Leçon I, 13 novembre 1973 Je recommence. Je recommence puisque j'avais cru pouvoir finir. C'est ce que j'appelle ailleurs la passe : je croyais que c'était passé. Seulement voilà : cette créance «je croyais que c'était passé»








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titreLeçon I, 13 novembre 1973 Je recommence. Je recommence puisque j'avais cru pouvoir finir. C'est ce que j'appelle ailleurs la passe : je croyais que c'était passé. Seulement voilà : cette créance «je croyais que c'était passé»
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escherichia coli qui a servi de matériel de laboratoire à ce niveau-là, qu'entre deux muta­tions de bactéries de la même provenance, ce qui constitue le sexe, c'est qu'entre elles, ces mutations, il n'y ait pas de rapport possible. Ceci veut dire qu'une lignée de bactéries dont la mutation consiste en une possibi­lité de foisonnement plus grande que dans l'autre, alors que c'est au niveau de cette possibilité de foisonnement que l'autre se distingue : foi­sonnement-plus, fertility qu'ils appellent ça en anglais, foisonnement moins. Les foisonnantes-plus, quand elles se rencontrent avec les foi­sonnantes-moins, les font muter du côté du foisonnement. Alors que les foisonnantes-moins, quand elles vont aux foisonnantes-plus, elles, ne les font pas muter du côté du foisonnant-moins. C'est donc essentiellement du non-rapport entre deux rameaux - nous le retrouvons notre petit arbre! - c'est donc du non-rapport entre deux rameaux d'un même arbre, que pour la première fois se suggère, au niveau de la bactérie, l'idée qu'il y a une spécification sexuelle.

Alors vous voyez dans quelle note ça, ça peut me toucher, parce que, de retrouver ce non-rapport à un tout autre niveau de la prétendue évo­lution de la vie qui est celui dont je spécifie l'être parlant, c'est quand même quelque chose qui, enfin, qui est bien fait pour me retenir, et pour du même coup essayer aussi de vous mettre un peu au parfum... Parce

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qu'en somme, ce que ça veut dire, c'est que dans sa première apparition - qui n'a d'ailleurs, strictement rien à faire avec sa seconde apparition qui est une pure homologie - la sexualité, ce n'est pas du tout la même chose, mais que ça puisse être à l'occasion à un niveau de l'arbre, une chose liée à l'infection et à rien d'autre, c'est quand même, c'est quand même digne de nous retenir. Bien sûr, ça ne veut pas dire non plus nous précipiter, hein, faut pas se précipiter, surtout, parce que c'est, c'est la meilleure façon de se foutre le doigt dans l’œil ! Mais enfin, c'est sen­sible. Et que, que la question de la jouissance se suggère dès l'infection, sexualité à portée limitée, c'est aussi digne de nous retenir. Bon. Quand je dis : ne pas se précipiter, hein, ça veut dire aussi : ne pas se laisser mener par le bout du nez.

Y a-t-il - je fais rupture ici, je prends les choses par un autre bout - y a-t-il du savoir dans le Réel ? Il est essentiel qu'ici je rompe, puisque sinon moi du moins vous, vous êtes jusqu'ici laissés mener par le bout du nez, c'est-à-dire que vous vous arrêtez là où je m'arrête moi-même, pour ne pas me laisser mener du même bout. Poser la seconde question, celle que j'avance maintenant, après m'être laissé mener dans la mousse religieuse, en quoi cela a-t-il de l'intérêt, que maintenant je reparte ? C'est quand même - c'est pas difficile à, à sentir, n'est-ce pas, la jouis­sance, elle fait éruption (sic) dans le Réel. Et qu'il y aura un moment - qui sera plus tard, parce qu'il faut quand même bien sérier les choses, hein, où la question se retourne. Le Réel, qu'a-t-il à répondre, si la jouis­sance l'interroge ? Et c'est en quoi je commence - là vous voyez le lien - en quoi je commence à poser la question : le savoir, c'est pas pareil que la jouissance. je dirai même plus, s'il y a un point où je vous ai menés, enfin, en partant de ce savoir qui s'inscrit de l'inconscient, c'est bien que le savoir, c'est pas forcé qu'il jouisse de lui-même.

Et c'est bien pourquoi, maintenant, rupture, je reprends un fil d'un autre bout, dont aucun terme ne se rencontre dans ce que j'ai avancé d'abord. je reprends le fil par un autre bout, et je fais question du savoir dans le Réel. Il est bien clair que cette question comme toutes les autres, ne se pose que de la réponse. je dirai même plus : de la réponse telle que je viens de l'accentuer. L'inconscient au sens de Freud, c'est au nom de quoi je pose la question du savoir dans le Réel. Mais je ne la pose pas en donnant à l'inconscient de Freud toute sa portée. je dis seulement que

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l'inconscient ne se conçoit d'abord que de ceci: que c'est un savoir. Mais je me limite à ça. C'est au nom de ça que la question du savoir dans le Réel prend son sens.

Y en a. Et il n'y a pas besoin de l'inconscient de Freud pour qu'il y en ait. Y en a selon toute apparence, sans quoi le Réel ne marcherait pas. Voilà d'où je pars qui vous le voyez est d'une tout autre allure. D'une allure grecque, celle-là, justement. Le Réel, c'est comme le discours du maître : c'est le discours grec. Le Réel il faut que ça marche. Et on ne voit pas comment ça marcherait sans qu'il y ait dans le Réel du savoir. Alors là aussi, hein, ne pas se précipiter. Là c'est plus de se laisser mener par le bout du nez qu'il s'agit, là, c'est de s'engluer, avec ce pas. Il faut bien en trancher le cadre. Si j'ai fait ce pas dans le Réel, il faut que je découpe le... toute la glu tout autour, pour pas y rester collé, hein. Et ça dans le Réel, c'est, si j'ose dire ce qui ne veut rien dire hors d'un sens.

