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F



RANCE


  • Nicolas Sarkozy, Silvio Berlusconi et la réécriture de l’histoire

  • Politiques 25/06/2009 à 06h52

    Par PASCAL BLANCHARD historien, professeur associé au CNRS, ISABELLE VEYRAT-MASSON directrice du laboratoire Communication et politique du CNRS.

    De la repentance italienne en Libye à la réhabilitation du fascisme voulu par Berlusconi au musée d’histoire de France annoncé par Sarkozy, les deux leaders politiques semblent jouer de plus en plus avec le passé.

    Le passé ! Des deux côtés des Alpes, pour Sarkozy comme pour Berlusconi, l’histoire apparaît comme un fabuleux potentiel idéologique à moindre coût.

    Comment ne pas être frappé, malgré les différences (l’âge, la fortune, les spécificités nationales, le parcours professionnel…) par les similitudes entre les deux Présidents. Ils avaient déjà en commun, le goût pour le clinquant : le bling-bling, la vie sentimentale agitée, la liberté de ton proche de la vulgarité… Leur absence de réticences à l’égard des idées d’extrême droite les rapprochant encore. Et voilà que maintenant, ils se passionnent tous les deux pour l’histoire. Pierre Musso (1) pour décrire la proximité entre les deux hommes invente même, un néologisme : le sarkoberlusconisme. Selon cet auteur, «le sarkoberlusconisme est un américanisme latinisé, plastique, capable de s’adapter à des réalités nationales différentes». L’histoire nationale est, elle aussi, concernée !

    Toutefois, dans leur conception de l’histoire et de la nation, il est un domaine qui les différencie notablement, leur attitude face à l’héritage de la colonisation. Nicolas Sarkozy «déteste cette mode de la repentance qui exprime la détestation de la France et de son histoire» (Lyon, 5 avril 2007).

    Or, Berlusconi est en ce domaine plus proche des Allemands, des Australiens ou des Canadiens. En effet, il a accepté le 31 août 2008 de présenter ses «excuses» à son ancienne colonie africaine, la Libye du colonel Mouammar Kadhafi : «Il est de mon devoir, en tant que chef du gouvernement, de vous exprimer au nom du peuple italien notre regret et nos excuses pour les blessures profondes que nous vous avons causées.»

    Ces déclarations se sont accompagnées d’un véritable contrat (prénégocié depuis des années) : l’Italie s’engage à verser cinq milliards de dollars à Kadhafi, soit deux cents millions par an pendant vingt-cinq ans (pour trente ans de colonisation, allant de 1911 à 1942) qui prendront la forme d’investissements dans des projets d’infrastructures confiées, bien entendu, à des entreprises italiennes, notamment pour la construction d’une autoroute allant de l’est à l’ouest du pays. En outre, des bourses au profit d’étudiants libyens ainsi que des pensions aux mutilés anciens combattants recrutés par les Italiens sont prévues.

    Le 7 octobre 2008, la Libye célébrait «la journée de la vengeance» et en accord avec les Italiens, plusieurs expositions montraient les «crimes» des Italiens commis pendant la période coloniale. Comme l’expliquait, lui-même, le chef de l’Etat italien mettre fin à quarante ans de désaccord. C’est à la presse présente en Libye :«L’accord doit une reconnaissance concrète et morale des dommages infligés à la Libye par l’Italie pendant la période coloniale.»Berlusconi acceptait «d’embrasser la main» de Mohamed el-Mokhtar, fils du héros et chef de la résistance libyenne Omar el-Mokhtar (pendu sur ordre de Mussolini en 1931). On assistait à une apothéose de repentances sans précédent…

    Puis vient le point d’orgue. Le voyage officiel, il y a deux semaines, du leader de la révolution libyenne en Italie. Comme le souligne le quotidien officiel libyen Al-Jamahiriya : «Il y a quarante ans, il était plus probable pour Kadhafi de se rendre sur Saturne plutôt qu’à Rome.» En outre, le deal colonial est explicite : excuses, gros contrats et lutte contre l’immigration clandestine forment un cocktail jamais vu dans les relations internationales.

