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0. Objectifs et structuration du cours


Plutôt qu’une vraie méthode d’acquisition des techniques et stratégies spécifiques à la traduction de textes fonctionnels, le cours « Initiation à la traduction de textes fonctionnels : techniques de traduction » est une introduction à ces techniques et stratégies, ainsi qu’aux théories qui les sous-tendent. Comme tel, il se propose de :


  • de vous munir d’un minimum d’informations à la fois sur le processus de traduction en tant que performance cognitive d’un individu (nous réserverons le terme d’actes traductifs à cette première saisie de la traduction-action1), et sur la gestion des traductions dans les milieux professionnels (nous parlerons alors indifféremment de pratique ou d’activité traduisante)2 ;

  • de vous sensibiliser aux implications de la traduction de textes fonctionnels en tant que forme particulière de mise en contact de deux langues-cultures ;

  • sinon de vraiment vous créer tous les « bons réflexes » d’un professionnel de la traduction (ce qui suit n’est qu’une initiation, après tout), au moins de vous motiver à ne plus jamais traduire à vue de nez3.


Nous faisons donc nôtre l’idée qu’« au stade de l’apprentissage, la démarche suivie pour aboutir à la traduction est plus importante que la solution retenue »  Lederer 1994 :144 (nous soulignons).

Malgré la « priorité logique » (et chronologique) du contexte socio-économique et interculturel de la pratique professionnelle de la traduction, sur ce que nous venons d’appeler « actes traductifs »4, nous avons choisi de commencer notre exposé par une approche, à vol d’oiseau, de la problématique, à proprement parler textuelle, des actes traductifs et de leurs résultats, et de laisser la problématique extra-textuelle de l’activité traduisante et de ses visées pratiques, pour la fin, en raison de considérations d’ordre à la fois didactique et d’adéquation théorique. La partie irréductible, spécifique de la compétence de traduction est en effet constituée par  « l’aptitude à formuler/ produire des alternatives et à faire un tri parmi celles-ci » et non par les habiletés de coopération, de communication (au sens large), de négociation ou de gestion de la pratique traduisante (cf. Pym 2003).


1. Justification du titre et autres remarques liminaires




    1. Textes fonctionnels (vs textes littéraires)

Un texte peut être dit « fonctionnel » comme un meuble est dit fonctionnel : c’est-à-dire dans la mesure où il est adapté à son but, à un usage (ou : fonction) déterminée – informer, enseigner, critiquer, persuader, dissuader, divertir etc. – sans receler d’éléments de décor superflus. L’opposition fonctionnel/ [non fonctionnel =] littéraire participe ainsi de l’opposition utile/ agréable, pragmatique/ esthétique.5

Répondent à cette spécification les contrats, les documents comptables et financiers, les lettres d’affaires, les procès-verbaux, notes de service, notes de synthèse, rapports et autres comptes rendus, …, les notes officielles et autres communiqués et mémoranda, les propositions de projet, dissertations, exposés en tous genres, les déclarations, CV, testaments, …, mais aussi les traités, les articles scientifiques, …, les reportages et autres articles de presse écrite, les documents promotionnels, slogans publicitaires etc. Bref, des textes (à degrés de spécialisation divers) dont la caractéristique saillante est leur finalité pratique, leur visée utilitaire – ce pourquoi on les désigne, souvent, par le terme de textes pragmatiques6.

De par leur allégeance définitoire respective à un certain domaine de référence/ d’expérience, à l’exclusion d’autres, voire à un sous-domaine, les textes fonctionnels, quel qu’en soit le degré de difficulté aux yeux du profane, sont parfois nommés textes spécialisés.
En traductologie francophone cependant, la plupart des auteurs préservent la distinction entre texte spécialisé d’une part, et texte pragmatique ou : fonctionnel de l’autre, soit en faisant du premier un cas particulier du second (Déjean Le Féal 1994 : 9), soit en les envisageant comme s’opposant tous deux au texte littéraire selon des paramètres distincts, mais non hiérarchisés. Il en va ainsi de Jeanne Dancette, qui oppose le « texte spécialisé » au « texte pragmatique ou à vocation commerciale », respectivement définis, par rapport au texte littéraire, en termes de son absence d’originalité, pour le premier :


