Thèse soutenue publiquement par Sang-Ha suh le 10 Juillet 2006








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Lieu et symboles

Il convient d’insister, à propos de la thématique humaniste inhérente à la ville, sur le caractère profondément réaliste que celle-ci assume dés le début.

Face à l’eschatologie et aux espérances du Moyen-âge, l’Humanisme réaffirme le caractère concret, socialement et économiquement défini de la vie urbaine et des développements citadins. La « ville perspective » de
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Brunelleschi et d’Alberti est la ville réelle, avec toute la complexité de ses stratifications historiques, par elle, les nouveaux « objets » prospectifs se veulent l’annonce d’un comportement émergent humain – laïque et rationnel – bien plus que d’une restructuration physique globale.

Dans De re aefificatoria, Alberti accepte manifestement la dialectique qui existe entre le bâtiment en soi, où le rationalisme et l’histoire humaniste se manifestent pleinement, et la ville qui est le champ d’intervention successives. En cela Alberti est bien plus aristotélicien que ce que laisserait supposer sa célèbre définition de la vile : »une grande maison ».En réalité, l’intervention architecturale est destinée, d’après Alberti, à la rationalisation critique des tissus à multiples stratifications ; les éléments particuliers et modifiables de la structure urbaine ont la même fonction, qu’il appartiennent au périmètre des remparts, ou qu’il s’agisse de nouvelles rues.
La codification d’Alberti n’est donc pas une codification de l’urbanisme médiéval mais plutôt une hypothèse sur l’usage des conventions en vigueur, transformées à, partir d’un paramètre unique totalement maîtrisé par l’architecte : l’enquête typologique. Celle-ci constitue, de fait, le trait d’union entre les différentes théories humanistes qui considèrent l’architecture comme un phénomène urbain. Le traité typologique de Francisco di Giorgio, comme les inventions de Léonard de Vinci à l’échelle urbaine peuvent être lues avec cette clef : en tant qu’actes de réalisme, donc anti-utopiques. La constance méthodologique qu’on trouve dans la formation des typologies résidentielles ou, pour les bâtiments à usage public, dans les expérimentations de Francesco di Giorgio, ou bien l’émergence d’unités complexes à partir de la réorganisation des Structures urbaines, typiques dans les recherches de Léonard, offrent des bases réalistes pour le développement de la ville. Ces théoriciens acceptent la réalité politique et économique durant la phase de réorganisation, y compris la rigidité des distinctions de classes. Leurs tache de techniciens impliqués au niveau le plus élevé dans les transformations en cours, les empêchent d’inventer des idéologies urbaines, l’instrument typologiques est utilisé comme étant le plus adéquat pour une rationalisation d’avant-garde.
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[PLAGIÉ, Manfredo TAFURI. Projet et utopie ]

Malgré cela, la crise de la commande – déjà existante durant la seconde moitié du XVe Siècle, - provoque la faillite de ces techniques de rationalisation : les cas heureux d’Urbino et de Pienza resteront isolés.

C’est à ce moment précis qu’apparaît comme science autonome, la recherche sur ces rationalisations et les villes militaires. C’est le moment où le réalisme humaniste élabore des modèles de nouveaux établissements urbains, ou encore se projette dans les utopies.

Le traité d’urbanisme de Francesco di Giorgio est étranger à l’utopie : la régularité des tracés géométrique, pour autant qu’elle soit justifiée par des paramètres savants et symboliques, à la valeur d’un échantillon de laboratoire, déformable à l’infini face à la phénoménologie complexe des sites.

La Sforzinda de Filarete, au contraire, est le témoignage d’une attitude très différente. Déclaration de principe, le traité de Filarete tend à démontrer la possibilité concrète de réaliser un organisme urbain unitaire, dont la configuration en étoile serait bourrée de références astrologiques et symboliques, aspiration à une restructuration urbaine consciente ; la typologie architectonique 104 de Sforzinda accentue, dans le sens « fantastique », la désarticulation des éléments en perspective. A la limite entre la polémique et l’utopie, l’œuvre de Filarete marque le début de la crise du « réalisme »humaniste. Toutefois on ne peut exclure le fait que la dimension exaltée des projets de Filarete n’ait son point de départ dans le réalisme : C’est la politique des Sforza des interventions publiques qui se reflète dans ses dessins, par ailleurs la mise en place de l’Ospedale Maggiore de Milan démontre que Filarete ne considère pas du tout extraordinaire la dimension du projet indiquée dans les croquis du Codice Magliabechaino.
La crise intervient quand, entre les possibilités entre’ouvertrs à partir de nouveaux instruments culturo-politiques, et les initiatives concrètes du pouvoir, il s’établit un écart que les intellectuels considèrent avec appréhension.

