Rapport d'étape de thèse








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date de publication21.01.2020
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Vers une édition électronique des sources : méthode et première mise en place

  1. Introduction


Le temps imparti pour la rédaction de notre thèse d’Ecole des chartes ne nous a pas laissé la possibilité d’éditer de manière conséquente les sources utiles pour l’étude et la compréhension des performances provençales à la fin du Moyen Âge.

Or, cette absence de corpus édité nous a empêché de réaliser un certain nombre d’études que nous avions prévues au départ, notamment en terme d’exploitation des comptes de spectacle. Une édition intégrale de certaines années comptables nous permettrait en effet de réaliser des statistiques précises et de mieux percevoir l’importance des performances dans l’ensemble des dépenses des villes. Au-delà de la crainte de nous écarter du thème du spectacle stricto sensu nous restons convaincu que l’édition globale de documents comptables de municipalités provençales mettra au jour un grand nombre d’informations qui demeurent aujourd’hui inconnues.

Nos différentes expériences de stages en bibliothèques et d’exercice à l’Ecole des chartes, et les projets auxquels nous participons à l’heure actuelle dans le cadre du groupe d’étude sur le théâtre médiéval du LAMOP, nous ont convaincu d’envisager une édition électronique des sources en XML(TEI). Cette grammaire XML présente en effet l’avantage de permettre une édition diplomatique fine et de permettre une recherche thématique dans les documents édités. Le lecteur aura à terme la possibilité de sélectionner des informations sur le lieu des performances, leur type, leur coût ou les différents éléments nécessaires à leur réalisation (textile, décor, main d’œuvre, nourriture…).

L’autre avantage d’XML est la séparation claire et nette entre la structure logique du document et sa présentation éditoriale. Ainsi, à partir d’un même fichier XML, et pour peu que l’on réalise différentes feuilles de style XSL, il sera possible de publier à la fois en ligne et sous forme papier, d’éditer des index thématiques, de réaliser un glossaire des termes provençaux utiles aux performances et de proposer une synthèse sur le coût des représentations, domaine dans lequel les informations sont encore assez faibles.

Enfin, nous avons entrepris grâce au logiciel Image Markup Tool l’encodage de photographies numériques des sources originales que nous avons éditées. Cet encodage est également réalisé en XML(TEI) et donc compatible avec notre édition. Dans le cas d’Avignon, par exemple, il est possible à l’internaute de parcourir les images en repérant la structure diplomatique du document, de naviguer du registre à la pièce justificative, en passant par le registre d’enregistrement des mandats et, éventuellement, de retrouver la mention des performances dans les feuillets correspondants de la correspondance des consuls. Le schéma documentaire essentiel pour comprendre le fonctionnement des comptabilités municipales méridionales est ainsi reconstitué.

Nous avons à terme le projet de relier images encodées et édition et de signaler les performances concernées dans la base de données Théâtres et performances au Moyen Âge du LAMOP. Nous espérons ainsi que notre travail viendra utilement compléter l’entreprise d’édition électronique actuellement en cours dans le cadre d’un projet ANR.
    1. Principes d’édition critique

      1. Exploitation du texte et de ses métadonnées


Le but de notre édition est à la fois de rendre accessible en ligne le texte des documents concernant les performances provençales et de fournir des informations sur le contexte historique de ces performances. Le balisage au fil du texte des informations nous dispense donc d’avoir à créer une base de données : une fois les fichiers XML réalisés, il nous suffira de créer en ligne une interface d’interrogation permettant à l’internaute de rechercher dans le corpus le type d’information qui l’intéresse.

