Bibliographie chapitre premier








télécharger 0.52 Mb.
titreBibliographie chapitre premier
page3/11
date de publication23.12.2016
taille0.52 Mb.
typeBibliographie
ar.21-bal.com > documents > Bibliographie
1   2   3   4   5   6   7   8   9   10   11

Dharma au soulier de bronze

(Musée Guimet)

bouddhisme a pénétré maintenant dans toutes les sphères de la société chinoise : il a déteint sur le confucianisme et s'est mélangé au taoisme qui, suivant une expression heureuse du Dr Eitel, n'est plus que le bouddhisme en costume indigène ; partout on le retrouve. Ses prêtres sont malheureusement recrutés parmi les classes les plus basses : ils sont profondément dégradés, sales et ignorants ; ils ne savent que fort peu de chose de l'histoire de leur religion et ne comprennent pas plus le sanscrit que les Juifs de Kai-foung-fou l'hébreu, et les musulmans chinois l'arabe. Un point de l'histoire du bouddhisme en Chine, qui ne nous paraît pas avoir été étudié, a trait à l'influence qu'a eue le christianisme sur le bouddhisme par l'intermédiaire des nestoriens, influence que nous avons constatée à l'île sacrée de Poutou et dont les prêtres ne font point mystère. La partie la plus intéressante de l'étude du bouddhisme chinois est le récit des voyages des pèlerins en quête de livres sacrés et la traduction des versions chinoises de ces ouvrages. L'examen de ces livres a fourni parfois de précieux renseignements. Ainsi la version chinoise du Dhammapada, qui comprend trente-neuf chapitres, complète la version pâli, composée de vingt-six chapitres ou sections. Abel Rémusat a, le premier, compris l'importance des voyages des pèlerins bouddhistes et traduit le Fo-kouo ki (Paris, 1836) ; c'est le récit fait par le bouddhiste Fa-Hian de ses pérégrinations en Tartarie, dans l'Afghanistan et dans l'Inde, à la fin du IVe siècle. Stanislas Julien s'engagea dans cette voie à la suite de Rémusat ; après avoir étudié le sanscrit pour comprendre les mots en cette langue défigurés par une transcription phonétique dans les textes chinois, il publia l'Histoire de la vie de Hiouen-Thsang (Paris, 1853) et les Mémoires sur les contrées occidentales (Paris, 1856-1858) par ce même pèlerin, point de départ de recherches intéressantes sur la géographie de l'Inde (VIIe siècle). Un autre pèlerin bouddhiste, Hoei-chin, au Ve siècle de notre ère, aurait, suivant quelques auteurs, découvert l'Amérique, sous le nom de Fou-sang. Pour résumer en quelques lignes notre impression, qui est aussi celle du Dr Edkins, sur la religion de la Chine, nous dirons que le confucianisme, dont le chef a été comparé à Aristote, en est la morale ; que le taoïsme, dans lequel l'âme n'est qu'une forme plus pure de la matière, est une doctrine matérialiste ; son célèbre fondateur, Lao-tseu, qui a beaucoup de traits de ressemblance avec Pythagore et Platon, n'est nullement responsable des superstitions grossières de ses soi-disant disciples ; et enfin que le bouddhisme représente la métaphysique dans ce grand ensemble.

Cependant la croyance religieuse d'un Chinois pris en p.025 général, quelle que soit celle des trois doctrines à laquelle il appartienne, est basée sur le culte des ancêtres, qui a son origine dans les préceptes de Confucius, et sur le foung-choui, mélange de superstitions grossières, dont une étude incomplète des phénomènes de la nature est la source et des pratiques dénuées de sens commun le résultat. Le culte des ancêtres a pour point de départ la piété filiale, qui a pour les Chinois une telle importance qu'un livre entier lui a été consacré : le Hiao-king.

Le Hiao-king de l'empereur Youen-tsoung comprend les dix-huit chapitres suivants : I. Étendue et signification du livre. II. Piété filiale du fils du ciel (l'Empereur). III. Piété filiale des princes. IV. Piété filiale des grands. V. Piété filiale des lettrés. VI. Piété filiale du peuple. VII. Les trois puissances (ciel, terre, homme). VIII. Le gouvernement par la piété filiale. IX. Gouvernement des sages. X. Exemples de la piété filiale. XI. La piété filiale et les cinq sortes de supplices. XII. Le grand art de régner. XIII. La vertu absolue. XIV. Rendre son nom célèbre. XV. La piété filiale et les reproches. XVI. De l'influence de la piété filiale. XVII. Le service du souverain. XVIII. La piété filiale et le deuil des parents.