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104 Architectonique
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[PLAGIÉ, Manfredo TAFURI. Projet et utopie ]

C’est à ce moment précis que l’intégration entre intellectuels et commandes entre en crise, que naît l’attitude utopique et que la culture découvre sa propre vocation critique. En ce qui concerne la « ville humaniste », ce genre de phénomène sera accentué par l’usage célébratif et symbolique de la perspective à partir de Nicolo V, dans l’ambiance de la cour papale.

Rome, ville sacrée, civitaés Dei, Nuova Gerusalemme : rien de plus éloigné de ce que fut la république rationaliste et très terrestre de Saluti et de Bruni.

Du programme proposé par Alberti de transformation des Bordghi et de la Rome médiévale, on ne réalise que des fragments, et à la fin du XVe Siècle, le plan de Sixte Quint tend à équilibrer réalisme politique et propositions festives. Mais ce qui compte, c’est que la politique urbanistique papale se sépare à la fois du programme innovateur de restructuration des Aragon pour Naples, et du pu fonctionnalisme des aménagements hollandais, allemands, scandinaves.

Contre la « cité-symbole » ou la « Ville message » en Hollande, en Allemagne, ou en Scandinavie, la ville adaptée aux intérêt de la grande bourgeoise financière, et de ce fait fonctionnelle, s’impose. Ce ne sont donc pas ces bourgeoisies financières qui pouvaient élaborer une idéologie à vocation universelle, une emblématique académique de la formae urbis. La Strada Nuaovagéonoise, La Fuggerei à Augsbourg, les nouveaux quartiers d’Anvers ou de Copenhague, sont autant d’interventions partielles privées d’intentions d’architectures concernant les tissus urbains anciens, ils sont souvent réalisés avec des mécanismes économiques opérationnels depuis longtemps, et le problème de la forme n’y est que secondaire.

Mieux, la rationalisation faite au niveau des quartiers sur la base d’une série de mécanismes d’ordre économique telle que l’accumulation privée, ne constitue pas un modèle applicable à toute la ville, et on ne peut pas dire non plus que la structure mise au point expérimentalement pour les villes coloniales en Amérique, constitue une réelle alternative à la ville européenne.

Les « quadrillages » schématiques, les organisations spatiales qui s’ouvrent en leur centre, comme à Mexico, à Santiago de Cuba, à Rio, réduisent la …
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ville à n’être qu’un pur support structurel, entièrement ouvert car privé de forme : sur le terrain urbanistique, également, le prestige intellectuel de la forme disparaît dans les pays coloniaux, en faveur de la logique sans pitié du profit.

C’est ce qui arrive aussi dans les pays européens où l’organisation du capital est la plus avancée. Les « éclipses du sacré »auxquelles les pays de la Contre (Réforme essayent de s’opposer avec la mythification des certaines « cités-symboles » de Rome à Grenade en passant par le Milan de Borromée- sont adoptées par les villes de la Réforme protestante. Qui plus est, le problème est de compenser le fonctionnalisme et l’initiative privée et publique par une nouvelle rigueur formelle : c’est le thème qu’affronte à son niveau le plus haut Eias Holl à Augsbourg.

Face à une telle dialectique établi entre la mythologie et l’empirisme, les utopies du réformisme social de More (1516) d’Agostini (1553), de atrizi, de Doni (1548), de Valentin Andrae (1619), témoignagent d’un profond scepticisme sur le rôle « progressiste » possible de l’intellectuel européen.

La cité du soleil, les nouvelles Jurusalem terrestres, les sociétés parfaites et communautaires, le communisme économique, le déisme - thèmes permanents de tels rêves politiques- ne représentent pas les conséquences immédiates du rationalisme social. On y reconnaît plutôt, face à la faillite manifeste des programmes sociaux, l’ultime humanisme. Ainsi des attentes escatologiques marquent le déclin de la fonction civile de l’Humanisme, ce qui la remplace c’est une préfiguration de l’idéologie de l’Etat bourgeois et égalitaire (1).