Dans l’immédiat, nous nous contenterons d’une feuille de style XSL permettant la visualisation en ligne de notre édition, la présentation de listes de références et une recherche de base. A l’avenir, nous espérons qu’il sera possible de mettre en place sur le site du LAMOP une interface plus complète qui respecte, par exemple, le modèle OAIS114 pour la conservation des données numériques tel qu’il a été exploité pour le projet TELMA115 mis en place par l’IRHT et l’Ecole des chartes. Ce projet propose par ailleurs une aide aux éditeurs pour leur permettre de mettre leurs travaux à disposition des internautes et comprend notamment une interface de recherche. L’exploitation du format METS116 nous permettrait également de proposer un point d’accès unique au texte et à ses métadonnées historiques, mais aussi aux images des fac-similés originaux.
      1. Choix de transcription et d’édition

        1. Intérêt linguistique du corpus


Notre édition vise avant tout à mettre à la disposition des chercheurs l’information contenue dans les documents utiles à l’étude des performances en Provence à la fin du Moyen Âge. Notre édition se veut donc plus diplomatique que philologique. Nos compétences de linguiste sont en outre trop limitées pour que nous puissions prétendre produire une édition pertinente dans ce domaine. Nous avons cependant conscience qu’il n’existe alors actuelle que peu d’études sur la langue des actes en franco-provençal entre le XIVe et le XVIe siècle. Cette période est particulièrement intéressante pour les linguistes car la langue vernaculaire des documents est souvent farcie de Français.

Les mandats de paiement, quant à eux comportent à la fois du latin (le texte qui engage juridiquement le paiement de la ville reste en latin sur quasiment toute notre période), du franco provençal ou du français. Le notaire écrit le plus souvent en français après 1539 même à Avignon ; le nom de certains notaires, comme Pierre d’Amiens à Avignon, laisse supposer qu’il pourrait s’agir d’hommes du nord dont la langue est le Français. Ceci étant, certains termes particuliers dans le registre des performances, comme cantar, par exemple, qui désigne a priori une messe chantée, restent en franco provençal dans un texte intégralement écrit en Français117, le notaire ne semblant pas trouver d’équivalent propre ou désirant conserver dans la langue du cru les termes qui désignent une réalité particulière de la vie publique. A la même période, les consuls d’Avignon, par exemple, qui signent les mandats de leur main, écrivent encore en franco provençal, qui reste leur langue.

Nous nous efforcerons donc dans un premier temps de rendre avec le plus de précision possible la graphie originale des documents mais sans employer un balisage spécifique aux particularités linguistiques. L’avantage d’XML est qu’il nous sera possible d’y revenir par la suite si nous choisissons un corpus pour en faire une analyse philologique.
        1. Transcription


Nous avons opté pour une transcription diplomatique simple et non paléographique. Nous développons donc les abréviations sans les signaler dans la mesure où le système employé n’est pas d’une grande complexité et que le balisage systématique des abréviations nous prendrait beaucoup trop de temps étant donné le volume de texte à transcrire. Les seules abréviations conservées sont, traditionnellement, les dates en chiffre romains et l’indication du nombre ordinal, telle que « anno MCCCCLXXXIII» pour 1483.
        1. Le balisage des informations

          1. Les atouts du balisage

Un des principes forts d’XML est qu’il permet d’encadrer des portions de texte de balises qui identifient ainsi le contenu. Chaque balise comprend un élément générique et un ou plusieurs attributs qui permettent de préciser l’élément. Ainsi il est à la fois possible de baliser un nom propre et d’indiquer en attribut une graphie normalisée afin de générer par la suite un lexique.

Nous n’avons pas encore à l’heure actuelle finalisé notre politique de balisage. La tentation est souvent grande pour quiconque fait de l’édition électronique de « sur baliser » le texte. Cette tendance est toutefois dangereuse car elle ralentit considérablement le travail d’édition et conduit à disposer au final d’un corpus moins pertinent car trop réduit. En outre, il est important de placer des balises qui auront un intérêt réel par la suite. Il est en effet inutile de poser une balise qui ne sera jamais exploitée, que ce soit dans la présentation graphique du texte ou dans les possibilités de recherche.

