télécharger 21.57 Kb.
|
![]() Association des Amis du Centre d’Études Alexandrines — Île-de-France Bulletin n° 4 - octobre 2012 Le mot du président Albert Prévos Chères amies, chers amis, Notre bulletin poursuit la mise en valeur des nouvelles techniques d’investigation scientifique utilisées par l’équipe du Centre d’études alexandrines. Après les étonnantes découvertes réalisées par André Pelle et son utilisation de la lumière noire dans les catacombes d’Alexandrie (cf. notre bulletin n°2), voici aujourd’hui une présentation des résultats non moins spectaculaires obtenus grâce à l’application du procédé de la photogrammétrie aux fouilles sous-marines réalisées au pied du fort de Qaitbay. Cette innovation technique, s’appuyant sur des outils de modélisation et de simulation numérique, est porteuse d’une nouvelle dynamique scientifique dans la recherche que le Centre conduit sur le phare d’Alexandrie depuis 1994. Il vous est donc proposé, dans ce numéro et le suivant, tant la recherche est riche, de suivre les travaux d’Isabelle Hairy, ingénieure de recherche au CEAlex—CNRS. À quoi ressemblait le Phare d’Alexandrie De la recherche à la réalité virtuelle (première partie) Isabelle Hairy ingénieure de recherche, CEAlex—CNRS, USR 3134 Vous lisiez dans le premier bulletin de l’association, au chapitre des opérations de terrain, que les fouilles sous-marines au pied du fort de Qaitbay progressaient au travers d’un nouveau programme de travail utilisant la photogrammétrie. Dans ce numéro – et le suivant –, je vous détaille à quoi ressemblait le Phare d’Alexandrie, résultat de la recherche menant à la réalité virtuelle. ![]() Le monde numérique et plus particulièrement, les technologies de visualisation et d’interaction 3D ont aujourd’hui un impact important dans les domaines de l’étude et de la préservation du patrimoine. Réalité augmentée et interaction 3D sont au cœur d’enjeux scientifiques et économiques qui marquent déjà nos sociétés. Il nous a semblé important d’intégrer ces développements nouveaux et de tisser notre problématique sur le phare en interaction avec les sciences du numériques, sources d’avancées futures prodigieuses. ![]() C’est au cours de la campagne 2010 que l’équipe de l’ANR-SeARCH (CEAlex, ESTIA Recherche, PFT3D Archéovision (voir http://anr-search.labri.fr/web) a mis au point un protocole de prises de vue permettant de réaliser des copies numériques 3D des fragments de statuaire et d’architecture du phare. La méthode mise au point devait s’adapter aussi bien en contexte sous-marin que terrestre, puisqu’en 1995 et 96, plus d’une trentaine de pièces avaient été remontées à la surface, générant ainsi l’une des contraintes de ce projet : réassembler des monuments dont les fragments sont actuellement émergés ou immergés. À l’issue de deux années de travail sur le terrain et en laboratoire, les scientifiques du projet ANR-SeARCH portent des résultats innovants : une quarantaine de copies numériques 3D de fragments antiques du phare et la reconstitution 3D de la statue d’une reine ptolémaïque en Isis. ![]() L’étude des pièces numérisées est assistée par des techniques de visualisation expressives 3D qui mettent l’accent sur la géométrie de l’objet. La restitution virtuelle est assistée par une technique de réassemblage semi- automatique permettant l’accostage des fragments manipulés par l’archéologue à l’aide d’interfaces homme-machine. ![]() Enfin, la dernière partie de ce programme qui s’achève dans quelques mois tend à modéliser les forces mécaniques qui ont participé à la déformation d’une agrafe en plomb et fer de près de quarante kilogrammes ; celle-ci servait à l’encastrement de la porte monumentale en granite du phare. ![]() ![]() -------------- Étape inattendue : l’an dernier, le musée de la Marine fait appel au CEAlex pour présenter ses travaux sur le phare d’Alexandrie dans le cadre de son exposition temporaire sur le monde fascinant des phares. La septième merveille du monde y incarne l’archétype des phares qui ont fleuri sur les côtes françaises à partir du XVIe siècle. Pour l’occasion, le CEAlex va produire un dessin du phare d’Alexandrie issu de sa recherche, dans son état ptolémaïque, restitué in situ, tel que les voyageurs entrant dans le grand port le découvrait en franchissant la grande passe du port Est. ![]() Dessin du phare d’Alexandrie, par Isabelle Hairy, CEAlex, CNRS, USR 3134 Enfin, grâce au partenariat transdisciplinaire du projet SeARCH et à la collaboration avec la fondation EDF et la société Néamédia, les deux statues colossales qui s’élevaient autrefois dans le phare ont été à nouveau réunies depuis leur effondrement sous les eaux de la Méditerranée, au musée de la Marine, dans l’espace dédié aux travaux du CEAlex et au phare : copies tangibles au 1/5e réalisées grâce à des technologies numériques innovantes. ![]() ![]() Exposition des colosses du phare dans le cadre de l’exposition PHARES au musée de la Marine à Paris C’est également un retour dans la capitale française pour la statue de Ptolémée Ier : elle avait été érigée en 1998, après restauration par la fondation EDF, devant le Petit Palais, dans le cadre de l’exposition : la Gloire d’Alexandrie. ![]() Le colosse de Ptolémée Ier au fond de la baie d'Alexandrie avant sa remontée à la surface À quoi ressemblait le Phare d’Alexandrie De la recherche à la réalité virtuelle (deuxième partie dans le bulletin n° 5) |