Un tel phénomène sera ponctuellement enregistré par les courants théoriques les plus anti-utopoqies du XVe siècle. les traités sur la technique de forfitication de Durer (1527), de Maggi ( 1546), de Lanteri (1557), de Specle (1589), de Lorini (1596), de Belluci (1598), de De Marchi (1599) aussi bien les problèmes écrudits de la culture vitrivienne que les abstractions du réformisme utopique. Le réalisme politique mis à jour par Machiavel a pris la place du programme humaniste de la cité laïque. Au déclin de la cité idéale répond le réalisme cynique de la « Ville Machine de…
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défense » du Prince. Belluci pourra donc ironiser sur le rôle des architectes, les invitants à limiter leurs recherches aux superstructures formelles : c’est le théoricien militaire, et lui seul, qui dorénavant est le nouveau »savant » des phénomènes urbains. C’est là le crépuscule de la superstructure idéologique de l’Humanisme (2).Il ne restera pour les siècles qui suivront autre chose que d’accepter le rôle d’arrière-garde réservé à l’architecture face aux changements urbains ou de le dissimuler par l’évasion vers une civilisation de l’image luxuriante mais pathétique.
La ville vitruvienne selon Cesariano (1521)

Anonyme schéma idéal de ville (1500 environ)

Filarete schéma planimétrique de Sforzinda (1451- 1465)

A . Durer schéma de ville (1527)

G. Maggi schéma de ville militaire (1564)

Vauban plan de Longwy
La ville idéale ou utopie

On pourrait dire (et les architectures grands constructeur, ne se sont pas fait faute de l’affirmer, tout comme les promoteurs et les gens de l’administration), qu’il existe deux sortes d’architecture : une architecture concrète et une architecture de papier. Ou, si l’on préfère, une architecture d’usage et une architecture d’utopie. D’un coté Percier et Fontaine, de l’autre Boullée, d’un coté Baltard, de l’autre Hector Horeau. Deux mondes tranchés, oppositionnels, l’un répondant aux nécessités du temps, l’autre se perdant dans les nuées.

Or, comme toujours, les choses ne sont pas aussi simples. Dans l’histoire de l’architecture, on s’aperçoit que rien ne se perd. Ce que l’on appelle l’architecture de papier vivifie toujours, un moment ou l’autre, l’architecture réalisée. C’est une sorte de réserve énergétique, dans laquelle nous puisons …
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sans complexe. L’architecture utopique est aussi féconde dans notre culture que l’architecture de notre quotidienneté. Elle est même parfois aussi intensément vécue. Les Salines de Chaux de Ledoux, la Cité Industrielle de Tony Garnier, les dessins « futuristes » des expressionnistes allemands et des constructivistes russes, la ville radieuse de le Corbusier, les villes spatiales Yona Friedman et de Paul Maymont, sont entrés aussi intensément dans notre culture architecturale (et notre culture tout court) que les Invalides, la tour Eiffel, Chandigrah et Sarcelles. L’architecture de papier, à partir du moment où elle est publiée, à partir du moment où elle est reproduite, divulguée, commentée, devient aussi concrète que celle qui s’affirme seule concrète par le biais de ses réalisateurs.

Des interférences ne cessent de se produire entre ces deux architectures.

L’architecture utopique n’est jamais tout à fait utopique et l’architecture réalisée, lorsqu’elle est vraiment créative, comporte toujours une part d’utopie. Ce qui était hier utopie, devient parfois réalité aujourd’hui. La maison sur une cascade de Ledoux a été réalisée, cent cinquante ans plus tard, par Frank Liod Wright.

S’il existe des architectes qui nous paraissent voués à l’utopie, comme Boullée et malchances, ont été détruites. Rares sont en effet les architectes qui ont été d’une manière absolument rigoureuse, utopiste ou réalisateurs.

