RÉsumé Ce travail confronte les résultats d'une comparaison dans le temps et dans l'espace des modèles productifs dans l'automobile par le réseau international du gerpisa avec les théories proposées par les sciences sociales.








titreRÉsumé Ce travail confronte les résultats d'une comparaison dans le temps et dans l'espace des modèles productifs dans l'automobile par le réseau international du gerpisa avec les théories proposées par les sciences sociales.
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les conflits d'intérêt et leur donne une issue positive pour la firme. Voilà qui explique sans doute le succès enregistré par le concept de « gouvernance des entreprises » ou encore mode de gouvernement appliqué aux firmes42. Les relations entre information et pouvoir sont donc strictement inversées par rapport au cas précédent.

Cette opposition des deux visions renvoie aussi à des différences que certains analystes qualifient de culturelles (tableau 2, Colonne 4) et qu'il serait sans doute plus exact de qualifier d'institutionnelles.

° Le premier modèle fait songer à la configuration sloaniste, dans laquelle les gestionnaires sont tellement préoccupés de se coordonner entre eux qu'ils parviennent même à en oublier le client et la concurrence. Ce n'est pas préjudiciable tant que l'on occupe comme General Motors dans les années 60 aux États-Unis, une position dominante en termes de parts de marché et formation des prix. Plus douloureux est le réveil lorsque des concurrents d'abord Européens puis surtout Japonais introduisent une perturbation majeure dans l'environnement...que la sophistication de la division du travail entre les gestionnaires, tournés vers les arbitrages internes, ne permet pas de détecter ou d'interpréter immédiatement.

° Le second modèle rappelle plutôt la stratégie de réduction permanente des coûts, au sens où une forte identité de la firme, bâtie sur des dispositifs d'incitation et de contrôle extrêmement puissants, polarise l'ensemble de l'activité des salariés vers l'amélioration des résultats de la firme. La structuration de la relation salariale est telle que les incertitudes internes sont mineures, ce qui a contrario permet de répondre très efficacement aux incertitudes venues de l'extérieur. Grâce à divers dispositifs organisationnels tels le Kanban, la qualité totale, l'adaptation rapide des heures travaillées, voire les primes et les salaires, les contraintes et les variations du marché sont directement perceptibles dans l'entreprise conçue comme un espace de coopération, immergé dans un univers potentiellement hostile ou dangereux. On aura reconnu l'entreprise Toyota, mais aussi certaines des composantes de PSA.

A la lumière de ces deux exemples on perçoit que l'opposition entre l'organisation comme un cerveau ou comme un gouvernement ou encore l'expression d'une culture est quelque peu manichéenne et mérite d'être atténuée puisque dans tous les cas on trouve des structures de pouvoir et de traitement de l'information mais elles ont des objectifs différents, tantôt tournés vers l'intérieur, tantôt tournées vers l'extérieur. Ces caractéristiques renvoient elles-mêmes à la nature des marchés financiers, aux modes de sélection des dirigeants et bien sûr à la tonalité des relations professionnelles. C'est une invitation à passer de l'organisation au modèle productif.

7.2 Les bases du pouvoir dans la production : expression de compromis locaux ou projection des rapports capitalistes ?

Un examen plus attentif fait ressortir une autre différence d'approche au sein même des études qui reconnaissent le rôle des phénomènes de pouvoir dans l'entreprise.

