Bibliographie chapitre premier








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Monnaie de Hien-foung.

(trade dollar) les Japonais à Yokohama ont créé de nouveaux types qui n'ont pas réussi à remplacer la piastre mexicaine. Celle-ci présente souvent des cas d'infériorité, causée soit par une mauvaise frappe, soit par p.055 une qualité d'alliage inférieur, etc., et c'est à des espèces d'experts désignés sous le nom de shroffs qu'il appartient de signaler les pièces de moindre valeur. Ajoutons encore que les Chinois, depuis fort longtemps, font usage du papier-monnaie et de la lettre de change.

Les mesures de poids sont le kin (catty) = 16 liang ou taëls ; le taël vaut 0,037783 kg, et le catty 0,60453 kg ; le tan (picul) = 100 catties = 60,453 kg ; le chi = 120 catties. Les mesures de longueur sont le tchang = 10 tche (pied) ; le pied = 10 tsoung (pouce) ; le tsoung vaut 10 fen ; de capacité sont le che = 10 tou ; le tou = 10 cheng (pinte) et 1 cheng = 10 ho ; les mesures agraires sont le king = 100 mao ; 1 mao = 4 kio, le king vaut 16,7 acres.

Numismatique. Un travail complet sur les monnaies chinoises exigerait de longs développements. La numismatique joue un rôle important dans l'histoire de la Chine et l'étude de cette science a toujours été en honneur chez les lettrés, car il nous est resté de nombreux ouvrages dont quelques-uns remontent jusqu'au XIe siècle. Nous nous contenterons de donner ici quelques aperçus sommaires. D'après Ma touan-lin et les auteurs qu'il a compilés, la plus ancienne monnaie chinoise remonterait à l'empereur Yao, c'est-à-dire au milieu du XXXe siècle avant notre ère ; elle consistait d'abord en pièces de soie pou dont elle a eu longtemps la forme (dite tessère) puis en couteau de métal tao, puis enfin elle a pris la forme ronde avec trou carré au milieu qu'elle a toujours conservée jusqu'à nos jours. Le mot tsien qui signifie primitivement « cuivre » est devenu le terme générique pour désigner la monnaie ; le mot européen correspondant, usité dans l'Extrême Orient, est cash. Les tsien sont enfilés par mille sur un cordon divisé en dix parties de cent tsien chaque. On donne à ce groupe de mille ou ligature le nom de min ou kouan.

Les monnaies ont d'abord été plates et unies, les rebords datent du règne de Wou-ti. Elles étaient coulées dans des moules et non frappées. Pendant longtemps elles ne portaient que deux caractères exprimant la valeur comme pan liang (½ once), ou tchu (5 tchu), pao ho (échange de valeur, etc.). La plus ancienne monnaie ronde est attribuée à l'empereur Wou-wang, le fondateur de la dynastie des Tcheou, elle était anépigraphe ; la légende avec deux caractères ne fut introduite que plus tard sous l'empereur King-wang de la même dynastie. A partir de Wang-mang les monnaies portent quatre caractères toujours d'un seul côté et indiquent la valeur sans aucune donnée chronologique ou géographique ; mais trois siècles plus tard, sous la dynastie des Tsin, l'empereur Hiao-wou-ti introduit l'usage du nien-hao ou de la mention des années de règne. La première monnaie datée du nien-hao ta-youan remonte p.056 à 376 de J.-C. Cette pièce très rare porte, en caractères archaïques dits tchouan, la légende Ta-youan-ho-tsiouen ; le second nien-hao connu est celui de l'an 454. Jusqu'au Xe siècle, les monnaies ne sont pas toujours régulièrement datées, mais depuis Taï-tsou, le fondateur de la dynastie des Soung, toutes les monnaies portent, avec la formule t'oung-pao « monnaie courante », le nien-hao de l'empereur régnant et elles peuvent ainsi être classées chronologiquement.

