Bulletin n° 5 décembre 2012








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Association des Amis du

Centre d’Études Alexandrines — Île-de-France

Bulletin n° 5 - décembre 2012



Le mot du président

Albert Prévos


Chères amies, chers amis,
Ce numéro, qui boucle la première année d’existence de notre bulletin, est consacré, comme annoncé, à la suite de la présentation du beau travail d’Isabelle Hairy sur le phare d’Alexandrie : de la recherche à la réalité virtuelle.
On le voit, les soubresauts politiques que connaît l’Égypte n’auront pas empêché, au cours de l’année qui s’achève, nos amis du Centre d’études alexandrines de poursuivre leurs recherches. Ils le doivent certainement aux relations de confiance qu’ils ont su établir avec les responsables égyptiens du secteur archéologique, à la reconnaissance scientifique internationale dont bénéficient leurs travaux et à l’intérêt suscité par leurs activités pédagogiques auprès des écoles locales.
Nous formons cependant des vœux pour qu’en 2013 ils puissent bénéficier de conditions de travail plus sereines et propices à l’étude, dans une Égypte enfin apaisée.
Belle et heureuse année à toutes et à tous et merci de réserver la date de notre prochaine Assemblée générale qui est fixée au samedi 23 février prochain à 10h.



À quoi ressemblait le Phare d’Alexandrie

De la recherche à la réalité virtuelle

(deuxième partie)

Isabelle Hairy

ingénieure de recherche, CEAlex—CNRS, USR 3134



Travail de levé sous-marin d'un fragment du linteau de la porte monumentale - cliché A. Pelle
Dans le bulletin précédent, vous lisiez les avancées du Centre d’Études Alexandrines dans la recherche sur le phare d’Alexandrie, travaux dont l’originalité réside dans l’étude des ruines immergées. Vous y découvriez une image du phare qui synthétise les découvertes majeures livrées par 18 ans d’étude, une image qui vient renouveler les restitutions scientifiques produites dès la fin du XIXe siècle, à commencer par celle d’Hermann Thiersch, publiée dans son ouvrage Der Pharos von Alexandria que l’on pourrait aujourd’hui commenter sur bien des points, ou bien celle de Palacios ou encore celle d’Omar Toussoun.


Les trois restitutions : d'après H. Thiersch (1898) - d'après M. A. Palacios (1932) - d'après O. Toussoun (1936)




Pour la première fois, notre représentation dévoile les vraies proportions du phare, sa silhouette sur la côte telle qu’elle se présentait devant Alexandrie, quelques détails de sa modénature qui mettent en lumière la mixité des styles grec et égyptien et les aménagements qui l’entouraient, notamment une terrasse cultuelle témoignant de sa double fonction : celle de tour-signal dédiée à la navigation, et celle de lieu de culte dédié à la propagande royale au travers du culte dynastique.
C’est Ptolémée II qui revalorisa le culte des pharaons vivants, de tradition pharaonique, après avoir divinisé son père Ptolémée Ier et sa mère Bérénice, afin de légitimer la lignée des Lagides. Il commandita les deux statues colossales retrouvées à l’emplacement du phare, dont le caractère posthume a été identifié

par Anne-Marie Guimier-Sorbets, une frise funéraire décorant la base des deux statues colossales.




L’étude de la répartition des fragments sous l’eau a montré que les deux colosses étaient disposés à l’intérieur de la base carrée du phare, tandis que les deux autres couples de statues colossales, figurant probablement le couple royal de Ptolémée II et celui de Ptolémée III, s’élevaient en avant du phare, devant la grande porte, regardant la Méditerranée.
Dessin du phare d'Alexandrie,

par Isabelle Hairy - CEAlex, CNRS, USR 3134

Notre image montre un phare s’élevant haut dans le ciel : une tour, sans doute la première construite, de plus de cent mètres. Devant elle, regardant au nord, la terrasse cultuelle décorée par des sphinx, des obélisques, des naos et par une galerie de portraits royaux colossaux, représentant les rois Lagides en pharaon et leur reine en Isis, qui imposait au regard des voyageurs la toute- puissance de la nouvelle dynastie.






