Livre premier révolution et contre-révolution








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CHAPITRE III

UN MAITRE ESPION




1. Apparition de M. Massino.


Le Pétrograd révolutionnaire, assiégé par l'ennemi étranger à l'extérieur et menacé au dedans par des complots contre-révolutionnaires, était une ville terrible en 1918. Peu de ravitaillement, pas de moyens de chauffage, pas de transports. Des hommes et des femmes déguenillés traînaient en queues interminables dans les rues glaciales et sales. Les longues nuit grises étaient ponctuées par des coups de canon. Des bandes de voleurs, défiant le nouveau régime, écumaient la ville, pillant et terrorisant la population7. Des détachements d'ouvriers armés allaient de maison en maison en quête de stocks de vivres cachés par des spéculateurs, arrêtant provocateurs et terroristes.

Le Gouvernement soviétique n'avait pas encore pu établir un contrôle complet. Des restes du luxe tzariste contrastaient tragiquement avec le dénuement général. Des journaux anti-soviétiques continuaient de paraître, prédisant quotidiennement la chute imminente du régime. Des restaurants et des hôtels de luxe étaient encore ouverts, pourvoyant une foule d'hommes et de femmes en habits de soirée. La nuit, les cabarets étaient bondés. On y buvait, on y dansait, et des officiers tzaristes, des danseuses, des trafiquants du marché noir et leurs maîtresses lançaient des bruits fantastiques : « Les Allemand marchent sur Moscou ! Trotski a arrêté Lénine Lénine est devenu fou ! » Espoirs insensés et mensonges coulaient aussi librement que la vodka. L'intrigue florissait...

Un certain Massino apparut à Pétrograd ce printemps. Il se donnait pour un « négociant turc». Paraissant quarante ans, il avait un visage pâle, l'air sombre, le front haut et fuyant, des yeux noirs toujours en mouvement, des lèvres sensuelles. Il marchait d'un pas rapide curieusement silencieux. Il paraissait riche. Les femmes lui trouvaient du charme. Dans l'atmosphère difficile de la capitale temporaire des Soviets, M. Massino allait à ses affaires avec un aplomb particulier.

Le soir, M. Massino se rendait souvent dans un petit café enfumé, « le Balkov », qui était un des lieux de rendez-vous favoris des éléments aristocratiques de Pétrograd. Le propriétaire, Serge Balkov, le saluait avec déférence. Dans une chambre à part derrière le café, Massino rencontrait des hommes et des femmes mystérieuses qui lui parlaient à voix basse. Quelques-uns s'adressaient à lui en russe, d'autres en français, d'autres en anglais. Massino parlait couramment plusieurs langues.

Le jeune Gouvernement soviétique luttait pour mettre de l'ordre dans le chaos. Ses colossales tâches d'organisation étaient encore compliquées par la menace mortelle et toujours présente de la contre-révolution. « La bourgeoisie, les propriétaires fonciers et toutes les classes riches font des efforts désespérés pour miner la révolution », écrivait Lénine. Une organisation spéciale pour lutter contre le sabotage et l'espionnage fut mise sur pied sur sa recommandation, qui s'occuperait des ennemis de l'intérieur et de l'extérieur. On l'appela Commission extraordinaire pour combattre la contre-révolution et le sabotage. Ses initiales russes ont formé le mot Tchéka8.

Pendant l'été de 1918, quand le Gouvernement soviétique craignant une offensive allemande, se replia sur. Moscou, M. Massino le suivit. Mais à Moscou l'apparence du riche et élégant marchand levantin changea curieusement. Il porta une veste de cuir et une casquette d'ouvrier. Il alla au Kremlin. Arrêté aux portes par un membre des jeunes gardes communistes qui formaient le corps d'élite chargé de protéger le Gouvernement soviétique, l'ex-M. Massino exhiba un document soviétique officiel au nom de Sidney Georgevitch Rélinski, agent de la division criminelle de la Tchéka de Pétrograd..

- Passez, camarade Rélinski, dit le jeune garde.

Dans un autre secteur de Moscou, dans le luxueux appartement de la célèbre danseuse Dagmar K., M. Massino, alias camarade Rélinski, de la Tchéka, était connu sous le nom de M. Constantine, agent secret britannique.

A l'Ambassade de Grande-Bretagne, Bruce Lockhart apprit sa véritable identité : «Sidney Reilly, l'homme mystérieux de l'Intelligence Service britannique et connu.. pour être le maître-espion de l'Angleterre ».

2. Sidney Reilly.


De tous les aventuriers qui ont émergé du monde politique souterrain de la Russie tsariste pendant la première guerre mondiale pour conduire la` grande croisade contre le bolchévisme, aucun n'est plus haut en couleur et plus extraordinaire que le capitaine Sidney Reilly, du service secret britannique. « Un homme fondu dans le moule de Napoléon 1 » s'exclama Bruce Lockhart, que Reilly devait entraîner dans une des plus dangereuses et des plus fantastiques entreprises de l'histoire européenne.