Les anciennes légendes monétaires sont écrites en caractères tchouan ; sous la dynastie des Youan, elles sont en caractères syllabiques de l'écriture mongole dite pa-sse-pa. Depuis l'avènement de la dynastie actuellement régnante en Chine, qui est la famille mandchoue des Ta-tsing, les monnaies ont des légendes en chinois et en mandchou : la légende chinoise se compose à l'avers des quatre signes t'oung-pao avec le nien-hao, et, au revers, du nom de l'atelier monétaire en chinois avec la transcription en caractères mandchous. Une monnaie de l'empereur Kang-hi (1662-1723) porte par exemple sur l'avers Kang-hi t'oung-pao et sur le revers, en chinois et en mandchou Toung, nom de l'atelier monétaire de Canton. Quelques monnaies du siècle dernier sont trilingues : chinois, mandchou et turc (émises à Kachgar ou à Yarkand) ; d'autres ont des légendes en chinois et en tibétain. Il existe encore un grand nombre de monnaies frappées à différentes époques par des rebelles, des médailles historiques ou religieuses qui ont des légendes intéressantes et curieuses.

Nous dirons quelques mots du papier-monnaie : la première tentative remonte à Hien-tsoung, VIIe siècle, mais ce fut seulement sous la dynastie des Soung au Xe siècle que ce système monétaire reçut son complet développement. On donna successivement au billet de banque les noms de : fei-tsien (monnaie volante), pien-tsien (monnaie de commodité), tsien-yin (monnaie de crédit), tsing-ti (contrepartie de valeur), etc. L'expression moderne est kiao-tse (billet de change). E. Drouin.

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CHAPITRE VII

Histoire

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1. Histoire intérieure

p.057 La question de l'origine des Chinois est discutée depuis longtemps, au triple point de vue de l'histoire, de la philosophie et de la philologie. Nous rappellerons le travail si remarquable du père de Prémare sur les temps antérieurs au Chou-king que de Guignes imprima dans son édition de ce livre classique (1770). Les études de philologie comparée ont fait naître des ouvrages très attaqués, très attaquables, mais fort intéressants ; l'un, du Dr Edkins, China's Place in Philology, a pour but de « montrer que les langues d'Europe et d'Asie peuvent être ramenées à une seule origine en Arménie ou en Mésopotamie » ; l'autre est du Dr Schlegel et son titre indique son objet : « Sinico-Aryaca, ou recherches sur les racines primitives dans les langues chinoises et aryennes ». Dans une autre branche de recherches, le Dr Schlegel a essayé de prouver que l'astronomie primitive est originaire de la Chine, et que les noms des constellations sur la sphère chinoise indiquent une antiquité d'environ dix-sept mille ans avant l'ère chrétienne. Rapprocher les Chinois des Égyptiens a été, depuis le milieu du dernier siècle, l'une des théories qui ont le plus séduit ceux qui se sont occupés du Céleste Empire.

