Livre premier révolution et contre-révolution








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CHAPITRE XI

OUVERTURE PAR DES FANFARES GUERRIERES



Un violent orage se préparait dans un ciel apparem­ment calme des années 1925-1926. D'immenses régions coloniales et semi-coloniales du monde, agité par de nouvelles espérances de liberté à la suie de l'exemple de la Révolution russe, s'éveillaient à la vie nationale et menaçaient jusqu'aux combles toute la pesante structure de l'impérialisme colonial.

L'orage éclata au printemps de 1926. La Révolution éclata en Chine, où un front uni des forces du Kuomin­tang et des communistes renversèrent la dictature corrom­pue de Pékin, le régime aux ordres des puissances occi­dentales et instaurèrent une Chine libre.

L'événement fut accueilli par une explosion horrifiée et désespérée de propagande antisoviétique en Asie et en Europe. La Révolution chinoise, qui était un soulève­ment de centaines de millions d'hommes contre l'oppres­sion intérieure et étrangère, fut violemment attaquée et représentée comme la suite directe d'un complot de Moscou. ».

L'empereur du Japon se hâta d'exprimer sa volonté de servir de « rempart contre le bolchévisme » en Asie. Encouragé par les puissances occidentales, le Japon se prépara à intervenir en Chine pour anéantir la Révolution.

Le premier ministre japonais, le baron Tanaka, soumit au Mikado son fameux plan secret qui précisait les buts de l'impérialisme japonais « Pour conquérir le monde, il nous faut d'abord conquérir la Chine; toutes les autres nations asiatiques des mers du sud nous redouteront alors et capituleront devant nous. Le monde comprendra alors que l'Asie orientale est à nous... Avec toutes les res­sources de la Chine à notre disposition, nous passerons ensuite à la conquête des Indes, de l'archipel malais, de l'Asie mineure, de l'Asie centrale et même de l'Europe. -Mais le premier pas doit être de nous emparer du contrôle sur la Mandchourie et la Mongolie... Tôt ou tard, nous aurons à combattre la Russie soviétique... Si nous vou­lons obtenir un jour le contrôle de la Chine, nous devons d'abord abattre les Etats-Unis42 ».

En mars 1927, un chef de bande chinois notoirement aux ordres du japon, nommé Tchang-Tso-lin, exécuta un raid contre l'ambassade soviétique à Pékin et annonça qu'il avait découvert la preuve d'un complot bolchévik contre la Chine. Ce fut le signal qui déclencha la contre-révolution en Chine. Encouragés par les offres de sub­sides et d'armes et par celle de leur reconnaissance, que leur firent les Anglo-français et les japonais, les armées du Kuomintang sous les ordres de Tchang-Kai-Tchek rom­pirent soudainement le front uni et attaquèrent leurs alliés révolutionnaires. Un massacre s'en suivit. Des milliers de travailleurs, de paysans et d'étudiants chinois soupçon­nés de sympathies libérales ou communistes furent arrêtés à Shanghai, à Pékin et ailleurs, et tués ou emprisonnés dans des camps de concentration et torturés jusqu'à la mort. La guerre civile emporta là Chine.

Mais la Révolution chinoise avait déchaîné les mouve­ments d'émancipation latente en Asie. L'Indonésie, l'In­dochine, la Birmanie et les Indes bouillonnaient. Sérieuse­ment alarmés, les impérialistes regardèrent vers le Japon pour les protéger contre le « bolchévisme ». En même temps, en Europe, les états-majors ressortirent de leurs cartons leurs plans d'autrefois d'une croisade antibolchévique et d'une offensive générale sur. Moscou.

A la conférence diplomatique internationale de Locarno en 1925 et 1926, les Anglo-Français avaient fiévreusement négocié avec l'Allemagne pour une action concertée contre l'U.R.S.S.

Le porte-parole des conservateurs anglais, l'honorable Ormsby-Gore, dans un discours prononcé à Manchester le 23 octobre 1924, avait posé le problème de Locarno en des termes clairs sur lesquels on ne pouvait. se mé­prendre :

« La solidarité de la civilisation chrétienne est néces­saire pour résister à la plus sinistre force qui se soit levée non seulement de nos jours, mais dans toute l'histoire de l'Europe. La lutte de Locarno. telle que je la vois, se dé­finit ainsi : l'Allemagne considère-t-elle que son avenir est lié au sort. des grandes puissances occidentales, ou va­-t-elle travailler avec la Russie à la destruction de la ci­vilisation occidentale? La signification de Locarno est considérable. Il signifie que dans la mesure où cela con­cerne le gouvernement présent de l'Allemagne, il se détache de la Russie et se jette du côté des puissances occidentales ».