C'est, on le voit, une étude complète de la piété filiale ; mais cette étude n'est nullement envisagée à un point de vue élevé ; elle est terre à terre, sans grandeur ; si le Hiao-king n'a pas été écrit par Confucius, ni même par Tseng-tseu, il n'en porte pas moins l'inspiration du célèbre moraliste chinois ; si le style même de ce livre permet d'hésiter sur le nom de son auteur, son caractère pratique le fait classer avec juste raison parmi les écrits de l'école de ce sage, dont le système a eu le plus de durée, parce qu'il était une morale simple plutôt qu'une philosophie quintessenciée. La piété filiale n'est plus un sentiment naturel, spontané, élevé ; c'est un devoir parfaitement défini, envers les parents et le souverain. C'est la source même de toutes les vertus, et la première des vertus est la conservation de soi-même.

Tout notre corps, jusqu'au plus mince épiderme et aux cheveux, nous vient de nos parents ; se faire une conscience de le respecter et de le conserver, est le commencement de la piété filiale. Pour atteindre la perfection de cette vertu, il faut prendre l'essor et exceller dans la pratique de ses devoirs ; illustrer son nom et s'immortaliser, afin que la gloire en rejaillisse éternellement sur son père et sur sa mère. La piété filiale se divise en trois sphères immenses : la première est celle des soins et des respects qu'il faut rendre à ses parents ; la seconde embrasse tout ce qui regarde le service du prince et de la patrie ; la dernière et plus élevée, est celle de l'acquisition des vertus, et de ce qui fait notre perfection. (Hiao-king, chap. I.)

Cette piété filiale n'est nullement la même pour tous ; elle p.026 varie suivant la classe ; elle n'est pas chez l'empereur ce qu'elle est chez les princes, les grands, les lettrés ou le peuple. Car la piété filiale n'est plus ce sentiment simple d'amour de l'enfant pour ses parents, c'est un sentiment complexe qui comprend tous les sentiments, une vertu multiple qui renferme toutes les vertus, universelle

embrassant tout depuis l'empereur jusqu'au dernier de ses sujets, ne commençant ni ne finissant à personne. »

« O immensité de la piété filiale, s'écrie Tseng-tseu, que tu es admirable ! Ce qu'est la régularité des mouvements des astres pour le firmament, la fertilité des campagnes pour la terre, la piété filiale l'est constamment pour les peuples. (Ib., chap. VII.)

Dans son intérêt même, l'empereur devra honorer ses parents pour que ses sujets imitent son exemple. Il devra être sans orgueil et dépenser avec économie. Les grands ne devront pas s'émanciper jusqu'à porter d'autres habits que ceux que permettent les ordonnances des anciens empereurs, ni se hasarder à rien dire qui ne soit conforme aux lois qu'ils ont faites ; quant à la multitude elle devra

mettre à profit toutes les saisons, tirer parti de toutes les terres, s'appliquer à ses devoirs et économiser avec sagesse pour nourrir le père et la mère.

Rien de plus précis que les devoirs de la piété filiale ; et ce n'est pas seulement dans le Hiao-king qu'on les trouve énumérés. Le Li-ki, à côté d'une pensée délicate :

« Un fils rempli de piété filiale entend ses père et mère sans qu'ils lui parlent, et il les voit sans être en leur présence,

nous donne les renseignements les plus circonstanciés sur le deuil par exemple :

La rigueur du deuil ne doit pas aller jusqu'à trop s'amaigrir ou jusqu'à affaiblir ni la vue, ni l'ouïe... Si on a une blessure à la tête, on peut la laver ; si on est échauffé, on peut prendre le bain ; si on est malade, on peut manger de la viande et boire du vin ; mais on reprend les observances du deuil dès qu'on est remis ; les négliger, ce serait outrager la nature et abjurer la piété filiale.

Le dernier chapitre même du Hiao-king donne les renseignements les plus méticuleux sur la manière d'ensevelir les parents ; la conclusion de ce livre de préceptes, de ce guide de la vie quotidienne, est élevée et se rapproche de nos idées sur la piété filiale :

Honorer et aimer ses parents pendant leur vie, les pleurer et les regretter après leur mort, est le grand accomplissement des lois fondamentales de la société humaine. Qui a rempli envers eux toute justice pendant leur vie et après leur mort, a fourni en entier la grande carrière de la piété filiale.

