Thèse Présentée à la Faculté de Pharmacie de Montpellier








télécharger 0.51 Mb.
titreThèse Présentée à la Faculté de Pharmacie de Montpellier
page5/14
date de publication07.07.2017
taille0.51 Mb.
typeThèse
ar.21-bal.com > documents > Thèse
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   14

La filature [3] [7]

La « filature » consiste à transformer en un textile « linéaire » des masses de fibres de coton livrées en balles de différentes origines. D’un état fortement désorganisé, on passe à un état très organisé qu’est le fil. Les fibres sont d’abord préparées, c’est-à-dire nettoyées, démêlées et individualisées.

Plusieurs opérations se succèdent ensuite :

le cardage : les fibres sont séparées des éléments non fibreux d’origine minérale ou organique puis rassemblées sous la forme de longs rubans.

l’étirage : les fibres de chaque ruban sont parallélisées, puis plusieurs rubans sont regroupés en un ruban régulier, encore peu solide.

la filature proprement dite : le fil est obtenu après l’affinage du ruban et la torsion de ces innombrables fibres. Leur enchevêtrement en spirale et les cires confèrent au fil sa cohésion et sa résistance. Dans l’épaisseur d’un fil de coton, on trouve 100 à 250 fibres, longues de 1 à 3 centimètres. Avec 20 grammes de fibres, on peut fabriquer un fil fin de un kilomètre de long.

le tissage ou le tricotage : le tissage donne une étoffe plus solide. Le tricotage donne une matière plus extensible, souple et aérée (tee-shirt, chaussettes). Une machine de tissage industriel fabrique 500 mètres de tissu par jour.

Des traitements annexes peuvent ensuite être appliqués aux fils pour leur donner certaines caractéristiques de brillance, de solidité ou d’antifroissabilité, par exemple. Ils peuvent aussi subir le blanchissage ou la teinture avant d’être dirigés vers le tricotage ou le tissage.

      1. Données économiques [7][14][15]

Depuis l’après-guerre, la production mondiale de coton a plus que triplée passant de 7,2 millions de tonnes à plus de 25 millions pour la saison 2006-2007. Elle est dominée par 4 pays : la Chine, les USA, l’Inde et le Pakistan, qui représentent 70% de la production mondiale de coton. Ensuite viennent le Brésil, l’Afrique de l’Ouest, L’Ouzbékistan et la Turquie. Au total ce sont près de 125 millions de personnes qui dépendent directement du coton pour leur survie.

La consommation mondiale de fibre de coton a augmenté de 2% annuellement depuis 1940, et le coton occupe 40% des ventes de fibres textiles, soit 23,4 millions de tonnes en 2004-2005. Les plus grands consommateurs sont la Chine, l’Inde, le Pakistan et les Etats-Unis qui représentent 66% de la consommation totale.

La production de coton représente à elle seule plus de 80% de celle des fibres naturelles. Malgré cela, une chute des prix sévit dans le secteur depuis plusieurs années. Ses cours ont suivi une tendance constante à la baisse, jusqu’à la récolte exceptionnelle de 2001-2002 où les prix se sont effondrés pour atteindre 0,418 U.S.D. la livre de coton fibre (en comparaison avec 0,70 U.S.D. la livre entre 1992 et 1998). Les causes responsables de la chute sont en partie la surproduction, la concurrence des fibres synthétiques (60% du marché), les subventions des Etats-Unis et de l’Europe à leurs producteurs, le ralentissement de la croissance mondiale, les variétés cultivées et la qualité des fibres.

Dans des pays tels que la Chine, les USA, et l’UE, les gros producteurs de coton font pression sur leur gouvernement afin d’obtenir des subventions. Le résultat est que cela favorise la surproduction et entraîne l’effondrement des prix du coton à des niveaux inférieurs au coût de production des producteurs. Aux USA, 25% des subventions sont accordées aux 1% des agriculteurs les plus riches, 75% des subventions vont aux 10% des fermiers américains les plus riches. Les subventions américaines et européennes ont causé une perte de 300 millions de dollars en manque à gagner pour le continent Africain. Sans les subventions, la production cotonnière américaine aurait baissé de 29% et les exportations de 41% en 2001-2002. L’OMC qualifie ces subventions de « dumping illégal ». Malgré cette condamnation, les USA continuent de subventionner leurs producteurs, entraînant directement la ruine des petits producteurs de coton, en particulier africains et indiens.

