Le Canada est un vaste pays de régions diversifiées grâce à leur situation géographique, leur base économique et leur tissu social. La région du Haut-Madawaska








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DOCITHE NADEAU (1910-1986) : PORTRAIT D’UN BÂTISSEUR


INTRODUCTION

Le Canada est un vaste pays de régions diversifiées grâce à leur situation géographique, leur base économique et leur tissu social. La région du Haut-Madawaska, dont Saint-François fait partie, se démarque, tant par sa vitalité économique que par sa qualité de vie, au point de faire l’envie auprès d’autres collectivités. Sa tradition d’entrepreneurship date du début du siècle et une race de bâtisseurs y est née.

Le 15 août 1982, les autorités du village de Saint-François nommèrent l’aréna local, Le centre sportif J. Docithe Nadeau, en hommage à cet homme, impliqué dans son milieu pour de nombreuses causes et considéré comme le premier vrai bâtisseur, faisant de Saint-François le village qu’il est présentement. Au cours de ce travail, nous essaierons de déterminer si cet honneur lui est mérité, pourquoi on le cite en exemple et s’il a eu un impact réel sur la communauté de Saint-François et des environs. Aussi, nous tenterons de retracer les influences qui ont orienté l’action ou le cheminement de ce personnage.

Grâce à des archives personnelles de la famille, consistant en articles de journaux, en entrevues et en conférences de Monsieur Nadeau et en divers autres documents conservés par ce dernier; grâce, également, aux archives du Centre de documentation et d’études madawaskayennes (CEDEM), lesquelles détiennent des rapports d’organismes dont il a été membre et divers autres documents, à des ouvrages tels que Saint-François-de-Madawaka 1859-1984, à des articles de la Revue de la Société historique du Madawaska et à quelques entrevues réalisées auprès de proches collaborateurs, d’anciens employés et de membres de sa famille immédiate, nous pourrons en savoir davantage sur cet homme dont plusieurs se souviennent encore et qui semble avoir marqué une certaine période de l’histoire de Saint-François-de-Madawaska.

À la lumière des informations que nous aurons recueillies, nous situerons d’abord le contexte dans lequel son existence et son cheminement s’inscrivent, nous tracerons son portrait et énumérerons dans un ordre chronologique les principaux événements qui ont marqué sa vie. Aussi, pour faciliter la compréhension du lecteur, les causes dans lesquelles il s’est impliqué seront regroupées par thème ou par secteur d’activité. Puis, nous exposerons son point de vue sur différents sujets qui lui tenaient à coeur, nous nous attarderons sur les courants de pensée qui ont influencé sa vie et les personnes qui en ont été les véhicules. Par la suite, nous aborderons ses réalisations comme homme politique et comme homme d’affaires. Une brève histoire de l’usine de meubles, Nadeau et Nadeau Limitée dont il est le fondateur sera relatée. Enfin, nous tenterons de tirer certaines conclusions relativement à la vie de Docithe Nadeau et à la façon dont il a marqué sa communauté et sa région.

1- CONTEXTE HISTORIQUE

Au début du 20e siècle, la région du Haut-Madawaska vit une prospérité toute relative. Grâce aux chantiers de coupe de bois, utiles à la construction navale et domiciliaire, ainsi qu’aux moulins de bardeau de cèdre, l’économie tourne à plein régime, apportant un accroissement de la population et l’ouverture de concessions pour l’implantation de nouvelles familles. De grands entrepreneurs y font leur nom comme Robert Connors, John et Stephen Glazier, Rémi Pelletier, James T. Clair et plusieurs autres qui ont donné naissance à des entreprises forestières1.

La construction du chemin de fer Le Témiscouata, jusqu’à Connors, en 1890, aide à l’exportation jusqu’à la Nouvelle-Angleterre et permet une plus grande mobilité de la population, celle-ci ayant désormais accès à tous les grands centres régionaux et du continent, si nécessaire.

Même si la coupe de bois joue un rôle important, presque chaque famille possède son lopin de terre pour sa subsistance. Ces deux éléments conjugués permettent de vivre, non pas richement, mais avec le strict nécessaire, le niveau de taxation étant très élevé et très lourd pour les agriculteurs3. Quelques entreprises de services, comme la forge, la meunerie, la fromagerie, l’hôtel du village ou le commerce de détail, ont pignon sur rue. Mais les habitants s’identifient d’abord comme « cultivateurs »4 .