La piété filiale, telle que nous la dépeint le Hiao-king, n'est plus le sentiment naturel qui se retrouve chez tous les peuples, le peuple chinois compris ; c'est une doctrine officielle. La piété filiale comme nous l'entendons est affaire individuelle ; elle p.027 n'a d'influence ni sur notre politique générale, ni sur nos croyances religieuses. En Chine, au contraire, elle a transformé la nation en une vaste famille dont le chef est l'empereur ; elle est devenue la base d'un gouvernement qui n'a rien de chimérique, qui est réel et durable puisqu'il existe depuis des siècles. On ne peut, dès à présent, prévoir le terme d'un système qui a eu l'avantage de s'appuyer sur un sentiment simple et naturel à l'origine au lieu d'avoir pour point de départ des théories creuses et artificielles, mais qui ne semble pas pouvoir tenir devant les idées nouvelles que les relations toujours croissantes avec les étrangers apporteront nécessairement. Ce dogme de la piété filiale, pivot de la machine sociale qui, dans l'ordre politique, a donné à la Chine son mode de gouvernement, devait forcément dans l'ordre religieux créer un culte spécial. Ce respect profond envers les parents, ces devoirs incessants, ces conseils sévères, ont nécessairement créé entre les parents et les enfants, toujours en théorie, une barrière immense. Les soins rendus aux morts se sont facilement transformés en un culte qui, perfectionné avec le temps, multipliant ses cérémonies, est devenu le culte des ancêtres. Et de même que dans le gouvernement, le système a continué son fonctionnement, quoique son origine soit aujourd'hui un peu oubliée, dans la religion, le dogme a fait place au cérémonial, et la pratique de la piété filiale s'est peu à peu restreinte au culte rendu aux ancêtres. Ce culte réunit également toutes les classes de la société, toutes les sectes religieuses de l'empire, qu'elles soient confucianistes, bouddhistes ou taoïstes ; nous avons donc raison de dire qu'il est la principale religion de la Chine. C'est le plus sérieux ennemi que rencontre le prosélytisme chrétien ; car le culte des ancêtres étant la base même de la société, le christianisme présente, en dehors du principe religieux, un aspect révolutionnaire et subversif. On a essayé de tourner la difficulté en disant que le culte des ancêtres ne consistait qu'en hommages rendus à la mémoire des parents défunts : le culte des ancêtres est une religion, avec des cérémonies parfaitement précises.

Qu'est-ce que le foung-choui que l'on traduit littéralement vent et eau ? Un Chinois lui-même ne répondra pas à cette question. Demandez-lui pourquoi il choisit tel site pour construire son habitation ? Foung-choui ! Pourquoi part-il en voyage à une heure plutôt qu'à une autre ? Foung-choui ! Pourquoi fixe-t-il cette visite à aujourd'hui et non à demain ? Foung-choui ! C'est donc un guide de la vie de l'homme, infaillible, sûr ? Non. C'est tout et ce n'est rien. Basé sur quelques notions d'astrologie puisées dans les enseignements de Tchou-hi, le foung-choui que consulte le Chinois avant de se lancer dans une p.028 entreprise est une aspiration vers la connaissance des choses de la nature qui, n'étant pas satisfaite, se tourne vers la pratique des superstitions grossières, la sorcellerie, etc.

2. Religions étrangères

Christianisme. La tradition fait remonter l'introduction du christianisme en Chine à saint Thomas, l'apôtre des Indes. Aucune preuve sérieuse ne vient à l'appui de cette hypothèse ; il est très probable que les Nestoriens dispersés à travers l'Asie après la condamnation de leur chef au concile d'Ephèse (434) ont été les instruments de la propagande du christianisme en Asie, et particulièrement en Chine ; l'inscription célèbre de Si-ngan fou, en chinois et en caractères estranghelo, qui date du VIIIe siècle de notre ère et de la dynastie des Tang, découverte en 1625, n'est qu'une des nombreuses traces de la grande influence des Nestoriens qui laissent leur empreinte sur le bouddhisme même local, ainsi que j'ai pu le constater moi-même dans l'île sacrée de Poutou ; ils sont extrêmement florissants sous la dynastie mongole, et pendant qu'ils ont des sièges métropolitains à Khan-bâliq (Peking), et dans le Tangout, nous voyons un nestorien chinois, né en 1245, Mar Jabalaha, élève d'un autre Chinois, né à Peking, Rabban Çauma, devenir, malgré son ignorance de la langue syriaque, patriarche en Perse.

