Rapport d'étape de thèse








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Un événement exceptionnel

  1. Les intérêts avignonnais et le programme conçu par la ville

Le coût total engendré par l’entrée de César Borgia est colossal. Même pour une cité opulente comme Avignon, une telle dépense représente un réel investissement humain et financier : la décision d’une telle manifestation suppose donc que les consuls et les conseillers ont clairement l’espoir d’en retirer un bénéfice, sous une forme ou sous une autre.

On peut tout d’abord évoquer le souhait de renforcer la splendeur urbaine d’Avignon, ville exceptionnelle par sa richesse et sa créativité, capable d’éblouir les grands de ce monde tout en renforçant la fierté et la cohésion de la communauté d’habitants. En outre, comme nous le verrons, de telles dépenses publiques font tourner une économie et sont profitables aux marchands de la ville qui sont les principaux électeurs du pouvoir municipal.

Ce souhait n’est pas négligeable, mais il s’accompagne sans doute d’une volonté plus politique, qui suppose un calcul sur le moyen ou long terme de la part de la cité. Avignon semble vouloir s’assurer le statut particulièrement enviable de terrain neutre, d’interface entre la France et les Etats italiens. En effet, même si le territoire de la ville relève du pape, les statuts de 1441 donnent au pouvoir municipal une marge de manœuvre très importante dans la gestion de l’espace public. Beaucoup de manifestations reçoivent un accord du gouverneur et du viguier dont on peut supposer qu’il est de pure forme, ces deux personnages n’ayant dans l’administration municipale qu’un rôle assez honorifique et consultatif.

Les consuls ont donc sans doute compris le parti qu’ils peuvent tirer de leur position géographique, surtout depuis le rattachement de la Provence à la France en 1481 et qu’en outre, ils ont tout intérêt, en gardant un lien obligatoire avec leur seigneur temporel, à s’attirer les grâces du roi de France, surtout dans la perspective où celui-ci s’aviserait de se rendre en Italie avec ses troupes. La perspective d’une alliance entre Louis XII et Alexandre VI et le voyage de César Borgia vers Blois ne peuvent donc les laisser indifférents. Ils y voient l’opportunité de renforcer la présence de leurs diplomates dans les cours des deux camps : la coûteuse ambassade67 envoyée à Marseille porter l’invitation à César Borgia reste à sa cour, tous frais payés par la municipalité, durant toute la durée de son séjour et de son voyage vers Avignon. Par la suite, on remarque que de nombreuses ambassades sont envoyées à la cour de France.

Avignon a en outre la chance d’accueillir quelques jours avant l’arrivée de César Borgia le cardinal de Gurk, envoyé du roi de France se rendant à la cour pontificale. La halte de celui-ci à Avignon semble toute naturelle mais l’imminence de l’arrivée du duc de Valentinois le fait rester peut-être plus longtemps que prévu, afin de pouvoir saluer le fils du pape. Avignon remporte ainsi le statut de terrain quasi neutre et de pôle diplomatique international. Comme nous le voyons par la suite, la municipalité se fait fort de financer intégralement le séjour de ses hôtes et de leur suite, en leur fournissant des denrées particulièrement coûteuses comme du sucre et en organisant pour eux des réceptions fastueuses. En effet, même si César Borgia, envoyé du pape, réside tout naturellement dans le palais archiépiscopal, la ville se charge d’y organiser des festivités et l’invite également à se rendre à l’hôtel de ville.

Il faut bien sûr comprendre que les sources que nous avons utilisées sont orientées, dans la mesure où elles sont toutes le produit de l’administration municipale. En tout cas, il apparaît clairement que la municipalité, à l’exclusion de toute autre institution, s’impose comme l’organisateur du séjour de César Borgia et de l’ambassadeur du roi de France. La procession qui vient chercher César Borgia au Petit Palais pour le conduire à la réception qu’on lui a préparée à l’hôtel de ville prend ici tout son sens : le programme est conçu afin de bien montrer qui sont ceux qui paient et mettent en place l’ensemble des manifestations. La commande d’un grand nombre d’armes de la ville peintes sur papier est également un élément essentiel de la mise en valeur de l’identité avignonnaise lors de ce séjour. Le programme vise à faire de César Borgia non pas le neveu du seigneur temporel d’Avignon en visite sur ses terres mais bel et bien l’hôte de la municipalité d’Avignon, qui prouve ici en quelque sorte, qu’elle peut gérer ses actions diplomatiques de manière autonome.