Dans le Réel, ça veut dire : ce qui ne dépend pas de l'idée que j'en ai. Un pas de plus avec la même colle aux pieds : ce à quoi, que j'y pense, n'importe pas. Que je pense à lui, comme ça, le Réel, c'est ce qui s'en fout. Et c'est bien pourquoi que la première fois que j'ai essayé de faire vibrer cette catégorie, enfin, aux oreilles de mes auditeurs, ceux de Sainte-Anne, je peux pas dire que j'ai pas été gentil, hein, je leur ai dit

le Réel c'est, c'est ce qui revient toujours à la même place. Ce qui est jus­tement le mettre en place. La notion de place, elle surgit de là.

Alors, en disant ça, je mets le Réel - je le situe, justement, je le mets à sa place, d'un sens, ne l'oublions pas, d'un sens en tant que su : le sens se sait. C'en est même au point qu'on est étonné, hein, qu'on ait, qu'on ait pataugé : le sensé, le sensible, tout ce qu'on veut, mais que ça n'ait pas fini par se cristalliser : le sensu. Faut croire que ça avait des échos qui nous plaisaient guère.

Ce que je suis en train de dire par là, en tout cas de vous avancer concernant le Réel, c'est ça d'abord, c'est que le savoir dont il s'agit dans la question : y a-t-il savoir dans le Réel, est tout à fait à séparer de l'usa­ge du su dans le sensu. C'est du sens à partir de là que je détache le réel, mais ça n'est pas du même savoir que je questionne pour savoir s'il y a du savoir dans le Réel. Le savoir dont il s'agit dans la question n'est pas cet ordre de savoir qui porte sens ou plus exactement, qui, du sens, est porté.

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Et je vais tout de suite l'illustrer. L'illustrer d'Aristote. Il est tout à fait frappant que dans sa Physique, Aristote ait depuis un bon bout de temps, enfin, fait le saut, le saut par quoi, par quoi se démontre que sa Physique n'a strictement rien à faire avec la phusis dont Heidegger essaie de nous faire ressurgir le fantôme. C'est que ce à quoi il s'en prend, il s'en prend pour répondre à la question qui est celle que je pose mainte­nant : y a-t-il du savoir dans le Réel ? - il s'en prend au savoir de l'arti­san. C'est que les Grecs n'avaient pas le même rapport à l'écriture. La fleur de ce qu'ils ont produit, c'est des dessins, c'est de tirer des plans. C'est leur idée de l'intelligence. Il ne suffit pas d'avoir une idée de l'in­telligence pour être intelligent. Ça vous est spécialement adressé, cette recommandation. Et il est surprenant que ce soit Aristote qui nous le prouve.

Cet artisan, Dieu sait ce qu'il lui impute, c'est le cas de le dire. Il lui impute, d'abord, de savoir ce qu'il veut : ce qui quand même est raide! Où est-ce qu'on a vu que quelqu'un qui se dépêtre, en artisan, sache ce qu'il veut ? C'est Aristote qui lui flanque ça sur le dos. Grâce à Aristote, l'artisan « cause final ». Et puis aussi, pendant qu'il y est, je ne vois vrai­ment pas ce qui l'arrête, n'est-ce pas, il « cause formel » aussi, il a de l'idée, comme on dit. Et puis après ça, il, il, il cause « cause », il cause même « moyen », il cause « efficient » pour tout dire, et c'est encore heu­reux si Aristote laisse un bout de rôle à la matière. Là c'est elle : elle « cause matériel » ! Ça cause, ça cause, ça cause même à tort et à travers.

Parce que, pour prendre les choses, comme ça, au niveau d'où ça sort, c'est-à-dire le pot - c'est comme ça que c'est sorti, non pas bien sûr qu'ils savaient faire que ça, les Grecs, ils savaient faire des machins beaucoup plus compliqués, mais tout ça, ça sort du pot. Quand je pose la question s'il y a du savoir dans le Réel, c'est précisément pour exclure de ce Réel ce qu'il en est du savoir de l'artisan. Non seulement le savoir de l'artisan ne cause pas, mais c'est exactement de cet ordre de savoir auquel l'artisan sert parce qu'un autre artisan lui a appris à faire comme ça.

Et loin que le pot ait une fin, une forme, une efficacité et même une matière quelconque, le pot, c'est un mode de jouir. On lui a appris à jouir à faire des pots! Et si on lui achète pas son pot - et ça c'est le client qui l'a à sa jugeote - si on lui achète pas son pot, ben il en est pour sa jouis­sance, c'est-à-dire qu'il reste avec, et que ça ne va pas très loin. C'est un

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mode qu'il est essentiel de détacher de ce dont il s'agit quand je pose la question : s'il y a du savoir dans le Réel.

Il faudrait quand même seulement qu'il y en ait ici quelques-uns qui ont été, qui ont été, je sais pas, à l'Exposition des Fouilles chinoises archéologiques, qu'on appelait ça, des fouilles chinoises qui étaient ce que, ce qu'avait trouvé de mieux à nous envoyer le pays de Mao. Là vous pouvez voir - à ce niveau-là parce qu'il y a des raisons pour que, dans cette zone, enfin, on puisse encore voir les pots au moment de leur sur­gissement. Il est tout à fait clair que ces pots absolument saisissants, admirables, n'est-ce pas, ces pots du temps de l'apparition des mots, quand pour la première fois, on a fait des pots - on leur fout trois pieds, comme par hasard, mais c'est des pieds qui sont pas des pieds, des pieds qui se vissent, vous comprenez, c'est des pieds, des pieds qui sont là dans la continuité du pot. C'est des pots qui ont des becs dont on peut dire que toute bouche est indigne à l'avance. C'est des pots qui sont eux-mêmes, dans leur avènement, enfin des choses devant quoi on se pros­terne.

Est-ce que vous croyez que ce surgissement-là, c'est quelque... c'est quelque chose qui ait quoi que ce soit à faire avec la décomposition aris­totélicienne ? Ces pots, il suffit de les regarder pour voir qu'en somme ils peuvent servir à rien. Mais il y a une chose certaine, c'est que ça a pous­sé, n'est-ce pas, ça a poussé, enfin comme une fleur. Qu'Aristote, enfin, les décompose, enfin, n'est-ce pas, les con-cause de quatre causes, au moins, différentes, c'est quelque chose qui à soit seul, enfin, démontre que les pots sont d'ailleurs.

