Homélie de S. Exc. Mgr Luigi Ventura








télécharger 16.13 Kb.
titreHomélie de S. Exc. Mgr Luigi Ventura
date de publication07.07.2017
taille16.13 Kb.
typeDocumentos
ar.21-bal.com > documents > Documentos






Homélie de S. Exc. Mgr Luigi Ventura

Nonce apostolique en France
Bénédiction de l’oratoire

Monastère des Sœurs Clarisses de Ronchamp

2 octobre 2011

Je voudrais avant tout adresser mes salutations à la communauté des Sœurs Clarisses qui nous accueillent dans leur nouveau monastère, inauguré officiellement il y a un mois, en la fête de la Nativité de Marie, et transmettre la proximité spirituelle et la bénédiction du Saint-Père.

J’adresse aussi mes fraternelles salutations à Monseigneur André Lacrampe, Archevêque de Besançon, et je le remercie pour le privilège qu’il m’accorde de bénir l’oratoire et l’autel, qui constituent le cœur de ce bâtiment, une oasis de silence et de prière, où la recherche intérieur de l’essentiel est favorisée par l’espace extérieur et la nature environnante.

Il me semble que le parcours qui nous fait retrouver ensemble aujourd’hui a été guidé par la simplicité évangélique qui est la caractéristique des saints fondateurs de l’Ordre religieux présent dans le monastère : saint François et sainte Claire.

La présence parmi nous de Monsieur Renzo Piano, architecte qui, avec ses collaborateurs de qualité, a su donner forme et vie à la tradition franciscaine inépuisable et toujours vivante, m’incite à lui exprimer mon estime et ma sincère gratitude.

Dans la majesté des cathédrales historiques comme dans l’humilité des petites églises ou chapelles, qui embellissent le paysage des villes et des campagnes, se dessine sous des formes diverses dans l’espace le même souffle qui aspire à rendre visible le mystère invisible de la présence de Dieu dans l’histoire de l’homme, d’un Dieu qui entre en dialogue d’amitié et d’amour pour établir des liens de communion.

Antonio Gaudí, architecte de la cathédrale de la Sainte-Famille à Barcelone, cité par le Pape à l’occasion de sa consécration il y a un an, a écrit : « Une église est l’unique chose digne de représenter ce que ressent un peuple, puisque la religion est ce qu’il y a de plus élevé dans l’homme ». Lors de la même circonstance, le Pape Benoît XVI expliquait le sens de la dédicace, que nous pouvons bien appliquer à la bénédiction de cet oratoire et de cet autel. Une église, même petite et simple, est un espace « dédié à Dieu qui s’est révélé et donné à nous dans le Christ pour être définitivement Dieu parmi les hommes. … En Lui nous avons la Parole et la Présence de Dieu, et de Lui l’Église reçoit sa vie, sa doctrine et sa mission. … L’unique Christ fonde l’unique Église ; il est le rocher sur lequel se base notre foi. Fondés sur cette foi, nous cherchons ensemble à montrer au monde le visage de Dieu, qui est Amour et qui est l’Unique qui peut répondre à l’ardent désir de plénitude de l’homme. Telle est la grande tâche : montrer à tous, que Dieu est un Dieu de paix et non de violence, de liberté et non de contrainte, de concorde et non de discorde ».

Le paradoxe d’un monastère de vie contemplative, où des vies humaines se consument chaque jour sans cette utilité – jugée en termes de quantité, de produits et de prix – qui règle la vie commune, est une provocation et un rappel à aller à l’essence de notre être et des motivations de notre agir, pour choisir « la seule chose nécessaire » (cf. Lc 10, 42).

J’ai lu avec intérêt le récit de la façon dont ce projet a commencé : « La première chose que nous avons faite : nous sommes venus un jour pluvieux avec 60 piquets, 200 mètres de ficelles et quatre marteaux, et nous avons “planté” le monastère dans la forêt, du moins ses limites. Monsieur Piano a dit : “L’oratoire sera là”, et il a construit tout le reste après ».

Il m’apparaît comme une valeur très symbolique que tout cet édifice se soit développé autour du point fondamental, l’oratoire, le lieu de prière, là où l’indication de saint Paul aux Philippiens, que nous avons entendue au début de la deuxième lecture, devient la règle d’une vie tout entière : « Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, dans l’action de grâce, priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes, et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer, gardera votre cœur et votre intelligence dans le Christ » (Ph 4, 6-7).

L’aspiration à la paix du cœur humain, dont saint Paul fait la promesse, trouve un reflet et une invitation dans le milieu qui entoure cette construction : la colline, la nature, le ciel, le silence, la réflexion et la méditation, le calme, qui nous permettent de reconnaître les signes de la main du Créateur qui les a donnés. Nous trouvons ici l’inspiration du Cantique des créatures de saint François d’Assisse.