Comment Reilly entra dans l'Intelligence Service britannique demeure un des nombreux mystères qui entourent cette très mystérieuse et puissante organisation d'espionnage. Sidney Reilly était né en Russie tzariste. Fils d'un officier de marine irlandais et d'une femme russe, il avait grandi à Odessa, sur la mer Noire. Avant la première guerre mondiale, il avait appartenu à la grande entreprise d'armement naval de Mandrotchovitch et du comte Tchouberski, à St Pétersbourg. Même là, son travail avait eu un caractère hautement confidentiel. Il servait d'agent de liaison entre la firme russe et certains intérêts financiers et industriels allemands, notamment. les fameux chantiers navals de Hambourg Bluhm et Voss. Juste avant que la guerre éclatât, des informations intéressantes relatives aux sous-marins allemands et le pro­gramme de construction navale commencèrent à arriver régulièrement au ministère de la Marine britannique à Londres. La source de ces informations était Sidney Reilly.

En 1914, Reilly apparut au japon comme « représentant confidentiel » de la banque Russo-Asiatique. Du Japon, il alla aux Etats-Unis où il vit des banques américaines et des fabricants de munitions. Déjà dans les registres du Service secret britannique, Sidney Reilly figurait sous le nom fictif d'l.Esti et était connu comme un agent secret d'une grande audace et de grande ressource.

Polyglotte de valeur, parlant couramment sept langues, Reilly fut bientôt rappelé des Etats-Unis pour une importante mission en Europe. En 1916, il passait la frontière suisse et entrait en Allemagne. Sous l'aspect d'un officier de marine allemand, il pénétrait au ministère de la Marine allemand. Il réussit à se procurer et à faire parvenir à Londres un exemplaire du code secret officiel de la marine allemande. Ce fut sans doute la plus belle réussite d'espionnage de toute la première guerre mondiale.

Au début de 1918, le capitaine Reilly fut envoyé en Russie en qualité de Directeur des opérations de l'Intelligence Service britannique dans ce pays. Ses nombreux amis personnels, ses grandes relations d'affaire et sa connaissance des milieux de la contre-révolution en fai­saient l'homme idéal pour cet emploi. Mais cette affectation avait aussi pour Reilly une importante signification personnelle. Il était dévoré par une haine profonde pour les Bolchéviks et en fait pour toute la Révolution. russe. Il affirmait franchement ses visées contre-révolutionnaires.

«Les Allemands sont des êtres humains, disait-il. Nous pouvons supporter qu'ils nous battent. Ici, à Moscou, se fortifient les pires ennemis de l'humanité. Si le monde civilisé n'agit pas immédiatement pour abattre ces monstres, tandis qu'il en est encore temps, finalement ils écraseront le monde civilisé ».

Dans les rapports qu'il adressait à la direction de l'Intelligence Service à Londres, Reilly insistait chaque fois pour qu'on conclût avec l'Allemagne une paix immédiate comportant une alliance avec le Kaiser contre la menace bolchévique.

A tout prix, déclarait-il. cette honteuse obscénité qui a vu le jour en Russie doit être anéantie. Paix avec l'Allemagne : oui, paix, avec l'Allemagne, paix avec n'importe qui! Il n'y a qu'un seul ennemi. L'humanité doit s'unir dans une sainte alliance contre cette terreur noire

Dès son arrivée en Russie, Reilly participa immédiatement à la conspiration antisoviétique. Son but était de renverser le gouvernement soviétique9.

3. Argent et meurtre.


Le parti politique antibolchévik de Russie qui, en 1918, était numériquement le plus fort, était le parti socialiste-révolutionnaire, qui défendait une certaine forme de socialisme agraire. Dirigés par Boris Savinkov, ce ministre de la Guerre de Kérenski qui avait pris part au putsch avorté de Kornilov, les socialistes-révolutionnaires actifs, étaient devenus le pivot de l'opinion antibolché­vique. Leurs méthodes et leur propagande démagogiques leur avaient attiré l'appui des nombreux éléments anarchisants que des générations d'oppression tzariste avaient nourris en Russie. Les socialistes-révolutionnaires avaient depuis longtemps pratiqué le terrorisme comme arme contre le tzar. ILs étaient prêts à se servir maintenant de la même arme contre les Bolchéviks.

Les socialistes-révolutionnaires recevaient une aide financière du service d'espionnage français. Avec les fonds que lui avait remis en mains propres l'ambassadeur de France Noulens, Bonis Savinkov avait réorganisé à Moscou l'ancien centre terroriste socialiste-révolutionnaire sous le titre de Ligue pour la régénération de la Russie. Il avait pour but d'assassiner Lénine et d'autres diri­geants soviétiques.. Sur la recommandation de Reilly, l'Intelligence Service britannique se mit aussi à subventionner Savinkov dans l'intention d'entraîner et d'armer les terroristes.