  • « le texte spécialisé se lit par référence à l’intertexte. Par exemple, en matière de valeurs mobilières, les concepts sont contenus et précisés dans les lois, statuts et règlements, les interprétations de jurisprudence, les avis des commissions de valeurs mobilières (ou commissions des opérations boursières), les prospectus de sociétés, les règles régissant les opérations des sociétés de courtage, les bulletins de sociétés d’investissement, etc. Le texte spécialisé n’est jamais oeuvre originale, d’où l’importance pour le traducteur spécialisé de partager les référents cognitifs liés au domaine » (Dancette 2003 : 142, nous soulignons).


et en termes de l’absence d’autonomie de son univers référentiel, pour le second7 :

  • « Par opposition au texte pragmatique ou à vocation commerciale, que nous appelons « texte de communication », nous définissons le texte littéraire comme un ensemble doté de significations autonomes, où les univers de référents ne renvoient pas nécessairement à des objets externes à l'œuvre » (idem). Le « texte de communication » traitera, alors, lui, d’objets qui lui sont externes.

À l’encontre d’un poème ou d’un roman, un slogan publicitaire (pour comporter des éléments d’originalité) portera, par hypothèse, non sur des référents fictifs, mais sur des produits ou services bien réels, qu’il vous fera (éventuellement) acheter.

1.2. Texte de départ (texte-source)/ texte d’arrivée (texte-cible) ; relation d’équivalence

Nous désignerons désormais le texte (document) à traduire par l’expression texte de départ (ou encore : texte-source), et le résultat du processus de traduction, par texte d’arrivée (ou : texte-cible).
Corrélativement, nous parlerons de langue-source/ langue-cible, culture-source, culture-cible (sinon à la fois, pour rendre compte de leurs interdépendances, de langue-culture source, langue-culture cible), et qualifierons de sourcistes les théories de la traduction qui postulent la dominance du texte-source/ de la langue-culture source et respectivement, de ciblistes, les théories de la traduction davantage orientées vers le texte-cible/ la langue-culture cible.
La relation établie, dans le processus de traduction, entre texte-source et texte-cible n’est pas une relation d’identité, mais une relation de ressemblance, communément désignée, en traductologie, par le terme de relation d’équivalence.
1.3. Version vs thème/ traduction en langue maternelle vs traduction en langue étrangère

Nous distinguerons ici soigneusement les exercices de traduction en classe de langue seconde que sont la version et le thème (variétés de traduction pédagogique), de la vectorisation des traductions professionnelles en (vers la) langue maternelle et respectivement en (vers la) langue étrangère.

Les premiers ont un objectif essentiellement didactique (contrôle de la compréhension, contrôle de la fixation des structures, évaluation (compétence-source) ou : apprentissage de langue, perfectionnement (compétence-cible)). L’objectif du traducteur professionnel (quelle que soit la vectorisation de l’acte traductif) est de produire un certain document pour un certain public (performance-cible). Les traducteurs professionnels n’emploient d’ailleurs eux-mêmes en général pas les termes de version/ thème – cf. Lavault 1998 : 19-21.
Bien que les traductions qui illustreront nos considérations théoriques et nos conseils pratiques aux apprentis-traducteurs puissent être envisagés comme des exercices de version ou de thème, de par leur contexte pédagogique et leurs visées formatives, nous avons choisi de tenir un langage « professionnel » (ce qui équivaut à envisager ces traductions comme autant de simulations de situations professionnelles) et d’éviter la terminologie « didactique du FLE8 ».
1. 4. Techniques de traduction/ stratégies du traducteur

Nous appliquerons ici le terme de techniques9 aux aspects linguistiques de la mise en équivalence (procédés de traduction), et réserverons le terme de stratégies10 aux aspects interactionnels de la pratique traduisante (relation du traducteur à son client/ employeur (relation qui peut y compris infléchir le choix de la technique (i.e. du procédé) à employer, à tel ou tel endroit) et, dans le cadre d’un projet de traduction donné, relation du traducteur aux autres professionnels de la traduction).
Le terme de stratégie désigne, cela dit, le plus souvent, dans la littérature, les « procédés de traduction » mêmes (cf. stratégies [de transfert] syntaxiques, sémantiques et pragmatiques chez Andrew Chesterman) – ce que nous avons proposé d’appeler techniques11. Nous ne manquerons pas de noter que la dichotomie « contraintes systémiques » (contrastivité)/  « options du traducteur » (stratégies alternatives), qui projette le terme de stratégies dans la logique au sens de Teodora Cristea12 concerne toujours nos techniques (= procédés) de traduction.