Nous voyons, comme le montre notamment Bernard Guenée pour l’entrée de Louis XI à Lyon en 1476, que la notion de programme, à la fois politique et artistique, de ce que l’on organise pour l’entrée d’un grand personnage est déjà, à la fin du Moyen Âge, une question particulièrement sensible. On se montre en général attentif aux goûts du personnage, à ses éventuelles dévotions particulières dans la préparation des scènes religieuses, éventuellement à ses origines ou à son nom : le prénom de César Borgia a pu par exemple donner lieu à des représentations de l’Antiquité. Nous n’en avons pas la preuve formelle mais l’expression « comme un duc triomphant » que l’on retrouve dans la correspondance des consuls laisse présumer que le parcours du fils du pape, de la porte Saint Lazare jusqu’au Petit Palais, avait tout du triomphe romain. Les entrées royales et princières sont la continuation médiévale de cette cérémonie. Nous avons en outre mention, toujours dans cette même correspondance, du fait que l’on a organisé un grand nombre de danses –les scènes théâtrales en sont elles-mêmes agrémentées– car César Borgia est un amateur de danses. Son goût pour les femmes est également cité pour expliquer le fait que l’on s’assure, lors de sa réception à l’hôtel de ville, de la présence de nombreuses jeunes filles.
          1. Les préparatifs diplomatiques et financiers

Il s’agit tout d’abord de rappeler le contexte de l’événement et l’importance du personnage. Fils du pape Alexandre VI68, César Borgia a alors renoncé à la pourpre cardinalice pour embrasser une carrière politique et militaire. Le roi de Naples ayant refusé de le prendre pour gendre, il décide, avec l’appui de son « oncle », de se rapprocher de la France. Le contexte est alors favorable car, après la mort de Charles VIII, un mariage entre Louis XII et Anne de Bretagne apparaît comme la seule solution pour assurer le rattachement du duché de Bretagne à la France. Il faut donc, au préalable, rompre le mariage qui unit le roi à Jeanne de France, fille contrefaite de Louis XI. Après avoir obtenu une pension de 20 000 écus, le duché de Valentinois pour son fils et la promesse du soutien français pour ses opérations en Italie, Alexandre VI charge César Borgia de porter au roi de France la dispense pontificale.

La nouvelle de son arrivée à Marseille parvient à Avignon le 11 octobre 1498, mais les consuls sont déjà au courant, depuis plus de quinze jours, de sa venue. Le Conseil décide alors de lui dépêcher une ambassade pour l’inviter à se rendre à Avignon et de lui préparer une entrée solennelle, depuis la porte Saint-Lazare, au nord-est de la ville, jusqu’au Petit Palais, palais archiépiscopal. Les rues seront décorées et l’on décide de faire « hystoires et eschaffaux de divers jeus et joyeusetés ». Le prince recevra un riche don de vaisselle d’argent et on lui organisera une réception à l’Hôtel de Ville avec des danses et la présence de jeunes filles car, nous dit la source, « ledit don Cesar y prent bien plaisir et les scet bien festier et faire danser et entretenir »69. Ces informations sont datées du 7 décembre, date postérieure à l’entrée. Les quelques informations que nous pouvons retrouver dans le registre des délibérations du Conseil de Ville entrent beaucoup dans les détails, mais nous apportent une information quant au financement des festivités. Le premier compte-rendu de délibération qui nous intéresse, daté du 27 septembre 149870, nous apprend l’arrivée de César Borgia et notifie la décision d’envoyer en ambassade à Marseille Dragonet Girard et Michel de Saint-Sixte. Gustave Bayle en donne cette traduction :

Sur la nouvelle que le neveu ou même le fils de Sa Sainteté doit venir en cette ville, le Conseil a député pour aller au devant de lui Messires Dragonet Girardi et Michel de Saint-Sixte, docteurs, et nobles Olivier Sextoris et Etienne de Sade, avec lesquels ira aussi le Révérendissime père en Dieu Boniface de Perussis, évêque de Lescar, si la chose lui est agréable.

Le mandat n° 200 donne la liste précise, dressée par le capitaine du pont, de toutes les dépenses engagées au cours de cette ambassade et qui sont prises en charge par la ville. Ces dépenses s’élèvent à 321 florins, 10 sous, 6 deniers, somme considérable car les ambassadeurs ont partagé pendant plusieurs jours la vie de la cour de César Borgia, où les dépenses sont nombreuses.

