La Finlande est l’un des pays où les écarts de performance entre élèves sont le plus faibles et où l’impact des conditions socioéconomiques sur leurs résultats








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date de publication09.06.2018
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La Finlande est l’un des pays où les écarts de performance entre élèves sont le plus faibles et où l’impact des conditions socioéconomiques sur leurs résultats scolaires est également plus réduit qu’ailleurs. Comment le système finlandais est-il parvenu à de tels résultats ?

Depuis le début des années 2000, les évaluations internationales Pisa ont propulsé l’école finlandaise sur le devant de la scène internationale. Les jeunes Finlandais de 15 ans obtiennent en effet les premières places des pays de l’OCDE, tant en compréhension de l’écrit, qu’en mathématiques et en sciences, les trois domaines évalués tous les trois ans par Pisa.

Ces enquêtes montrent également que la Finlande est l’un des pays où les écarts de performance entre élèves sont le plus faibles et où l’impact des conditions socioéconomiques sur leurs résultats scolaires est également plus réduit qu’ailleurs.

Une formation de haut niveau

Comment le système finlandais est-il parvenu à de tels résultats? Au début des années 1970, une réforme éducative d’envergure fut entreprise, avec l’ambition de faire entrer la Finlande de plain-pied dans la modernité. L’objectif était de donner à tous les élèves de 7 à 16 ans l’opportunité de suivre un même cursus obligatoire. Le défi n’était pas mince dans un pays qui connaissait de fortes disparités de développement entre les régions et où une sélection précoce avait été jusqu’alors la règle. Pour réussir ce pari, il apparut évident aux réformateurs que rien ne pourrait se faire de solide sans l’adhésion des professeurs et sans leur participation active. De fait, ils furent étroitement associés à toutes les phases de la réforme. L’autre clé de la réussite était l’élévation du niveau de qualification de tous les professeurs. Pour mettre en œuvre cette réforme capitale, il se révéla flagrant qu’il faudrait faire un effort massif en faveur de la formation des enseignants, avec un double objectif: rapprocher la culture professionnelle des enseignants du primaire et du secondaire et élever le niveau général de formation des deux corporations.

Le diplôme universitaire exigé pour tous les enseignants (du primaire et du secondaire) fut, dès la fin des années 1970, le master. La pédagogie, la connaissance de la psychologie de l’enfant et des théories de l’apprentissage gardent aujourd’hui une place prépondérante dans les masters d’enseignement des «professeurs de classe» (professeurs d’école en France), le reste de leur cursus étant consacré aux différentes matières qu’ils auront à enseigner. Il faut noter que les étudiants peuvent choisir d’approfondir telle ou telle de ces matières afin d’être en mesure de les enseigner aux derniers niveaux de l’école fondamentale au même titre que des professeurs du secondaire. Par ailleurs, dès leur première année de formation, les étudiants qui se destinent à devenir professeur d’école doivent accomplir des périodes de stage en passant graduellement, sous la supervision d’un enseignant chevronné, de l’observation à la pratique accompagnée. Ces stages sont toujours mis en relation avec un apport théorique, ce qui habitue les futurs enseignants à avoir sur leur pratique un regard critique et une attitude réflexive. Ce lien étroit et précoce entre théorie et pratique est facilité par la présence d’écoles d’application sur chaque campus des facultés d’éducation. Les études des futurs professeurs d’école finlandais sont validées par la rédaction d’un mémoire professionnel qui leur ouvre les portes des études doctorales. De fait, les professeurs d’école sont de plus en plus nombreux à se lancer dans un troisième cycle d’études universitaires où ils choisissent généralement des sujets de recherche en relation avec les sciences de l’éducation.

Une profession attractive

Grâce à la solide formation professionnelle qu’ils ont reçue, les professeurs sont considérés comme des experts auxquels on peut faire totalement confiance. Bénéficiant de cette aura très positive, la profession est très attractive, bien plus que d’autres pourtant plus rémunératrices. Il n’est pas étonnant, dans ces conditions, que les candidats au métier de professeur soient particulièrement nombreux à se bousculer aux portes des facultés d’éducation: le taux d’attractivité de cette formation est de six pour un et atteint quinze pour un pour les professeurs d’école. La sélection se fait non pas à la sortie, comme chez nous, mais à l’entrée.