42 Tel est par exemple le titre du plus récent ouvrage de Oliver E. Williamson (1996). Il est intéressant de noter qu'à partir d'une approche finalement assez limitée, celle des coûts de transaction, cet auteur se pose des questions beaucoup plus fondamentales concernant l'organisation du pouvoir dans l'entreprise.
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° Dans l'optique de l'individualisme méthodologique, il faut impérativement partir de l'individu pour bâtir progressivement les formes d'organisation de la firme et ainsi de suite jusqu'à construire les plus générales des institutions, culminant dans l'ordre institutionnel. Dès lors le mode de gouvernement d'une firme ne peut résulter que de l'interaction des individus agissant en son sein et qui dégagent progressivement des règles qui a priori devraient être idiosyncratiques car dépendant du produit, des procédés, des marchés locaux du travail, d'événements historiques intervenus lors de la constitution de la firme, etc.... L'économie des conventions a développé cette analyse et montré qu'un modèle de gestion des firmes se définissait par la compatibilité entre un mode d'articulation au marché du produit, un type de financement, une modalité de la relation salariale et même un type d'articulation à l'État43. Une analyse systématique des conventions de travail et des types de produit a conduit à proposer au moins quatre mondes de production (interpersonnel, marchand, immatériel, industriel), définis par l'homogénéité de leurs relations avec l'environnement, ce qui rejoint l'un des thèmes majeurs des théories de la contingence. A certains égards certains des travaux des chercheurs japonais soulignent un aspect complémentaire, à savoir la firme comme compromis entre les intérêts des apporteurs de capitaux, des gestionnaires et des salariés, sous la contrainte bien sûr de viabilité, c'est-à-dire de satisfaction des consommateurs44. Ces compromis ne sont pas identiques dans toutes les firmes et dans tous les pays, car leurs modalités de constitution sont différentes...mais l'on voit poindre le thème des déterminants « macro-sociaux » de la viabilité d'une forme ou d'une autre de gouvernement des entreprises.

° Selon une autre approche, on peut considérer légitime de partir d'identités collectives telles que les organisations et s'interroger sur les déterminants de leur structuration et de leur évolution au cours du temps. La question n'est plus tellement celle de l'émergence des compromis locaux propres à chaque entreprise mais plutôt l'impact des formes économiques et politiques les plus larges sur l'organisation interne des firmes. On aura reconnu les problématiques d'inspiration marxiste ou radicale qui dans certaines variantes font de la grande firme le simple rouage de la reproduction du rapport capital travail et du rapport marchand (tableau 2, dernière colonne). La stratégie de recherche est alors de dériver l'ensemble des conséquences pour une firme donnée de son insertion dans des rapports capitalistes. Par exemple, en bonne théorie marxiste, le pouvoir de la firme sur les salariés dépend d'abord de l'asymétrie de la distribution des droits de propriété, ensuite et dans une moindre mesure des dispositifs propres, de contrôle et/ou d'incitation que développe l'entreprise en son sein, mais qui ne trouvent leur efficacité que par rapport au système économique dans son ensemble. Le pouvoir de l'entreprise est ici la conséquence de la décentralisation d'un pouvoir plus collectif, celui de l'ensemble des capitalistes. Même si ces analyses datent des années 70, il n'est pas inutile de citer les principales d'entre elles. Ainsi pour nombre de radicaux américains45, les choix techniques des firmes ne visent pas seulement l'amélioration de l'efficacité productive mais aussi le contrôle des salariés, en divisant leurs responsabilités et leurs compétences évitant ainsi qu'ils se dressent contre l'entreprise. De même, le statut du travail dans le capitalisme monopoliste ne peut se comprendre sans une référence aux formes de contrôle du capital46. Plus généralement encore, le pouvoir des grandes entreprises ne peut être séparé de leurs relations à l'État et au pouvoir tout court, ce qui expliquerait une grande partie des

43 Voir François Eymard-Duvernay ( 1989).

44 Masahiko Aoki (1988) fournit un bon exemple de cette approche lorsqu'il compare la firme Japonaise
et Américaine qui se distinguent par l'influence relative des actionnaires par rapport aux salariés.

45 Stephen Marglin ( 1976).

46 Harry Braverman ( 1974).
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caractéristiques de leur organisation en un sens parallèle à celle des grands organismes publics avec lesquels elles interfèrent en permanence47.

Ces deux visions sont loin de donner le même éclairage des modèles productifs. Dans l'approche individualiste c'est au mieux un effet de sélection, de mimétisme ou encore d'agrégation à partir d'une série de choix décentralisés que ne contraint nul déterminisme macro-social ou macroéconomique. Pour la seconde, les dispositifs internes des firmes ne peuvent se comprendre indépendamment de l'insertion dans la reproduction de rapports sociaux beaucoup plus généraux dont la viabilité dépasse le strict cadre de chaque firme. Dans certaines variantes extrêmes, le degré d'autonomie des unités de production serait inexistant ou in-essentiel pour l'analyse de la dynamique d'ensemble. On le sait, il n'est pas de méthode pour régler ce différend mais on peut souligner que ces deux visions n'ont pas la même pertinence selon les chercheurs. Si le projet est la compréhension fine des dispositifs organisationnels d'une firme par un consultant, nul doute que la première soit plus performante et plus acceptable. Si à l'opposé, on s'interroge sur les facteurs qui façonnent un modèle industriel, ce n'est qu'à ses risques et périls que le chercheur ignorera l'approche plus globale : ne risque-t-il pas de négliger les régularités macroéconomiques qui sont impliquées par chaque modèle ou de les inventer à partir d'études de cas peu représentatives et déconnectées les unes des autres ?

