Du sexe génétique au sexe phénotypique








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date de publication10.06.2018
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Cours SVT TS 2

Du sexe génétique au sexe phénotypique

Dès la fécondation, le sexe génétique est déterminé par les chromosomes sexuels mais l’acquisition d’un phénotype sexuel différencié est progressive. Quatre étapes permettent la mise en place des structures et de la fonctionnalité des appareils génitaux mâle et femelle. Trois d’entre elles ont lieu durant la vie fœtale, la quatrième étant celle de la puberté.
I – La mise en place de structures indifférenciées


  • L’appareil génital adulte est un appareil différencié qui comporte des gonades, ovaires chez les femelles, testicules chez les mâles, et un tractus génital représenté par les voies génitales et leurs glandes annexes, et leurs organes sexuels externes. Ces structures sont différentes chez le mâle et la femelle des Mammifères : il existe un dimorphisme sexuel. Dès la fécondation, le sexe est génétiquement déterminé mais la différence sexuelle ne s’exprime pas : les premiers stades de la vie fœtale sont caractérisés par la présence de gonades indifférenciées et d’ébauches de voies génitales identiques dans les deux sexes. Des ébauches gonadiques apparaissent sous la forme de crêtes génitales, vers la 6e semaine de la vie embryonnaire. Deux types d’ébauches des voies génitales se mettent en place : les canaux de Wolff et les canaux de Müller.

  • Pendant cette étape, l’appareil génital comporte donc des gonades, des voies génitales et une morphologie externe indifférenciées. Seule l’étude des caryotypes permet d’identifier les sexes (♂ : 46, XY ; ♀ : 46, XX), soit 44 autosomes et deux chromosomes sexuels, XX ou XY.


II – L’établissement du phénotype gonadique


  1. Une étape contrôlée par le chromosome Y


Dès la fécondation le sexe génétique est déterminé par les chromosomes sexuels XX chez la femme, XY chez l’homme mais c’est plus tardivement, au bout de quelques semaines, que la différence de chromosomes sexuels intervient dans la mise en place du phénotype sexuel. Cette étape correspond à la sexualisation de la gonade indifférenciée. La présence du chromosome Y entraîne la formation de testicules, son absence celle d’ovaires.


  1. Le rôle du gène SRY




  • La transformation de la gonade indifférenciée en testicule chez les individus mâle normaux est due à l’expression, dans les cellules des gonades, du gène SRY porté par le chromosome Y uniquement. Ce gène est en effet localisé vers l’extrémité du bras court du chromosome Y, dans la partie différentielle de Y qui n’a pas d’équivalent sur X.

  • Ce gène est activé vers la 7e semaine et code une protéine TDF, Testis Determining Factor, appelée maintenant protéine SRY. Cette protéine constitue le signal de développement de la gonade indifférenciée en testicule. Elle agit par activation de nombreux autres gènes « architectes » impliqués dans la formation du testicule.

  • La présence du chromosome Y porteur de SRY détermine le sexe gonadique mâle. Le chromosome X ne porte pas de gène SRY ; par défaut, les gonades deviennent alors des ovaires. Il y a acquisition du sexe gonadique femelle. Un transfert accidentel de SRY sur un chromosome X, lors de la formation des gamètes ou par transgenèse, conduit à la mise en place de testicules et à des cas d’inversion sexuelle. On a cependant identifié, depuis quelques années, des gènes de sexualisation femelle, portés par le chromosome X. Ils ne s’exprimeraient qu’en l’absence du chromosome Y. Le sexe génétique s’exprime donc pendant cette deuxième étape et détermine le sexe gonadique.


III – Du sexe gonadique au sexe phénotypique différencié


  1. Les étapes de la sexualisation




    • Chez les Mammifères, l’appareil génital se différencie dans le sens mâle sous l’influence des hormones produites par le testicule fœtal, alors qu’il se différencie spontanément dans le sens femelle en l’absence de gonades mâles mais aussi en l’absence de gonades femelles qui ne semblent donc pas être déterminantes dans la différenciation. Le sexe femelle est le sexe constitutif parfois qualifié de sexe « par défaut ». Cette sexualisation concerne les voies génitales et les organes génitaux externes. Les conduits génitaux se sexualisent vers la fin du deuxième mois tandis que les organes génitaux externes permettront de distinguer le fœtus masculin du fœtus féminin à 12 semaines. Jusqu’à 9 semaines, l’embryon présente le même phénotype externe. A partir de la 10e semaine, les grandes lèvres, les petites lèvres et le clitoris se mettent en place chez le fœtus femelle ; le pénis et les bourses apparaissent chez le fœtus mâle.




  1. La masculinisation des voies génitales


Le testicule secrète deux types d’hormones : une hormone masculinisante, la testostérone, produite par les cellules interstitielles du testicule (cellules de Leydig) et une hormone anti-féminisante, l’hormone anti-müllérienne (AMH) produite par les cellules de Sertoli. La testostérone stimule le développement du canal de Wolff, l’hormone anti-müllerienne entraîne la régression du canal de Müller. Le canal de Wolff est à l’origine de l’épididyme plaqué contre le testicule, du canal déférent, des vésicules séminales et de la prostate.


  1. La féminisation des voies génitales




  • En l’absence de testicule fœtal, les canaux de Wolff régressent et disparaissent tandis que les canaux de Müller persistent et évoluent en oviductes, vagin et utérus. C’est l’absence d’hormones testiculaires qui est responsable de cette féminisation de l’appareil génital. Les hormones ovariennes ne sont pas indispensables à la féminisation de l’appareil génital.

  • Au cours de cette troisième étape, il y a donc acquisition d’un sexe phénotypique mâle ou femelle, contrôlée respectivement par la présence ou l’absence d’hormones testiculaires et donc par le type de gonades fœtales mises en place à l’étape précédente.



IV – La puberté


  • La puberté correspond à la dernière étape de l’acquisition du phénotype sexuel. Les caractères sexuels secondaires apparaissent. Elle correspond à l’acquisition de la fonctionnalité de l’appareil génital. Cette dernière étape est décalée dans le temps par rapport aux précédentes. On assiste à une modification hormonale profonde. L’hormone anti-müllerienne n’intervient plus, les concentrations de la testostérone et des oestrogènes faibles chez l’enfant augmentent beaucoup.

  • Les hormones ovariennes non indispensables pour l’établissement du phénotype gonadique sont alors nécessaires au fonctionnement de l’appareil génital féminin.

  • Des gamètes sont produits et libérés dans les voies génitales.

  • Ces transformations physiologiques s’accompagnent de modifications du comportement, elles-mêmes liées à l’action des hormones sexuelles.


La réalisation du phénotype sexuel apparaît bien sous le contrôle du génotype.

Le déterminisme génétique du sexe, aisément relié à l’existence de chromosomes sexuels, s’exprime progressivement au cours de la vie fœtale. Il est à l’origine de la transition sexe génétique/sexe gonadique, puis de la transition sexe gonadique/sexe phénotypique.


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