Sans remonter au P. Kircher, Mairan paraît être des premiers à avoir eu l'idée que les Chinois pourraient bien être une colonie égyptienne, hypothèse combattue immédiatement par le père Parennin dans sa lettre du 18 septembre 1735. De Guignes surtout étudia la question, et il a donné dans le recueil de l'Académie des inscriptions un mémoire dont le texte explique parfaitement le but : Mémoire dans lequel, après avoir examiné l'origine des lettres phéniciennes, hébraïques, etc., on essaye d'établir que le p.058 caractère épistolique, hiéroglyphique et symbolique des Égyptiens se retrouve dans les caractères des Chinois, et que la nation chinoise est une colonie égyptienne. De Guignes trouva un adversaire en Le Roux Deshauterayes qui fit une réponse sous le titre de Doutes sur la dissertation de M. de Guignes, à laquelle ce dernier riposta. Vers la même époque (1761), un membre de la Société royale de Londres, Needham, étant à Turin, crut trouver une ressemblance entre certains caractères marqués sur la figure et la poitrine d'un ancien buste d'Isis et les caractères chinois ; il ne lui en fallut pas davantage pour publier un mémoire qui, adressé aux missionnaires de Chine, reçut une réponse sous forme d'une Lettre de Pékin sur le génie de la langue chinoise, et la nature de leur écriture symbolique, comparée avec celle des anciens Égyptiens, qui est du père Cibot, et non pas du père Amiot, comme on l'a dit parfois à la légère. De nos jours, M. Pauthier a repris le problème dans son mémoire sur l'origine et la formation similaire des écritures figuratives égyptienne et chinoise ; enfin, la découverte de bouteilles en porcelaine dans des tombeaux égyptiens a donné lieu à plusieurs dissertations, notamment de M. Medhurst Jun., et de M. Harry Parkes dans les Transactions de la Société asiatique de Hong-Kong, desquelles il résulterait que ces objets relativement peu anciens, tout en indiquant des relations entre la Chine et l'Égypte, ne fournissent aucun argument aux partisans d'une origine commune des deux nations. De nos jours, M. Terrien de Lacouperie, de Londres, cherche les origines de la nation chinoise dans la Babylonie et il appuie sa théorie sur un certain nombre de propositions qu'il a développées d'une façon intéressante dans le Babylonian et Oriental Record. Sans entrer dans le vif de la question, et sans nier la haute antiquité de la nation chinoise, nous devons avouer que les documents sur lesquels on se base généralement pour l'affirmer, ne sont rien moins que probants. L'étude de la Chine n'est pas encore entrée dans cette période de critique scientifique à laquelle on est arrivé pour d'autres pays de l'antiquité ; on n'approche même pas de ce moment de recueillement où les matériaux déjà acquis sont analysés, discutés, acceptés, classés, pour servir de point de départ à de nouvelles découvertes. Nous trouvons bien chez les Chinois les éléments de nos recherches, mais c'est tout ; ils ne possèdent pas cet esprit de critique et cette sagacité persévérante qui sont la caractéristique des études contemporaines en Europe. La Chine possède assez d'inscriptions pour former un véritable corpus, mais l'épigraphie ne se compose pas dans cet empire, comme dans d'autres pays, de monuments d'une antiquité indiscutable. D'ailleurs, les matériaux souvent employés, p.059 le papier et le bois, sont éminemment périssables, et des inscriptions gravées sur la pierre ou le marbre, fort peu remontent à une époque reculée, grâce aux désastres des révolutions. L'une des plus anciennes, sinon la plus ancienne, celle que l'empereur Yu fit graver en souvenir de ses travaux, sur un rocher du Heng-chan (Hou-pé), n'est rien moins qu'authentique. On sait qu'elle a été étudiée jadis par Hager, puis par Klaproth, et de nos jours par MM. Medhurst et Gardner. Un monument authentique et autrement important, mais beaucoup plus récent que le précédent, qui se compose de dix tambours (il y en a neuf aujourd'hui) de pierre portant des inscriptions, conservés dans le temple de Confucius à Peking, remonte seulement à la dynastie des Tcheou. Ils ont été l'objet d'un mémoire remarquable du Dr Bushell. L'histoire ancienne de la Chine s'est perpétuée plutôt par la tradition recueillie par Confucius, qui vivait au Ve et au VIe siècles avant l'ère chrétienne, et par les disciples de ce sage. Cette tradition a même failli être interrompue au IIIe siècle av. J.-C. par l'empereur Chi Hoang-ti qui ordonna la destruction de tous les livres. Sans admettre que cet ordre ait été exécuté à la lettre et que tous les livres aient été détruits, sans admettre surtout que tous ceux qui sont restés nous soient parvenus soit par l'intermédiaire du vieillard Fang qui les connaissait par cœur et put les dicter, soit par d'autres moyens non moins ingénieux mais aussi peu probables, il est bien certain que nous ne nous trouvons pas en présence d'une histoire tracée d'une manière indélébile dans la pierre comme en Égypte et en Assyrie, ou fournissant des documents authentiques remontant à une époque aussi ancienne que les livres religieux de l'Inde.