Aussi convient-il de développer une analyse sociétale des modèles productifs...sans pour autant négliger la diversité des pratiques des firmes, mais en cherchant à les ramener à des caractéristiques du système institutionnel même. C'est l'occasion de présenter rapidement les relations entre pouvoir et information dans les définitions des modèles productifs.

7.3 Interdépendance et cohérence de systèmes de pouvoir et d'information.

On pressent en effet que les organisations productives viables doivent bien sûr combiner structuration du pouvoir et recueil et traitement des informations. Un modèle productif qui ne se concevrait que comme un système de pouvoir, indépendamment de toute prise en compte des déséquilibres qu'il rencontre ou qu'il suscite dans le reste de l'économie, ne manquerait pas d'entrer inéluctablement en une crise structurelle. Telle est la part de vérité que contient la critique des bureaucraties contemporaines comme incapables de réagir aux changements de l'environnement. Mais on oublie trop souvent que la configuration symétrique est elle-même non viable : une structure qui ne serait bâtie que sur le recueil d'informations selon des routines décidées en fonction d'un contexte précis, ne manquera pas d'épuiser sa capacité de régulation, dès lors que le contexte change entre le moment de la fondation et la période courante. Alors, s'ouvrent diverses stratégies, dont les coûts et les mérites diffèrent et surtout sont incertains, de sorte que le calcul économique pur ne peut les départager. Le choix viendra de la configuration des intérêts internes à l'entreprise, de la force des arguments et des ressources qu'ils tirent de l'environnement extérieur et, il ne faut pas l'oublier, de la clarté d'une vision stratégique susceptible de polariser des comportements qui autrement seraient tétanisés par une incertitude radicale.

Pourtant, les relations entre pouvoir et information ne sont pas totalement symétriques. Certes pour la théorie néoclassique chaque individu est détenteur d'une information spécifique et il en tire son pouvoir sur le marché. Mais le plus souvent, dans les organisations

47 On vise les analyses de John Kenneth Galbraith (1967) qui en un sens retrouve la congruence entre bureaucratie privée et publique chère à Max Weber. Mais c'est ici le pouvoir politique et économique qui est le ciment et plus nécessairement l'efficacité comme le suppose l'école de la rationalisation.
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productives modernes, c'est en fonction de la division du travail instituée par les dirigeants de l'entreprise, et plus encore la stratégie de profit adoptée, qu'il est possible de définir un système d'information. Ce n'est pas une appréciation des coûts qui détermine la configuration optimale du recueil d'information mais bien une série de décisions conventionnelles qui informent le calcul des indicateurs de gestion et permettent de mesurer les coûts48. Plus encore, chaque grand modèle productif se définit par des objectifs finaux et intermédiaires, des outils de gestion et donc des indicateurs qui sont strictement conditionnés par l'inscription dans ce modèle. On peut montrer que même si différents modèles partagent des indicateurs statistiques communs, ils peuvent dans certains cas avoir des intérêts opposés quant à leurs évolutions souhaitables : le maximiser dans un cas, le minimiser dans l'autre49. Mais dans le cas général, dès lors que l'on entend désagréger les sources du profit global, il se peut que les indicateurs statistiques à recueillir n'aient strictement aucune relation d'un modèle à l'autre.

D'ailleurs, structuration du pouvoir et de l'information ne suivent en général pas les mêmes voies. On doit à Masahiko Aoki50 d'avoir montré l'équivalent d'un théorème de dualité. Si le pouvoir sur la carrière et la rémunération des salariés est centralisé, il est possible de décentraliser le recueil et le traitement de l'information sans que cela soit préjudiciable, bien au contraire, aux performances de la firme. Si par contre, les moyens de contrôle sur la main-d'œuvre sont très indirects ou difficiles à mettre en œuvre, alors l'information devient un enjeu stratégique et il est primordial de la centraliser. On aura reconnu respectivement la firme japonaise et la firme américaine. Ainsi, les relations pouvoir/information dépendent du contexte institutionnel plus général et les performances relatives des deux architectures institutionnelles, japonaise et américaine, varient selon la spécialisation (production standardisée, fortement différenciée à partir de composants produits en masse, ou production immatérielle) et le plus ou moins grand degré d'incertitude qui prévaut quant à l'évolution des marchés.