Mais Reilly, qui était un tzariste acharné, ne comptait pas sur ces socialistes-révolutionnaires pour constituer un nouveau gouvernement russe en remplacement du régime soviétique. Sauf Savinkov, qu'il considérait comme entièrement digne de confiance, Reilly pensait que ces socialistes-révolutionnaires gauchistes constituaient une force dangereusement active. Il savait que certains d'entre eux étaient liés avec les Bolchéviks de l'opposition qui suivaient Trotski. Reilly voulait bien se servir de ces gens dans ses buts à lui, mais il était décidé à mettre fin à toute activité socialiste en Russie. Ce qu'il voulait, c'était une dictature militaire comme première étape à la restauration du tzarisme. En conséquence, tandis qu'il continuait à financer et à encourager les terroristes socia­listes-révolutionnaires et autres groupes antisoviétiques extrémistes, l'espion britannique montait soigneusement en même temps une conspiration personnelle. Reilly a révélé plus tard dans ses mémoires comment fonctionnait son groupe :

« Il était indispensable que mon organisation n'en sut pas trop et qu'aucun de ses membres ne put en trahir un autre. La base était donc dans le système de cinq, chaque membre n'en connaissait jamais plus de quatre autres. Moi-même, qui étais au sommet de la pyramide, les connaissais tous, pas personnellement, mais par leur nom et adresse seulement... Ainsi, s'il y avait eu trahison, la découverte aurait été localisée ».

S'appuyant sur l'Union des officiers tzaristes, sur des membres de l'ancienne police secrète impériale, la sinistre Okhrana, sur les terroristes de Savinkov, et sur des éléments contre-révolutionnaires analogues, l'organisation de Reilly proliféra bientôt à Moscou et à Pétrograd. Un certain nombre d'anciens amis et connaissances de Reilly au temps du tzarisme, se joignirent à lui et lui apportèrent une aide appréciable. Parmi ces amis, il y avait le comte Tchouberski, le puissant armateur qui avait autrefois employé Reilly comme son homme de confiance auprès des chantiers allemands, le général tzariste Youdénitch, le propriétaire du café de Pétrograd Serge Balkov, la danseuse Dagmara dans les appartements de laquelle Reilly installa son quartier général de Moscou; Grammatikov, un riche avocat qui était un ancien agent secret de l'Okhrana et qui devint le principal agent de liaison de Reilly, avec le parti socialiste-révolutionnaire et Veneslav Orlovski, un autre ancien agent de l'Okhrana, qui avait réussi à entrer à la Tchéka de Pétrograd et qui avait fourni à Reilly le faux passeport au nom de Sidney Georgevitch Rélinski qui lui permettait de voyager partout librement en Russie soviétique.

Tous ces hommes qui arrivaient même à pénétrer au Kremlin et dans l'état-major de l'Armée Rouge, tenait Reilly au courant de toutes les mesures prises par le Gouvernement soviétique. L'espion anglais put se vanter de ce que les ordres cachetés de l'Armée Rouge «étaient lus à Londres avant d'avoir été ouverts par leur destinataire à Moscou ».

Les sommes considérables qui permettaient, à Reilly de financer ses opérations, et qui se montaient â plusieurs millions de roubles, étaient cachées dans l'appartement de la danseuse Dagmara. Pour constituer son trésor, Reilly faisait appel aux ressources de l'ambassade d'An­gleterre. L'argent était ramassé par Bruce Lockhart et remis à Reilly par le capitaine Hicks, du Service secret britannique. Lockhart, que Reilly avait entraîné dans cette affaire, a raconté dans ses mémoires comment on trouvait de l'argent

« Il y avait un grand nombre de Russes qui avaient des fortunes cachées en roubles. Ils n'étaient que trop heureux de pouvoir les échanger contre un billet à ordre sur Londres. Pour écarter tout soupçon, nous ramassions ces roubles avec le concours d’une firme anglaise de Moscou. Elle traitait avec les Russes, fixait un taux de change et donnait le billet à ordre. Dans chacune de ces affaires, nous donnions à la firme anglaise la garantie officielle qu'elle en avait bien le montant à Londres. Les roubles étaient portés au Consulat général américain et remis à Hicks qui les transportait ensuite à destination ».

Enfin, ne négligeant aucun détail, l'espion anglais mit même sur pied un plan détaillé du gouvernement qui devait prendre le pouvoir dès que le Gouvernement soviétique serait renversé. Les amis personnels de Reilly devaient jouer un rôle important dans le nouveau régime.