Revenons donc à la tradition purement chinoise. Sans remonter à l'origine de l'univers, nous noterons que le premier homme Pan Kou est suivi des San Houang-ki, trois souverains, trois puissances, le Ciel Tien, la Terre Ti et l'Homme Jen. Cette période forme ce que l'on appelle dans l'histoire de la Chine, le premier des dix Ki. Après les dix périodes Ki, commence l'histoire légendaire avec Fou-hi, dont le règne est placé en 2852 av. J.-C. Fou-hi est le premier des cinq souverains qui sont, avec lui, Chin-nong, Hoang-ti, Chao-hao et Tchuen-hiu. En 2356, le grand empereur (8e) Yao monte sur le trône ; c'est l'époque du déluge chinois ; il est remplacé en 2255, par Chun. Enfin, le grand Yu fonde en 2205 la première dynastie chinoise des Hia.

Dynasties

I. Hia (2205 ?-1766 ?, 47 empereurs).

II. Chang ou Yin (1766-1122, 28 empereurs).

III. Tcheou (1122 ?-249, 35 empereurs).

IV. Tsin (249-202, 4 empereurs).

V. Han (202 av. J.-C. - 25 ap. J.-C., 25 empereurs, appelés aussi Han antérieurs ou Han occidentaux, p.060 capitale : Tchang-ngan).

VI. Heou Han (25-221, Hao postérieurs ou Han orientaux, capitale Lo-yang) ; la Chine se trouve divisée en trois royaumes, San Kouo tchi ; 1° les petits Han (221-264, 2 empereurs, capitale Tching-tou dans le Se-tchouan) ; 2° les Wei (220-264), capitale Lo-yang ; 3° les Wou (222-277, capitale Kien-kang ou le Nan-king actuel).

VII. Les Tsin occidentaux (265-317) et Tsin orientaux (317-449, 15 empereurs), capitale Lo-yang puis (317) Kien-kang (Nan-king).

VIII. Soung (420-478, 8 empereurs), capitale Hang-tcheou dans le Tche-kiang).

IX. Tsi (479-502, 5 empereurs, capitale Nan-king).

X. Liang (502-556, 4 empereurs).

XI. Tchin (557-589, 5 empereurs).

XII. Soui (589-618, 4 empereurs, capitale Tchang-ngan).

XIII. Tang (618-907, 20 empereurs, capitale Lo-yang).

Période anarchique des cinq dynasties ou dix États 907-960 :

1° XIV. Heou Liang ou Han postérieurs (907-923, 2 empereurs) ;

2° XV. Heou Tang (923-936, 4 empereurs) ;

3° XVI. Heou Tsin (936-946, 2 empereurs) ;

4° XVII. Heou Han (947-951, 2 empereurs) et

5° XVIII. Heou Tcheou (951-960, 3 empereurs).

XIX. Soung (960-1279, 18 empereurs, capitale Pien-liang ou Kaï-fong-fou, puis Hang-tcheou).

XX. Youen (1280-1368, 9 empereurs, capitale Péking).

XXI. Ming (1368-1644, 16 empereurs, capitale Nan-king, puis Peking).

XXII. Tsing (1644- dynastie régnante, 9 empereurs jusqu'à ce jour) ; cette dernière dynastie comprend les empereurs Chuen Tchi (1644-1662) ; Kang-hi (1662-1722) ; Young-Tching (1723-1736) ; Kien-loung (1736-1796) ; Kia King (1796-1820) ; Tao Kouang (1820-1851) ; Hien Foung (1851-1862) ; Toung Tche (1862-1875) ; et Kouang Siu (1875-).

