I. Magnétisme animal et phénomènes spirites








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A propos de l’introduction à la métapsychique humaine

Réfutation du livre de René Sudre

Par

Ernest Bozzano


Préface



Je ne m’attarderai pas à analyser l’excellent traité de métapsychique publié par M. René Sudre, et je me bornerai à remarquer que l’auteur est parvenu à synthétiser, en un volume de proportions normales, un exposé complet, érudit et bien fait, de toutes les catégories de phénomènes métapsychiques. On est donc fondé à dire que son ouvrage, non seulement atteint les buts que l’auteur s’était proposé, mais constitue quelque chose de plus qu’une « Introduction à l’étude de la métapsychique » ; il est fort utile même aux personnes compétentes en la matière, car il est rare de trouver ordonnée avec tant de clarté et d’efficacité toute la masse imposante de la phénoménologie examinée. Et au point de vue de la propagande féconde qu’un traité de cette sorte peut exercer dans les milieux scientifiques, je ne regrette même pas l’anti-spiritisme superlativement sophistiqué de l’auteur ; en effet, s’il n’était pas tel qu’il est, son traité perdrait toute efficacité dans les milieux scientifiques, encore dominés par les préjugés matérialistes.

Par contre, il est naturel qu’à mon point de vue personnel — qui est diamétralement opposé à celui soutenu par M. Sudre — je me dispose à analyser, discuter et réfuter, l’une après l’autre, les principales opinions et hypothèses anti-spirites avancées par l’auteur ; et ce d’autant plus qu’il semble posséder fort bien son sujet, et être un penseur d’un talent indiscutable. Il est donc un fort partenaire avec lequel la discussion contradictoire est très utile, puisqu’il se présente en lice muni des armes offensives les plus formidables dont on puisse disposer dans le camp où il milite.

I. Magnétisme animal et phénomènes spirites



Ceci dit, je commence, sans plus, mon analyse critique, en signalant d’abord, une affirmation inexacte de nature historique, que l’auteur énonce à propos des anciens magnétiseurs. Il écrit :

Deleuze et tous les magnétiseurs ne croyaient donc pas qu’il y eût communication entre leurs somnambules et des êtres invisibles. Ils ne contestaient pas la réalité des apparitions spontanées, mais ils les considéraient selon l’opinion religieuse, comme exceptionnelles ; et ne croyaient point à un commerce possible entre les vivants et les morts. Or, cette croyance générale passe à leurs sujets, qui présentèrent tous tes phénomènes métapsychiques complètement dépourvus du caractère spirite.

Je ferai remarquer que l’italique de la dernière période est de l’auteur lui-même, qui montre ainsi quel intérêt théorique il attache à la circonstance signalée. Or celle-ci est historiquement inexacte, et ceci au point que sa vraie signification est diamétralement contraire à celle que suppose M. Sudre. En effet, si l’on consulte les traités de magnétisme animal, on trouve bien des traces des préventions qu’entretenaient à ce sujet les magnétiseurs — préventions qu’explique leur crainte que les manifestations de cette nature fissent surgir de nouveaux obstacles à leur tâche de convaincre le monde des guérisons merveilleuses obtenues par les pratiques magnétiques. Mais il n’est pas moins vrai que, malgré les préventions, les manifestations d’entités de défunts par l’entremise somnambulique se réalisaient assez souvent. M. Deleuze lui-même, dans sa correspondance avec le docteur Billot, le reconnaît dans les termes suivants :

Je ne vois pas de raisons qui, ayant quitté cette vie, s’occupent de ceux qu’elles ont chéris et viennent se présenter à eux pour leur donner des avis salutaires. Je viens d’en avoir un exemple, le voici…

Et Deleuze expose le cas d’une somnambule à laquelle son père décédé se manifesta deux fois pour la conseiller au sujet de l’époux qu’elle devait choisir ; ses conseils impliquaient la réalisation d’un fait encore éloigné dans le temps, et qui se réalisa ponctuellement à l’époque indiquée. (G. Billot : « Correspondance sur le magnétisme animal », t. III).

Le Dr Billot répond à Deleuze en lui décrivant un phénomène merveilleux arrivé à lui-même : celui de l’« apport » d’une plante médicinale, qui vint tomber sur les genoux de sa somnambule ; ceci par l’intervention d’ « une jeune vierge » qui se manifestait fréquemment au moyen de cette somnambule.

Je rappelle en outre que le baron Du Potet, qui polémiquait souvent dans le « Journal du Magnétisme » contre ses confrères, lorsque ceux-ci osaient publier des épisodes de manifestations des décédés, révéla ses convictions intimes à cet égard lorsqu’il s’exprima ainsi dans une lettre privée à Alphonse Cahagnet, et que ce dernier inséra dans son ouvrage :

« Vous traitez vingt ans trop tôt de ces questions : l’homme n’est pas préparé à les comprendre ».

D’où il ressort quel était le but occulte de sa prétendue incrédulité sur le sujet en question ; il craignait que, les hommes de science n’étant guère disposés à prendre au sérieux les manifestations des décédés par l’intermédiaire somnambulique, cela dût créer de graves obstacles à la tâche déjà si difficile de convaincre le monde scientifique des propriétés thérapeutiques du « magnétisme animal ». J’ajouterai que le baron Du Potet, lorsque plusieurs années plus tard, il se rencontra à Londres avec le Rév. William Stainton Moses, lui confia, sans réticences, ses convictions spirites fondées sur le fait qui étaient arrivés à lui-même, sans qu’il les cherchât. A cette occasion, il lui advint aussi d’avoir, en même temps que Stainton Moses, la vision clairvoyante de l’Esprit d’un homme qui s’était suicidé quelques heures auparavant, en se jetant sous les roues d’une locomobile.