«Tous les arrangements avaient été pris pour la constitution d'un gouvernement provisoire. Mon grand ami et allié Grammatikov devait devenir ministre de l'Intérieur, ayant sous sa direction toutes les affaires de police et de finance. Tchouberski, un vieil ami avec qui j'avais eu des relations d'affaire, et qui était devenu le chef d'une des plus grandes entreprises commerciales de Russie, devait être ministre des Communications. Youdénitch, Tchouberski et Grammatikov devaient constituer un gouvernement provisoire qui aurait eu pour tâche de supprimer l'anarchie qui devait presque inévitablement suivre cette révolution».

Les premiers coups de la campagne antisoviétique fu­rent frappés par les terroristes de Savinkov.

Le 21 juin 1918, comme il quittait une réunion d'ouvriers à l'usine Obouchov à Pétrograd, le commissaire du peuple à l'Information Volodarski fut assassiné par un terroriste socialiste-révolutionnaire. Deux semaines après, le 6 juillet, l'ambassadeur d'Allemagne Mirbach était assassiné à Moscou. Le but des socialistes-révolutionnaires était de jeter la terreur dans les rangs des Bolchéviks et simultanément de précipiter une offensive allemande qui, pensaient-ils, sonnerait le glas du bolchévisme10.

Le jour de l'assassinat de l'ambassadeur d'Allemagne, le cinquième Congrès pan-russe des Soviets était en session à l'Opéra de Moscou. Les observateurs alliés étaient assis dans les loges dorées, écoutant les discours des délégués des Soviets.

Une atmosphère tendue planait sur les débats. Bruce Lockhart, assis dans une loge avec quelques autres diplomates et agents alliés, vit que quelque événement d'importance avait dû se produire quand Reilly apparut. L'espion anglais était pâle et agité. Rapidement, il raconta à Lockhart ce qui s'était passé.

Le coup qui avait tué Mirbach devait être le signal d'un soulèvement général socialiste-révolutionnaire dans tout le pays, appuyé par les éléments bolchéviks dissidents. Des socialistes-révolutionnaires armés devaient envahir l'Opéra et' arrêter les délégués des Soviets. Mais quelque chose n'avait pas dû marcher, car l'Opéra était entouré de soldats de l'Armée Rouge. On tirait dans les rues : il était évident que le Gouvernement soviétique avait la situation en mains.

Comme il parlait, Reilly faisait l'examen de ses poches, au cas où il y aurait sur lui des documents compromettants. Il en trouva un, qu'il déchira en petits morceaux et avala. Un espion français assis derrière Lockhart se mit à faire de même.

Quelques heures plus tard, un orateur monta sur la scène de l'Opéra et annonça qu'un putsch antisoviétique qui avait pour objet de renverser le Gouvernement soviétique par la force des armes, avait été rapidement maîtrisé par l'Armée Rouge et la Tchéka. Les putschistes n'avaient rencontré aucun appui dans la population. Des groupes de terroristes socialistes-révolutionnaires armés de bombes, de fusils et de mitrailleuses, avaient été encerclés et arrêtés. Un grand nombre d'entre eux avaient été tués, leurs chefs étaient morts, se cachaient ou avaient fui.

On dit aux représentants alliés présents à l'Opéra qu'ils pouvaient rentrer à leur ambassade respective en toute sécurité. Les rues étaient sûres.

On apprit ensuite qu'à Yaroslav un soulèvement, qui devait coïncider avec le putsch de Moscou, avait été également maîtrisé par l'Armée Rouge; le chef socialiste-révolutionnaire Boris Savinkov qui avait dirigé personnellement le soulèvement de Yaroslav avait réussi de peu à échapper aux troupes soviétiques.

Reilly était très fâché et désappointé. Les socialistes-révolutionnaires avaient agi avec une impatience et une bêtise caractéristiques ! Néanmoins, déclara-t-il, leur. idée n'était pas fausse de tenter un coup au moment où la plupart des dirigeants soviétiques étaient réunis dans un seul lieu, assistant à quelque congrès ou conférence. L'idée de s'emparer de tous les chefs soviétiques d'un seul coup plaisait à l'imagination napoléonienne de Reilly...

Il se mit sérieusement à échafauder un plan dans ce but.

4. Le complot letton.



Pendant le mois d'août 1918, les plans secrets de l'intervention alliée en Russie devinrent publics. En effet, le 2 août, des soldats anglais débarquaient à Arkhangel soi-disant pour empêcher « les stocks de guerre de tomber dans les mains des Allemands ». Le 4 août, les Anglais s'emparaient du centre pétrolifère de Bakou, dans le Caucase. Quelques jours après, des contingents anglais et français débarquaient à Vladivostock. Ils furent suivis, le 12 août, par une division japonaise, et les 15 et 16 août, par deux régiments américains venant des Philippines.

