Conclusion au 10ème Festival Européen Latin Grec, Lyon 26/03/2016








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CONCLUSION au 10ème Festival Européen Latin Grec, Lyon 26/03/2016

Dans mon exposé d'introduction sur l'évolution de l'idée de citoyenneté, j'ai longuement parlé du rôle presque exclusif de l'école pour former les citoyens et partager une même culture, que l'on en ait hérité au berceau ou au sein de la famille d'accueil. Sans école qui selon un mot magnifique d’Ignace de Loyola "conduit l'élève sur un chemin que Dieu l'aidera à finir », point de citoyen. Car être citoyen s'apprend.

Pour clore ce Festival, je rappellerai seulement que dès l'origine il fut européen comme en témoignent les Finlandais, Hongrois, Italiens, Portugais, Lettons, Belges, Suisses, Anglais, Allemands qui en ont fait partie ou qui nous ont reçus dans leur pays.

Européenne, je le suis totalement. L'un des pères de l'Europe que nous connaissons, l'Europe "internationale" pourrions-nous dire, l'Europe de l'Euro, Jean Monnet, a avoué (ou aurait pu avouer si la phrase est apocryphe) "Si c'était à refaire, je commencerais par la culture."

Et voilà où le bât blesse. Je me rappelle ce fonctionnaire de Bruxelles qui me recevait pour dire son impuissance à soutenir le Festival à cause du principe de subsidiarité qui veut que chaque pays règne sur sa culture - règne si anodin semble-t-il qu'on l'a concédé - et qui m'avouait dans son bureau "Culture" "Nous sommes les contrebandiers de l'Europe ».

Eh bien assumons notre contrebande qui est la définition même de l'Europe où nous parlons encore la langue de Molière, la langue de Goethe, la langue de Garcia Lorca, la langue de Dante ou la langue de Shelley ; l'Europe, de l'amour courtois, l'Europe de l'épopée, de l'histoire, du journalisme, de l'architecture, de la démocratie, d'une certaine idée de la justice, en grande partie hérités d'Homère et Virgile, d'Hérodote et Hésiode, de Thucydide et Démosthène, de Périclès et de son inspiratrice Aspasie - venue de Syrie comme d'ailleurs Caracalla, Syrien par sa mère Julia Domna et punique et Berbère par son père l'Empereur Septime Sévère. Ce Caracalla né à Lyon et auteur de l'édit de 212 qui accorde à tous les citoyens libres de l'Empire la citoyenneté romaine.

L'Europe stricto sensu, selon bien des historiens dont mon défunt maître et ami Jacques Le Goff, est née avec la conversion, entre 496 et 506, de Clovis, chef franc ; l'a tout de même précédée, celle du roi d'Arménie, mis en place par Dioclétien, Tiridate IV en 301 ; mais le baptême de Clovis suivant le sac de Rome en 410 et le concile d'Ephèse, est considéré comme fondateur de la chrétienté en Europe ; il sera suivi par celui du roi de Kiev (988).

La constitution de l'Europe s'est renforcée entre-temps précisément par la ré-introduction de la langue latine sous le règne de Charlemagne - empereur d'Occident de 800 à 814, qui règne sur ce qui deviendra la France, l'Allemagne et l'Italie - : il compte sur le latin pour unifier ses ouailles ; le dernier grand Empereur rêvant d'unifier la Méditerranée sera Frédéric von Hohenstaufen (1194-1250), qui en bon Européen de l'époque parlait six langues : latin, grec, sicilien, arabe, normand, allemand.

Quant à notre calendrier, de Julien (Jules César) il est devenu grégorien sous l'impulsion d'un pape à la fin du XVIème siècle.

Le lien avec Rome et par là-même avec la culture grecque et méditerranéenne est évident.

Avec le Collège des Humanités fondé par François Ier en 1530, aussi nommé Collège des Trois Langues - latin, grec, hébreu -, l'Europe se détermine comme héritière de deux courants essentiels, l'héritage gréco-romain et l'héritage hébraïque ; ils sont parfois en conflit comme dans la notion de justice, mais complémentaires au sein de notre culture, puisqu'on a pu dire, en abrégé un peu simple, que le communisme était l'héritier d'Isaïe et de l'Aristophane de "L'Assemblée des Femmes".

Nous vivons des temps où le beau mot d'humanités est effacé au profit d'autres mots comme "égalité". Mais où serait l'égalité sans le partage équitable de l'héritage ?

Que les discussions entre Europe et Maghreb deviennent pauvres sans l'affrontement Rome-Carthage, latent dans nos mémoires puisque je connais bien des café Hannibal ou Hamilcar et que « Jugurtha » fut le premier poème - en latin - d'une jeune poète de quinze ans qui s'appelait Rimbaud.

Que les conflits avec l'Iran deviennent sans sel si l'on ne rappelle pas les Guerres médiques et ce roi perse faisant fouetter la mer, et l'épopée d'Alexandre en Orient. Que l'humour devient stérile si l'on ne lit pas en latin les Asterix traduits par le comte de Rothenburg alias Rubricastellanus, incapable de traduire pour un public allemand, comme il l'a raconté au Festival, le camp de Petitbonum. Que les paysages s'appauvrissent quand on n'a jamais vu les villes antiques de Conimbriga au Portugal, de Gorsium en Hongrie où des troupes du Festival ont joué "Le Procès d'Hélène" et "La Paix".

Si nous voulons rester ce que nous sommes tout en nous adaptant aux changements de la planète, poursuivons l’étude des Humanités, comme la best-seller J. K. Rowling (Harry Potter), l’inventeur du mot ordinateur prof de latin sollicité par IBM, l’inventeur de la théorie cybernétique, Norbert Wiener, ou le fondateur de CNN, Ted Turner, et l’actuel maire de Londres Boris Johnson qui a institué des cours de latin gratuit à a mairie avec l’idée que l’étude des Humanités peut détourner des projets criminels, ou le maire de Luxembourg qui a étudié le grec comme d’ailleurs deux de ses ministres. Le mot clone vient de , la jeune pousse, la cybernétique vient de , le pilote, le nautonier, le droïde de Star War vient d’androïde, « à l’image de l’homme » du mot andros « homme ». La planète rouge porte le nom de Mars. Bref, le monde de demain gardera les traces de toutes ces notions et de ces termes venus des mondes grec, latin, hébraïque. Si la technologie en tous ses avatars bons et désastreux est née en Europe et dans son prolongement du Nouveau Monde, c’est par cette exception de l’esprit critique et du dialogue nés avec le théâtre grec et la démocratie, la pensée talmudique, la citoyenneté romaine, pour le meilleur et pour le pire. Demain les robots ? peut-être, mais que sera ce monde s’il devient amoral et purement virtuel ?




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