    De façon symbolique, Kadhafi est arrivé avec en médaillon sur la poitrine la photo du héros de la résistance libyenne, Omar al-Mokhtar. Raffaello Matarazzo, de l’Institut des affaires internationales, précise que cette «visite est un tournant historique. Rome veut stabiliser ses rapports avec la Libye sur la vieille question du pétrole et celle, nouvelle, de l’immigration clandestine». Tout est donc clair. Les Libyens acceptent pour la première fois, début mai, de reprendre 500 immigrés interceptés par la marine italienne. Une intervention qui a été dénoncée par le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), les associations de droits de l’homme et l’Eglise catholique…

    Ce «troc colonial», ces déclarations et actes symboliques de contrition font frémir les Français qui imaginent immédiatement comment leurs anciennes colonies, en particulier l’Algérie, pourraient s’engouffrer dans la «faille», en jouant elle aussi sur le pétrole et l’immigration. D’ailleurs, dès le lendemain de l’accord italo-lybien en septembre 2008, la France affirmait que les excuses et les dédommagements que l’Italie a présentés à la Libye pour son occupation coloniale ne peuvent constituer un précédent, estimant que «chaque histoire bilatérale avance comme elle le souhaite, chaque histoire est spécifique».

    En fait, les deux stratégies française et italienne doivent se lire comme les deux piliers d’une dialectique semblable malgré la différence sur la «repentance». Il faut fédérer les «mémoires» et pour cela reconnaître la légitimité de chacune : le «système» a dérapé, mais la colonisation française était généreuse, la France a beaucoup donné, elle n’a rien à se reprocher aujourd’hui, il faut même rendre «hommage» à cette action (comme le précise toujours l’article 1 de la loi de février 2005). Regardons l’avenir, soyons pragmatiques. En France, Sarkozy a choisi de «muséifier» l’histoire nationale. Un musée-panthéon qui ne mettra pas fin aux guerres de mémoires, mais qui affirmera une fois pour toutes la bonne lecture du passé doit être édifié. Pour Berlusconi et Sarkozy, il ne peut y avoir qu’un vainqueur de l’histoire, celui qui l’écrit : cela tombe bien, ce sont eux qui tiennent le stylo en ce moment !

    Avec eux, tout est possible, au moment où l’on vient à peine de sortir des lois mémorielles, c’est faire sortir l’Etat de l’histoire par la fenêtre pour mieux le faire entrer par la porte. Une fois encore les historiens (des deux côtes des Alpes) vont être pris au piège de la politique. L’historien au milieu des guerres de mémoire doit garder le cap. De toute évidence, l’histoire est une chose beaucoup trop sérieuse pour la laisser aux mains des politiques.

    (1) Le Sarkoberlusconisme, Ed. de l’Aube, 2008.

    Ont codirigéles Guerres de mémoires. La France et son histoire (Editions la Découverte, 2008) et, avec Marc Ferro, les Guerres de mémoires dans le monde (Hermès n°52, CNRS Editions, 2008).

  • http://www.liberation.fr/politiques/0101576137-nicolas-sarkozy-silvio-berlusconi-et-la-reecriture-de-l-histoire



  • Mohammed Moussaoui : "Nous ne demanderons pas à la société française d’accepter la burqa"

  • L



    E MONDE | 26.06.09 | 15h18

    Elu président du Conseil français du culte musulman (CFCM) il y a tout juste un an en remplacement de Dalil Boubakeur, Mohammed Moussaoui, universitaire et imam d'origine marocaine installé à Avignon, est à la tête d'une institution plus symbolique que réellement représentative et opérationnelle. Voulue en 2003 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'intérieur, la création du CFCM visait à organiser le culte musulman et à favoriser l'émergence d'un islam de France "modéré", adapté à la société française.

    Depuis six ans, la diversité des fédérations, – d'origine maghrébine, turque ou africaine –, qui le compose a souvent paralysé son fonctionnement. Les tiraillements entre ses trois principales composantes, la Fédération nationale de la Mosquée de Paris, tenue par M.Boubakeur, et proche de l'Algérie, l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), porteuse d'un islam revendicatif, et le Rassemblement des musulmans de France (RMF), dont est issu M.Moussaoui, proche du Maroc, ont pris le pas sur la gestion des dossiers les plus lourds : la mise en œuvre d'une Fondation destinée au financement de l'islam et la formation des imams, notamment.