Ce que nous attribuons à l’édifice de l’église se réfère surtout à son centre idéal, sur lequel et autour duquel elle est bâtie : l’autel est construit pour perpétuer la célébration du mémorial de la Pâque, sommet et source de notre salut. L’autel est le Calvaire où se renouvelle le Sacrifice de la Croix et c’est la table conviviale. Sur l’autel se célèbre l’alliance entre Dieu et l’homme, entre la terre et le ciel ; là se manifeste l’amour qui unit Dieu le Père et ses enfants ; là se célèbre la vie qui ne meurt pas, et là aux hommes de tous les temps et de toutes les nations est offert le Pain de la vie éternelle.

L’autel est le signe fondamental, le signe du Christ qui rencontre notre humanité pour que l’humanité rencontre Dieu.

Si nous voulons expliquer le sens de l’autel, nous devons dire qu’il est le signe du Christ Bon Pasteur : c’est ici que nous recevons l’amour de Dieu, cet amour qui ne trahit pas, cet amour qui nous accompagne toujours, qui pardonne, qui nous fait comprendre que sans lui la vie est vidée de son sens. Sans l’autel, il manquerait un élément essentiel dans l’Église. Il rassemble le peuple de Dieu, qui se reconnaît comme famille autour de la table de la fraternité. Par cette esprit de famille, nous pouvons nous approcher avec confiance et nous pouvons déposer nos craintes et notre espérance, nos souffrance et nos préoccupations, nos rêves et nos échecs, afin d’avoir la force de parcourir notre route qui nous conduit au but final.

Sur l’autel nous offrons le pain et le vin, fruits de la terre et du travail des hommes. L’enseignement pédagogique de Jésus en ce dimanche est pris de l’expérience de la vie agricole : « Mon ami avait une vigne sur un coteau plantureux ». Au-delà de la signification immédiate, qui se réfère à l’Israël historique, Jésus veut nous dire que Dieu aime le monde, il aime l’humanité, il aime la création, Il aime en agissant, il aime en s’effaçant pour laisser les ouvriers travailler et recueillir des fruits. Cette parabole est très significative : elle nous présente Dieu qui aime la vigne qu’il a plantée, qui la suit avec attention, mais qui confie à la liberté de l’homme la tâche de perfectionner son œuvre et de la conduire à bonne fin.

En proposant cette parabole, Jésus pense au chant d’Isaïe, qui nous avons entendu dans la première lecture. C’est un chant d’amour du prophète, qui participe à l’amour de Dieu pour sa vigne.

Le chant d’Isaïe se transforme ensuite en lamentation : « Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n’ai fait ? » (Is 5, 4). Elle est restée sans produire de raisin. Les agriculteurs ont ignoré leurs responsabilités, ils ont repoussé et tué ceux qui étaient envoyés pour leur demander des comptes.

Jésus parle évidemment de lui-même. L’amour de Dieu, tué sur la Croix, ne pense ni à la vengeance ni à la punition. Le choc entre la folie de Dieu-Amour et l’égoïsme de l’homme qui lui oppose son refus se manifeste sur la Croix. C’est de cette tribune que la voix de Dieu nous parle. « La pierre qu’ont rejeté les bâtisseur est devenue la pierre angulaire » de l’Église. L’amour vaincu de Dieu triomphe dans l’obéissance à la volonté du Père, qui ne cesse d’offrir son pardon et qui reste fidèle à l’alliance.

Cet oratoire et cet autel sont bénis parce que, comme le parfum de l’encens que nous allons brûler dans un instant, monte vers le ciel l’invocation incessante du Psaume 79, maintenant et à l’avenir : « Descends dans ta vigne, Seigneur, protège-la, viens visiter ton peuple ». Et la parole de saint Paul nous rend sûrs de la réponse : « Et le Dieu de la paix sera avec vous » (Ph 4, 9). Amen !


similaire:

Homélie de S. Exc. Mgr Luigi Ventura iconRapport moral : présenté par l’évêque
«oral» que nous présentera notre évêque, Mgr Marc qui remercie les recteurs des paroisses qui ont, presque tous, envoyé leur rapport...

Homélie de S. Exc. Mgr Luigi Ventura iconLuigi da porto

Homélie de S. Exc. Mgr Luigi Ventura icon917, rue Mgr-Grandin, bur. 101

Homélie de S. Exc. Mgr Luigi Ventura iconLuigi Comencini. IL a toujours gardé son véritable nom

Homélie de S. Exc. Mgr Luigi Ventura iconAlbania/Albanie S. Exc. Mme Arta dade ministre de la culture, de...

Homélie de S. Exc. Mgr Luigi Ventura iconLeçon vidéo de «xxxxxxxxxx»
«xxxxxxxxxx» faite à partir de “Le Avventure di Pinocchio” de Luigi Comencini, pour l’enseignement de l’Italien. (1974-1975)

Homélie de S. Exc. Mgr Luigi Ventura iconHomélie lors de la canonisation de sainte françoise xavier cabrini
«grain de sénevé qui, la plus petite de toutes les semences lorsqu'on l'a semé, monte et devient la plus grande de toutes les plantes...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
ar.21-bal.com