Selon le recensement de 1911, la population de Saint-François, incluant Connors, est de 733 personnes, dispersées ici et là5. Ces citoyens, comme partout en province, sont peu scolarisés. À cette période, l’éducation scolaire est offerte dans neuf petites écoles sans commodité, dans des classes nombreuses et à niveau multiple, réparties sur le territoire. Quant aux études supérieures, les étudiants les poursuivent principalement au Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, dans la province de Québec, alors que les étudiantes vont à l’École normale de Saint-Basile ou de Fredericton6 .

Le quotidien L’Évangéline, pour les privilégiés, est la seule source d’information pour ces habitants. En 1913, l’hebdomadaire, Le Madawaska vient s’y ajouter.

La population est à majorité catholique et le clergé joue un rôle important dans ce milieu, soit, celui de consultant, d’animateur et de confesseur. Les activités religieuses des fêtes du calendrier liturgique et les messes dominicales constituent les principales sorties des paroissiens. Aussi, la construction de bâtiments religieux, comme le presbytère et la sacristie, les occupent dans leurs moments de loisirs. Les expositions agricoles ont également une très grande vogue durant l’été7.

Quelques familles anglophones de religion protestante (anglicane et baptiste) reliées au commerce du bois habitent Connors. Les pratiquants baptistes ont leur ministre résident.

La paroisse est alors administrée par un Conseil de comté, composé d’un ou de deux membres des paroisses représentées. Ces représentants sont élus par les propriétaires. Les membres du conseil traitent des problèmes reliés à chaque paroisse et nomment les officiers soit, les constables, les mesureurs de bois, les inspecteurs de clôture, les gardiens d’écluse, les gardes fourrières, les gardes traversiers, les « collecteurs » (de taxes) et le personnel du bureau de santé. Les postes d’assureur et d’officier des pauvres sont, à cette période, les plus prestigieux, car ils étudient chacune des demandes des pauvres et les font approuver par le Comité des finances9. Les paroisses civiles n’étant pas des entités légales, tout doit passer par le comté, que ce soit pour l’achat d’un terrain pour un dépotoir dans une localité ou pour toute autre chose10 .

2- LES PRINCIPAUX ÉVÉNEMENTS DE LA VIE DE DOCITHE NADEAU

C’est dans ce contexte que naît, le 23 avril 1910, J.-Docithe Nadeau. Issu de la quatrième génération des Nadeau établis à Saint-François de Madawaska, il est le troisième des huit enfants d’Émile D. Nadeau et d’Élizabeth Michaud. Émile Nadeau, son père, était devenu cultivateur après avoir étudié deux ans au Collège de Sainte-Anne-de-La-Pocatière (1895-1898). Aussi, il s’implique dans les affaires publiques et deviendra conseiller du comté de Madawaska, de 1914 à 1922. En 1929, il est registraire du Comté et aime organiser des expositions agricoles. Il est également maître-chantre à l’église de la paroisse11. Quant à Élizabeth, la mère de Docithe, même si elle a une santé fragile, elle s’implique également dans les organisations féminines d’alors. Ainsi, à l’Institut féminin, elle occupera le poste de secrétaire en 1921 et de 1924 à 192612.

Docithe effectue ses études primaires à Saint-François. Aurore Landry, qui est de 3 ans sa cadette, se souvient de lui comme d’un garçon bien élevé13. Après ses études primaires, Docithe poursuit ses études à Saint-Basile, où il sera pensionnaire de 1921 à 1923. À l’automne de cette dernière année, il étudie au Collège de Sainte-Anne-de-La-Pocatière, aidé financièrement par son oncle, l’abbé Théodule Nadeau, et ce, jusqu’à juin 1926. À son retour, il travaille sur la ferme familiale, qu’il achète finalement en 193814. En effet, craignant que son fils quitte la région et comptant sur lui pour prendre soin de lui-même et de sa mère, qui était malade, Émile lui vend la terre15. Au cours de la même année soit, le 2 août, il épouse Irène Daigle, enseignante à l’école de Pelletier’s Mill.

Plus tard, il complétera sa formation en suivant un certain nombre de cours notamment, celui de Community Leadership à Fredericton (1939) et une Formation de chef pour l’éducation des adultes à l’Université Saint-François-Xavier à Antigonish, Nouvelle-Écosse (1940), sous la direction du Père Moses-M. Coady; cet homme au leadership très fort est alors reconnu mondialement comme un grand maître de la coopération16. Ce dernier cours permet à Docithe de devenir, deux ans plus tard (1942-1943), organisateur et surveillant d’une trentaine de cours du soir, dans la paroisse de Saint-François.