Mais pourquoi est-ce que je vous en parle puisque justement je les mets ailleurs ? je vous en parle parce que si c'est le client qui finalement a à juger du pot, faute de quoi le potier, enfin il peut se mettre la cein­ture, ça nous démontre quelque chose, c'est que c'est le client qui non seulement achète le pot, mais qui, l'artisan, le « potière », si je puis m'ex­primer ainsi. Et il suffit de voir la suite de cette liaison qu'il y a entre le fait que le pot, enfin, soit si bien fait qu'on imagine que Dieu est un potier, exactement comme l'artisan. Le Dieu dont il s'agit, c'est, c'est... autrefois, enfin, mon vieil ami André Breton avait cru prononcer un blasphème en disant que, en disant que Dieu est un porc. C'est pas pour rien que la dernière fois je vous ai dit que j'ai jamais encouragé les sur-

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réalistes. Non pas du tout que moi j'abrégerais et je dirais que Dieu est un pot; Dieu est un empoté! Dieu est le potier, c'est vrai mais le potier aussi est un empoté. C'est le sujet, enfin, du savoir supposé à son art.

Mais c'est pas de ça qu'il s'agit quand je vous pose la question : y a­-t-il du savoir dans le Réel ? Parce que ça, c'est ce qu'on a rencontré le jour où du Réel on a réussi à arracher un brin, c'est-à-dire au moment de Newton, où quand même, c'est arrivé, et que là, pour que le Réel fonctionne, le Réel au moins de la gravitation, c'est-à-dire pas rien, quand même, parce que nous y sommes tous vissés à cette gravitation et rien de moins que par notre corps, jusqu'à nouvel ordre, non pas que c'en soit une propriété, comme l'a bien démontré la suite - mais on y est vissés à ce Réel. Et là, qu'est-ce que c'est, enfin qui a tracassé les gens au moment de Newton? Ça n'est rien moins que ceci, que cette ques­tion dont je dirai, enfin, qu'elle concernait ce dont il s'agissait, c'est-à­-dire « les masses » - c'est le cas de le dire. Les masses. Comment ces masses pouvaient-elles savoir à quelle distance elles étaient des autres masses pour qu'elles observent la loi de Newton? Il est absolument clair que, qu'il faut Dieu, là. On peut pas, tout de même, prétendre que les masses, les masses comme telles, c'est-à-dire définies par leur seule inertie, par où leur viendrait la notion de la distance à laquelle elles sont des autres masses ? Et qui plus est, de ce qu'il en est de ces masses elles-­mêmes pour se conduire correctement? Au temps frais où cette élucu­bration newtonienne est sortie, ça n'a échappé à personne! C'était la seule notion enfin, que - la seule notion qu'on pouvait lui opposer, c'était les tourbillons de Descartes; malheureusement, les tourbillons de Descartes, ils existaient pas et tout le monde pouvait très bien s'en aper­cevoir... Alors, il fallait Dieu pour informer, enfin n'est-ce pas, à tout instant, enfin c'est même au point que non seulement il fallait qu'il soit là pour informer à tout instant les masses de ce qu'il en était des autres, mais... on supposait même qu'il n'avait peut-être pas d'autre moyen que de les pousser du doigt, les masses, lui-même... Ce qui, bien sûr était exagéré, enfin, était exagéré parce qu'il est clair que du moment qu'il y a l'accélération inscrite déjà dans la formule, le temps aussi y était, donc il n'y avait pas besoin du doigt de Dieu! Mais pour l'infor­mation quand même, c'était difficile de l'exclure. Et ce dont je vous parle, moi, ici, c'est du savoir dans le Réel.

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Faut pas vous imaginer que parce qu'Einstein est venu après et en a remis un bout, hein, faut pas vous imaginer que ça va mieux, hein, parce qu'il y a quand même une drôle d'histoire, n'est-ce pas, c'est que cette relativité de l'espace, désormais désabsolutisé, car enfin il y a un bout de temps, enfin qu'on avait pu le dire que, enfin, que, après tout Dieu c'était l'espace absolu - enfin ça c'est, c'est des badinages, bon. Mais la relati­vation de cet espace par rapport à la lumière, ça vous a une drôle de touche de fiat lux, et ça, ça a tout l'air de recommencer à se foutre le cul dans la mousse religieuse. Alors, n'exagérons rien. C'est peut-être là, vous comprenez, que - c'est comme ça en tout cas que pour aujour­d'hui je me limiterai, enfin à ce que fait surgir l'analyste. Vous avez bien senti, sentu, hein, que tout ça provient de ce fait enfin c'est que nous n'avons parlé jusqu'ici que de ce qui vient du Ciel. Tout ce que nous avons de Réel un tant soit peu sûr, y compris nos monstres, hein, c'est uniquement, uniquement descendu du ciel. Si ce n'est pas de là qu'on était parti pour ce qui revient toujours à la même place, définition que je donne du Réel, nous n'aurions aujourd'hui ni montre ni télévision ni toutes ces choses charmantes grâce à quoi vous êtes non seulement minutés, mais si j'ose dire, « secondés ». Vous êtes tellement bien secon­dés que vous n'avez même plus la place de vivre.

Heureusement qu'il y a de l'analyste, hein. L'analyste - je vais ter­miner sur une métaphore : l'analyste c'est le feu follet. C'est une méta­phore qui elle, ne fait pas fiat lux. C'est tout ce que j'ai à dire pour l'ex­cuser. Je veux dire qu'elle s'oppose aux étoiles d'où tout est descendu de ce qui vous encombre et vous range ici si bien, enfin, pour écouter mon discours, n'est-ce pas. C'est-à-dire que ça n'a absolument rien à faire avec ce dans quoi vous viendrez vous plaindre chez moi dans un instant.

Le seul avantage que je trouve à ce feu follet, c'est que ça ne fait pas fiat lux. Le feu follet n'éclaire rien, il sort même ordinairement de quelque pestilence. C'est sa force. C'est ce qu'on peut dire, à partir du feu follet, dont j'essaierai de reprendre le fil, le fil follet, la prochaine fois.