Troisième producteur mondial de coton, l’Inde compte pour 17% de la production mondiale.
L’Afrique francophone représente moins de 5% de la production mondiale de coton, mais ses exportations représentent 15% du commerce mondial. Elle pratique en majorité une culture traditionnelle et familiale. L’Egypte est elle spécialisée dans la production de cotons à fibres longues et extralongues.

La réussite de la culture du coton, qui assure production et qualité, dépend de nombreux facteurs écologiques, techniques et économiques. La rentabilité culturale est fortement liée aux conditions agro-économiques des pays producteurs. Chaque pays doit adapter ses pratiques culturales en fonction de sa situation économique. Aussi la culture du coton s’effectue-t-elle selon des systèmes d’exploitation très variables : grandes fermes mécanisées et culture en régie dans les pays fortement industrialisés conduisant à de forts rendements ; production familiale, faiblement mécanisée et à rendements plus faibles dans des pays en voie de développement comme c’est le cas de nombreux pays africains.

En ce qui concerne les flux commerciaux, la politique d’exportation et d’importation est très variable selon les pays. Bien que la production et la consommation se situent autour de 20 millions de tonnes, le marché tourne autour de 5 millions de tonnes seulement. La Chine, par exemple, bien qu’étant le premier producteur mondial, consomme toute sa production. Elle intervient très peu sur le marché. Il en est de même pour l’Inde. A l’opposé, les Etats-Unis, par exemple, se situent en première position des exportations (30%) et ils sont déterminants au niveau des prix pratiqués sur le marché. L’Ouzbékistan et les pays d’Afrique francophone sont également exportateurs, l’Afrique exportant 95% de sa récolte.

Les principales cotonnières internationales se situent aux Etats-Unis (New York, La Nouvelle-Orléans, Memphis), en Egypte (Alexandrie), en Europe (Liverpool, Brême, Le Havre, Milan) et en Asie (Hongkong). Chaque place cotonnière regroupe des installations matérielles de manutention et de stockage, des laboratoires d’expertise et des professionnels de l’importation et de l’exportation. Les cours varient en fonction de l’offre et de la demande, du niveau des stocks et des prévisions de récolte.

* Le dumping est le fait de vendre des marchandises à des importateurs à des prix inférieurs aux prix de vente de marchandises similaires dans le pays d'exportation ou à des prix ne permettant pas de réaliser un bénéfice.

      1. Coton OGM et coton biologique

        1. Le coton « Bt » se développe [16][17]


Le coton OGM ou coton « Bt » est un coton génétiquement modifié permettant la production d’une protéine toxique pour certains Lépidoptères (la toxine Bt). La résistance aux insectes est obtenue par l’ajout au génome du cotonnier d’un gène provenant d’une bactérie présente dans le sol, Bacillus thuringiensis. Le système de culture du coton Bt ne diffère pas beaucoup de celui du coton conventionnel. Il représente actuellement 13% de la surface mondiale de coton cultivée. Les plus grands pays producteurs de coton Bt, parmi ceux où l’on rencontre les paysans les plus pauvres, sont l’Inde, la Chine, l’Argentine, le Mexique, l’Afrique du Sud (les petits paysans représentent seulement 5% de la production nationale) et la Colombie.
Il existe différents cultivars de coton Bt. Seulement 5 entreprises contrôlent les neuf dixièmes des semences OGM. Selon ces compagnies, l’avantage de ce coton est double : de meilleures récoltes et une utilisation de pesticides réduite. Elles exercent d’énormes pressions sur les gouvernements des pays du Sud pour que soit implanté le coton OGM.
Les plus commercialisés sont Bollgard® de Monsanto utilisant le gène Cry1Ac, et celui utilisant le gène Bt fusionné développé par la Chinese Academy of Agricultural Science (CAAS) à Beijing. Le coton Bt de la CAAS produit à la fois les protéines Cry1A b et Cry1A c. La CAAS a aussi incorporé le gène CpTi (cowpea trypsin) à certains de ses cotons Bt. L’adjonction du gène CpTi au gène Bt réduit les chances d’apparition de résistance chez les insectes. La recherche concernant l’Insect Resistance Management (IRM) pour le coton Bt que Mosanto® a menée en parallèle avec les universités a abouti au développement d’une seconde génération de coton Bt : le Bollgard® II avec deux gènes Bt : Cry2A et Cry1Ac. AgroSciences® a annoncé le développement d’un nouveau coton Bt qui contiendrait les deux gènes Cry1Ac et Cry1F. Syngenta® prévoyait aussi de mettre sur le marché aux USA, en 2004, un coton avec un nouveau gène VIP de résistance aux insectes.