Missions catholiques. A la suite du grand mouvement inauguré au concile de Lyon par Innocent IV, du voyage de Jean du Plan de Carpin (1245-1247), des missions d'Ascelin, d'Albéric, d'Alexandre et de Simon de Saint-Quentin, d'André de Lonjumel (1249), etc., un archevêché fut créé à Khan-bâliq (Peking), pour Jean de Monte Corvino, franciscain, mort en 1333, et qui avait à Zeitoun, dans le Fou-kien, un suffragant, mais leurs efforts aussi bien que ceux des nestoriens, ont été paralysés dans la seconde moitié du XIVe siècle, dans l'empire du Milieu, par la chute de la dynastie mongole des Youen, et l'avènement de la dynastie chinoise des Ming. On peut dire que pendant deux siècles la propagande évangélique resta stérile. Les grandes missions catholiques de l'Extrême Orient ont été établies au XVIe siècle par les jésuites. On en trouvera l'histoire aux articles Jésuites et Missions. Le nombre des chrétiens en Chine est évalué à 630.000 environ dont près de 600.000 catholiques et 32.000 protestants. Les détails relatifs aux missions, à leurs origines respectives et à leurs progrès, aux difficultés qu'elles rencontrent et à leurs moyens d'action seront donnés à l'article Missions.

Judaïsme. Au commencement du XVIIe siècle, le célèbre père Matteo Ricci, le fondateur de la mission des p.029 jésuites à Peking, reçut la visite d'un jeune juif : celui-ci lui déclara qu'il n'adorait qu'un seul Dieu, prit à la mission l'image de la Vierge avec l'enfant Jésus pour celle de Rebecca avec Esaü ou Jacob, dit qu'il venait de Kaï-foung-fou, dans la province du Ho-nan, où séjournaient dix ou douze familles de sa religion, ayant leur synagogue, dans laquelle étaient renfermés des livres écrits dans une langue semblable à celle d'une Bible que lui montra Ricci : c'était de l'hébreu. Ricci, retenu à Peking par l'âge et les besoins de sa mission, ne put se rendre à Kaï-foung-fou ; mais il y envoya à sa place un jésuite chinois ; dans le manuscrit du Pentateuque en possession de la colonie juive, toutes les sections furent trouvées, après l'examen du commencement et de la fin,

parfaitement conformes à la Bible hébraïque de Plantin, excepté qu'il n'y avait pas de points voyelles dans l'exemplaire chinois.