    Mais cette institutionnalisation de l'islam, aussi controversée soit-elle, a contribué à l'inscription de la deuxième religion de France dans le paysage avec la création de nombreuses mosquées et, surtout, la participation de ses représentants à la vie religieuse et politique du pays.
    Dans le débat, sensible, sur le port de la burqa et du niqab, qui vient de s'ouvrir et devrait se poursuivre au cours des prochains mois, le CFCM devrait tenir une position "anti-burqa" qui ne fait pas l'unanimité chez les musulmans.

    Cela pourrait l'éloigner encore un peu plus des courants rigoristes, type salafiste ou tablighi concernés au premier chef par le port du voile intégral, et qui ne se reconnaissent guère dans cette institution. Cette position pourrait aussi le couper davantage d'une frange de jeunes musulmans, enclins à voir dans le débat sur le voile intégral une "nouvelle discrimination" à l'égard de l'islam. S'ils s'y sont conformés, la plupart des musulmans persistent en effet à considérer la loi de 2004 sur le port du voile à l'école comme une atteinte à la liberté de la femme musulmane.

    La mission d'information parlementaire sur le port de la burqa et du niqab en France doit se mettre en place la semaine prochaine et devrait remettre des recommandations d'ici à six mois. Le Conseil français du culte musulman sera sollicité sur la question. Quelle sera sa position?

    Je veux d'abord rappeler qu'aucun texte coranique ne prescrit le port de la burqa ou du niqab, qui reste en France un phénomène marginal. L'ensemble des membres du bureau du CFCM sont d'accord sur ce point. Il est à rappeler qu'en 2004, lors des discussions autour de la loi sur le voile à l'école, le conseil d'administration, après des mois de débats, avait déclaré que seul le port du foulard était une prescription religieuse, tout en veillant au respect des lois républicaines.

    Le CFCM ne demandera pas à la société française d'accepter la burqa, mais soutiendra un travail de pédagogie et de dialogue afin de convaincre ces femmes de rejoindre la pratique de l'islam de la modération et du juste milieu –celle de l'immense majorité des musulmans de France –, et d'abandonner cette tenue, symbole d'une pratique qui peut contribuer à stigmatiser l'islam en France.

    Le CFCM refuse également que le débat sur la burqa serve une nouvelle fois ceux qui stigmatisent les musulmans de France et qu'il remette en cause le port du voile. Cette question a déjà fait l'objet d'une loi dont les domaines d'application sont bien définis [la loi du 15 mars 2004 interdit le port du voile dans les établissements scolaires]. Le CFCM réfute l'accusation selon laquelle l'islam remettrait en cause le principe de la laïcité.

    Le discours très ferme du président de la République à Versailles, estimant que "la burqa n'est pas la bienvenue" en France, amène certains observateurs à penser qu'une interdiction n'est pas exclue. Qu'en pensez-vous?

    Une interdiction serait contre-productive et difficile à appliquer. Va-t-on arrêter les femmes qui portent la burqua dans la rue et les obliger à l'enlever? Cela conduira la plupart d'entre elles à rester recluses chez elles. La pédagogie et le dialogue sont, dans ce domaine, beaucoup plus efficaces que la contrainte. Une solution imposée pourrait être perçue et ressentie, malgré toutes les précautions, comme une nouvelle discrimination contre les musulmans de France.

    Pourquoi l'islam de France ne s'est-il pas saisi de ce phénomène, qui n'est pas totalement nouveau et qui dénote une radicalisation d'une frange des musulmans en France?

    Dans les mosquées, les imams ont toujours mis en garde les musulmans contre toute radicalisation ou extrémisme que ce soit au niveau de la pratique ou du comportement. Les femmes musulmanes font également un travail de sensibilisation sur cette question. Notre devoir est de rappeler que cette voie minoritaire n'est pas celle adoptée par l'immense majorité des savants musulmans et insister sur le fait que l'islam du juste milieu n'encourage en rien cette pratique. Quant à la radicalisation, elle participe de la mondialisation et de ses effets pervers à travers des références, sur internet notamment, qui ne prônent pas toujours les valeurs de la tolérance et d'ouverture.