        1. Le coton biologique est encore difficile à maîtriser en culture [16][19]


Contrairement au coton Bt, le terme de « coton biologique » renvoie à une technique de culture particulière et non à une variété. Cette technique interdit l’usage de pesticides, engrais et autres produits chimiques. La fertilisation du sol est donc assurée par le dépôt d’engrais organiques (compost, fumier, résidus de la culture de l’année précédente). L’association avec la pâture de bétail peut être développée dans ce but. Enfin, des rotations de culture sont systématiquement instaurées afin de permettre le repos du sol ainsi que la restauration de matière organique. Différents moyens de lutte sont employés pour contrer les ravageurs :
Les bio pesticides : ce sont des pesticides préparés à base de substances naturelles. Citons en exemple l’utilisation de produits à base d’extraits de graines de Neem, encore appelé margousier (Azadirachta indica A. Juss), arbre de la famille des Méliacées originaire d’Inde orientale.

Les pièges à ravageurs : le plus souvent ces pièges utilisent des phéromones pour attirer les insectes susceptibles de se développer sur la culture. Des parcelles leurres peuvent aussi être conservées en bordure de champs pour détourner certains ravageurs du coton. En Tanzanie par exemple, du tournesol est planté pour détourner les piqueurs-suceurs du coton.
La lutte biologique : elle laisse naturellement agir les prédateurs des ravageurs tels que la coccinelle (contre les pucerons), ou la fourmi noire dont des colonies sont déplacées par les cultivateurs à proximité des champs en Ouganda pour protéger les cultures.
Des techniques culturales : Au Pérou, les plants de coton sont brûlés immédiatement après récolte de la capsule afin de détruire deux espèces de ravageurs et limiter la prolifération des autres.

En Chine, les ravageurs sont détruits par une irrigation hivernale ou sont souvent ôtés manuellement des champs.
Précisons que nous traitons ici du coton biologique au sens européen : ne peut être labellisé biologique qu’un coton certifié comme tel par un organisme de certification indépendant, le principal étant ECOCERT. Les conditions de production du coton sont alors très réglementées. Aujourd’hui ce coton Bio représente 0,1% de la surface mondiale de coton cultivé. Parmi les pays où l’on rencontre les paysans les plus pauvres, les plus grands cultivateurs de coton Bio sont l’Ouganda, l’Inde, le Brésil, la Tanzanie, le Mali, Le Paraguay et le Pérou.

Il faut signaler que les performances des cotons Bio et Bt varient selon les régions du globe. En effet, l’intensité des attaques des ravageurs diffère dans le monde : le niveau d’infestation est fort (>70% du coton national touché) en Chine, Inde et Pakistan, ainsi qu’en Egypte ; il est moyen à élevé au Brésil, aux Etats-Unis, et en Afrique de l’Ouest, et faible (<30% de dommages) au Kazakhstan et en Syrie.


        1. Les acteurs de la filière coton [16]


Le débat sur les cultures de coton ne se limite pas au seul agriculteur. Les compagnies productrices de semences, les Organisations Non Gouvernementales (ONG), mais également les gouvernements et les industriels sont tous impliqués dans le choix de l’un ou l’autre de ces modes de culture.
Les paysans : les paysans les plus pauvres possèdent souvent de petites cultures. En Chine, les parcelles sont inférieures à un hectare, en Afrique du Sud leur taille est de 2 à 4 hectares. Certains d’entre eux se regroupent en coopératives, surtout en Afrique, afin d’avoir plus d’influence sur les décisions au niveau mondial. La culture d’exportation du coton est vitale pour tous les paysans. Le choix d’une culture de coton Bio, Bt ou conventionnel est donc essentiel pour eux.
Les semenciers : les producteurs de semences se divisent en 2 groupes. Il faut distinguer les organismes publics tels que la CAAS à Beijing, des multinationales privées. Parmi ces dernières, cinq entreprises contrôlent les neuf dixièmes des semences OGM ainsi que les pesticides et herbicides qui leur sont associés. Ils fournissent la plupart des pays du monde avec des variétés de coton initialement développées pour le marché américain et donc adaptées aux problèmes de la production dans ce pays (climat, ravageurs,…).
Les ONG : il existe des ONG, émanant souvent des multinationales, qui encouragent le coton Bt et d’autres organisations qui ne sont pas favorables au coton Bt et soutiennent la plupart des projets de coton bio. Elles sont nombreuses, mais on peut citer l’ONG ENDA Pronat qui a initié en 1995 la culture du coton bio, PAN (Pesticides Action Network) qui est présent principalement en Allemagne, en Angleterre et aux USA et oeuvre contre l’utilisation des pesticides dans les cultures et notamment dans le cas du coton, Helvetas une association suisse présente notamment au Mali et Max Havelaar qui a développé un projet de coton bio équitable.
Les industriels : l’industrie textile mondiale exige une qualité constante et une quantité croissante de coton, donc des rendements élevés et constants. Néanmoins les industriels devront tenir compte de la position des consommateurs sur la question des OGM. Or la perception des OGM est différente selon la culture et la position éthique du consommateur.
Les gouvernements : pour tout homme responsable, pour tout député ou responsable politique, la question des OGM est une question sérieuse car l’opinion publique a souvent une opinion tranchée sur la question alors que la culture du coton dans les pays les plus pauvres représente une grande partie des revenus du pays. Les politiques jouent un rôle important en acceptant ou en refusant le Bt et en mettant en place des programmes de recherche nationaux.
Les cotons Bt et Bio sont donc très différents à la fois en ce qui concerne leur culture et les acteurs qu’ils mettent en avant. Un grand nombre des avantages et inconvénients de chaque coton sont vivement discutés par les différents acteurs.