Plus tard, les jésuites Aleni (1613), bon hébraïsant, mais qui ne put voir aucun livre, Gozani (1704), Gaubil et Domenge, visitèrent Kaï-foung-fou, d'où ils rapportèrent quelques renseignements. Les Juifs appelaient leur synagogue Li-pai-Sé, lieu des cérémonies, dont l'entrée était à l'Orient ; ils conservaient un grand nombre de livres, parmi lesquels se trouvaient ceux de Josué et des Juges, Samuel, David, Isaïe, Jérémie ; ils n'avaient rien d'Ezéchiel. Parmi les petits prophètes, ils possédaient Jonas, Michée, Nahum, Habacuc et Zacharie. Depuis lors, de nouveaux documents furent envoyés en Europe, particulièrement par le jésuite Ignace Kœgler, président du tribunal des mathématiques à Peking, et ils furent l'objet, à la fin du XVIIIe siècle et au commencement du XIXe, d'intéressantes publications faites par le célèbre érudit Christophe-Théophile de Murr. D'ailleurs, les Français n'étaient pas restés indifférents à ces études, et l'abbé Brotier avait donné, dans son édition de Tacite, publiée en 1771, une dissertation sur les juifs établis en Chine ; de Guignes avait repris le sujet en 1808, et nous retrouvons, plus tard, Silvestre de Sacy s'occupant de la même question dans des mémoires insérés dans les Notices et Extraits des Manuscrits de la bibliothèque du Roi. L'importance attachée à la révision de la Bible par les sociétés protestantes devait forcément attirer leur attention sur les livres conservés à Kaï-foung-fou ; aussi une mission d'enquête fut-elle envoyée dans cette ville en 1850, par la London Society for promoting Christianity among the Jews ; les résultats de cette enquête furent publiés à Chang-haï en 1851, par George Smith, lord-évêque de Victoria (Hong-Kong). A la suite de cette enquête, deux juifs de Kaï-foung-fou vinrent à Chang-haï et l'on donna — je les possède — des fac-similés des manuscrits de la synagogue, dont les plus importants sont des portions de l'Exode. Il est très p.030 intéressant de noter le peu d'attention que les juifs d'Europe, malgré les renseignements fournis par catholiques et protestants, ont accordée à leurs coreligionnaires de Chine ; cependant, en 1760, dans une lettre écrite en hébreu et en anglais, que j'ai publiée ailleurs, les marchands juifs de Londres essayèrent de se mettre en rapport avec les israélites du Ho-nan. Le seul juif qui se soit rendu à Kaï-foung-fou est un négociant de Vienne, J.-L. Liebermann, qui y est allé en 1867, mais qui n'a pas rapporté grand-chose d'intéressant. L'évêque protestant Scherechewsky, juif converti, qui a voulu les visiter depuis, n'a pas obtenu des Chinois l'autorisation de résider parmi ses anciens frères. Après cet historique des efforts tentés pour connaître quelque chose des juifs en Chine, en voici le résultat : les juifs arrivèrent en Chine par la Perse, après la prise de Jérusalem par Titus, au premier siècle de notre ère, sous la dynastie des Han et sous l'empereur Ming-ti. On les a confondus, quelquefois, avec ceux qui pratiquaient les religions de l'Inde (Tien-tchou-Kiao), mais surtout et depuis des siècles d'une façon presque absolue, avec les mahométans (Houei-houei ou Houei-tseu) ; entre eux, ils s'appellent Tiao-Kin-Kiao (la religion qui extirpe les nerfs). Comme nous l'avons vu, ces juifs possédaient des livres ; mais ils ne savaient pas plus l'hébreu que les musulmans chinois l'arabe du Coran, dont ils récitent les versets sans en comprendre le sens, comme d'ailleurs, beaucoup de gens chez nous, disent leurs prières en latin, dont ils n'entendent pas un mot. Lorsque les rebelles Taï-ping, venus du Kiang, remontèrent vers le Nord en 1857, la colonie juive de Kaï-foung-fou fut, avec le reste de la population, dispersée, et ses membres se réfugièrent dans plusieurs villes jusque sur le littoral ; ils avaient, comme les deux qui étaient venus à Chang-haï en 1851, les traits caractéristiques de leur race, quoiqu'ils fussent vêtus comme les autres Chinois et portassent la natte. La plupart sont retournés à Kaï-foung-fou, et le Dr W.-A.-P. Martin, qui les a visités en 1866, dit qu'ils n'étaient plus que trois ou quatre cents, tous pauvres. Quelques-uns d'entre eux étaient venus à Peking vers 1870, pour chercher des secours d'argent ; mais n'obtenant pas grande aide, ils durent repartir. D'ailleurs ils finiront, comme toutes les autres races, par être absorbés par les Chinois ; deux d'entre eux sont des mandarins, partant confucianistes, au moins pour la forme ; un autre est prêtre bouddhiste.

1   2   3   4   5   6   7   8   9   10   11

similaire:

Bibliographie chapitre premier iconLivre Premier Chapitre Premier

Bibliographie chapitre premier iconChapitre premier

Bibliographie chapitre premier iconBibliographie. Chapitre II

Bibliographie chapitre premier iconBibliographie. Chapitre II

Bibliographie chapitre premier iconBibliographie du présent chapitre 56

Bibliographie chapitre premier iconAlbertine disparue Chapitre premier

Bibliographie chapitre premier iconChapitre premier divinité du saint-esprit

Bibliographie chapitre premier iconChapitre premier jeunesse
«Je puis vous assurer monsieur de Lardimalie, lui écrit-il, que j’ai en estime vous et votre vertu, et que j’ai autant de contentement...

Bibliographie chapitre premier iconChapitre premier
«ne t’arrête pas» avec lui. Cela ne marchait pas toujours, mais avec certains hommes, planter cette petite graine suffisait à leur...

Bibliographie chapitre premier iconChapitre 1 Les premier choix à faire
«paysage». IL est vrai qu’il convient tout à fait à la prise de vue d’une scène générale (paysage, groupe de personne…) et toutes...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
ar.21-bal.com