Yu le Grand, le fondateur de la dynastie des Hia, partagea son empire en neuf provinces ou tcheou, s'occupa de l'agriculture, exécuta de grands travaux, donna des instructions aux princes dans le Chou-king et laissa la réputation d'un des meilleurs souverains de la Chine. D'ailleurs la Chine était loin d'avoir la cohésion qui la caractérise aujourd'hui ; les différents États qui la composaient étaient en lutte les uns contre les autres et en réalité, ce sont plutôt des chefs d'États particuliers, ou de grands seigneurs qui portent le titre d'empereurs, suivant les hasards de la fortune ou de la guerre, que de véritables souverains avec une autorité bien établie. Les débauches et les cruautés du 17e empereur Hia, Kie Kouei, le réduisirent à la fuite et il fut remplacé par Tching-tang (1766), le chef de l'État de Chang qui donna son nom à la seconde dynastie. A son tour, la principauté de Tcheou fournit une 3e dynastie à l'empire dont le premier prince est Wou-wang (1122), fils de Wen-wang, la véritable tête de cette lignée. Les neuf provinces des Hia, des Chang et des Tcheou avaient été réduites à sept en 405 et 413 avant l'ère chrétienne, p.061 par la suppression des États de Soung et de Wei. Il fallait une main de fer pour détruire le système féodal qui divisait et affaiblissait la Chine : cette tâche incomba au grand empereur de la 4e dynastie Tsin, Chi Hoang-ti ou Hoang-Tching (259-210 av. J.-C.). Cet empereur, après avoir écrasé les principaux chefs, divise le pays en 36 provinces et s'étend fort loin vers le Midi ; c'est lui encore qui, pour arrêter les incursions des Tartares dans le Nord, particulièrement dans le Tche-li, le Chen-si et le Chan-si, fit construire la Grande Muraille ; enfin, pour rompre toute tradition avec le passé, il ordonna de détruire tous les livres, les rituels plus particulièrement.

C'est également à l'époque de Chi Hoang-ti que le nom de la Chine pénètre au delà des frontières de cet empire ; ce souverain, comparable à Louis XI par sa politique et à Charlemagne par ses conquêtes, est, en réalité, le véritable fondateur de l'empire chinois. Sa dynastie dure peu entre les mains de ses successeurs faibles ; le pouvoir central périclite, une réaction se produit et Lieou Pang, fondateur de la dynastie des Han, monte sur le trône sous le nom de Kao-ti (202). L'époque des Han est une des plus célèbres de l'histoire de la Chine, époque de reconstitution des livres classiques, des premières relations avec l'empire romain, de l'introduction officielle des livres bouddhistes, de l'arrivée des Juifs ; puis aux Han succède une époque troublée, connue sous le nom des trois royaumes qui a été l'objet d'un roman, encore célèbre aujourd'hui, le San Kouo-tchi, dont nous avons parlé ailleurs. La Chine retrouve toute sa grandeur sous la dynastie des Tang (618-907). Cette grande époque littéraire est en même temps une grande période politique ; c'est l'époque de l'assimilation des peuples méridionaux de l'empire, des grands voyageurs arabes, de l'arrivée des Nestoriens en Chine ; le plus célèbre des souverains de cette dynastie, après les fondateurs Kao-tsou et Tai-tsoung, est la célèbre impératrice Wou-heou ou Wou Tsi-tien (684-705). Nouvelle période d'anarchie après la chute des Tang, causée par l'incapacité de souverains menés par des ministres égoïstes et ambitieux. Nouvelle période de troubles, connue sous le nom des cinq dynasties. Les Tartares menacent déjà le nord de la Chine, fondent sous le nom de Liao (Ki-tan), un royaume qui dure de 907 à 1125, époque à laquelle ils sont soumis par les Niou-tchi, qui fondent l'empire de Kin, qui dure jusqu'en 1234, et qui ont d'abord pour capitale Liao-yang, puis vers 920, Yen-King (Peking). Cependant la dynastie des Soung (960-1279), malgré la présence du royaume tartare du Nord, centralise à nouveau le pouvoir à Kai-foung-fou, leur capitale, mais obligés de fuir devant les Tartares, les Soung se rendent au sud du Kiang et la Chine se trouve divisée en deux empires ; p.062 au Nord les Tartares Kin, au Sud les Soung méridionaux à Hang-tcheou, dans le Tche-kiang ; enfin l'invasion mongole renverse ces dynasties ; les Kin, qui occupaient la Mandchourie, y compris la province actuelle de Kirin, retournent vers le Zoungari et les Soung sont également dépossédés. L'Asie orientale était échue à l'un des petits-fils de Gengis Khan, Koubilaï, qui monta sur le trône en 1280. Quoique son avènement soit marqué en 1260. La dynastie de Koubilaï porte le nom chinois de Youen et lui-même porte les deux noms de règne de Tchoung-tung (1260) et de Tche Youen (1264) et le nom de temple de Chi-tsou. Les historiens chinois comprennent comme ancêtres de cette dynastie mongole Gengis-Khan (1206), Ogotaï (1229), Gayouk (1246) et Mangou (1251), avec les noms chinois de temple (ils n'ont pas de nom de règne, nien-hao) Tai-tsou, Tai-tsoung, Ting-tsoung, Hien-tsoung. Ces Mongols, grâce à leur vaste empire asiatique, à leur grande tolérance, à leur esprit d'entreprise, attirent de nombreux étrangers dans l'Asie orientale et c'est sous cette dynastie que nous trouvons ces grands voyageurs comme Marco Polo, dont nous parlons ailleurs. La faiblesse des derniers Khans permit à une dynastie purement chinoise de les chasser jusqu'en Tartarie et leur chef, montant sur le trône sous le nom de Houng-wou (1368), donna à sa dynastie le nom de Ming.