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Leçon XIII 14 mai 1974

Les non-dupes errent... Ça ne veut pas dire que les dupes n'errent pas. Si nous partons de ce qui se propose comme une affirmation - entendez-vous ? entendez-vous comme ça, si je suis en face du machin?... Que la personne qui m'a dit qu'on n'entend rien, réponde est-ce qu'elle entend ? Disons que c'est introduire par cette affirmation que les non-non-dupes pourraient bien, sans plus, ne pas errer. Mais déjà, ceci nous introduit à la question que pose la double négation. Être... n'être pas non-dupe, est-ce que ça se ramène à être dupe ? Ceci suppose, et ne suppose rien de moins, qu'il y a un univers; qu'on puisse avancer que l'univers, tout énoncé le divise; qu'on puisse dire : « l'hom­me », et que si on le dit - je veux dire de le dire - tout le reste devient non-homme.

Un logicien - puisque j'avance que la logique c'est la science du Réel - un logicien a fait un pas bien longtemps après Aristote; qu'il ait fallu attendre Boole pour qu'en 1853 sorte An Investigation of Laws of Thought, Une Investigation sur les Lois de la pensée, qui, sur Aristote a déjà cet avantage d'être un pas, une tentative de coller à ce qu'il prétend observer, fonder en somme a posteriori comme constituant les lois de la pensée. Que fait-il ? Il écrit très précisément ce que je viens de vous dire, c'est à savoir qu'à partir de quoi que ce soit qui se dise et qui s'énonce, et les choses pour lui sont telles qu'il ne peut faire que d'avancer l'idée de l'univers, il la symbolise par un chiffre, un chiffre qui y convient, c'est le chiffre 1; il écrira donc, de tout ce qui se propose comme notable,

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notable dans cet univers, il écrira donc x, il le laisse vide, ce x, puisque c'est là le principe de l'usage de cette lettre, c'est : quoi que ce soit qui soit notable dans l'univers [à Madame Gloria Gonzalez : - Si vous me trimballez ça, ça m'aidera à aller au tableau]. Oui, x, écrit-il, multiplié par 1-x, ceci ne peut que s'égaler à zéro

x (1-x) = 0

Ceci ne peut, pour peu qu'on donne ce sens à la multiplication, que noter l'intersection. C'est de là qu'il part. C'est en tant que x est notable dans l'univers que quelque chose se sustente seulement du non, aux hommes s'opposant les non-hommes comme tels, tout ce qui subsiste comme notable étant là considéré comme subsistant comme tel. Or, il est clair que ce qui est notable n'est pas comme tel individuel; que déjà dans cette façon de poser l'ek-sistence logique, il y a quelque chose qui, dès le départ, paraît fâcheux.

Comment se fait-il qu'il soit posé sans critique, le thème, le thème posé de l'univers ? Si je crois pouvoir cette année supporter du nœud borro­méen quelque chose, quelque chose qui, certes, n'est pas, n'est pas une définition du sujet, du sujet comme tel d'un univers, c'est en cela, fais-je une fois de plus remarquer, que ma tentative n'a rien de métaphysique, je veux dire, je veux dire à ce propos que la métaphysique est ce qui se dis­tingue de supposer, de supposer comme tel le sujet, le sujet d'une connaissance. C'est en tant qu'elle suppose un sujet, que la métaphysique se distingue de ce dont ici j'essaie d'articuler les éléments, à savoir ceux d'une pratique, et ceci dans le fil de l'avoir définie comme se distinguant, se distinguant de quelque chose qui est de pure place, de pure topologie, et qui fait de là s'engendrer la définition située seulement de la place de cette pratique de ce qui s'annonce, dès lors s'avance comme étant trois autres discours. C'est là un fait, un fait de discours, un fait par lequel j'es­saie de donner au discours analytique sa place d'ek-sistence.

Qu'est-ce qui, à proprement parler, ek-siste ? N'ek-siste comme l'or­thographe dont je modifie ce terme le marque, n'ek-siste dans toute pra­tique que ce qui fait fondement du dire, je veux dire ce que le dire appor­te comme instance dans cette pratique. C'est à ce titre que j'essaie de situer sous ces trois termes, le Symbolique, l'Imaginaire et le Réel, la triple catégorie qui fait nœud, et par là donne son sens à cette pratique.

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Car cette pratique non seulement a un sens, mais fait surgir un type de sens qui éclaire les autres sens au point de les remettre en cause, je veux dire de les suspendre. À quoi, comme articulation, articulation dont au terme d'un progrès fait pour susciter chez ceux qui soutiennent cette pratique, l'idée de ce qu'est pour eux le Réel, je dis : le Réel, c'est l'écri­ture. L'écriture de rien d'autre que ce nœud tel qu'il s'écrit pour le dire, tel qu'il s'écrit quand il est selon la loi de l'écriture mis à plat. Et je sou­mets ce que j'énonce à cette épreuve de mettre en suspens la distinction, la distinction justement subjective de l'Imaginaire, du Symbolique et du Réel, en tant qu'ils pourraient en quelque sorte déjà porter avec eux un sens, un sens qui les hiérarchiserait, en ferait un 1, 2, 3; bien sûr, ceci n'évitera pas que nous ne retombions sur un autre sens - comme déjà il a pu vous apparaître du fait de ce que j'accentue de l'association du Réel avec un trois, de l'Imaginaire avec un deux, et du Réel, justement - [lap­sus du docteur Lacan] - et du Symbolique justement, avec l'Un.

Quelque chose dans, au niveau, dans les termes du Symbolique, se pose comme Un. Est-ce un Un soutenable d'aucune individuation dans l'univers ? C'est la question que je pose, et dès maintenant, je l'avancerai sous cette forme, c'est à savoir de poser la question à propos de l'écritu­re de Boole. Si le Un que Boole avance comme suffisant à répartir la véri­té, s'il y a x, il n'est pas vrai que si, que l'x soustrait du Un soit autre chose que tout le reste, que tout le reste de nommable. Il n'y a là rien que de saisissant, à constater que Boole lui-même, à écrire ce qui résulte, ce qui résulte de l'écriture de ces termes dans une formule mathématique, soit amené à y fonder que le propre de tout x, de tout x en tant qu'énon­cé, c'est que x moins x deux, égale zéro, ce qui s'écrit

x-x2=0 x=x2

je veux dire à se supporter d'une formule mathématique.