Toujours, d’ailleurs, les utopistes l’ont été malgré eux. Ils se sont acharnés toute leur vie à vouloir réaliser leur rêve. La non réalisation de leurs projets leur a toujours paru un échec. Il n’existe pas d’architecte qui choisisse l’utopie comme une manière d’être. Mais certains architectes sont confinés dans l’utopie par une société qui refuse de s’identifier à leur vision. Ce fut le cas de Boullée, de Horeau. C’est le cas de Paolo Soleri, de Yona Friedman, de Paul Maymont.
La ville idéale est représentation de quelque chose qui n’existe pas, ou pas encore. Elle est recherche du mieux, approche d’une perfection. La ville idéale est pure imagination, ce qui ne la dispense ni d’obéir à des règles ni d’entretenir des liens avec les autres formes de représentation.
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le mot utopie, dont le sens premier est « pays de nulle part », évoque presque naturellement le libre cours laissé à l’imagination, à la fantaisie, et en conséquence l’absence totale de réalisme, c’est-à-dire de correspondance avec la réalité présente, autant que la difficulté, voire l’impossibilité, de réalisation future.

Les utopies n’ont pas pour destin d’être réalisées, mais d’esquisser un autre possible.

La ville idéale et la ville utopique sont les résultats de processus de pensée qui ne peuvent être distingués par des critères efficaces de démarcation entre science et non science.

La ville idéale et la ville utopique sont irréelles et peu réalisables. Elles se rejoignent parfois, au niveau de leurs représentations, par des ressemblances formelles troublantes.

La plupart des villes utopiques sont construites selon un plan géométrique simple et immuable comme l’organisation qu’elles abritent.

Le plan géométrique simple est une conséquence du caractère entièrement réglé, artificiel, de l’utopie, ainsi de la volonté de rationalisation et de cohérence.

Parmi ces formes géométriques simples, on trouve souvent le processus d’hypercube représentant une figure du mandala. C’est que l’hypercube possède une efficacité pratique. C’est une forme à signification cosmique, en harmonie avec la possibilité d’extension, pour le lien.
[PLAGIÉ, Antoine BAILLY & Al, Représenter la ville]

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La ville utopique accorde un rôle important au visuel, donc à l’architecture et aux formes, dont la simplicité et la rigueur n’ont d’égales que celles de principes d’organisation de la société qu’elle abrite. L’ordre est à la fois celui de la géométrie des formes de la ville et celui de la société que les utopistes souhaitent y voir .

La forme n’est pas seulement le symbole de l’ordre voulu, elle est le moyen de l’obtenir.

L’ordre géométrique domine la tendance urbanistique issue du mouvement progressiste (<-t)106

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106 L’ordre géométrique de le Corbusier
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[PLAGIÉS, Colette GOUVION & François VAN DE MERT, Le symbolisme des rues et des cités]

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Après la Renaissance, des enceintes fortifiées adoptent la forme d’une étoile, et des villes militarisées, construites de toutes pièces renferment entre leurs remparts crénelés des carrefours, autour desquels les voies se distribuent géométriquement. Au dix-septième siècle, Louis XIV exigera que les fenêtres de sa chambre, cœur de Versailles, s’ouvrent face au levant. Au dix huitième siècle, Ledoux6 nous le reverrons aux cités de l’Utopie imaginera des ensembles urbains strictement ordonnés selon le système solaire, et bien d’autres utopistes- urbanistes tenteront, par la suite, de mettre leurs pas dans les siens.
page 228

Les contours de la cité utopique ne sont pas seulement le produit d’une réflexion concrète, matérielle, saisissable dans la pratique sociale, dans le rapport à l’événement historique, scientifique, technique, philosophique ou même religieux, ils résultent aussi d’un investissement du champ social. La projection puis la dissolution de l’espace-temps social dans un espace-temps imaginaire entraîne une restructuration de l’objet, et notamment de l’ »objet architectural », qui ne peut être comprise qu’en s’appuyant sur les mécanismes spécifiques de l’inconscient et sur leur expression symbolique.

La cité utopique peut être considérée comme une cité symptomatique où chacun des éléments se présente comme signe et phase d’un drame intérieur dont la ville n’est que le théâtre.

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La « Cité du Soleil » est sans doute l’une des villes qui regroupe le mieux tous les grands symboles du rêve. Sous la forme d’un dialogue où des thèses théologiques répondent à des discours théocratiques, Campanella propose une ville circulaire s’élançant d’une colline. Elle comprend sept enceintes concentriques, évoquant les sept anneaux de la cité des Atlantes  qui sont issus d’un même centre et coïncident avec les sept planètes mises en évidence par les recherches astronomiques du dix-septième siècle. On peut passer d’une enceinte à l’autre par quatre portes successives orientées selon les points cardinaux qui relèvent toujours de deux types d’architecture : tantôt une juxtaposition d’habitations individuelles tissées selon un urbanisme géométrique dont les zone sont délimitées par le dessin …
PAGES 311-312

[PLAGIÉS, Colette GOUVION & François VAN DE MERT, Le symbolisme des rues et des cités]

des rues se coupant à angle droit, tantôt un « plan-masse » qui ne se préoccupe que de l’image d’ensemble de la ville, sans se soucier du détail.