La capitale des Ming est transférée de Nanking à Peking par Yong-lo, le second successeur de Houng-wou. C'est l'époque de Tamerlan (mort en 1405) et de l'arrivée des Portugais en Chine (1514). Cependant, les Tartares Kin ou Niou-tchi, ancêtres des Mandchous, qui avaient été chassés par Gengis-khan en 1235, menacent à nouveau les frontières Nord ; la faiblesse des derniers Ming encourage les rébellions. Devant l'attaque de Peking par Li Tseu-king, le 16e et dernier empereur Ming, Hoai-tsoung se pend en 1643 ; un autre général chinois, Wou San-kouei, refuse de reconnaître l'usurpateur Li, et appelle à son secours les Tartares mandchous, qui s'emparent de Peking et établissent à leur tour une nouvelle dynastie (1644) sous le nom de Tsing.

Le premier prince effectif de cette dynastie est Chuen Tchi (1644-1662), qui continue l'œuvre de conquête. Son second fils, Kang-hi (1662-1722), termine la lutte contre Wou San-kouei, la pacification de Formose, la guerre contre les Tartares Eleuths qui menacent le Fleuve Jaune, signe le premier traité russe, celui de Nertchinsk (1689), reçoit à sa cour les missionnaires de Louis XIV, est mêlé à la question des rites, meurt, laissant la réputation d'un grand prince et d'un lettré, le 20 décembre 1722, à soixante-neuf ans.

Il est remplacé par son quatrième fils Young-tching (1723-1736). Celui-ci, très intelligent, a donné le commentaire du Saint Édit, écrit par son père, et s'est p.063 signalé par ses persécutions contre les chrétiens.

Le règne de son fils Kien-loung (1736-1796) est avec celui de Kang-hi un des plus longs de la Chine. Son règne est marqué par la conquête des Éleuths, la transmigration des Tourgouts de la Caspienne dans l'Asie centrale (1770), la guerre contre la Birmanie (1768), la pacification du Tibet, la réduction des Miao-tseu (1775). Sous son règne, les difficultés continuent à Canton avec les étrangers, les Anglais envoient en Chine l'ambassade Macartney et les jésuites, dont l'ordre est supprimé par le pape, représentent encore la France à Peking avec le père Amiot (V. ce nom) et ses compagnons. Kien-loung, qui avait abdiqué le 8 février 1796, meurt à quatre-vingt-sept ans, le 7 février 1799.