De vastes régions de la Sibérie étaient déjà aux mains de forces antisoviétiques. En Ukraine, le général tzariste Krasnov, soutenu par les Allemands, dirigeait une sanglante campagne antisoviétique. A Kiev, l'hetman Skoropadski à la solde des Allemands avait commencé de massacrer sur une grande échelle juifs et communistes.

Du nord au sud, de l'est à l'ouest, les ennemis de la nouvelle Russie se préparaient à converger sur Moscou.

Les quelques représentants alliés encore à Moscou commencèrent à faire des préparatifs de départ, sans en informer le Gouvernement soviétique. Comme Bruce Lockhart l'a écrit dans son livre :

« C'était une situation extraordinaire. Il n'y avait pas eu de déclaration de guerre et pourtant on se préparait à se battre sur un front allant de là Dvina au Caucase ». Et Lockhart ajoute « J'ai eu plusieurs discussions avec Reilly qui avait décidé de rester à Moscou après notre départ ».

Le 15 août, le jour où les Américains débarquèrent à Vladivostock, Bruce Lockhart reçut un important visiteur. Il a décrit cette scène dans ses mémoires. Il déjeûnait dans son appartement près de l'ambassade d'Angleterre, quand la sonnette tinta et sa domestiqua' annonça que « deux messieurs lettons » voulaient le voir. L'un d'eux était un jeune homme blême et de petite taille, se nommant Smidhen; l'autre, au contraire, était un homme de grande carrure aux traits énergiques, au regard dur, qui se présenta comme étant le «colonel Berzine», commandant de la garde lettonne du Kremlin.

Les visiteurs apportaient à Lockhart une lettre du capitaine Cromie, l'attaché naval anglais à Pétrograd. qui participait activement aux conspirations antisovietiques. «Toujours sur mes gardes vis-à-vis des agents provocateurs, raconte Lockhart, j'examinais soigneusement la lettre. Indubitablement. elle était de Cromie ». Lockhart demanda à ses visiteurs ce qu'ils désiraient.

Le colonel Berzine l'informa donc que bien que les Lettons eussent soutenu la révolution bolchévique, ils n'avaient pas l'intention de combattre les troupes anglaises qui venaient de débarquer à Arkhangel et qu'ils étaient prêts à s'entendre avec l'agent britannique.

Avant de donner réponse, Lockhart parla de l'affaire au consul général de France, M. Grenard, qui lui conseilla de négocier avec le colonel Berzine, mais «d'éviter de se compromettre en aucune manière ». Le lendemain, Lockhart revit le colonel Berzine et lui remit un papier disant : «Prière de laisser-passer dans les lignes anglaises le porteur qui a une importante communication à faire au général Poole ». Puis, il mit en rapport le colonel Berzine avec Sidney Reilly.

« Deux jours plus tard, raconte Lockhart, Reilly rapporta que ses négociations avançaient lentement et que les Lettons n'avaient pas l'intention d'être impliqués dans la chute des Bolchéviks. Il suggérait qu'après notre départ, il pourrait, avec l'aide des Lettons, déclencher une contre-révolution à Moscou ».

Vers la fin d'août 1918, un petit groupe de représentants des Alliés se réunirent en conférence secrète dans une pièce du Consulat général américain à Moscou. Ils choisirent ce lieu parce que tous les autres centres étrangers étaient étroitement surveillés par les Soviets. Malgré les débarquements américains en Sibérie, le Gouvernement soviétique conservait encore une attitude amicale envers les Etats-Unis. Dans Moscou, des affiches présentant les 14 points du président Wilson étaient mises en bonne place. Dans un éditorial des Izvestia, on avait dit que «seuls les Américains savent se comporter convenablement avec les Bolchéviks ». Le caractère légal de la mission de Robins n'était pas non plus suspendu.

La réunion au Consulat général américain était présidée par le consul de France Grenard. Les Anglais étaient représentés par Reilly et par le capitaine George Hill, un officier de l'Intelligence Service britannique qui avait été envoyé en Russie pour travailler avec Reilly. D'autres agents diplomatiques et des Services secrets des Alliés étaient présents, ainsi que le journaliste français René Marchand, correspondant à Moscou du journal de Paris, le Figaro.

C'était Sidney Reilly qui avait convoqué cette réunion, comme il l'écrit dans ses mémoires, pour faire le point de ses agissements antisoviétiques. Il fit savoir qu'il avait « acheté le colonel Berzine, commandant de la garde du Kremlin; le prix du colonel avait été « deux millions de roubles ». Reilly lui avait versé une avance de 500.000 roubles en monnaie russe; le solde devait lui être payé en livres anglaises quand le colonel Berzine aurait rendu certains services et réussi à atteindre les po­sitions anglaises d'Arkhangel.