    L'islam institutionnel semble un peu démuni par rapport à ces évolutions… Peut-il se faire aider par des voix fortes venues des pays d'origine?

    Quand les imams de France promeuvent l'islam du juste milieu, cela ne peut que porter ses fruits et cantonner ce phénomène marginal. Il faut rester confiant sur les valeurs qui animent et unissent les musulmans de France. Le CFCM prépare pour la fin de l'année un colloque d'imams qui, outre des questions purement religieuses, pourrait faire le point sur ces pratiques minoritaires. Cela devrait aussi être l'occasion d'annoncer la création d'une Conférence nationale des imams.

    Quant à envisager un recours à l'étranger, l'islam de France doit être émancipé. Notre action vise à concilier le contexte français avec les spécificités du culte musulman. La sagesse doit l'emporter sur toute instrumentalisation du débat.

    Propos recueillis par Stéphanie Le Bars
    Article paru dans l'édition du 27.06.09.

  • http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/06/26/mohammed-moussaoui-nous-ne-demanderons-pas-a-la-societe-francaise-d-accepter-la-burqa_1211750_3224.html



  • Plusieurs pays interdisent ou réglementent la burqa

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    8/06/2009 20:00

    La burqa est le plus souvent interdite par des arrêtés locaux, au nom de la nécessité de voir les visages. Mais le simple voile, qui ne dissimule pas le visage, est largement accepté dans le monde

    Interdire la burqa ? Presque tous les pays d’Europe l’ont envisagé. Et ont pris des mesures visant à réglementer strictement le port de ce vêtement couvrant complètement la tête et le corps des femmes, un grillage dissimulant leurs yeux.

    LES PAYS QUI INTERDISENT

    Les Pays-Bas ont été les premiers à adopter une loi, au printemps 2007, qui interdit le voile intégral dans les écoles et les transports publics. Environ 6 % des Néerlandais sont musulmans, mais la burqa ne concerne que quelques centaines de femmes. Récemment, l’interdiction a été élargie aux universités. « On doit s’assurer d’une vraie communication et pouvoir regarder une personne dans les yeux », a justifié la députée Margot Kraneveldt. La Suède et l’Italie ont également interdit la burqa dans les lieux publics.

    LES DÉCISIONS LOCALES
    En Belgique, aucune loi fédérale n’interdit le port de la burqa. La question est du ressort des communes, et plusieurs ont adopté des règlements interdisant de se couvrir le visage au point de rendre l’identification impossible. Les textes ne font aucune référence explicite à la burqa, mais ils ont été pris en particulier dans des communes de la région bruxelloise où vivent d’importantes populations musulmanes, comme à Schaerbeek ou à Molenbeek, ainsi qu’à Anvers.

    Enfreindre ce règlement de police locale est puni d’une amende d’environ 75 €, les carnavals faisant exception. L’islam est la première religion pratiquée à Bruxelles, qui compte autour de 80 mosquées. Les personnes se disant musulmanes y sont évaluées à 17 %.

    SANS RÉGLEMENTER, ILS ENCADRENT
    Des pays européens qui ont toujours eu une tradition de liberté vestimentaire, Allemagne et Royaume-Uni, confrontés à leur tour à la question de la burqa, ont adopté une approche commune visant à l’encadrer. Ainsi, la Grande-Bretagne, longtemps très tolérante à l’égard des signes religieux, change depuis 2006. Un an après les attentats de Londres, Jack Straw, aujourd’hui ministre de la justice, avait dénoncé le voile intégral comme étant une « déclaration visible de séparation ». Depuis, il demande aux femmes qui le portent et viennent le voir à sa permanence électorale dans sa circonscription de le retirer.