Je rappellerai encore que le magnétiseur Alphonse Cahagnet obtint, avec la somnambule clairvoyante Adèle Maginot, une longue série de vrais épisodes d’identification personnelle de décédés. A ce propos, je remarque que cette série de manifestations parut tellement importante à Frank Podmore, qu’il en fit l’objet d’une longue étude, parue dans les «  Proceedings of the Society for Psychical Research ».

Je rappellerai aussi que le Dr Charpignon, dans son livre : «  Physiologie, Médecine et Métaphysique du Magnétisme », remarque à la page 120 :

Le malade se trouve — je veux dire à l’air de se trouver — en communion avec un être que personne ne voit, que personne n’entend, que personne ne touche, et à qui, cependant, on serait presque tenté de croire qu’elle parle et qu’elle répond. Le premier de ces faits est extraordinaire ! Le second est abasourdissant !

Et à la page 363 :

Le premier sujet magnétique que nous avons observé ne répondait jamais à une de nos questions sans dire : « Je vais consulter l’autre ». Tout naturellement, nous dûmes demander quel était cet « autre ». On nous répondit : « C’est le génie chargé de me guider, de m’éclairer ».

Et, en effet, ce sujet acquérait, en somnambulisme, des facultés, des connaissances qui lui étaient étrangères à l’état de veille, et qui ne pouvaient appartenir qu’à un être supérieur.

Le Dr Ricard, dans son «  Traité du Magnétisme animal », écrit (page 275)

La première somnambule qui m’offrit quelque chose de remarquable en ce genre, se nommait Adèle Lefrey...Elle touchait au terme de sa cure, lorsque, au milieu de nouvelles indications thérapeutiques, elle me dit d’un ton fort singulier : Vous entendez bien qu’il me l’ordonne. — Qui, lui demandai-je, qui vous ordonne cela ? — Mais lui ; vous ne l’entendez pas ? — Non, je n’entends ni ne vois rien — Ah ! c’est juste, reprit-elle ; vous dormez, tandis que moi je suis réveillée…

Et à la page 282, le Dr Ricard demande à la somnambule :

« Vous rappelez-vous ce que vous avez dit hier ? » — « oui » — Qui donc est ce personnage mystérieux ? — C’est mon ange gardien…Tenez, il cause maintenant avec le vôtre. — Comment ! avec le mien ! Est-ce que mon ange est aussi près de vous ? — Oui, mais il est plus près de vous encore, et quoique vous ne le voyez pas, vous êtes cependant éclairé de ses conseils.

Je remarquerai enfin que dans le numéro d’octobre 1925 de La Revue Spirite, j’ai exposé le cas fort intéressant du Dr Larkin qui, ayant mis en état somnambulique une jeune paysanne, afin d’obtenir des renseignement diagnostics sur ses malades, obtint une longue série de manifestations d’entités de défunts, qui, en grande partie, lui étaient inconnus. A ces dernières, le Dr Larkin demandait leurs généralités, pour procéder ensuite à de rigoureuses enquêtes à ce propos ; enquêtes où lui était constamment démontrée l’authenticité des personnalités qui se manifestaient ainsi. Il en rapporta la ferme conviction que sa somnambule était en communication avec le monde spirituel.

Je m’arrêterai là, car les exemples que j’ai exposés suffisent à démolir la première affirmation anti-spirite de notre auteur, selon laquelle les anciens, magnétiseurs, ne croyant pas «  à un commerce possible entre les vivants et les morts, cette croyance passa à leurs sujets, qui présentèrent tous les phénomènes métapsychiques complètement dépourvus de caractère spirite ». On a pu voir, au contraire, que malgré les préventions des magnétiseurs, les somnambules de la première moitié du siècle dernier voyaient les Esprits des décédés, causaient avec eux, et en apportaient des preuves. En ces conditions les conclusions que l’auteur tire de cette affirmation inexacte tombent irrémissiblement. Or, ces conclusions étaient importantes, puisqu’on en déduisait que, si les premiers expérimentateurs du médiumnisme moderne n’avaient pas cru aux « Esprits », de même les médiums — comme jadis les somnambules — n’auraient jamais causé avec les Esprits. Ce que je viens de rappeler porte, au contraire, à conclure que les médiums auraient quand même communiqué avec les « Esprits », puisque les somnambules de la première moitié du siècle dernier en faisaient autant, malgré les préventions des magnétiseurs. Et s’il est vrai — comme c’est en effet, incontestable — que la circonstance signalée par M. Sudre, si elle avait été fondée, aurait admirablement confirmé son point de vue, c’est à dire, que toutes les personnalités médiumniques ne sont que le produit de la suggestion, combinée avec la clairvoyance du médium (prosopopèse-métagnomie), alors puisque la circonstance en question est, en réalité, de nature à prouver le contraire de ce que M. Sudre avait supposé, il faudrait conclure dans un sens diamétralement opposé à celui qu’il a formulé. C’est-à-dire que la circonstance que les anciennes somnambules communiquaient souvent avec des personnalités de défunts, malgré les préventions toutes contraires de leurs magnétiseurs, se transforme en une preuve admirable en faveur de la réalité de ces personnalités, comme êtres étrangers aux somnambules, ainsi que de la réalité analogue des personnalités de défunts qui se manifestent de nos jours par l’entremise des médiums.

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