Littérature russe








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LA BIBLIOTHÈQUE RUSSE ET SLAVE


LITTÉRATURE RUSSE —

Alexandre Beliaïev

(Беляев Александр Романович)

1884 – 1942

LES INVENTIONS DU PROFESSEUR WAGNER

LÉGENDES ET APOCRYPHES

(Творимые легенды и апокрифы)


1929

Traduction de Morgan Malié, 2013.

Le téléchargement de ce texte est autorisé pour un usage personnel, mais toute reproduction est strictement interdite.

TABLE


I. L’homme qui ne dormait pas 3

II. L’incident du cheval 6

III. Sur les puces 12

IV. Homo caloriregulator 23



I. L’homme qui ne dormait pas


Ivan Stépanovitch Wagner, professeur de la Première Université de Moscou au département de biologie, est connu depuis longtemps par ses collègues scientifiques comme un esprit exceptionnellement riche, un inventeur talentueux et un expérimentateur audacieux. Mais le grand public ne fit la connaissance de Wagner que lorsqu’il comparut, il y a cinq ans, devant un jury populaire, en tant qu’accusé dans l’affaire dite « affaire des chiens ».

J’ai conservé les journaux de cette époque. Voici comment, dans l’un d’entre eux, un correspondant présent au procès décrit l’apparence du professeur Wagner :

« Parmi ses cheveux châtains, sa barbe châtain clair en éventail et sa moustache broussailleuse, on remarquait seulement quelques poils argentés. Le teint frais de son visage, ses joues vermeilles et ses yeux brillants respiraient la santé. On ne pouvait lui donner plus de quarante ans. »

Le professeur Wagner, pourtant, avait à cette époque passé la cinquantaine.

Celui-ci avait reconnu avoir enlevé des chiens pour mener des expériences scientifiques. Des circonstances très intéressantes furent élucidées au procès. Il apparut que le professeur Wagner avait créé un remède à la fatigue, ainsi qu’au sommeil ; car le sommeil même, selon les mots du professeur, était une maladie.

Wagner s’était donné la tâche d’embrasser une plus grande quantité de connaissances que celle que pouvait contenir un cerveau humain. Et le professeur avait atteint ce but grâce au fait qu’il pouvait, n’ayant plus besoin de repos et de sommeil, travailler presque vingt-quatre heures sur vingt-quatre. De plus, avec un entraînement, il s’était formé la capacité de penser avec chaque hémisphère cérébral de manière indépendante. Ses yeux, de la même manière, se mouvaient indépendamment l’un de l’autre, et Wagner pouvait ainsi observer plusieurs phénomènes en même temps. Il pouvait aussi écrire simultanément de la main droite et de la main gauche...

Tout cela, et bien d’autres choses encore, fut reconnu pendant le « procès des chiens », et le nom du professeur Wagner devint subitement connu du lectorat des journaux. C’est ainsi qu’on l’avait appelé : « L’homme qui ne dormait pas ».

J’étais l’un de ceux qui s’étaient intéressés au professeur Wagner. Je désirais vivement faire sa connaissance : une occasion me le permit. Je rencontrai Wagner en Crimée, à Simeïz, où nous eûmes quelques conversations des plus intéressantes.

Wagner, ensuite, disparut. Il faut dire qu’il change souvent de lieu de résidence, ce qui ne l’empêche pas de donner ses cours à l’Université de Moscou. Il utilise pour cela la radiodiffusion. Et ce n’est que pour les travaux pratiques qu’il reste à Moscou pendant un mois ou deux. Tous ses étudiants font des progrès, et les autorités de l’université ne s’élèvent pas contre cette méthode d’enseignement à distance.

Ainsi, il disparut, bien qu’on pût entendre ponctuellement sa voix dans l’amphithéâtre. Les rumeurs concernant des expériences et des inventions hors du commun continuaient de se propager de bouche en bouche. J’ai soigneusement consigné ces récits. Quelques-uns d’entre eux me semblaient tellement invraisemblables que j’ai inscrit dans les marges du carnet de notes des points d’interrogation pour penser à vérifier la véracité de l’histoire lorsque je croiserai Wagner ou saurai son adresse. On disait qu’il se consacrait à des expériences dans le domaine de la radio, qu’il s’apprêtait à partir dans l’archipel de Nouvelle-Zemble, mais il n’avait donné d’adresse à personne. Et ce n’est que récemment, contre toute attente, qu’il donna de ses nouvelles. Un soir, sur mon récepteur à ondes courtes, je reçus un radiogramme de sa part. Il me transmit son bonjour et me communiqua son adresse.

Je recopiai immédiatement tous les récits qu’il m’avait été donné d’entendre concernant ses inventions et les lui ai envoyés, en lui demandant de me dire ce qui en eux était vérité et ce qui était mensonge. Sa réponse m’a convaincu que mes craintes n’étaient pas vaines. Hélas, plus de la moitié de mes documents concernant le professeur Wagner se sont révélés être apocryphes. Les légendes surgissaient devant mes yeux. Parmi ces légendes, il n’y avait pas seulement des récits sur les inventions de Wagner, mais aussi des épisodes curieux de sa vie. En guise d’illustration, je rapporte ici quelques-unes de ces histoires inventées, avant de passer aux événements authentiques. Je me suis efforcé de rendre littéralement, dans toutes ces notes, le discours des conteurs.
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