Voilà pourquoi dans la définitions la plus complète d'un modèle productif tient compte de la viabilité d'un système de pouvoir interne à la firme en fonction de son inscription sur les marchés financiers, celui des produits et du travail. Dans un second temps on en déduit la division interne du travail et du traitement de l'information, ce qui définit autant d'indicateurs par rapport auxquels les directions d'entreprise peuvent piloter leurs réactions aux changements de la concurrence et de l'environnement général. Une fois un tel système constitué, il serait abusif de ne vouloir considérer que l'un ou l'autre des termes de l'alternative. Mode de gouvernement et système de recueil de l'information sont interdépendants...mais leurs relations vont évoluer au cours du temps et différer selon le modèle productif et son déploiement dans l'espace. C'est une invitation à analyser les conditions d'émergence de nouvelles configurations productives et situer la présente analyse par rapport à quelques unes des recherches contemporaines.

48 Ce point est très bien analysé par Arthur L. Stinchcombe (1990>.

49 Boyer, Freyssenet (2001).

50 Masahiko Aoki (1990).
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8. Ni phénomène purement cognitif, ni détermination stricte par les contraintes matérielles : le processus complexe d'établissement des modèles productifs.

La littérature sur l'origine des modèles industriels fait apparaître une tension entre deux positions extrêmes. Pour les tenants d'une approche cognitive, un nouveau modèle est fondamentalement une création conceptuelle par rapport à laquelle s'ordonne une stratégie de mise en œuvre, des institutions nécessaires et des indicateurs de gestion qui ne font qu'en dériver les conséquences économiques. La vision serait donc première et serait l'essentiel du processus de constitution de nouvelles organisations productives. Dans cette optique Taylor, Ford, Ohno auraient converti leurs conceptions en des dispositifs techniques et économiques qui ont marqué leur époque car cela correspondait à une vision puissante et cohérente. A l'opposé d'autres chercheurs soulignent que la matérialité des processus de fonctionnement concret des modèles industriels n'a la plupart du temps que peu de relations avec les conceptions théoriques de leurs inventeurs, ce d'autant plus que la construction de ces derniers est rétrospective et tend à donner une interprétation téléologique à des évolutions qui furent beaucoup plus incertaines et ouvertes : l'adoption du nouveau principe serait plus le résultat de sa compatibilité avec l'environnement social et économique du moment que l'expression d'une supériorité intrinsèque et absolue qui s'imposerait en tout temps et tout lieu. A l'extrême, la notion de modèle productif serait une pure construction d'un analyste extérieur, ne serait-ce que parce que dans certains cas des modèles effectifs n'ont pas trouvé leur théorisation et pourtant s'avèrent performants.

Ironiquement, on pourrait même penser que des chercheurs ou des consultants théorisent des modèles qui n'existent pas (la production frugale pourrait fort bien être l'une de ces constructions !) et que réciproquement les dirigeants d'entreprises gèrent des ensembles complexes de procédures et de routines dont ils se préoccupent peu de fournir une analyse encore moins une théorie générale. Cette tension est constitutive des modèles productifs et chacune des deux écoles ne retient qu'une partie des déterminants de l'établissement de modèles industriels. L'une pèche par irénisme, l'autre par pragmatisme. La première prête trop à l'intentionnalité, la seconde l'évacué trop vite. De fait, les modèles industriels qui ont été observés dans l'histoire s'avèrent être la conséquence très largement inintentionnelle de projets explicites d'élaboration de nouveaux principes (figure 4).

8.1 Ne pas négliger l'origine des idées fondatrices.

Il serait bien sûr absurde de nier la novation que marque l'émergence de nouveaux principes productifs, ou plus généralement des innovations majeures qui ont marqué l'essor et le développement du capitalisme. Pour ne prendre de ces exemples, la lettre de change, la comptabilité en partie double, la société à responsabilité limitée, la société par action, la banque universelle sont autant d'inventions au sens fort du terme. Elles ne sont pas liées par un processus totalement déterministe à la situation à laquelle devaient faire face les marchands italiens, les premiers grands industriels, les banquiers... De la même façon on peut imaginer des mondes dans lesquels la percée de la standardisation n'est pas intervenue, interdisant de ce fait la production à la chaîne et tous les modèles contemporains qui en dérivent.