    Il faut dire que le voile intégral noir est relativement courant dans certains quartiers britanniques. À l’est de Londres, de nombreuses femmes, souvent jeunes, le portent dans leur vie quotidienne, faisant leurs courses, enfants à la main. La presse populaire a soutenu avec vigueur, la semaine dernière, les déclarations de Nicolas Sarkozy. « Bannissons la burqa ici, au Royaume-Uni. Même les musulmans n’en veulent pas », a titré le quotidien Daily Express. « Ceux qui choisissent de vivre selon les règles des talibans n’ont rien à faire ici », a ajouté le Daily Mail.

    En Allemagne, l’interdiction du port de la burqa dans les rues serait considérée avant tout comme contraire aux droits des minorités religieuses. Un projet pilote, le Burkini, vient même d’être lancé dans une piscine berlinoise, pour faciliter son accès aux femmes musulmanes. Le costume de bain laisse le visage, les pieds et les mains à l’air libre. D’où son nom, mélange de burqa et de bikini…

    Mais ces tentatives d’intégration suscitent un vif débat, relayé par l’écrivain Ralph Giordano qui, dès 2007, avait surnommé « pingouins humains » les femmes portant la burqa. Juif allemand, ayant échappé à la mort lorsqu’il était adolescent en se cachant avec sa famille dans une cave à Hambourg, Ralph Giordano, 84 ans, s’était alors attiré les félicitations des néo-nazis qu’il avait évidemment repoussées avec vigueur.

    L’Allemagne, désormais, prend elle aussi des mesures. Ainsi à Bonn, deux élèves de terminale avaient été exclues de leur lycée en 2006 parce qu’elles s’étaient présentées sous la tenue imposée aux femmes en Afghanistan. Le proviseur avait justifié leur renvoi en expliquant que les professeurs « veulent voir les visages de leurs élèves ». Les deux jeunes filles ne pouvaient suivre ni les cours de sport ni les travaux pratiques.

    BURQA NON, VOILE OUI
    Le port du voile est autorisé pour les élèves en Allemagne, tout en étant interdit pour les enseignantes ou les fonctionnaires. Alors qu’il est interdit dans les écoles françaises depuis 2004. Une rigueur qu’en Allemagne on attribue aux traditions fortes de la laïcité à la française. Et qui fait figure d’exception en Europe. Ainsi, un récent sondage Gallup indique que les deux tiers des Français non musulmans pensent que le port du simple foulard est contraire à l’intégration dans la société, contre seulement un tiers des Britanniques et des Allemands.

    « Le public français ne fait pas de différence entre le foulard et le voile intégral, tandis que les Britanniques tracent une ligne claire entre les deux », analyste Dalia Mogahed, auteur de l’étude. Au Royaume-Uni, il est courant de voir des femmes portant le foulard dans l’exercice de leur métier : enseignantes, avocates, réceptionnistes… C’est vrai également pour les élèves, parfois dès l’école primaire.

    La Belgique essaie aussi d’aménager la question du voile. Si le port de signes religieux est interdit pour les fonctionnaires en contact avec le public (guichet), une note interne au ministère fédéral de la justice, datant du mois de mars, recommande de tolérer les signes religieux ailleurs dans l’administration. Au Parlement fédéral, le règlement intérieur vient d’être modifié pour laisser aux femmes voilées l’accès aux tribunes du public.

    La Turquie, en tant que république laïque, a elle aussi des règles strictes. Impossible pour une femme voilée d’étudier dans une université publique, de devenir fonctionnaire ou avocate. De même pour celles qui portent le carsaf (l’équivalent turc de la burqa). Il est vrai que ces dernières sont généralement peu désireuses de participer à la vie sociale et économique du pays, même si certaines s’aventurent un peu plus désormais hors de leur foyer.

    À Istanbul, c’est dans le quartier de Carsamba que l’on croise le plus de musulmanes au corps entièrement recouvert. « Dans le passé, certaines femmes ajoutaient un fin voile noir sur les yeux, explique Binnaz Toprak, de l’université du Bosphore. Mais cela ne se voit plus. Le phénomène du carsaf est lui aussi anecdotique. » Cette universitaire a publié en 2006 une recherche montrant une baisse du port du foulard et du carsaf.