Il est remplacé par son dix-septième fils, Kia-king (1796-1820), né en 1759. Période troublée par les conspirations des sociétés secrètes et en particulier par celle du Nénuphar blanc (Pei-lien-kiao) dont les adeptes réussirent à occuper le palais impérial à Peking le 18 juillet 1813. Wei-Youen, dans son célèbre ouvrage sur les guerres de la dynastie actuelle, le Cheng vou Ki, a consacré les livres IX et X à l'histoire de leurs rébellions. En 1816, arriva l'ambassade de lord Amherst.

C'est sous le règne du successeur de Kia-king, Tao-kouang (1820-1851), que commencent les désastres de la Chine ; à la suite de la guerre d'opium et du traité de Nankin de 1842, les étrangers s'établissent définitivement en Chine ; c'est également sous ce règne (1849) que commence la révolution des Taï-ping. L'existence des sociétés secrètes est marquée dans l'histoire de ce siècle par différents édits ou faits intéressants. Ainsi en 1801, dans le chapitre Rébellions du code pénal, on note que les membres de la société dite des Triades seront décapités, ceux qui les auront accompagnés seront étranglés ; en 1817, le gouverneur de Canton arrête deux ou trois mille adhérents de cette société ; en 1819, le gouverneur du Hou-nan se plaint de l'accroissement des membres des sociétés secrètes ; des rapports de censeurs, l'un de 1829 dans le Kiang-si, l'autre de 1841 dans le Hou-kouang, en marquent également le développement.

Ce dernier constate que la société des Triades a cinq loges : 1° Grande loge, Fou-kien ; 2° Kouang-toung ; 3° Yun-nan ; 4° Hou-kouang ; 5° Tche-kiang. Les sociétés se représentent sous différents noms et sous différentes formes, mais la plus importante est sans contredit celle des Triades (San-ho-hoei) ou du Ciel et de la Terre (Tien-ti-hoei), qui a pour objet le renversement de la dynastie actuelle ; elle a d'ailleurs failli réussir.

Les Taï-ping ou Tchang-mao étaient d'origine triade ; partis du Kouang-si avec leur chef Hong Siu-tsouen, les Taï-ping traversèrent le Kouei-tcheou et le Hou-nan, et remontèrent jusqu'au Kiang ; ils s'emparèrent successivement de Han-keou p.064 (23 décembre 1852) et de Wou-tchang (12 janvier 1853) ; ils descendirent le Kiang, prirent Kiou-kiang (18 février 1853) et Ngan-kin (24 février 1853) et enfin, la grande ville de Nanking tomba en leur pouvoir (19 mars 1853). Cette année même, ils continuèrent leur marche vers le Nord ; après un assaut malheureux de Kaï-foung-fou (22 juin 1853), ils traversèrent le Fleuve Jaune, parcoururent le Chen-si, pénétrèrent dans le Tche-li et envoyèrent leurs éclaireurs devant Tien-tsin (30 octobre 1853). Ils auraient pu prendre Peking ; ils battirent en retraite sur le Kiang dont ils firent leur base d'opérations pendant plus de dix ans (1864). Tao-kouang mourut le 25 février 1850, laissant à son quatrième fils et successeur Hien-foung une terrible succession.

L'histoire de Hien-foung et des deux empereurs Toung-tche et Kouang-su (luttes contre les Taï-ping et les musulmans, guerres avec la France et l'Angleterre, nouveaux traités, etc.), se confond désormais avec celle des relations étrangères et on la retrouvera plus loin.

2. Relations étrangères

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