Leçon 5 Présentation de Michel Foucault








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Leçon 5

Présentation de Michel Foucault

Résumé.

Il est difficile de retracer le parcours intellectuel de Michel Foucault, tant chacun de ses livres remet en chantier les résultats de ses recherches précédentes. La difficulté est redoublée par la quantité de sources historiques qu’il utilise, sortant l’étudiant en philosophie des sentiers bien connus de sa discipline. Enfin, l’écriture même de Foucault, qui procède par retouches successives, et son refus d’entrer dans les classifications académiques (structuraliste, postmoderne, ou même philosophe…), redoublent la difficulté. On trouve tout de même chez lui le projet d’interroger les fondements de la rationalité moderne non pas à partir de la perspective d’un sujet transcendant, surplombant sa propre histoire, mais à partir des « bas-fonds » de la raison. D’où son intérêt pour les lieux clos, l’asile, la prison, l’espace exigu du confessionnal. C’est la radicalité et la richesse de ses hypothèses qui expliquent qu’il soit l’un des philosophes les plus influents en sciences sociales aujourd’hui.




  1. Vie de Michel Foucault (1926-1984), intellectuel spécifique.

    1. La formation intellectuelle d’un jeune provincial.

      1. Naissance le 15 octobre 1926 à Poitiers, d’une famille bourgeoise aisée. Une tradition dans la famille : la médecine.

      2. Elève brillant, il suit les cours de Jean Hyppolite au lycée Henri-IV, puis de Louis Althusser, Maurice Merleau-Ponty et Jean Beaufret à l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm.

      3. Il vit toutefois très mal la découverte de son homosexualité. Il fait une tentative de suicide en 1948. Ce n’est qu’après ses années d’étudiant et l’obtention de l’agrégation qu’il trouvera une plus grande stabilité psychique.

    2. L’éveil à la vie politique.

      1. MF ne naît pas politique, il le devient. Malgré un bref passage au Parti Communiste, il s’intéresse surtout à la psychopathologie et suit le travail de psychiatres. Il soutient en 1961 sa thèse sur Folie et déraison (rééditée quelques années plus tard sous le titre Histoire de la folie). Le succès populaire viendra avec la publication en 1966 de Les mots et les choses.

      2. Il s’installe en Tunisie où il enseigne la philosophie pendant deux ans. C’est là que l’actualité politique le rattrape : en juin 1967, à l’occasion de la guerre des Six Jours, des tensions secouent l’université. MF soutient les étudiants en lutte et commence à lire des penseurs d’extrême-gauche.

      3. À partir du début des années 70, il s’engage pour donner la parole aux détenus (création avec Daniel Defert du Groupe d’Information sur les Prisons, 1971), contre les actes racistes (assassinats de Maghrébins) et l’immunité des policiers, en faveur de l’avortement, etc.

    3. Foucault au Collège de France.

      1. Il entre au Collège de France en 1970, où il enseignera jusqu’à la fin de sa vie (même s’il est invité aux Etats-Unis, à Berkeley, au Canada, au Brésil, au Japon…)

      2. Sa recherche le conduit à la publication de SP, puis des trois volumes de L’Histoire de la sexualité. Ses cours viennent d’être publiés.

      3. Il meurt du sida, contracté sans doute au cours de ses voyages académiques en Californie, le 25 juin 1984



  1. Parcours dans l’œuvre.

    1. L’Histoire de la folie à l’âge classique.

      1. À la Renaissance, le fou est abandonné à son errance (la Nef des fous). On le craint, car il est porteur d’une menace d’invasion de la folie sur le monde

      2. Le « grand renfermement » : La Raison classique exclut les fous du reste de la société en les enfermant (avec le reste des marginaux).

      3. Ce n’est qu’au milieu du XVIIIe siècle que le fou est séparé des criminels pour entrer dans l’asile. Début d’une médicalisation de la folie.