    En 2006, 1,1 % des Turques disaient porter le voile intégral, contre 3,4 % en 1999, un phénomène plus répandu à la campagne qu’en ville. « Les femmes qui portent le carsaf ne sont pas un enjeu politique », ajoute Binnaz Toprak. En cela, elles diffèrent des jeunes militantes qui, depuis les années 1990, se battent pour obtenir le droit d’entrer à l’université avec leur foulard.

    LA POSITION AMÉRICAINE
    Aux États-Unis, la non-ingérence de l’État et la liberté de culte sont inscrites et garanties dans le premier amendement de la Constitution. Afficher son appartenance est courant dans un pays qui compte une immense variété religieuse et dont 80 % de la population s’affirme croyante. Barack Obama l’a rappelé clairement sur les plages du Débarquement le 6 juin.

    « Aux États-Unis, notre attitude n’est pas de dire aux citoyens ce qu’ils peuvent porter (…). La façon la plus efficace d’intégrer toutes les personnes, toutes confessions confondues, ce n’est pas de les empêcher de porter des vêtements traditionnels ou autres. » Chez les six à huit millions de musulmans du pays, le port de la burqa reste marginal, même dans des États à forte population musulmane (Illinois, Washington, Houston et Californie du Sud).

    Cependant les obligations légales s’imposent aux femmes qui la portent. Ainsi, en Floride, en 2003, un juge a refusé de traiter la plainte d’une femme en burqa au motif qu’il ne pouvait pas lire sur son visage si elle était sincère. Plus récemment, une femme n’a pu obtenir son permis de conduire car elle n’était pas tête nue, comme la loi l’exige pour toutes les photos d’identité.

    Nathalie LACUBE avec Flore GEFFROY (à San Diego), Sébastien MAILLARD (à Bruxelles), Sébastien MARTIN (à Londres), Delphine NERBOLLIER (à Istanbul) et Michel VERRIER (à Berlin)

    http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2379804&rubId=1094


    1. Concert. Suren Ashkhbabyan prodige du violon

    2. 2



      7 juin 2009

      Suren Ashkhbabyan est un talentueux violoniste qui avait impressionné le public landernéen, il y a trois ans. Le jeune Arménien, âgé de 22 ans, revient, à Landerneau, avec son quintet, le 5juillet.

      «Dès les premières notes, en 2006, lors des 50 ans de l'association à Saint-Ernel, j'ai senti qu'il avait quelque chose de particulier», se souvient Gérard Baslé, officiant à l'époque à Don Bosco et chef de choeur de cinq chorales. Depuis, le jeune prodige poursuit ses études au Conservatoire national de musique, à Versailles. Il lui reste deux ans d'études et une autre année qu'il consacrera au perfectionnement.

      De l'Arménie à Brest

      Pour le jeune Arménien, la vie ne fut pas simple. Au début des années 2000, il fuit son pays natal avec sa famille car son père est un opposant au régime. Ce difficile voyage les mènera jusqu'à Moscou, puis en Biélorussie pour atterrir en Bretagne. Au bout de trois jours de voyage, la famille Ashkhbabyan arrive à Brest. C'est là qu'elle s'installe. Ensuite, ce fut un long combat administratif car lafamille n'a pas le statut de réfugié. «Tout un réseau solidaire se met en place autour d'eux. Cela n'empêchera pas l'arrêté de reconduite à la frontière pour Suren, qui finalement ne sera pas exécuté», souligne Ludovic Prigent, éducateur spécialisé dans le service prévention de Don Bosco, impliqué dans les dossiers administratifs de la famille. Si elle a été régularisée, le musicien ne possède, pour l'instant, qu'un titre de séjour.

      Un beau parcours

      La musique est une histoire de famille: avec une grand-mère pianiste et une tante, professeur de musique, le jeune homme fait ses premières gammes à 7 ans. «J'ai pris des cours et en 2000, j'ai obtenu le premier prix d'un concours international en Arménie», explique Suren. Il est alors considéré comme le plus talentueux violoniste de sa génération. En 2002, il entre au conservatoire de Brest et, depuis deux ans, il a intégré le Conservatoire national de Versailles. «Mes professeurs sont de grands violonistes comme Alexandre Brussilowsky, élève de Yuri Yankelevich». Outre son talent, Suren travaille beaucoup et, avec cette école de prestige, il a participé à environ 25 concerts. «Au bout de deux ans, il est premier violon solo, une place très convoitée car il fait le lien entre le chef d'orchestre et l'orchestre», ajoute Gérard Baslé.