Il est étrange que là une note de son livre, du livre dont je vous ai donné tout à l'heure la date, la date majeure en ce sens que c'est à partir de là qu'une nouvelle... un nouveau départ de la spéculation logique s'est pris, et qu'un nommé Charles Sanders Peirce dont je vous ai déjà parlé, peut par exemple améliorer, à son dire, la formulation de Boole en en montrant qu'en certains points il puisse en résulter qu'elle se four-

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voie, disons. Ceci à mettre en évidence ce qui résulte des fonctions à deux variables, à savoir non pas seulement x mais x et y, et en y montrant ce que... ce où moi-même j'ai cru devoir prendre que la fonction dite du rapport, peut là servir à nous montrer que, pour ce qui est du sexuel, ce rapport ne peut pas s'écrire.

Pourquoi, se demande Boole, plutôt que d'écrire x = x2 et l'inverse, ne pourrait-on écrire x = x3 ? Il est frappant que Boole - et ceci à par­tir de la notion de la vérité comme séparant radicalement ce qu'il en est de l'un et du zéro, car c'est du zéro qu'il connote l'erreur - il est frap­pant que cet univers, dès lors solidaire comme tel de la fonction de la vérité lui paraisse limiter l'écriture, l'écriture de ce qu'il en est de la fonc­tion logique, à la puissance deux de x quand la puissance trois, il se la refuse. Il se la refuse pour ceci que mathématiquement, elle ne serait sup­posable dans l'écriture que d'y ajouter un nouveau terme du produit, ce qu'il ne se refuse certes pas quand il s'agit de faire fonctionner l'opéra­tion multiplication, il écrit à l'occasion

xyz

et il peut, selon les cas, marquer qu'x y z tels que les variables ont été situées d'une certaine fonction, qu'x y z par exemple égale aussi: 0. Mais puisqu'il se limite à des valeurs zéro et un, elle peut aussi bien prendre la fonction, la fonction prenant sa valeur d'une certaine... d'un certain chiffrage zéro et un pour chacun des trois - il peut, à faire x, y et z cha­cun égal à un, s'apercevoir que ce n'est pas zéro qui en est le fruit.

Ainsi, qu'est-ce qui peut l'empêcher d'ajouter à son (1 - x) un (1 + x) et de l'ajouter non pas comme addition, de l'ajouter comme terme de la multiplication ? Il voit alors très bien que (1 - x) multiplié par (1 + x) donnant 1-x2, il aboutira, je n'ai pas besoin de vous le souligner, à ceci c'est que x - x3 sera égal à zéro et que de ce fait x s'égalera à x3 :
x(1 -x)(1 +x)=0

x-x3=0

x=x3

Pourquoi s'arrête-t-il, s'arrête-t-il dans quoi ? Dans l'interprétation de ce que pourrait être cet x en tant justement qu'ajouté à l'univers. Est­-ce que ce n'est pas le propre de ce qui, à l'univers, ek-siste, que de s'y

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ajouter? C'est proprement ce que nous faisons tous les jours, et juste­ment ce que je désigne d'un plus à le supporter de l'objet petit a. Mais alors ceci nous suggère, nous suggère ceci: c'est à savoir de nous deman­der si le Un dont il s'agit, c'est bel et bien l'univers, à considérer en tant qu'ensemble ou collection de tout ce qui y est individuable.

Je suggère - m'est suggéré, disons à propos de cette écriture de Boole - de fonder ce qu'il institue de l'univers - car c'est comme tel qu'il l'articule, qu'il lui donne son sens - de supposer que ce Un, loin de sur­gir de l'univers, surgit de la jouissance. De la jouissance et pas de n'im­porte laquelle, de la jouissance dite phallique, et ceci pour autant que l'expérience analytique nous en démontre l'importance; que de cette suite ce qui se pose comme logique, comme signifiant, mais littéral, je veux dire inscriptible, en tant que l'inscription, c'est de là que surgit dans notre expérience, la fonction du Réel, du moins si vous me suivez, que quelque chose comme un x à cette jouissance puisse s'ajouter, et consti­tuer ce que déjà j'ai défini comme fondant le plus-de-jouir.

Il reste que Boole est loin de ne pas indiquer que ce n'est pas seule­ment le rapport de la jouissance au plus-de-jouir, en tant que le plus-de-jouir ce serait justement ce qui ek-siste, ek-siste à quoi ? justement au nœud dont j'essaie pour l'instant de vous éclairer l'usage et la fonction; il voit très bien que pour aboutir à la fonction x = x3 et non plus seule­ment x2, il voit très bien que le tiers terme, le terme (1 +x) peut s'écrire autrement et nommément (-1-x). Je veux dire (-1-x) pris dans une parenthèse, ce qui équivaut mathématiquement - je veux dire en tant que l'écriture est ce qui est mathématique - ce qui peut s'inscrire ici d'un moins avant la parenthèse et de (1 +x) mis à l'intérieur

-(1 +x)

J'écris - (1+x) et je dis que c'est équivalent à l'addition ici de (-1-x) et que Boole les ajoute pour les repousser, pour les repousser en tant que la logique serait destinée à assurer le statut de la vérité.

Mais pour l'instant, ce à quoi nous visons, n'est pas de donner son sta­tut à la vérité, puisque la vérité, nous le disons, ne s'énonce jamais que du mi-dire, qu'il est proprement impensable, sinon au lieu du dire, de marquer qu'une proposition n'est pas vraie, et de la marquer d'une barre, d'une barre supérieure qui l'exclut, et la marque du signe du faux.