« Notre organisation est maintenant très forte, déclara Reilly. Les Lettons sont avec nous, et la population sera avec nous dès que le premier coup sera frappé ! »

Reilly annonça alors qu'une session spéciale du Comité central du Parti bolchévik devait se tenir au grand Théâtre de Moscou le 28 août. Elle réunirait dans le même lieu tous les dirigeants essentiels de l'Etat soviétique. Le complot de Reilly était hardi, mais simple...,

Dans l'exercice de leur tâche normale, les gardes lettons seraient placés à toutes les entrées et sorties du Théâtre durant la réunion bolchévique. Le colonel Berzine choisirait pour l'occasion des hommes « absolument fidèles et dévoués à notre cause ». A un signal donné, les gardes de Berzine fermeraient les portes et tiendraient l'assistance sous la menace des fusils. Alors, «un détachement spécial », composé de Reilly lui-même et de ses «amis intimes, bondirait sur la scène et arrêterait le Comité central du Parti bolchévik ! »
Lénine et ses collaborateurs écartés, le régime soviétique s'écroulerait comme un château de cartes. Il y avait à Moscou, dit Reilly, « 60.000 officiers prêts à se mobiliser dès le premier signal » pour constituer une armée qui aurait pour objet de s'emparer de la ville de l'intérieur, tandis que les forces alliées attaqueraient de l'extérieur. L'homme qui devait commander cette armée secrète antisoviétique était « l'officier tzariste bien connu, le général Youdénitch ». Une deuxième armée commandée par le général Savinkov se rassemblerait dans le nord de la Russie et « tout ce qui resterait des Bolchéviks serait écrasé entre ces deux meules ».

Tel était le complot de Reilly, qui avait l'appui des Services secrets français et anglais. Les Anglais étaient en rapports étroits avec le général Youdénitch et se préparaient à lui fournir des armes et du matériel. Les Français soutenaient Savinkov.

On dit aux représentants alliés réunis au consulat général américain ce qu'ils pouvaient faire pour aider la conspiration : espionnage, propagande, organisation pour faire sauter les ponts de la ligne de chemin de fer vitale Moscou-Pétrograd aux environs de ces deux villes, afin de couper le Gouvernement soviétique de toute aide que l'Armée Rouge pourrait essayer d'apporter des autres régions du pays...

A mesure que le jour du coup approchait. Reilly rencontrait régulièrement le colonel Berzine,. mettant soigneusement au point les derniers détails du complot et prenant des dispositions pour tous les cas possibles. Ils étaient en train de dresser le plan final quand ils apprirent que la session du Comité central du Parti bolchévik avait été reculée du 28 août au 6 septembre. « Ça m'est égal, dit Reilly à Berzine, cela nous donnera plus de temps pour les. derniers arrangements ». Reilly décida d'aller à Pétrograd pour contrôler sur place les dispositions de dernière heure de son organisation dans cette ville.

Quelques nuits plus tard, voyageant avec le faux passeport au nom de Sidney Georgévitch Rélinski, agent de la Tchéka, Reilly quittait Moscou pour Pétrograd.

5. Sidney Reilly s'en va.


A Pétrograd, Reilly alla droit à l'ambassade de Grande-Bretagne pour mettre au courant le capitaine Cromie, l'attaché naval britannique. Reilly décrivit rapidement la situation à Moscou et exposa son plan d'insurrection. « Moscou, est dans nos mains ! » dit-il. Cromie était content. Reilly promit d'écrire un rapport complet qu'on télégraphierait secrètement à Londres.

Le lendemain matin, Reilly commença à entrer en contact avec les chefs de son organisation de Pétrograd. A midi, il téléphona à l'ancien agent de l'Okhrana, Grammatikov.

La voix de Grammatikov était sourde et anormale :

- Qui est là ? demanda-t-il.

- Moi, Rélinski, répondit Reilly.

- Qui ?

Reilly répéta son pseudonyme.

- Il y a quelqu'un près de moi qui a apporté de mauvaises nouvelles, dit Grammatikov sans préambule. Les médecins ont opéré trop tôt. L'état du malade est sérieux. Venez tout de suite, si vous voulez me voir.

Reilly se précipita chez Grammatikov. Grammatikov vidait fiévreusement les tiroirs de son bureau et brûlait des papiers dans le poêle.

- Les fous ont commencé trop tôt! s’exclama-t-il dès l'entrée de Reilly. Ouritski est mort, assassiné ce matin à onze heures dans son bureau !

Tout en parlant, Grammatikov continuait à déchirer des papiers et à en brûler les morceaux

- C'est terriblement risqué de demeurer ici. Naturellement je suis déjà soupçonné. La première chose qu'on découvrira, ce sera votre nom et le mien.

