Rapport d'étape de thèse








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La répartition des sommes


Au cours de leurs études, aucun des chercheurs qui ont travaillé jusqu’ici sur les sources comptables de l’entrée de César Borgia n’a essayé de reconstituer le budget total de la manifestation. S’ils ont essayé de reconstituer le cadre matériel de l’événement, l’itinéraire du cortège, le programme iconographique, il semble que le coût réel des événements ne les intéresse que de manière secondaire (certaines citations de mandats omettent même de donner le montant du poste en question). S’il est bien évident que les sources comptables nous apportent d’autres renseignements, il nous semble pourtant essentiel de ne pas oublier leur fonction première : donner mémoire du coût des manifestations organisées par la ville.

Tableau 2 : Répartition des dépenses par poste

Rubrique

Montant

Part du total des dépenses

Frais artistiques (musique, danse, théâtre)

ff. 167 ss. 11

8,79 %


Construction des infrastructures

ff. 126 ss.2 dd. 2

6,67 %

Décoration et peinture

ff. 118 ss. 2 dd. 3

6,24 %

Matériel divers

ff. 21 ss. 5

1,11 %

Salaires et services

ff. 105 ss. 18 dd. 3

5,55 %

Nourriture

ff. 430 ss. 11 dd. 3

22,59 %

Textile

ff. 932 ss. 17

48,95 %

Divers

ff. 1 ss. 4 dd. 2

0,01 %

TOTAL

ff. 1905 ss. 7 dd. 1

100 %




Nous n’avons pas encore la certitude d’avoir repéré l’intégralité des mandats se rapportant à l’entrée de César Borgia, mais une lecture intégrale du registre du trésorier nous conduit à penser que nous connaissons maintenant au moins tous les mandats pour lesquels il est fait allusion au duc de Valentinois dans le registre. Par ailleurs, le repérage des mandats confiés à Arnaud Luet, vice-concierge, nous a permis d’identifier des mentions se rapportant à l’événement dans des mandats généraux. Nous pouvons donc estimer que les documents que nous avons dépouillés recouvrent la quasi totalité des dépenses. Si l’on additionne l’ensemble de ces mandats, on obtient une dépense totale de 5083 florins, 21 sous, 7 deniers. Il faut cependant préciser que cette somme comprend 321 florins, 10 sous, 6 deniers de frais d’ambassade pour porter l’invitation de la ville à Marseille et 2857 florins 4 sous de joaillerie pour faire réaliser le cadeau offert au duc par la ville. La lecture détaillée des mandats de « menues dépenses » ou de « dépenses » payés à Arnaud Luet86 a par ailleurs mis au jour des dépenses qui n’avaient a priori rien à voir avec l’événement qui nous intéresse (aumônes, frais d’entretien courants...). On peut considérer que les frais engendrés par la réception de César Borgia à Avignon entre le 28 octobre et le 7 novembre 1498 s’élèvent à 1905 florins, 7 sous, 1 denier. C’est la somme que nous avons prise comme base pour l’étude qui suit et les tableaux qui la complètent.

Nous avons tout d’abord tenté d’établir une classification des dépenses par lieu de représentation, mais nous nous heurtons au problème qu’un certain nombre de « commandes » ont été passées par la ville de manière globale pour plusieurs lieux de représentation. En outre, un certain nombre de postes ne comportent pas de destination précise. Les comptes les plus précis dont nous disposons sont ceux qui concernent les deux manifestations postérieures à l’entrée : le banquet à l’Hôtel de ville et la réception donnée au Petit Palais. En ce qui concerne l’Hôtel de ville, il est difficile de distinguer ce qui se rapporte à l’échafaud dressé devant le bâtiment de ce qui est consacré au banquet du lendemain. Le graphique nous permet toutefois de constater que le coût moyen des échafauds oscille entre 20 et 30 florins à l’exception de l’échafaud de la rue de l’Epicerie, pour lequel deux hypothèses sont possibles : compte tenu du fait que la différence est essentiellement due à des frais d’achat et de location de textile, on peut penser qu’il a fallu ici racheter du matériel qui était disponible ailleurs grâce à des réutilisations ou que la décoration de la rue de l’Epicerie était particulièrement somptueuse. Deuxième hypothèse : les comptes de la rue de l’Epicerie étant mieux identifiés, la somme de 88 florins est plus proche du coût réel d’un échafaud et les dépenses pour les autres infrastructures ont été davantage mutualisées, ce qui conduirait à penser qu’une large part de leurs dépenses figure dans la colonne « autres ». En effet, on constate que la somme de 30 florins est habituellement celle que reçoit la personne responsable de l’échafaud. Gabriel de Tulle reçoit 31 florins pour l’échafaud de la place du Change et Frelin Pollin, 28 florins pour celui de la rue de l’Epicerie. D’autres dépenses étant couvertes par la ville, on ne sait pas exactement à quoi correspond cette somme : il est probable, vu son importance, qu’elle ne couvre pas simplement le salaire du responsable mais lui sert à payer les artistes intervenants (ce sont en tous cas eux qui apparaissent le moins souvent dans les dépenses supplémentaires, davantage composées de matériaux de construction et de textile).