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Dans l'ordre des choses, en tant que le symbole est fait pour y ek-sister, dans cet ordre des choses, il est proprement, quoi qu'en dise, quoi qu'en dise Boole étudiant ou prétendant faire le statut de la pensée, il est impensable, justement, il est impensable de cliver quoi que ce soit de dénommable, de cliver d'un pur non pour désigner ce qui n'est pas nommé. Est-ce à dire que nous devions mettre à l'épreuve, mettre à l'épreuve ce qui résulte du x3 = x, assurément c'est déjà quelque chose d'y voir fonctionner ce trois dont je marque comme tel le Réel, et c'est ici que nous allons reprendre notre nœud borroméen.

Le nœud borroméen, si tant est que son énoncé ek-siste à la pratique analytique, que c'est lui qui permet de la supporter, je voudrais, à vous en montrer une fois de plus l'exemple, dans cet espace qui est le nôtre, sans que nous sachions, à l'heure qu'il est, et ceci malgré les citations d'Aristote, quel est le nombre des dimensions de cet espace, j'entends celui-là même où, des choses, nous nommons : regardez, ceci est la même chose que ce que j'ai d'abord dessiné au tableau, c'est à savoir que vous avez ici un rond, Un rond de ficelle que je justement la première fois couchée introduit cette fonction. Ce rond de ficelle, ces trois ronds de ficelle, les voici. Ils tiennent pour autant qu’il y en a un que j’ai mis horizontal, les deux autres étant verticaux et les verticaux se croisant. Il est évident que ceci n’est pas dénouable. Le nœud borroméen a fait, comme tel, travailler beaucoup de personnes ici, qui m’en ont même envoyé des témoignages. Celui-ci est sa forme la plus simple.

Il est remarquable que dans les travaux – ce sont de véritables travaux qui

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m'ont été envoyés sur ce point - travaux qui font leur part à toutes sortes d'autres façons, il y en a d'innombrables, de nouer ces trois de façon telle qu'ils permettent, avec le dénouement d'un seul de ces trois ronds, de libérer exactement tous les autres, et je vous l'ai dit, quel qu'en soit le nombre. Mais pour nous limiter au trois, puisque ce trois colle avec nos trois fonctions de l'Imaginaire, du Symbolique et du Réel, ceci très précisément de ne pas les distinguer, de voir jusqu'où le fait qu'ils soient trois, et de ce fait d'en faire la logique même du Réel, à savoir de voir à quel moment nous allons pouvoir voir surgir, simplement de ces trois, strictement équivalents, comme vous pouvez immédiatement le percevoir - de ces trois de faire surgir l'amorce de ce qui y serait diffé­renciation. La différenciation s'amorce, s'amorce de ceci, dont je suis étonné que dans ces travaux que j'ai reçus, personne ne me l'ait fait remarquer, voici : par ces trois, tels qu'ils sont ici disposés, sont déter­minés, disons huit quadrants, 1, 2, 3, 4, S, 6, 7, 8. J'en prends un, un quel­conque, et de ce quadrant je tire la mise à plat, celle qu'ici vous allez voir - vous allez voir de là où vous êtes, mais à être où je suis, c'est certai­nement exactement pareil, c'est à savoir que vous voyez que quelque chose s'y trouve déjà, du fait de la mise à plat, s'y trouve déjà orienté. Je veux dire que vous voyez certainement la même inscription du nœud qui est celle que je vois, c'est à savoir dans l'occasion, pour ce que je vous ai montré, à avoir pris mon nœud de la façon exhibée, c'est que par la mise à plat quelque chose se dessine qui s'inscrit à en suivre la forme, qui s'inscrit de la dextrogyrie.

Une fois mis à plat tel qu'il est et retourné, je sais d'avance que c'est la même dextrogyrie. Il suffit de faire ce petit travail, enfin d'en imagi­ner le retournement - et ceci aussi peut s'écrire - on verra que ça n'est pas l'image en miroir, qu'à retourner le nœud borroméen vous ne voyez pas quelque chose qui en est l'image en miroir.

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Est-ce que ceci ne rend pas d'au­tant plus frappant ce fait : c'est qu'à reprendre mes quadrants - met­tons que tout à l'heure j'ai choisi - je ne sais pas si c'est effectivement ce que j'ai fait - celui-là pour vous : en haut, à droite - si je prends celui, que non seulement j'ai dit en haut et à droite mais que je dis aussi en avant, si je prends celui non plus en haut, à droite et en avant, mais en bas, à gauche et en

arrière, celui qui lui est strictement opposé et si c'est de là que je pars pour le mettre à plat de la même façon que j'ai fait précédemment, il est tout à fait notable - et vous pourrez le vérifier - que ce qui résultera de cette mise à plat sera une façon dont le nœud se coince, dont le nœud se serre exactement inverse, c'est à savoir lévogyre.

Il sort donc du seul maniement déjà du nœud borroméen, il surgit une distinction qui est de l'ordre de l'orientation. Si l'un est dans le sens des aiguilles d'une montre, l'autre sera dans le sens inverse. Il ne faut certes pas nous étonner, nous étonner que quelque chose de cet ordre puisse se produire, puisque c'est dans la nature des choses que l'espace soit orien­té; c'est même de là que procède la fonction dite de l'image en miroir et de toute symétrie.

Je m'excuse de l'âpreté de ce que mon discours d'aujourd'hui implique. Simplement, je vous note que ce fait de l'orientation pour les quadrants opposés est quelque chose qui nous indique déjà qu'il est