2. Brève présentation des techniques (ou : procédés) de traduction


2.1. Une notion incontournable : le signe linguistique 

Nous définirons ici le signe linguistique en tant que catégorie relationnelle13, à trois facettes solidaires : le signifiant (suite de phonèmes ou de graphèmes), le signifié (signification (description) lexicalement associée à cette chaîne sonore ou graphique)14 et le référent (objet du monde15 auquel renvoie la chaîne sonore ou graphique pourvue de cette signification : entité extralinguistique qui satisfait la description)16.
Exemple :

Bourse(forme graphique) [burs](forme sonore) : SIGNIFIANT
« institution où se négocient les valeurs mobilières ou les marchandises » : SIGNIFIÉ

: RÉFÉRENT (dans l’illustration : la Bourse de Paris)
Le signe linguistique n’est pas identique au mot : d’une part, une lexie complexe ou un syntagme (groupe de mots) non lexicalisé, une phrase (un énoncé), un paragraphe, voire tout un texte peuvent être envisagés comme signes (signifiant-signifié-référent) ; de l’autre, des parties constitutives d’un mot sont des signes linguistiques (non autonomes) : les préfixes ou suffixes dérivationnels (racheter (« acheter de nouveau »), compensable (« (qui) peut être compensé »…), mais également les affixes flexionnels (action/ actions (« plusieurs »), vendra (« à l’avenir »)).
2.2. Définition(s) et classement(s) des techniques (ou : procédés) de traduction

Les techniques de traduction sont traditionnellement17 classées selon la présence ou l’absence d’une réorganisation sémantico-grammaticale entre texte-source et texte-cible, en techniques de traduction directes (traduction littérale) et indirectes (traduction oblique)18 :

          • techniques de traduction directes : emprunt, calque, paraphrase (littérale) ;

          • techniques de traduction indirectes : transposition, modulation, équivalence, adaptation (Cristea 2000 : 103).


Selon leur niveau d’incidence, on distingue techniques syntaxiques, techniques sémantiques et techniques pragmatiques :

          • techniques de traduction syntaxiques : traduction littérale, emprunt, calque, transposition (changement d’unité, changement structural, changement de cohésion, etc.) ;

          • techniques de traduction sémantiques : condensation, expansion ; modulation (choix d’un synonyme19, d’un antonyme20, d’un hyponyme21, d’un hyperonyme22) ;

          • techniques de traduction pragmatiques : addition, omission ; explicitation, implicitation ; adaptation23 (angl. Domestication)/ exotisation24 (angl. Foreignization) ; transediting etc.  (Chesterman 199725)


Nous envisagerons, dans ce qui suit, le couple condensation vs expansion comme défini en termes de la répartition d’un nombre donné de signifiés sur un nombre variable de signifiants (dans l’esprit de l’opposition concentration/ dilution in Malblanc 1968 : 4-5). Sans ajout informatif/ perte d’information, donc.

Seront définis en termes d’informations ajoutées ou respectivement réduites (enlevées) les couples explicitation vs implicitation et respectivement addition vs omission :

            • en référence aux données contextuelles et (assez souvent) par contrainte du système linguistique (explicitation vs implicitation) ;

            • par stratégie optionnelle du traducteur et compte non tenu de la possibilité d’inférer, à partir du texte-source et de son contexte, l’information ajoutée dans le texte-cible/ compte non tenu de la récupération contextuelle de l’information linguistiquement codée dans le texte-source, mais omise dans le texte-cible (addition vs omission26).


Le transediting sera entendu ici comme remaniement radical (réécriture) d’un texte-source mal rédigé.

Le terme de transediting est un mot-valise: translation (traduction des éléments pertinents du message de départ) + editing (transformation du message de départ, par effacement, addition, substitution, réorganisation).

C’est un terme parallèle, en sciences de la communication, à gatekeeping (sélection, par le journaliste, des histoires/ nouvelles et/ ou des détails susceptibles d’éveiller l’intérêt du public-cible). Noter que le gatekeeping comporte, lui aussi, un double processus de transfert et de transformation des données primaires (par effacement, adition, substitution, réorganisation).
Pour une illustration détaillée de cette technique de traduction complexe, qui met en œuvre tout un ensemble de procédés27 de traduction indirecte, voir le dernier chapitre du présent volume. Pour des définitions et illustrations des autres techniques évoquées, dans le domaine économico-administratif, contre une vectorisation français-roumain, se reporter au tableau suivant.
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