Se rendant chez le capitaine Cromie, à l'ambassade d'Angleterre, Reilly apprit qu'il connaissait. déjà l'assassinat. Ouritski, chef de la Tchéka de Pétrograd, avait été tué à bout portant par un socialiste-révolutionnaire. Tout pourtant était en ordre du côté de Cromie. Avec circonspection, Reilly suggéra qu'ils se retrouvassent au «rendez-vous habituel ». Cromie comprit : le « rendez-vous habituel » était au café Balkov.

Reilly passa le temps qui lui restait à détruire divers documents compromettants et inutiles et à cacher soigneusement ses codes et autres papiers.

Cromie ne vint pas au café, et Reilly décida de risquer une visite à l'ambassadeur d'Angleterre. En partant, il avertit Balkov :

- Quelque chose peut avoir mal marché. Soyez prêt à quitter Pétrograd et à filer en Finlande...

Dans la perspective Vladimirovski, Reilly vit des hommes et des femmes qui couraient, se précipitaient dans les corridors des maisons et dans les rues latérales. On entendait le bruit de puissantes voitures. Un car chargé de soldats de l'Armée Rouge passa, puis un autre, puis d'autres encore.

Reilly hâta le pas. Il courait presque lorsqu'il atteignit le coin de la rue où se trouvait l'ambassade. Là, il s'arrêta brusquement. Devant l'ambassade gisaient plusieurs cadavres. C'étaient des agents de la police soviétique. Quatre camions stationnaient devant l’immeuble et la rue était barrée par un cordon de soldats de l'Armée Rouge. La porte de l'ambassade avait été arrachée de ses gonds..

- Eh bien, camarade Rélinski, êtes-vous venu pour voir notre carnaval ?

Reilly se retourna vers celui qui lui parlait, un jeune soldat souriant qu'il avait rencontré plusieurs fois sous son déguisement de camarade Rélinski, de la Tchéka.

- Dites-moi, camarade, qu'est-il arrivé ? demanda précipitamment Reilly.

- La Tchéka cherche quelqu'un nommé Sidney Reilly, répondit le soldat.
Plus tard, Reilly apprit ce qui s'était passé. A la suite de l'assassinat d'Ouritski, les autorités soviétiques de Pétrograd avait envoyé des agents de la Tchéka fermer l'ambassade d'Angleterre. Au premier étage, le haut personnel de l'ambassade sous la direction du capitaine Cromie, brûlait des papiers compromettants. Le capitaine Cromie descendit comme une flèche les escaliers et verrouilla la porte au nez des agents de la police secrète soviétique. Ceux-ci brisèrent la porte, mais l'agent britannique résolu à tout les attendait en haut des marches un revolver dans chaque main. Cromie tira et tua un commissaire et plusieurs miliciens. Les agents de la Tchéka répondirent à ses coups de feu et il était tombé une balle dans la tête...

Reilly passa le reste de cette nuit chez un terroriste nommé Serge Dornoski. Au matin, il envoya Dornoski en reconnaissance apprendre tout ce qu'il pourrait. Dornoski revint avec un exemplaire du journal communiste officiel Pravda. « Le sang coulera dans les rues, dit-il. Quelqu'un a tiré sur Lénine à Moscou. Malheureusement -il l'a manqué ! » Il tendit le journal à Reilly. Un article en Manchette faisait le récit de cet attentat à là vie de Lénine.

La veille au soir, tandis que Lénine quittait l'usine Michelson où il avait parlé dans un meeting ouvrier, une terroriste socialiste-révolutionnaire, nommée Fanya Kaplan, avait tiré deux fois à bout portant sur le dirigeant soviétique.. Les balles avaient été déchiquetées et empoisonnées. L'une d'elles avait pénétré dans la poitrine au-dessus du cœur, et l'autre dans le cou, près de l'artère carotide Lénine n'était pas mort, mais on disait que sa vie ne tenait qu'à un fil.

Le fusil dont Fanya Kaplan s'était servi lui avait été donné par le complice de Reilly, Boris Savinkov. Savinkov l'a révélé dans son livre Mémoires d'un terroriste.

Avec un petit pistolet automatique attaché sous son bras, en cas d'urgence, Reilly partit immédiatement pour Moscou. En route, à la gare de Klin il acheta un journal. Les nouvelles étaient on ne peut plus mauvaises. On donnait un récit détaillé de toute la conspiration de Reilly, y compris le plan de tirer sur Lénine et les autres dirigeants soviétiques, de s'emparer de Moscou et de Pétrograd et d'instaurer une dictature militaire avec Savinkov et You­dénitch.

Reilly poursuivait sa lecture avec un effroi grandissant c'était René Marchand, le journaliste français qui avait assisté à la réunion du consulat général américain à Moscou, qui avait informé les Bolchéviks de tout ce qui s était tramé.

Mais le coup final allait encore venir.