    2. Les Mots et les choses.

      1. L’histoire des sciences est faite de longues plages de stabilité où les critères de connaissance restent constants, auxquelles succèdent des périodes de rupture brusque où se redéfinissent les savoirs (l’épistémè).

      2. Sa méthode est une « archéologie » : elle consiste à dévoiler les règles implicites du savoir à une époque donnée. Ces règles contraignent le langage et ce qui est du domaine du pensable.

      3. Ce livre est lu par ses contemporains comme représentatif du structuralisme (Saussure, Lévi-Strauss) : le langage et la pensée obéissent à une architecture stable, invariante et largement inconsciente, au-delà des éléments changeants qui la composent.

    3. Surveiller et punir et l’Histoire de la sexualité.

      1. Jusqu’à la seconde moitié du XVIIIe siècle, on n’emprisonne pas, on inflige des supplices, technique calibrée pour engendrer une certaine quantité de souffrance. Pourtant en quelques années le supplice disparaît complètement, remplacé par la prison.

      2. L’emprisonnement permet de mettre en œuvre des procédés de dressage des corps, contrôler l’activité et rendre les individus dociles et utiles. C’est l’émergence d’une société de surveillance qui est encore la nôtre.

      3. Son dernier ouvrage (en trois volumes), Histoire de la sexualité, montre que le sexe, du XVIIe jusqu’au XIXe siècle, n’a pas fait l’objet d’une répression, mais qu’au contraire on n’a jamais autant parlé de sexualité. On invente un dispositif de production et de contrôle du discours sur la sexualité.



  1. Le GIP et Surveiller et punir.

    1. Création et objectifs du GIP.

      1. Le 8 février 1871, un collectif d’intellectuels, sensibilisé par l’arrestation de plusieurs leaders maoïstes de la Gauche prolétarienne, crée le groupe d’information sur les prisons.

      2. Le GIP s’oppose à la confiscation de la parole des détenus par d’autres instances, même bien intentionnées (l’administration pénitentiaire, les aumôniers de prison, les enseignants, les philosophes eux-mêmes).

      3. S’oppose également au tribunal populaire présidé par un intellectuel surplombant et moralisateur.

    2. Succès et dissolution du GIP.

      1. Les enquêtes sont constituées de réponses de détenus à des questionnaires, collectées auprès de leurs familles et publiées sans retouche.

      2. Grand succès médiatique renforcé par des conférences de presse, des manifestations et distributions de tracts devant les prisons. Trente-cinq mutineries éclatent en 1971 (Nancy, Toul…).

      3. Ayant rempli sa mission d’information et souhaitant éviter de capturer la parole des détenus, le GIP se dissout en 1972.

    3. La méthode généalogique.

      1. 1973, cours sur la société punitive au Collège de France, puis publication (un peu retardée) de SP en 1975.

      2. Bien que le contraste soit grand entre l’engagement concret pour le GIP et les recherches théoriques sur la naissance de la prison, Foucault reconnaît le lien entre la théorie et la pratique (l’œuvre comme « boîte à outils »).

      3. La généalogie est une histoire spécifique dont le but est de rendre compte de la constitution d’un savoir sans se référer à un sujet fondateur. En particulier, en tant que ce savoir appuie l’émergence d’un pouvoir sur les corps.

Lectures conseillées.

  • François BOULLANT, Michel Foucault et les prisons, coll. « Philosophies », Paris, PUF, « Des supplices aux cellules », p. 37-84. Il s’agit d’un manuel directement centré sur Surveiller et punir, qui est utilement replacé dans son contexte.

Pour la prochaine fois.

Lire SP, ch. I « Supplice », p. 9-32/p. 263-285, du début du livre à « Mais je n’ai pas la prétention d’être le premier à avoir travaillé dans cette direction. »

Questions à travailler au brouillon : Qu’est-ce qui change exactement, dans l’application des peines, entre le 18e et le 19e siècles ? Pourquoi Foucault parle-t-il à ce propos d’une « nouvelle morale propre à l’acte de punir » ?

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