Les balises ont en effet deux impacts : sur la présentation graphique du texte (mais ce n’est pas obligatoire, le balisage peut très bien être « transparent » à l’affichage) et sur la recherche. L’interface finale pourra, par exemple, permettre à l’internaute de surligner dans le texte toutes les occurrences d’un nom de personne ou de le rechercher comme dans une base de données avec l’affichage des résultats et de leur contexte. Si la recherche est restreinte aux noms de personne. L’interface ne renverra que les occurrences trouvées dans les portions de texte encadrées par l’élément
.
          1. Les grandes lignes du balisage

Nous nous efforçons de baliser les informations d’ordre historique permettant de resituer les performances dans leur contexte. A ce titre, nous balisons les informations « classiques » utiles dans une étude de ce type : noms de lieux (avec la possibilité de les identifier), de personnes (avec éventuellement l’indication d’une graphie normalisée), dates (en précisant le style)…

Nous balisons également de manière un peu plus fine les différents éléments d’ordre économique et organisationnel relatifs aux performances : paiements, salaires, décor, costume, nourriture… Cette typologie nous permet notamment de décrire chaque ligne d’un mandat se rapportant aux performances. Il sera ainsi possible de savoir très rapidement quelle, dans le total des dépenses d’une performance, la part du textile, celle des constructions, celle du salaire des artistes… et de connaître le montant des sommes dépensées pour chaque poste.

Dans les mandats de paiement et les registres de compte, nous balisons également les différentes monnaies, ce qui devrait à terme permettre au chercheur de réaliser des sommes sur les différents résultats de ses recherches. On pourrait ainsi savoir, par exemple, combien le roi René a payé pour la fabrication de costumes de scène entre telle et telle année. L’intérêt des balises XML est qu’il est possible de les emboîter les unes dans les autres. On peut donc réaliser des recherches en contexte et demander, par exemple, toutes les dépenses de textiles réalisées dans le cadre d’entrées solennelles, en laissant de côté les autres types de performances. Il ne s’agit pas là simplement de croiser deux recherches mais bien de rechercher une thématique précise dans un contexte défini.
      1. Exploitation des images


L’éloignement et l’éclatement géographique de nos sources nous a conduit à développer une méthode pour pouvoir travailler à distance sur les documents originaux., qui sont le fondement même de notre étude dans un domaine où l’historiographie est ancienne et peu abondante. Nous avons réalisé au fil des années, grâce à un appareil numérique du CNRS, un important corpus composé de plusieurs milliers de photographies numériques de documents originaux.

A l’heure actuelle, la plupart des dépôts d’archives que nous avons pu visiter ne disposent pas de reproduction de conservation des documents (sous forme de microfilms ou d’images numériques) et communiquent les originaux, souvent en bon état. La multiplicité des formats et la relative fragilité des registres et pièces unitaires rend difficile le traitement systématique de ces collections par un prestataire. En outre, ces documents étant assez peu consultés, les services d’archives ne ressentent que rarement l’intérêt de les faire reproduire.

Nous pensons donc qu’il pourrait être intéressant, avec l’accord des institutions de conservation concernées, de proposer une mise à disposition en ligne de clichés numériques des documents d’archives que nous possédons, de façon thématique pour les documents se rapportant aux performances, mais aussi de façon exhaustive pour certaines séries comptables où nous avons photographié l’ensemble d’une cote afin de mieux comprendre le fonctionnement administratif et financier des municipalités.

Afin de ne pas nous limiter à la mise en ligne d’images numériques « brutes » et de pouvoir fournir une analyse historique et diplomatique des documents, nous avons procédé à la description de certaines images en XML(TEI) au moyen du logiciel Image Markup Tool, développé par Martin Holmes à l’université de Victoria. Ce programme associe au fichier de l’image un fichier XML comprenant des informations associés à des zones précises de l’image et regroupées par catégorie, le tout respectant la grammaire TEI, identique à celle que nous utilisons pour éditer nos textes.

Lorsqu’il visualise la reproduction du document original lié à une édition en XML(TEI), l’internaute peut donc à la fois constater l’authenticité de la transcription mais également obtenir des informations sur la structure physique du document : en passant sa souris sur l’image, il voit ainsi apparaître des métadonnées qui le renseignent sur la position des signatures, les différentes parties du discours lorsqu’il s’agit de formulaire, ou tout simplement la transcription de la portion de texte qu’il survole dans l’image. L’utilisation des catégories fait qu’il est possible de proposer plusieurs couches de métadonnées en un même point du document ; par exemple : transcription, commentaire historique et indication des parties du discours.


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