siècles environ, la science a révolutionné la vie quotidienne, par la maîtrise de la combustion qui a considérablement augmenté l'ampleur et la vitesse des déplacements possibles (sur l'eau, sur terre et dans les airs), par la domestication de l'électron, celle du photon dans toute la gamme des longueurs d'onde des ondes radio aux rayons gamma et, grâce à la chimie, par la mise au point de matériaux qui ont permis de mettre en oeuvre toutes les possibilités pratiques de ces conquêtes. La Chimie a en outre développé une trés grande gamme de produits, de l'alimentation aux détergents, qui contribuent à l'amélioration du niveau de vie. En même temps, la biologie et la médecine, travaillant sur le vivant, ont amélioré l'entretien du corps et réussi à prolonger notablement la vie humaine. Des organes artificiels ont vu le jour. Le résultat est que l'humanité est désormais dotée de "prothèses" qui amplifient les possibilités physiologiques naturelles. Les appareils qui permettent cette extension des capacités (de la voiture automobile à la télévision et à l'ordinateur) sont perçus par le plus grand nombre comme des boites noires, des objets quasiment magiques, car, en fait, ils réalisent beaucoup des promesses virtuelles des contes de fée ... Les principes de fonctionnement sont peu ou mal connus, mais on doit observer qu'en particulier dans les milieux populaires, la passion du bricolage conduit à des connaissances techniques quelquefois très avancées. Le système éducatif décrit très peu ces prothèses et préfère insister sur d'abstraits principes scientifiques de base qui sont peu visibles dans l'utilisation de l'instrument (la loi d'Ohm plutôt que le fer à repasser...). Il en résulte un décalage considérable entre la culture technique pratique, quelquefois développée mais empirique, et un enseignement scientifique qui parait irréel. L'importance de ce décalage fait l'objet d'appréciations diverses de la part des pédagogues. Certains soutiennent qu'il faut à toute force enseigner les principes. D'autres, un peu dans la ligne des propositions de Jean-Jacques Rousseau dans l'Emile, pensent qu'il vaut mieux faire des leçons de choses pratiques et utiles sur des objets naturels ou techniques [4].
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