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Toute la Renaissance, jusqu’à la période classique, sera en tout cas riche de villes modèles relevant du même symbolisme, et échappant, à la censure royale en s’exprimant de faon légalement irréprochable, échappant à l’auto-censure de la conscience, s’exprimant par le rêve.

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A l’époque où les mathématiques commencent à devenir opérationnelles, on voit nettement l’utopie quitter le chemin de l’inconscience et bifurquer vers le perfectionnisme fonctionnel. La Bensalem de Bacon n’est plus une cité utopique, mais une cité idéale, l’idéal étant réalisé lorsqu’un plan réunit dans sont tracé, ses formes et ses agencements, toutes les perfections que l’esprit peut concevoir.
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Au bord de la rivière fictive « Inda » est ancrée la ville imaginaire de « Sforzinda » conçue en 1450 par Antonio Averlino , dit Filarète. La ville, assise au pied d’une chaîne de montagnes, prend la forme d’un octogone étoilé inscrit dans un cercle. Huit protes sont percées dans les angles rentrants, et commandent des rues qui convergent vers le centre, siège civique. Ces rues enrayons sont coupées par une voie circulaire desservant successivement seize places carrées correspondant aux seize cotés de l’octogone étoilé. Et, comme l’espace géométrisé du cercle se réfère à son centre, l’espace urbain est constitué du centre de coercition, où se tient, dans une tour de vingt étages, le palais du gouverneur. Par l’intermédiaire de l’octogone, le plan de cette tour passe du carré au cercle, constituant l’obélisque d’où surgit l’énergie centrifuge de la machine d’Etat.

« Sforzinda » est l’amalgame d’Inda et de Sforza, nom d’une maison milanaise parmi les plus illustres d’Italie, qui verra l’un de ses membres Francis Sforza, hautement encensé par Machiavel.

Les cités utopiques sont riches d’une symbolique de l’inconscient, par contre, …

(FIGURE)
PAGE 313-314

[PLAGIÉS, Colette GOUVION & François VAN DE MERT, Le symbolisme des rues et des cités]

Page 233-234

Les « villes idéales » paraissent vidées de la mémoire instinctive du temps intra-utérin. on peut pourtant, peut être, formuler l’hypothèse d’un rapport signifiant entre l’emploi des figures hexagonales et octogonales [ (hypercubiques) [0] ] et la volonté inconsciente de la désintégration de l’individu organique, avec enveloppe corporelle, frontière entre celui-ci et le reste, signe de la totalité non partagée. L’octogone (hypercubique), forme dominante des fonts baptismaux où l’homme s’immerge et renaît, lavé du péché, régénéré, peut être considéré comme le lointain écho de l’initiation.

La tour de  « SFORZINDA » (<-f), d’abord carrée, a un nombre de cotés égal au nombre des fonctions psychiques cardinales (pensée et sentiment, sensation et intuition) qui, aux yeux de JUNG, marquent l’avènement de la personnalité. Lorsque, par l’intermédiaire de l’octogone, qui tend à se fondre dans la circonférence, la base carrée se fait cercle, on retrouve la symbolique antique de la totalité de l’être.
L’itinéraire radical de ce symbole, des civilisations indiennes à la Renaissance, en passant par la configuration hexagonale de « L’Abbaye de Thélème », les doctrines heuristiques des pythagoriciens, le plan des cités idéales des seizième et dix-septième siècles, signifie peut être la dimension inconsciente du langage architectural.

La cité idéale surgit des fondations de l’inconscient comme une ville métaphore et sur sa surface infinie se déploie l’ordre symbolique d’un discours composé de formes, de figures, de lignes, d’angles, de courbures.

Vers la fin du dix-huitième siècle, Parlmanova (<-t), en Udine, exprime de manière parfaite le schéma radio polygonal de la Renaissance, avec les trois belles portes, dessinées par Scamozzi, qui fut peut-être l’architecture de toute la ville.
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