      Concert à Saint-Thomas

      Le violoniste ne se passionne que pour la musique classique. Dans le cadre de son cursus, il a monté un quintet avec quatre autres étudiants, deux d'origine roumaine, un d'origine belge et une Japonaise. Le quintet Khatchatryan accueille une pianiste, deux violons, un alto et une contrebasse. «Le concert du 5juillet se déroulera en deux parties. La pianiste jouera un nocturne de Chopin puis chacun l'accompagnera sur une ou plusieurs pièces. L'autre moment sera consacré au quintet en mi-bémol de Schuman, une pièce plus longue», conclut le jeune artiste. Pratique Concert, dimanche 5juillet à l'église Saint-Thomas à 20h30 (tarif: 7 €). À noter, la veille, toujours à l'église de Saint-Thomas le quintet sera aussi présent dans le cadre de la prestation de la chorale Kan-ar-Vag dirigée par Gérard Baslé.

    http://www.letelegramme.com/local/finistere-nord/brest/landerneau/concert-suren-ashkhbabyan-prodige-du-violon-27-06-2009-444107.php


    De La Courneuve à Saint-Denis, l’errance des Roms, citoyens européens

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    EMONDE.FR | 27.06.09 | 12h10 • Mis à jour le 27.06.09 | 12h12

    Le campement est situé au bord de la Seine, quai de Saint-Ouen, à Saint-Denis. Au pied de l’A 86, qui résonne au passage des poids lourds lancés à pleine vitesse. En contrebas, sous une dizaine de tentes frappées du logo Médecins du Monde, on tue le temps. Le plus souvent en faisant durer la sieste, l’après-midi. Dehors, les enfants chahutent. Quelques hommes sortent griller une cigarette. Depuis un mois, sur ce délaissé d’autoroute, près de vingt familles roms, une soixantaine d’adultes et autant d’enfants, prennent leur mal en patience. Tous sont originaires de Roumanie. Principalement de Tandarei, une localité proche de Bucarest.

    Ciprian, lui, est natif de Timisoara. Il n’a que 21 ans mais en paraît dix de plus. Père de deux enfants, de cinq ans et de seize mois, il vient de les récupérer auprès de l’Aide sociale à l'enfance (ASE) de Seine-Saint-Denis. Ses enfants avaient fait l’objet d’un placement provisoire ordonné par le parquet de Bobigny.

    Il est l’oncle du petit Diego, ce garçon de dix ans mort dans l’incendie survenu dans la zone industrielle Les Vignes, à Bobigny, le 23 mai dernier. Sa femme, Helena, en a été si traumatisée qu’elle a été admise dans un hôpital psychiatrique, à Saint-Denis. Ciprian entend rentrer en Roumanie, explique-t-il, les traits tirés. D’autant qu’il n’a que peu de liens avec les autres familles regroupées quai de Saint-Ouen.

    APRÈS L'INCENDIE, 200 PERSONNES DANS LES RUES DE BOBIGNY

    Lorsque Ciprian est arrivé en France, il y a seulement trois mois, sur le terrain de Bobigny, il y a retrouvé des familles qui se côtoyaient déjà. Six mois avant le drame, elles occupaient un ancien garage, à La Courneuve. En décembre, sur ordre du préfet de la Seine-Saint-Denis, elles en ont été expulsées par la police. Les familles se sont déplacées jusqu’à Drancy, commune limitrophe, et y sont restées jusqu’au 14 avril, avant d'être à nouveau expulsées. "Bien que ressortissants de l’Union européenne, ces personnes sont dans l’irrégularité au regard du droit au séjour. D’autre part, elles occupent des terrains illégalement dans des conditions d’insalubrité qui font qu’on est obligé d’intervenir", fait-on valoir à la préfecture. "On n’évacue pas les gens de manière sèche. Le jour où les forces de l’ordre viennent évacuer un camp, on propose toujours des hébergements d’urgence et l’aide au retour volontaire", ajoute Laurent Nunez, directeur de cabinet du préfet.