Ce phare était composé de trois niveaux superposés dont les élévations étaient réglées par des ratios. Le premier étage de base carrée supportait un second niveau de plan octogonal deux fois moins haut, et le troisième niveau de base circulaire était également deux fois moins haut que le précédent. Ce dernier était couronné par une coupole, tel que le représente la mosaïque de l’église Saint-Marc à Rome.
Le dessin des étages en plan est réglé selon certaines procédures exposées par Euclide dans les Éléments. Les figures inscrites ou circonscrites, thèmes développés au livre IV des Éléments, et les décompositions et recompositions de surfaces des polygones réguliers, procédures présentées au livre I des Éléments, ont servi à l’organisation des différents niveaux du bâtiment. Tandis que le dessin de ses élévations a été fixé par une grille issue de l’atomisme géométrique platonicien exposé dans la première partie du Timée, témoignant des connaissances géométriques du philosophe athénien.



Composition géométrique du phare d'Alexandrie, par Isabelle Hairy - CEAlex, CNRS, USR 3134


Les principaux monuments restitués à partir des ruines immergées, par Isabelle Hairy - CEAlex, CNRS, USR 3134
Les parties restituées : la galerie de statues architecturales, la porte monumentale en granite de style hellénique, une autre porte monumentale en granite de style égyptien, ainsi que des pièces éparses, — fragments d’angles du premier niveau, pierres du soubassement, dalles de sol, etc. —, viennent s’accrocher sur la toile dessinée par la grille platonicienne (page suivante).

Restitution du soubassement du phare dans la grille platonicienne, par Isabelle Hairy - CEAlex, CNRS, USR 3134
Seuls quelques détails de notre représentation ont été empruntés aux sources documentaires : les tritons du premier étage présents sur les images antiques et qui disparaissent des dessins médiévaux, ainsi que la rampe d’accès visible sur de nombreuses monnaies romaines et décrite dans un texte du XIIe siècle.
Les grandes dimensions ont été restituées grâce à la découverte du système de mesure utilisé dans la conception du phare et de sa statuaire architecturale. Ce système pose le lien entre architecture et géométrie, entre les pensées mathématiques grecque et égyptienne. Il révèle l’âme de ce bâtiment qui vibre au rythme de l’harmonie numérique du lien proportionnel qui lie les deux étalons mis en œuvre, — un pied grec et une coudée égyptienne —, le premier dimensionné au 2/3 du second.

À la croisée de l’Égypte et de la Grèce antiques, une ville prend forme : Alexandrie. C’est dans ce climat bouillonnant d’inventivité que les ingénieurs formés au sein de l’école raccrochée au musée vont imaginer et dessiner la ville, ses bâtiments illustres, au premier rang de ceux-ci le phare. Notre étude révèle le lien entre les mathématiques antiques, dont la synthèse est faite à Alexandrie par Euclide, et la nouvelle architecture de cette ville naissante. Le phare révèle dans sa géométrie l’utilisation des principes exposés dans les Éléments ; sa composition et ses mesures découlent de l’application pratique de ses principes rendant compte pour la première fois de l’influence de la géométrie euclidienne sur l’architecture. Une influence qui a passé les siècles et s’est affirmée chez les plus grands architectes modernes.

Fort de ces conclusions, le Centre d’Études Alexandrines s’est engagé dans la voie d’un nouveau projet : celle de la restitution virtuelle du phare, avec l’idée qu’un jour on pourra en proposer une visite en réalité augmentée.

Plusieurs partenaires potentiels s’intéressent déjà à ce projet : Gédéon programme, Dassault Système, la Plate-forme 3D de Bordeaux, l’INRIA, l’ESTIA. À côté de la recherche de financements privés, nous envisageons le montage d’un projet ANR. Toutes les forces seront les bienvenues pour le lancement de ce programme ambitieux.

Pour en savoir plus :
• http://www.cealex.org/sitecealex/navigation/FENETR_NAVfouil_smarin_F.htm



Bonne année

Le Conseil d’administration et le bureau de l’ACEA-ÎdF

sont heureux de vous souhaiter de joyeuses fêtes de fin d’année ainsi qu’une excellente année 2013.
Avec ce numéro vous trouverez également un bulletin d'adhésion pour l'année 2013 que vous pourrez dupliquer afin d'en faire profiter vos amis et connaissances. Pour ceux qui ne l'auraient pas encore fait, n'oubliez pas de joindre une photo pour compléter votre carte d'adhérent ; et pour ceux qui le désirent, la photo peut vous être renvoyée sur simple demande.



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