Le second compte-rendu de délibération, daté du 5 octobre 1498, signale le manque d’argent de la ville et décide un emprunt extraordinaire de 2000 écus à 7 % auprès de Pons Lartessuti pour financer les festivités. Voici à nouveau la traduction de Gustave Bayle :

La ville ayant reçu avis que le Pape députait au roi de France l’illustre prince César Borgia, duc de Valentinois et de Diois, très uni à Sa Sainteté par le sang, pour certaines affaires considérables qui intéressaient l’Eglise, et que ce seigneur doit passer par cette ville, il a été délibéré, vu que la ville manque actuellement de fonds, d’emprunter jusqu’à la somme de 2000 écus d’or, pour qu’elle soit en état de faire les dépenses convenables pour sa réception, et pour le présent qu’elle se propose de lui offrir.

Dans la délibération du 2 octobre 1498 éditée par Léopold Duhamel, en version originale, on retrouve la décision de nommer les ambassadeurs et une proposition différente pour lever le subside de 2000 écus d’or, que nous citons ici :

Similiter fuit ibidem dictum quod civitas indiget pecuniis et quod ad illas abendum et recipiendum sive ad pensionem sive ad interesse eligantur prout illico electi fuerunt sequentes videlicet : pro originariis, dominus Gabriel Fougassio, doctor et Bartholomeus Laurentii ; pro italicis, nobiles Petrus Perinelli et Maffredus Parpalhia ; pro ultramontanis, Philippus Gauterii, mercator et magister Johannes de Gareto, notarius. Fuit deliberatum et conclusum per omnes fabas nigras affirmativam denotantes, duabis demptis, quod sex prenominati, unacum dominis consulibus faciant diligendam recipiendi et reperiendi pecunias ad pensionem vel alias ad minus incommodum civitatis quo fieri poterit usque ad summam duorum millium auri.

On peut supposer, la délibération étant antérieure à celle du 5 octobre, que, devant l’échec de cette proposition visant à lever par pension ou crédit sur un certain nombre de citoyens, la ville se résout à utiliser la solution sans doute plus coûteuse, mais plus rapide, qui consiste à emprunter la totalité de la somme à la même personne. On s’étonne toutefois que trois jours seulement aient suffit à faire changer d’avis les conseillers. Il est cependant probable que ce soit l’urgence qui les ait poussés à ce montage financier, car César Borgia fait son entrée dans la ville trois semaines plus tard. En outre, les deux opérations sont peut-être simultanées, la ville espérant, en levant un subside par des méthodes plus lentes mais moins coûteuses en terme d’intérêt, rembourser au plus vite son emprunt.

Du côté diplomatique, nous avons également dans la correspondance des consuls la mention de l’arrivée du Cardinal de Gurce, envoyé de Charles VIII au pape, qui séjourna à Avignon, chez les Célestins, du 9 octobre au 27 novembre et représenta donc le roi de France lors du séjour de César Borgia. A son arrivée, la ville lui fait un don important de denrées précieuses, notamment des chandelles et des pains de sucre :

Nota que ad 9 octobre 1498 ez yntrat en aqueste vyla lo tres reverent peyre en Dyeu monsignor locardynal de Gurce que avant que fosso cardinal se apelava messire Pyere Peraud archydyacre de Saynctes, lo cal ez ystat legat alz selestyns daqueste vyla al logys du feu monsignor Bossycault et messeignors loz consolz et conseyl ly an donat per sa ben vengud so que sen set estant consolz loz nobles homes Pyere Bysquery, Bastyste du Pont et Fransez Mascaron et p° 24 torchez que pesson £ 114. Item 12 pans de sucre fin que pesson £ 18. Item 12 massepans de dragee comune que pesson £ 39. Item 2 massapans de dragee mustada que pesson £ 6. Item 4 torchaz da massa son. Item 10 somadaz de cyrada a la messure d’Avygnon. Item 2 veyselz de VIII roge, tout eyso ez ystat pagat per Jehan Jaquez regent per Danyel Malavyla, tressor per mandamentum n° [blanc] ez partyt d’aquest vyla per anar a Roma ad 27 de novembre 1498.71
          1. L’entrée de César Borgia

La correspondance des consuls nous apprend que César Borgia est entré dans la ville le dimanche 28 octobre 1498 « après Vêpres »72 et s’est rendu de la Porte Saint Lazare au Petit Palais. La distance parcourue par le cortège, dont nous pouvons retracer l’itinéraire grâce à la correspondance et aux mandats qui précisent les différents points d’arrêt, est d’1,5 kilomètre. Une fois franchie la porte Saint-Lazare, le cortège se dirige vers Belle-Croix puis se rend au portail Matheron. L’itinéraire se poursuit par la rue Saunerie, la rue de l’Epicerie73, la place du Change pour arriver devant l’hôtel de Ville, puis finalement au Puits-des-boeufs, non loin du Petit Palais, siège de l’archevêché où César Borgia réside durant les dix jours de son séjour, du 28 octobre au 7 novembre.