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conforme à la structure, du seul fait que l'orientation surgisse du seul support, du seul support nodal dont ici je prends arme; il est concevable de ces ronds eux-mêmes y marquer un sens, c'est-à-dire une orientation. En d'autres termes, pour prendre le dernier, celui qui est écrit ici (1), de nous poser la question de ce qui résulte de faire l'usage d'une orientation conforme à celle que nous avons abstenue de deux espèces et de deux seulement qui sont différentes, c'est à savoir de nous rendre compte qu'il en résultera une figure, une figure telle que sa périphérie marquera de ce fait la même orientation. Que faut-il pour qu'une de ces figures se trans­forme dans l'autre, à savoir celle-ci également complétée (2) ? Vous avez vu à mon hésitation la marque même de la difficulté qui se rencontre dans le maniement desdits ronds de ficelle. Celle-ci est l'image de l'autre en miroir. Mais qu'est-ce qui suffit à transformer l'une dans l'autre ? Quelque chose qui est définissable de la très simple façon suivante: c'est à savoir que, tel que vous voyez le nœud borroméen s'étaler, vous voyez que l'un quelconque d'entre eux se manifeste de couper chacun des deux autres d'une façon telle que l'un étant libéré, l'un étant sectionné, les deux autres soient libres. Ce qui veut dire qu'un de ces ronds peut tour­ner autour d'un des deux autres, et que ceci à soi tout seul nous donne­ra un nouveau nœud borroméen. La loi de ce qui se passe dans l'occa­sion est celle-ci : vous n'avez ici qu'à - je m'excuse de ne pas avoir de craie de couleur, ça serait mieux, je la crayonne - qu'est-ce qui se passe si nous rabattons un de ces nœuds, un de ces ronds, autour d'un autre ? C'est très exactement ceci que nous obtenons - nous obtenons de ce fait une nouvelle figure qui se - je vais l'effacer, l'ancienne pour que vous la voyiez mieux - nous obtenons une nouvelle figure qui a pour propriété d'être de l'espèce de celle-ci, c'est à savoir que, vous le voyez

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- celle-ci est effacée - c'est à savoir que vous le voyez, la figure se pré­sente ainsi, nous avons ceci qui est resté invariable, et deux autres... deux autres éléments. Voilà : les deux autres [éléments] présentent la sorte d'orientation qui est celle qui est définie ici... - c'est à savoir que, par rapport, n'est-ce pas, à ceci... ceci étant marqué de a par exemple vous aurez à la suite une présentation comme ceci, c'est à savoir, si ceci est b, vous aurez une inversion de sens du b et du c et une inversion d'orien­tation de leur courbe, les choses se complétant de la façon suivante. Voilà.

Ce qui importe est ceci : c'est de voir que, à inverser le a ce qui en résulte, c'est une orientation totalement différente du serrage du nœud, à savoir que du seul fait que nous ayons renversé un des ronds, les deux autres éléments, ceux que nous n'avons pas inversés, les deux autres élé­ments changent de direction;) e veux dire que, comme il est concevable, le segment, le segment que je sectionne dans ce cafouillage, le segment qui se trouve sectionné par retournement de ce rond qui était d'abord là, le segment a changé de sens, c'est à savoir que à l'un, à celui-ci, cet autre segment et celui-ci viennent se raccorder d'une façon que nous appellerons si vous le voulez bien, centripète, alors qu'auparavant les trois étaient centrifuges. C'est bien en quoi, quand nous retournerons un rond de ficelle de plus, ce rond de ficelle restera dans son orientation primitive pour le segment lui-même que nous allons avoir à retourner, à savoir que si maintenant, après avoir retourné a nous retournons b, b se trouvera garder le sens centripète, mais alors ce sont les deux autres, à savoir un centrifuge et un centripète, qui s'inverseront de sorte que le résultat en sera : le centripète devenant centrifuge et le centrifuge deve­nant centripète, nous aurons de nouveau ici un centrifuge et deux cen­tripètes. Mais celui qui sera centrifuge sera un des centripètes retournés.

Est-ce qu'il faut que je refasse tout, ou est-ce que quelqu'un a suivi ? Je me suis exposé à, à ne même pas regarder de notes, pour cette simple raison, c'est que c'est la difficulté même du maniement, le peu imaginable, si on peut dire, de ce nœud borroméen dont nous essayons de tirer parti, c'est cela même que, que je ne suis pas mécontent, enfin, de mettre en valeur, n'est-ce pas, de mettre en valeur une façon... de... voilà, après le deuxième tour, n'est-ce pas, un lévogyre qui s'est repro­duit comme le précédent, n'est-ce pas, et c'est en tant que nous avons

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retourné le b après avoir retourné le a que nous obtenons ceci que nous avons un centripète à la place du centrifuge qui est ici, et un centrifuge à la place du centripète qui est ici, n'est-ce pas. Par conséquent, nous avons ici c, a, et b.

On m'a posé la question, on m'a posé la question dans un endroit où on travaillait, on m'a posé la question de savoir quel rapport avait ce nœud borroméen avec ce que j'avais énoncé des quatre - je dirai - options, dites d'identification sexuée. En d'autres termes, quel rapport pouvait avoir ceci avec le





je vais maintenant essayer de vous le dire. Supposons que nous don­nions à ceci cette position en quadrant que nous désignons selon la marque dans les coordonnées cartésiennes, les huit quadrants en ques­tion. Vous devez voir, vous apercevoir que, prenons le quadrant en haut à droite et en avant, c'est par le rabattement - ah, enfin... bon, voilà! - c'est par le rabattement du rond de ficelle ici marqué, je veux dire en tant que ce rond de ficelle, celui-ci donc, est tenu - voilà - en tant que ce rond de ficelle est tenu de celui-ci, à savoir celui que j'appellerai « l'en­profondeur », nous appellerons celui-ci le « haut », et celui-ci le « plat ».

Bon, alors le plat vient ici... et c'est celui-ci qui vient là [le docteur Lacan fait la démonstration sur un nœud qu'il tient en main], donc, vert, bleu, -

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rouge. C'est comme ça que les choses se présenteront. Bon. C'est un petit peu... un petit peu différent. Voilà. Vous vous donnerez un peu de mal, vous-mêmes, pour faire les choses, parce qu'après tout, je m'aper­çois que ça ne va pas si aisément. Bon.