        1. Réponses environnementales et sanitaires apportées par les cotons Bio et Bt [16][17][18]


Le coton conventionnel soulève des problèmes environnementaux et sanitaires présentés ci-dessous avec les alternatives apportées par le coton Bio et le coton Bt.


          1. Une demande en eau mal maîtrisée


La culture du coton peut être pluviale comme dans tous les pays d’Afrique sub-saharienne, ou être soumise à une irrigation intensive comme au Soudan, Pakistan, Egypte, et en Asie Centrale. Dans ces pays, l’irrigation traditionnelle de surface entraîne des pertes d’eau énormes par évaporation et ruissellement : il faut 29 000 L d’eau pour produire 1kg de fibre. On assiste aussi à la salinisation des sols, car les sels minéraux contenus dans l’eau remontent à la surface du fait de l’évaporation.

Le coton Bt accroît le problème car sa culture nécessite deux fois plus d’eau (d’après l’étude menée par Action Aid Pakistan). L’alternative biologique est d’épandre de l’humus ce qui augmente la capacité de rétention de l’eau.

1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   14

similaire:

Thèse Présentée à la Faculté de Pharmacie de Montpellier iconThèse de docteur en Pharmacie

Thèse Présentée à la Faculté de Pharmacie de Montpellier iconThèse de docteur en Pharmacie

Thèse Présentée à la Faculté de Pharmacie de Montpellier iconTHÈse présentée

Thèse Présentée à la Faculté de Pharmacie de Montpellier iconThèse présentée pour l’obtention du grade de Docteur

Thèse Présentée à la Faculté de Pharmacie de Montpellier iconThèse de la Faculté des Lettres de l'Université de Paris. Éditions...
«Le goût chinois» à Trianon. — III. Les étoffes, les broderies et les fleurs de Chine. — IV. Les laques. — V. Les porcelaines

Thèse Présentée à la Faculté de Pharmacie de Montpellier iconThèse soutenue publiquement par Sang-Ha suh le 10 Juillet 2006
«avec projection», de cette thèse aux membres du Conseil scientifique et à leurs expliquer pourquoi cette thèse ne devait pas être...

Thèse Présentée à la Faculté de Pharmacie de Montpellier iconAdresse professionnelle Faculté des Lettres, Département Langues...
«Babes-Bolyai» de Cluj-Napoca et d’Artois, Arras avec une thèse en cotutelle sur «Littérature du moi : métamorphoses de l’écriture...

Thèse Présentée à la Faculté de Pharmacie de Montpellier iconDe la franc maconnerie a montpellier
Écrit à son ami Pierre Jacques Astruc, conseiller maître en la cour des comptes, aides et finances de Montpellier

Thèse Présentée à la Faculté de Pharmacie de Montpellier iconAttractive, Montpellier l’est assurément
«Fête de la musique» diffusée en direct sur France La qualité de l’espace public de Montpellier, la quiétude de son climat et la...

Thèse Présentée à la Faculté de Pharmacie de Montpellier iconThèse soutenue publiquement par Sang-Ha S. le 10 Juillet 2006 Le...
«avec projection», de cette thèse aux membres du Conseil scientifique et à leurs expliquer pourquoi cette thèse ne méritait pas d’être...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
ar.21-bal.com