Pourtant, il faut reconnaître que les grandes idées en vue d'organiser la production industrielle sont intervenues dans des contextes tout à fait particuliers, par rapport auxquels elles prenaient sens en ouvrant des perspectives de solution à des problèmes qui bloquaient la poursuite de l'expansion industrielle. Ainsi l'attention prêtée aux idées de Taylor concernant
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la rationalisation du travail et la réalisation de machines de haute précision aurait été moindre si le « système américain » de production n'avait pas rencontré des problèmes nouveaux dans son développement : nécessité d'incorporer de nouvelles générations de travailleurs, blocage possible des gains de productivité par des ouvriers professionnels défendant leur savoir-faire, ralentissement de la productivité et nécessité d'un surcroît de précision afin de viser à la standardisation. En d'autre termes, une nouvelle vision naît dans un contexte bien particulier, en général de blocage des solutions traditionnelles : cela ne détermine pas la solution mais la canalise dans des directions bien précises. Plus encore, il ne faut pas succomber à l'illusion rétrospective, car en général, de multiples solutions ont été recherchées et appliquées, seules certaines d'entre elles, voire une seule, s'imposant définitivement, au point de donner l'impression que sa supériorité était manifeste ex ante. Par exemple, l'adoption du taylorisme a été beaucoup plus partielle, contradictoire, contestée que ne le suppose la vision naïve d'une nouvelle époque dans la division du travail, résultat d'une vision qui s'impose d'elle-même51.

On pourrait recommencer la même démonstration à propos d'Henry Ford et de sa vision d'une production de masse alimentée par la généralisation d'une politique de hauts salaires.... De nombreux ingrédients du système Ford existaient avant Ford. Déjà dans les abattoirs de Chicago, le principe de la chaîne avait été appliqué. L'originalité du constructeur de la Ford Test d'en saisir la portée et de les systématiser, d'autant mieux qu'il se livre à l'exercice rétrospectivement et qu'il peut donner cohérence et logique à un processus qui d'après les ingénieurs qui travaillaient pour la firme de Détroit, fut beaucoup plus « bricolé » que conçu d'emblée.

Bref, les grandes idées naissent toujours dans un contexte particulier qui appelle des solutions à un problème connu de tous les participants au champ organisationnel ou productif. La solution n'est pas déterministe mais elle doit s'inscrire dans les processus en cours...ce qui limite singulièrement la variété des visions pertinentes. Telle est la première idée qui guide l'articulation de la figure 4 : il se pourrait que la théorie de la contingence s'applique aussi aux visions qui ont fait époque. Mais le processus ne s'arrête pas là, car c'est une chose de proposer un nouveau principe industriel, c'en est une autre de perturber le champ institutionnel au point que son établissement soit automatiquement assuré. Cette seconde étape mobilise des facteurs et déterminants bien différents de ceux qui ont suscité l'innovation initiale.

8.2 La vision ne suffit pas à créer le monde qui convient.

En effet, dès que l'innovateur commence à mettre en pratique sa vision, il se heurte à quatre séries de problèmes qui par définition n'avaient pas été considérées dans la période constitutive (partie centrale, figure 4).

0 En premier lieu, l'idée initiale a pour mérite cardinal de simplifier les problèmes rencontrés à un seul réputé central : la standardisation des tâches pour Taylor, la chaîne de montage pour Ford, la réduction des coûts fixes (équipements polyvalents, minimisation des stocks,...) et variables (par la chasse permanentes au gaspillage) pour Ohno. Mais la gestion de la firme se heurte alors à d'autres obstacles non pris en compte, car ils étaient jusqu'à présent dissimulés par le blocage antérieur : une résistance ouvrière accrue, une explosion de la rotation de la main-d'œuvre, l'insuffisance de la qualité, tels sont les premiers problèmes, nouveaux, que rencontre l'implantation de ces trois visions. Dans

51 Henri De Montmollin, Oliver Pastré Eds (1984)
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