Les candidats doivent présenter un dossier d’admission comportant une lettre de motivation et un CV. Une expérience d’au moins un an comme assistant d’éducation (qui a en Finlande un rôle de soutien pédagogique et non pas de surveillance) est très appréciée. Ce que l’on cherche avant tout à évaluer chez les candidats, plus qu’une compétence académique, c’est l’intérêt réel pour les enfants. Après la première sélection sur dossier, les candidats retenus doivent subir un entretien devant un jury. Certaines facultés organisent des tests de groupe au cours desquels plusieurs candidats doivent débattre sur une question ayant trait à l’éducation. L’attitude des candidats, notamment leur capacité à écouter mais aussi à se faire écouter, et la manière dont ils s’insèrent dans le groupe comptent tout autant que les idées qu’ils défendent. Ceux qui passent avec succès le cap de cette ultime sélection intègrent la formation de professeur d’école qui se déroule exclusivement au sein de la faculté d’éducation, contrairement aux professeurs du secondaire qui eux suivent généralement une formation disciplinaire avant de compléter leur cursus par au moins une année de formation pédagogique dans une faculté d’éducation.

Un recrutement local

Une fois leur master d’enseignement en poche, les professeurs doivent rechercher un poste dans une école. Il n’y a, en effet, pas de concours de recrutement garantissant un emploi à vie. Les titulaires du master doivent faire acte de candidature et ce sont les écoles qui les recrutent directement, généralement d’abord avec un contrat à durée déterminée. L’entretien d’embauche se passe devant une commission dont la composition peut varier, mais qui est toujours présidée par le chef d’établissement. À ses côtés peuvent siéger des enseignants expérimentés, mais aussi des parents d’élèves et parfois un représentant de l’autorité locale. Le candidat est interrogé sur son parcours et sur ses motivations. Le projet d’établissement et le fonctionnement de l’école lui sont également présentés au cours de cet entretien.

Ce dernier point n’est pas sans importance dans un contexte où chaque école jouit d’une très grande autonomie et peut donc avoir un profil, une organisation et un fonctionnement particuliers. Au bout d’un ou deux ans, si le professeur donne satisfaction, son contrat est pérennisé et il acquiert dès lors un statut de fonctionnaire territorial dépendant de la municipalité de rattachement de l’école. Son supérieur hiérarchique direct est le chef d’établissement. Notons à ce propos qu’il n’y a pas de différence de statut administratif entre les écoles élémentaires et les écoles secondaires. Dans bien des cas, d’ailleurs, les deux niveaux sont regroupés dans une même entité administrative et de plus en plus souvent dans les mêmes locaux, à l’image de cette «école du socle» que certains voudraient voir se réaliser en France. Les effectifs par classe varient selon les écoles. Vingt-cinq élèves par classe est considéré comme une norme acceptable, mais les municipalités, qui gèrent leur budget d’éducation sans aucune contrainte, décident elles-mêmes des seuils pour le calcul des dotations aux établissements. Dans les faits, les classes comptent rarement plus de vingt élèves, mais avec la crise qui a touché la Finlande comme les autres pays développés, la tendance est plutôt à l’augmentation des effectifs, ce qui ne va pas sans inquiéter les professeurs. Par ailleurs les salles de classes sont vastes, spacieuses et généralement très bien équipées avec tout le matériel pédagogique dernier cri. Les enseignants bénéficient également de lieux de repos accueillants et confortables et bien souvent d’espaces personnels de travail adéquats.

Mais le plus frappant est la grande liberté pédagogique qui est accordée aux professeurs. Du fait du niveau de leur formation professionnelle, il paraît évident qu’ils sont les mieux placés pour trouver les moyens pour guider leurs élèves sur les chemins du savoir. Il ne viendrait, par exemple, à l’idée d’aucun ministre d’édicter des normes concernant les méthodes de lecture. L’idée même que cela puisse être possible sous d’autres latitudes suscite une curiosité un peu sceptique.