Nous n’avons en revanche pas d’indication précise sur le temps que le duc a mis pour parcourir la distance de la porte Saint-Lazare au Petit Palais ni sur la composition exacte de sa suite. Tout ce que nous apprend la correspondance des consuls est que le duc est monté sur un coursier blanc et doré et qu’il entre dans la ville « comme un duc triomphant ». Bayle, ne trouvant pas de renseignement sur ce point, cite le texte que donne Brantôme de l’entrée de César Borgia à Chinon dans ses Mémoires74. La description est centrée sur ce qu’il y a à voir, et qui a donc été conçu par la ville. La composition exacte de la suite du duc –contrairement aux descriptions actuelles de ce genre d’événement, serait-on tenté de dire– ne semble pas intéresser le chroniqueur, employé municipal.

En revanche, nous avons plus d’indications sur le cortège qui est allé au-devant de lui. Il y a donc, dans l’ordre où nous le rapporte le chroniqueur, le légat, Julien de la Rovère75, cardinal de Saint-Pierre-aux-liens, le cardinal de Gurce, Pierre Pérault, évêque de Gurce76 en Carinthie, envoyé du roi Charles VIII au pape, le gouverneur d’Avignon, Clément de la Rovère, évêque de Mende, les évêques de Lescar et de Carpentras, le viguier Julien Perussis, les consuls, Pierre de Bisqueri, Baptiste de Ponte et François Mascaron et enfin les juges de la ville. Il n’est pas fait mention des docteurs de l’université. Ils sont suivis, toujours selon la correspondance des consuls, par « tous les gens de bien de la ville, tant gentilshommes que bourgeois et marchands ». Tous vont « bien loin » au-devant de César Borgia, mais nous n’avons pas d’autre évaluation de cette distance.

Le dispositif mis en place pour agrémenter le passage du duc est impressionnant : le chroniqueur nous raconte que toutes les rues depuis le portail Saint-Lazare jusqu’au Puits-des-boeufs ont été recouvertes de toiles au-dessus et parées de draps et de tapisseries sur les côtés. La ville a donc été habillée au sens propre d’une succession de pièces de textile, alors fort coûteux, sur plus d’un kilomètre. Nous n’avons pas retrouvé d’information précise quand à l’achat de drap à cet effet mais nous trouvons dans le mandat n° 210 du 17 décembre 1498 la mention suivante :

Item donné à Maistre Guyot le Bessayre pour tondre tous les draps que on a print et donné pour la venue dudit seigneur tant aux courriers de la ville comme aux amourisques et farses ff. VII

Guyot le Bessayre a donc été payé sept florins pour apprêter des draps, sans doute neufs s’ils n’ont pas encore été tondus, mais dont on ignore la provenance à moins qu’il ne s’agisse de prêt ou de location auprès des habitants de la ville. En outre, nous ne savons pas si l’expression « tous les draps » recouvre bien tous ceux qui ont servi à habiller les rues. En tout cas, pour le reste du textile, et notamment pour les costumes et la couverture des échafauds, nous avons toujours des mentions précisant clairement l’emploi qui en a été fait.

Sur le passage du cortège, on compte un certain nombre d’échafauds sur lesquels sont représentées des scènes de théâtre. Les termes « cadafalz et estoryes », échafauds et histoires, employés par le chroniqueur, ainsi que des indices sur leur composition que l’on retrouve dans la comptabilité, nous laissent penser qu’il s’agit bel et bien de théâtre religieux, assimilable à ce que l’on a convenu, à l’époque contemporaine, de regrouper sous l’appellation générique de mystères. Rappelons que ce terme, surtout dans le domaine méridional, n’est quasiment jamais employé. On lui préfère systématiquement celui de jeu ou d’histoire. Le théâtre comique et profane, avec ses farces, a été réservé, dans le cas qui nous intéresse, aux festivités des jours suivants, nous y reviendrons. La dimension « processionnaire » du cortège de César Borgia, et la présence des plus hauts dignitaires religieux, expliquent sans doute la thématique choisie pour agrémenter le parcours du duc.