La classification des dépenses par rubriques thématiques nous donne des résultats plus équilibrés, car les sources donnent toujours l’indication précise du motif de la dépense. Le nom du bénéficiaire ne nous est en revanche pas toujours connu. L’interprétation des résultats doit tout d’abord nous conduire à évaluer le coût de base des différents éléments, qui est très différent de celui d’un spectacle à l’heure actuelle. Les coûts humains par exemple sont relativement dérisoires : à peine plus de 5 % de la somme totale. La main d’oeuvre est bon marché, même dans le cas d’ouvriers qualifiés capables de monter une fontaine artificielle ou un échafaud de théâtre richement décoré. Notons qu’échappent à ce poste de dépenses les salaires des artistes, regroupés dans la rubrique « frais artistiques » et ceux d’ouvriers payés directement par les fournisseurs qui incluent ce service dans le prix des objets finis. Il faut cependant savoir que dans le cas de fournitures particulièrement coûteuses comme le textile, la main d’oeuvre, ou « façon » pour les costumes est toujours comptée à part, même si elle est beaucoup moins chère que la matière première. Nous l’avons alors regroupée dans la rubrique « salaires et services ». Figurent également dans cette rubrique les multiples frais de courriers et de « portefaix » pour transporter différents matériaux d’un lieu à un autre de la ville, ce qui nous indique qu’il devait y avoir une certaine centralisation des achats et de la gestion du matériel, comme le fait une régie générale à l’heure actuelle. Le textile, bien évidemment, demeure le matériau de luxe par excellence. Les étoffes achetées sont en outre parmi les plus chères comme le damas et le taffetas, deux étoffes de soie décorées, souvent polychromes. Les quantités étant considérables et les coûts faramineux (plus de 48 % du total), certaines étoffes, sans doute pour le parement des murs et décors et qui n’ont donc pas à être découpées, sont louées, au tiers ou au quart de leur prix d’achat. Le bois, en revanche, lui aussi consommé dans des quantités considérables, est une denrée bon marché, ce qui explique que les frais de construction des échafauds ne représentent que 6,67 % du total. La nourriture n’est pas spécifiquement chère à Avignon à la fin du Moyen Âge, mais la ville achète pour le banquet en l’honneur de César Borgia des mets de luxe : volailles, poissons et surtout des confitures et confiseries particulièrement onéreuses à cause du sucre qu’elles contiennent. Dans les frais de décoration, c’est la peinture qui arrive en tête, car les pigments coûtent cher et les artistes peintres exercent une activité à forte valeur ajoutée. On peut également penser que pour plus d’homogénéité, on confie au même artisan toutes les pièces à peindre d’un même type. Ceci expliquerait le faible nombre de peintres et le fait que certains, comme Nicolas d’Amiens, pour la peinture des armes de la ville (mandat n° 247), peuvent toucher jusqu’à 50 florins en une fois.

La précision des sources comptables nous permet également d’identifier les différents fournisseurs et prestataires de la ville. Ceux-ci sont souvent identifiés par leur profession, complétée de leur prénom, parfois de leur patronyme ou de leur adresse. Au total, ce sont près de 75 personnes ou groupes de personnes qui ont bénéficié de paiements de la ville, sachant qu’il y a également plus de 200 dépenses pour lesquelles le bénéficiaire n’est pas identifié. Les principaux bénéficiaires sont le drapier Melchior du Molar pour 790 florins, le vice-concierge Arnaud Luet, qui touche, mais pour les redistribuer, plus de 500 florins, le capitaine du pont, responsable de la gestion des dépenses de l’ambassade, qui touche 321 florins. Tous les autres créanciers touchent moins de 100 florins. Nous pouvons donc en conclure qu’à part quelques fournisseurs d’objets particulièrement coûteux, la ville d’Avignon n’a pas à proprement parler de fournisseurs attitrés chez qui elle se sert exclusivement pour un type de dépense. On peut également soupçonner que pour une telle manifestation, aucun des artisans de la ville n’aurait assez de stock ou de personnel pour servir les commandes à lui tout seul.
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