    Les familles gagnent alors Bobigny, où elles investissent deux entrepôts de la zone industrielle Les Vignes. Le lieu est des plus précaires. Le jour de l'incendie, le campement est très vite ravagé par les flammes. Les quelque 200 personnes qui l’occupaient se retrouvent dans les rues de la ville. Démunis, ils ont perdu vêtements et papiers. Dans un communiqué, Catherine Peyge, maire (PCF) de Bobigny, exprime sa "colère" face à une situation qui ne pouvait que "mal finir". "Ils ont été refoulés d'une ville à l'autre pour terminer dans ce hangar, parfois uniquement pour ne gagner que quelques centaines de mètres", dénonce-t-elle.

    L’édile ouvre alors les portes d’un gymnase de la commune. Mais la solution est forcément provisoire. L’évacuation des lieux est décidée pour le mardi matin. Les agents de la DDASS et de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, escortés d’une vingtaine de fonctionnaires de police, viennent proposer l’aide au retour volontaire et un hébergement provisoire. Seulement 26 Roms acceptent. Les autres se mettent en quête d’un nouveau lieu où passer la nuit.

    "LES EXPULSIONS À RÉPÉTITION NE RÈGLENT ABSOLUMENT RIEN"

    Ils gagnent alors Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine, où ils tentent d’investir un hangar. Mais ils en sont empêchés par la police. Cette fois, le groupe est épuisé. Informé de la situation, Olivier Bernard, le président de Médecins du Monde, se rend sur place. Il s’efforce d’intercéder. Mais la nuit est tombée et plus personne ne répond au téléphone. Médecins du Monde décide alors d’installer les familles avec son matériel employé lors des missions d’urgence internationales. A Saint-Denis, sur un terrain que les Roms ont indiqué eux-mêmes. "On a quand même quarante gamins, onze nourrissons, des femmes qui sont enceintes, certains sont malades et en rupture de soins parce que leur traitement a flambé, il n’y a pas d’autres solutions que de leur proposer ce dispositif", justifie Jean-François Corty, chef de mission France de l’ONG.

    Le lendemain, Médecins du Monde informe la mairie de Saint-Denis. Dans un communiqué, la commune et l’ONG demandent au préfet "la fin des expulsions sans solution de relogement". "Les expulsions à répétition ne règlent absolument rien. Au contraire, elles entraînent une rupture des soins et du lien social", objecte Olivier Bernard. Le communiqué réclame également la tenue d’une table ronde "à l’échelle régionale", une demande déjà formulée à plusieurs reprises par les communes du département. "Cela permettrait de prendre de la hauteur sur ce débat.

    De travailler les questions d’accès à l’emploi et de discrimination dans les pays d’origine un peu plus concrètement que de se renvoyer la balle les uns et les autres", assure Florence Haye, première adjointe au maire de Saint-Denis.

    Il faut que l’Etat prenne ses responsabilités", abonde Catherine Peyge, la maire de Bobigny. Dans un courrier signé par les maires de Saint-Ouen, de Sevran, Stains et Tremblay-en-France, l’an dernier, l’élue avait déjà interpellé le préfet de région sur la question des Roms migrants. Mais leur demande est jusqu’à présent restée lettre morte.

    Hugo Lattard

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    Médecins du Monde assigné en justice

    Médecins du Monde a été assigné en référé par la préfecture de Seine-Saint-Denis devant le tribunal de grande instance de Bobigny, pour occupation d’un terrain sous la propriété de l’Etat. Le jugement devait être mis en délibéré vendredi 26 juin. Mais l'audience a été renvoyée au 6 juillet à la demande de l'avocat de la préfecture. C’est la première fois que l’ONG est assignée en justice en France.
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/06/27/de-la-courneuve-a-saint-denis-l-errance-des-roms-citoyens-europeens_1212035_3224.html

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