On compte huit constructions sur le parcours du cortège. L’échafaud élevé au portail Saint-Lazare, dont la réalisation a été confiée à son capitaine, Pierre de Sarrachana, fait l’objet d’un mandat particulier, le n° 220. Tous les autres échafauds ont également leur responsable, dont la profession a parfois été identifiée par Gustave Bayle et Pierre Pansier. Nous retrouvons majoritairement leurs noms dans le mandat n° 210 du 14 décembre ou dans le n° 193 du 12 décembre 1498. Un second échafaud se dresse à Belle-Croix où est représenté le « jeu de Belle-Croix », le tout sous la direction de Jennon, boulanger77 de la rue des Infirmières. Le mandat n° 374, compte du fustier Pierre Chapus, nous indique que le dispositif représentait une fontaine entourée d’un jardin78. Le troisième échafaud se tenait au portail Matheron et était placé sous la direction de Jérôme, aubergiste de la Campane. Un certain Paule l’illumine avec des « calleils », ou lampions, faits à partir de pots : cette dépense se trouve juste après la mention de l’échafaud de Matheron dans le mandat n° 19379, mais sans attribution particulière : Pansier a donc estimé qu’il s’agit d’un dispositif prévu pour cet échafaud mais nous retrouvons d’autres interventions de Paule dans le mandat qui ne portent visiblement pas sur cet échafaud. Le mandat n° 193 comporte en effet des dépenses se rapportant à plusieurs échafauds, notamment celui de l’hôtel de Ville. Le quatrième échafaud s’élève rue de la Saunerie ; il est confié à Louis Pierre, identifié comme « mercator » et mercier dans deux mandats, et Huguet Bloquelle, dont la profession nous est inconnue. Deux sources nous renseignent sur cet échafaud, le mandat n° 19380 pour un montant total de 53 florins et le mandat n° 369 du 23 mars 1500 pour un montant de 6 florins. Le cinquième échafaud, confié à l’apothicaire Frelin Pollin, pour 28 florins81, se trouve rue de l’Epicerie et représente un château fort. Le mandat n° 374 nous donne les comptes du fustier Pierre Chapus qui en a fourni, le 22 octobre 1498, le bois de construction. Place du Change, un sixième échafaud est élevé sous la direction de Gabriel de Tulle pour la somme de 31 florins, 19 sols, 4 deniers (mandat n° 245). Le septième échafaud se dresse devant l’hôtel de ville et déploie un dispositif assez important, décrit principalement dans les mandats n° 210 et n° 193. Il est difficile d’en estimer le coût exact car le mandat n° 193 comporte beaucoup de mentions de dépenses « pour l’ échafaud » sans préciser lequel en particulier, même si l’on peut supposer qu’il s’agit de celui de l’hôtel de ville ou du Puits-des-boeufs qui devaient être les principaux. Le dernier échafaud s’élève au Puits-des-boeufs, où est représenté le jeu du même nom, le tout confié à Jaume Reynault Cathellan. Des dépenses concernant ce dernier échafaud se retrouvent dans les mandats n° 210 et 193.
          1. Les festivités de l’hôtel de ville et du Petit Palais

Au cours du séjour de César Borgia, deux autres événements sont à noter. Le 1er novembre, après dîner, nous dit la correspondance des consuls, le duc de Valentinois a été envoyé quérir au Petit Palais et conduit à l’hôtel de ville où l’on a assisté « tout le jourt » à la représentation de deux « farces »82 et deux mauresques. Ces réjouissances sont suivies d’une « collation » de divers mets sucrés accompagnés de vin rouge et blanc qui prend des allures de banquet : sucreries en tous genres, massepain, biscuits, le tout pesant environ un quintal selon la correspondance des consuls. L’organisation des danses a été confiée au notaire Jean Lorin83. La mauresque est une danse d’origine espagnole, très à la mode à la fin du XVe et au début du XVIe siècle, qui évoque le combat des chrétiens contre les musulmans. Elle peut également être perçue comme une danse de la fécondité et s’accompagne souvent du son de crécelles et de grelots. Ces derniers sont mentionnés dans la comptabilité sous leur dénomination provençale de « cascaveaulx », accrochés, notamment, aux chausses des danseurs. Le chroniqueur de la correspondance des consuls nous indique également que l’une des deux mauresques était à la fois farce et mauresque. Pansier identifie par ailleurs un des danseurs, désigné sous le surnom du Provençal, à Jean Belliel ou Petit Jean le savetier, par ailleurs auteur des farces et savetier d’Avignon84.

Quelques jours plus tard, une fête du même type, associant théâtre et danse, est organisée au Petit Palais, résidence de César Borgia. On y retrouve le dit Petit Jean pour l’organisation d’une farce et moralité.
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