En France, le premier ministre Poincaré se fit publique­ment l'avocat d'une offensive militaire concertée des puissances européennes y compris l'Allemagne, contre l'U.R.S.S.

A Berlin, la presse impérialiste et antidémocratique allemande annonça que l'heure était venue d'anéantir le bolchévisme. Après une série de conférences avec les généraux de la Reichswehr et les industriels qui touchaient au Parti nazi, le général Hoffmann se rendit à Londres pour soumettre son fameux plan au ministère des Affaires étrangères britannique et à un groupe choisi de membres conservateurs du Parlement et de militaires.

Le 5 janvier 1926, le London Morning Post publia une lettre extraordinaire de sir Henry Deterding. Il y déclarait que les plans d'une nouvelle guerre d'interven­tion contre l'U.R.S.S. étaient au point : « Avant peu de mois, la Russie reviendra à la civilisation, mais avec un meilleur gouvernement que le régime tzariste... Le règne du bolchévisme en Russie sera terminé avant la fin de cette année ; et dès maintenant, la Russie peut compter sur le crédit du monde entier et ouvrir ses frontières à tous ceux qui veulent travailler. L'argent et le crédit cou­leront à flot alors en Russie, et ce qui vaut mieux encore, le travail ».

Un journaliste français de droite connu, Jacques Bain­ville, commentait cette lettre en disant : « Si le président de la Royal Dutch a indiqué une date pour la fin du régime soviétique, c'est parce qu'il a des raisons qui lui permettent de le faire »...

Le 3 mars 1927, le vicomte Grey dit à la Chambre des Lords : « Le Gouvernement soviétique n'est pas du tout, au sens général du mot, un gouvernement national. Il n'est pas un gouvernement russe au sens où le gouvernement français est français ou le gouvernement allemand est allemand ».

Le 27 mai 1927, la police anglaise et des agents du Service secret firent une perquisition aux bureaux de l'Arcos, la mission commerciale soviétique à Londres. Ils arrêtèrent les employés et fouillèrent les locaux, cher­chant dans les dossiers et dans les caisses, faisant même des trous dans les planchers et les murs pour découvrir des « archives secrètes ». Aucun document à incriminer ne fut trouvé ; mais le Morning Post, le Daily Mail et d'autres journaux antisoviétiques publièrent de folles histoires de « preuves » d'un complot soviétique contre l'Angleterre qu'ils prétendirent avoir été découvertes au cours de la perquisition de l'Arcos.

Le gouvernement conservateur britannique rompit les relations diplomatiques et commerciales avec l'Union so­viétique.

Au cours du même été, des perquisitions dans les con­sulats soviétiques et d'autres bureaux officiels furent faites à Berlin et à Paris. En juin, l'ambassadeur de l'U.R.S.S. en Pologne, Voïkov, fut assassiné à Var­sovie. Des bombes furent lancées dans un meeting du Parti bolchévik à Léningrad 43.

Le maréchal Foch dans une interview donnée au Lon­don Sunday Referée le 21 août 1927, indiquait claire­ment le but de toute cette violence : «En février 1919, aux débuts du léninisme, exposa le maréchal, j'ai déclaré à la Conférence des Ambassadeurs à Paris que, si tous les Etats voisins de la Russie étaient approvisionnés en munitions et si on leur assurait le nerf de la guerre, j'en­treprendrais de faire cesser le danger bolchévik une fois pour toutes. Ma proposition fut rejetée à cause de l'épuisement consécutif à la guerre, mais la suite des évé­nements a bientôt montré que j'avais raison ».

A Arnold Rechberg, un des plus actifs promoteurs du mouvement nazi en Allemagne, le maréchal Foch envoya une lettre : « Je ne suis pas assez fou, écrivait-il, pour croire qu'on peut laisser impunément une poignée de tyrans criminels dominer sur plus de la moitié du continent et sur de vastes territoires en Asie. Mais rien ne Peut être tenté tant que la France et l'Allemagne ne seront pas unies. Je vous demande de faire parvenir mes salutations au général Hoffmann, le grand protagoniste de l'alliance militaire antibolchévique ».

La scène était prête pour la guerre.
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