Le colonel Berzine avait désigné le capitaine Reilly comme étant l'agent anglais qui lui avait offert une somme de deux millions de roubles, pour qu'il participait à l'assassinat des dirigeants soviétiques. La presse soviétique publiait aussi la lettre que Bruce Lockhart avait donnée à Berzine pour lui permettre de passer à travers les lignes anglaises d'Arkhangel.

Lockart avait été arrêté à Moscou par la Tchéka. D'autres personnalités alliées avaient été également mises en prison.

Dans tout Moscou, le signalement de Reilly était affiché. Ses différents noms : Massino, Constantine, Rélinski, étaient publiés avec la proclamation de sa mise hors-la-loi. La chasse était commencée.

En dépit du danger incontestable, Reilly poursuivit sa route vers Moscou. Il installa la danseuse Dagmara chez une femme nommée Véra Pétrovna, une complice de Fanya Kaplan, la meurtrière de Lénine.

Dagmara raconta à Reilly que son appartement avait été perquisitionné plusieurs jours auparavant par la Tchéka. Elle avait pu cacher deux millions de roubles, qu'elle avait en billets de mille roubles, et qui constituait une partie du trésor de la conspiration. Les agents de la Tchéka ne l'avait pas arrêtée ; elle ne savait pas pourquoi. Peut-être pensaient-ils qu'elle les conduiraient jusqu'à lui.

Même avec les deux millions de roubles de Dagmara à sa disposition, Reilly n'avait pas une partie facile. Déguisé tantôt en marchand grec, tantôt en ancien officier tzariste, tantôt en fonctionnaire soviétique, tantôt en ouvrier communiste de la base, il réussit à échapper à la Tchéka.

Un jour, il rencontra son ancien adjoint de Moscou, le capitaine George Hill, du Service secret britannique, qui jusqu'alors avait réussit à échapper aux filets des Bolchéviks. Les deux agents pointèrent une liste de noms et d'adresses. Ils découvrirent qu'une partie appréciable de leur organisation antisoviétique était encore intacte et Reilly pensa qu'il y avait encore de l'espoir.

A la différence de Reilly, le capitaine Hill pensait que lès jeux étaient faits. Il avait entendu dire qu'un échange de prisonniers avait été convenu entre les gouvernements anglais et soviétiques. Les Russes libéraient Lockhart, entre autres, contre le retour sain et sauf de plusieurs. personnalités soviétiques, notamment Maxime Litvinov, que les autorités britanniques avaient arrêtées en Angleterre.

- Je vais me rendre, dit le capitaine Hill en conseillant à Reilly d'en faire-de même.

Mais Reilly ne voulait pas admettre la défaite. « Je rentrerai en Angleterre sans la permission des Rouges », dit-il. Il paria avec son complice qu'ils se retrouveraient au Savoy Hôtel, à Londres, deux mois plus tard 11 ».

Reilly demeura en Russie plusieurs semaines encore, recueillant des renseignements d'espionnage et encourageant les éléments antisoviétiques qui demeuraient encore. Puis après toute une série d'aventures, où il réussit à grand peine à échapper, il réussit grâce à un faux passeport allemand à atteindre Bergen, en Norvège ; et de là, à regagner l'Angleterre.

De retour à Londres, le capitaine Reilly fit un rapport à ses chefs du Service secret. Il était plein de regrets pour les occasions .perdues.

« Si René Marchand n'avait pas été un traître... Si Berzine n'avait pas eu peur... Si le corps expéditionnaire avait avancé plus vite le long de la Vologda... Si j'avais pu m'entendre avec Savinkov »...

Mais il était sûr que c'était une faute de la part de l'Angleterre d'être encore en guerre avec l'Allemagne. On devait cesser immédiatement les hostilités sur le front occidental et former une coalition contre le bolchévisme : « Paix, paix à n'importe quel prix, s'écriait-il, et ensuite constituer un front uni contre les véritables ennemis de l'humanité ! »
NOTES BIBLIOGRAPHIQUES
Le matériel qui a servi de base dans ce chapitre au récit de la carrière et des exploits du capitaine Reilly, de l'Intelligence Service britannique, ce sont ses mémoires Britain's Master Spy (Un maître espion britannique), dans lesquels les auteurs ont largement puisé. Bien qu'écrit dans un style qui rappelle les plus médiocres romans populaires, ce récit par ce maître en espionnage de ses conspirations contre le Gouvernement soviétique demeure le plus complet des documents de ce genre. On trouvera des matériaux complémentaires sur la carrière et la personnalité de Reilly dans W. LUDECKE, Secrets of Espionnage ; RICHARD ROWAN, Terror in our Time (La terreur de nos jours) et BRUCE LOKHART, British Agent : ainsi que dans les comptes rendus des agissements de l'Intelligence Service britannique en U.R.S.S.. par le collègue et ami de Reilly, GEORGE HILL. Les dialogues de ce chapitre, sauf indication contraire mentionnée dans le texte, sont extraits des mémoires de Reilly.
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