L'important est ceci : c'est de, c'est de marquer que c'est à rabattre celui-là, nommément le vertical vers la profondeur; à rabattre celui-ci, n'est-ce pas, c'est-à-dire celui qui était d'abord bien marqué à sa place ici, c'est à le rabattre ainsi que nous allons obtenir le rond, le nœud bor­roméen tel qu'il se situe dans ce quadrant à gauche du quadrant quel­conque dont nous sommes partis. Dans ce quadrant, donc, avec inver­sion, inversion de la lévogyrie, n'est-ce pas, c'est-à-dire passage à la dex­trogyrie, puisque celui que j'ai fait en bas était un lévogyre. Je l'ai pris ainsi parce que tels que les nœuds sont disposés - tels que les ronds de ficelle sont disposés, c'est ainsi que cela se noue. Donc nous avons là une inversion. Ce qui veut dire que, pour prendre les choses à les placer comme ici par exemple, dans ce quadrant-là, n'est-ce pas, nous avons à passer dans celui-ci, nous avons une première inversion. À passer dans celui-ci, nous avons une seconde inversion, comme dans quelque direc­tion - à condition que ce soit une direction de symétrie par rapport à un des plans d'intersection nous avons, aux trois extrémités, un change­ment sur le nœud borroméen, nous avons une inversion. Bon, si nous passons par ici, c'est-à-dire que nous franchissons du haut en bas, nous avons une nouvelle inversion, c'est-à-dire un retour de ce qui était ici, du lévogyre. Ces opérations sont commutatives à savoir qu'à passer ainsi, nous arrivons au même retour.

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En d'autres termes, c'est aux quatre points d'opposition, c'est-à-dire sur les huit quadrants à quatre quadrants définissables par si je puis dire l'inscription dans le cube d'un tétraèdre, c'est à cela que nous allons voir apparaître quatre figures homogènes, toutes les trois, dans l'occasion, lévogyres, puisque nous sommes partis d'un lévogyre. Bon. Qu'en résul­te-t-il ? Comment considérer cette multiplication, si je puis dire, par quatre, de ce qui résulte de simplement la mise à plat, ou l'écriture du nœud borroméen. Je propose simplement ceci, que vu l'heure, je n'aurai à commenter que la prochaine fois, c'est ceci : si, comme vous venez de le voir, c'est d'une figure tétraédrique qu'il s'agit, une figure tétraédrique en tant qu'elle est produite par la bascule de deux des ronds de ficelle, et on peut dire deux, quels qu'ils soient. Quels qu'ils soient, nous revenons, à la figure lévogyre, pour la spécifier. Nous y revenons quel que soit celui des deux qui a été rabattu. Il en restera un qui n'a pas été rabattu. Celui qui reste est évidemment le troisième, je veux dire celui qui reste après que deux autres aient été rabattus. Que par exemple, si nous faisons de ces ronds de ficelle, le Symbolique, l'Imaginaire et le Réel, ce qui restera enfin, et qui restera dans une position centrifuge, ceci encore faut-il que vous le vérifiiez, je veux dire que vous vous aperceviez que c'est à basculer S et I qu'à la fin le R reste centrifuge. Il y a pour cela une bonne raison, c'est que si vous avez bien vu la figure dernière, c'est le R, à savoir disons le Réel, qu'il faudra basculer pour obtenir la figure dernière, qui elle-même sera dextrogyre et sera tout entière centrifuge. C'est une façon commode pour vous de retenir ce qu'il en est au deuxième temps de ce qui se passe après deux bascules, puisque vous devez comme) e vous l'ai montré, vous devez tout à l'heure retrouver dans le quadrant strictement opposé, celui dont je vous ai parlé quand je vous ai fait cette remarque, cette remarque qui n'avait pas été trouvée, à savoir qu'en passant d'un quadrant au quadrant strictement opposé, au quadrant contradictoire, au quadrant diagonal, nous obtenons un nœud, un nœud non plus si nous sommes partis du lévogyre - nous obtenons un nœud dextrogyre. Bien.

Donc, vérifiez tout ceci à l'occasion, enfin, en faisant des petites mani­pulations comme celles que j'ai si bien ratées devant vous et vous verrez en somme ceci: qu'à se maintenir dans le nœud lévogyre, nous obtenons ce que j'ai qualifié ou spécifié d'un tétraèdre, puisque vous voyez com­ment les choses se passent. Vous pouvez faire, reconstituer : ici par

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exemple vous avez à prendre une des faces du carré, vous le tirez, vous reconstituerez le cube, vous reconstituerez le cube à partir de ceci, c'est que c'est toujours dans une disposition diagonale par rapport à une des faces du cube que se trouvent les quadrants qui sont de la même espèce d'orientation et nommément dans l'occasion, de l'espèce lévogyre.

Je vais seulement vous suggérer ceci : c'est ce qu'il en sort à partir de la fonction de la jouissance, il en sort ceci : c'est que quelque part dans une de ces extrémités du tétraèdre, quelque part se situe le




Nous aurons en quelque sorte à mettre en question ceci : le pas, non pas le pas exclusif comme celui de tout à l'heure, le pas de ce qui existe à dire non à la fonction phallique. Nous aurons d'autre part ce qui y dit oui, mais qui est dédoublé, à savoir qu'il y a le tous, d'une part, et d'autre part le pas-tous autrement dit ce que j'ai qualifié du pas-toutes. Est-ce qu'il ne vous apparaît pas que c'est là un programme, à savoir prendre dans ce qui est sujet à l'examen, prendre la critique de ce qu'il en est du

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pas, de ce qu'implique le dire non, c'est à savoir l'interdit, et très nom­mément, en fin de compte, ce qui, se spécifiant de dire non à la fonction Φx, dit non à la fonction phallique.

Le dire-non à la fonction phallique, c'est ce que nous appelons, dans le discours analytique
x . –Φx la fonction de la castration
Il y a ce qui dit oui à la fonction phallique, et le dit en tant que tout, c'est-à-dire, très nommément un certain type qui est tout à fait nécessité par la définition de ce que nous appelons l’homme. Vous savez que le pas-tout m’a très essentiellement servi à marquer qu’il n’y a pas de la femme, c’est à savoir qu’il n’y en a, si je puis dire, que diverses et en quelque sorte une par une, et que tout cela se trouve en quelque sorte dominé par la fonction privilégiée de ceci, qu’il n’y en a néanmoins pas une à représenter le dire qui interdit, à savoir l’absolument – non. Voilà.

Alors, puisqu’il y a un examen maintenant, j’ai simplement amorcé la chose aujourd’hui. Je vous demande pardon d’y avoir mis si longtemps, nous reprendrons la prochaine fois.

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