Ce sont aussi les écoles qui décident de l’aide à apporter aux élèves à besoins particuliers. On constate d’ailleurs que les solutions mises en œuvre peuvent varier considérablement d’une école à l’autre.

Une culture collaborative

Au sein de sa classe, l’enseignant développe les méthodes qui lui conviennent. Aucune inspection ne viendra vérifier la conformité à une norme nationale, le corps des inspecteurs ayant été supprimé il y a une vingtaine d’années. La confiance qui est accordée aux professeurs fait que les relations de travail au sein de l’école sont collaboratives et participatives. Chaque école forme de ce fait une véritable communauté éducative qui, tout en gardant toujours un regard sur les grands objectifs nationaux, a toute latitude pour les traduire en objectifs opérationnels adaptés au contexte local. Les programmes ne sont en effet définis que dans leurs grandes lignes par le Conseil national de l’éducation. Il revient à chaque école de rédiger les programmes locaux qui fixent les progressions précises dans chaque matière. C’est là un travail considérable qui nécessite des heures de concertation. Certains jugent cette tâche harassante voire inutile. Dans les faits, cela permet d’adapter les exigences nationales aux élèves et de choisir les voies les mieux adaptées pour les amener vers ce que l’on attend d’eux à la fin de l’école obligatoire.

Les compétences à acquérir par les professeurs intègrent des objectifs professionnels plus larges que la simple transmission des connaissances. On trouve dans certains référentiels des exigences qui pourraient paraître surprenantes pour l’école française: on attend du professeur qu’il soit une «personne complète», connaissant ses limites, assumant la responsabilité de ses sentiments, conscient de sa propre conception de la nature humaine et capable d’empathie. Bref une personne réelle, non pas une entité désincarnée n’existant que dans l’imaginaire administratif. La relation entre le professeur et l’élève est de ce fait une relation authentique, fondée sur l’aide et l’encouragement. La reconnaissance pleinement assumée de la dimension interpersonnelle de l’éducation constitue l’une des différences fondamentale entre le système français et finlandais.

Une adhésion forte aux objectifs et aux valeurs

Ajoutons que l’école finlandaise est puissamment intégratrice parce que chaque enfant y a sa place. Cela suppose d’accepter que tous les enfants n’aient pas le même rythme ni le même mode d’apprentissage, ou qu’ils ne soient pas prêts à entrer au même moment dans un apprentissage. Tous les dispositifs d’aide aux élèves dits «à besoins éducatifs spéciaux» découlent de cette attitude d’acceptation profonde par l’enseignant finlandais de la personne de l’élève.

L’une des choses les plus frappantes lorsque l’on discute avec des professeurs finlandais, c’est le haut degré de satisfaction professionnelle qu’ils expriment, mais aussi leur très forte adhésion aux principes et aux valeurs du système dont ils font partie. Il n’y a pas en Finlande de «désobéisseur» parce que chaque professeur peut faire les choses comme il l’entend. Cela n’empêche pas d’ailleurs chaque professeur d’avoir le sentiment de participer à une entreprise collective dont il partage les objectifs.

La réussite exceptionnelle du système éducatif finlandais repose certes sur une savante architecture patiemment élaborée au cours de quarante années de réforme continue et cohérente. Mais rien n’aurait été possible sans la participation pleine et entière des professeurs. À tous les moments clés, ils ont été impliqués, consultés et écoutés. Les professeurs d’école, qui depuis longtemps bénéficiaient d’une solide formation pédagogique, ont été au cœur de la construction de l’école fondamentale. Même si les professeurs du secondaire ont toujours un statut différent et légèrement plus avantageux, il existe en Finlande une vision commune d’une professionnalité fondée sur une connaissance approfondie de la pédagogie et des sciences de l’éducation, et ancrée à une mise en pratique précoce et progressive. Cette caractéristique de la formation des professeurs d’école finlandais a gagné celle des professeurs du secondaire. Les deux cultures tendent de fait à se rejoindre pour donner à l’école fondamentale finlandaise une véritable unité

Paul Robert

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