Curieux de nature et ouvert aux nouvelles approches, Docithe entreprend les cultures mixtes et gagne des prix pour la qualité de son orge et de son avoine. En 1939, on nomme son entreprise Ferme de démonstration. Elle conservera ce rôle jusqu’en 194417. Une opération majeure, subie en 1942, oblige Docithe à avoir un travail plus léger. À partir de ce temps, il fera faire le travail à la ferme par un « engagé ». Un article écrit par Ian Sclanders, intitulé «Industrial New Brunswick» révèle qu’en 1947, il avait produit 7 tonnes de fèves18.

De 1941 à 1943, il devient projectionniste pour l’Office national du film dans les régions francophones du Nouveau-Brunswick (Restigouche, Madawaska, Gloucester, Northumberland). Cette expérience le met en contact avec les directeurs des différentes écoles francophones de la province. Développant un intérêt croissant pour domaine scolaire, il s’implique, de 1944 à 1948, à titre de premier président de la Commission des finances des écoles du Comté de Madawaska. Cette période coïncide avec la mise en oeuvre de la réforme scolaire élaborée par le gouvernement McNair, qui apportera la première école régionale de la province à Saint-François19. Ces contacts entretenus avec le milieu scolaire lui seront, de plus, très précieux lorsqu’il partira en affaires. Son intérêt pour le domaine de l’éducation l’amènera également à s’impliquer comme président fondateur dans le dossier du Foyer-École de Saint-François et dans les domaines des sports, des loisirs et de la culture.

Homme au physique imposant, 5’10’’, 210 livres, Docithe Nadeau est reconnu comme un homme fier, de belles manières, ayant beaucoup de leadership et aimant les bonnes choses de la vie20. Ses amis sont ceux qu’il côtoie lors des activités dans lesquelles il s’implique. Aussi, il préfère le bridge aux sports. Malgré qu’il aime peu la lecture, il se tient très informé de l’actualité régionale, nationale et mondiale par le biais de journaux et des autres médias.

Entretemps, il se lie d’amitié avec le Père Ernest Lang, nouveau curé arrivé à Saint-François en 1932 qui exercera une profonde influence sur lui et l’introduira aux cercles d’étude. Aussi, conjointement avec ce curé et d’autres cultivateurs, il participe à la fondation du premier cercle d’étude agricole dans sa paroisse et de toute la province du Nouveau-Brunswick et en devient tout à tour secrétaire et président. Dans le domaine agricole, il s’implique également comme organisateur de la Mutuelle des fermiers – Assurance feu dans le comté de Madawaska et en sera le directeur pendant plusieurs années. En 1941, il est membre de l’exécutif de la New Brunswick Association, puis en devient le président en 1945-1946. Aussi, on le nomme délégué aux conventions annuelles de la Canadian Federation of Agriculture en 1944 et 194521. De plus, il sera le premier président de la Fédération des cultivateurs du diocèse d’Edmundston, en 1954, de même que le premier président de la Fédération paroissiale des cultivateurs de 1954 à 1956.

Par ailleurs, par le biais du cercle d’étude, appuyé et alimenté par le Père Lang, Docithe se familiarise avec le coopératisme et s’y implique bientôt ardemment. Ainsi, il devient membre fondateur, en 1937, de la deuxième caisse populaire française de la province. Il sera le gérant de cette caisse, à partir du moment de sa fondation jusqu’en 1944. Martin-J. Légère, premier vérificateur du Mouvement des Caisses populaires acadiennes, dit à son sujet que son intégrité n’a jamais été mise en question22.

Durant cette même période, il s’implique également dans d’autres projets de coopération soit, en tant que Directeur de Maritime Cooperative Services de Moncton de 1939 à 1943 et en tant que membre fondateur de la Coopérative du Madawaska Limitée et président de ce dernier organisme, de 1940 à 1956.

De 1943 à 1945, Docithe Nadeau élargit son réseau. Il devient l’un des trois représentants pour la compagnie Croix-Bleue des Maritimes (Blue Cross) pour la vente du programme d’assurance-hospitalisation23. On lui confie la responsabilité des régions francophones des trois provinces. Dans le domaine de la santé, il s’impliquera à nouveau une dizaine d’années plus tard, cette fois, en tant que membre du Conseil consultatif de l’Hôtel-Dieu Saint-Joseph d’Edmundston (1956).

Dans le domaine politique, Docithe Nadeau a commence à s’impliquer en 1935, comme organisateur du parti libéral du Nouveau-Brunswick, pour la paroisse de Saint-François. Puis, il devient vice-président de l’Association libérale du comté de Madawaska (1939-1948). Il se présente, par la suite, comme député à l’élection de 1948. Le gouvernement McNair étant au pouvoir depuis 1940, le parti libéral et Docithe connaissent la défaite à l’élection suivante, en 1952. Parallèlement avec son implication en politique provinciale, il s’intéresse également au domaine municipal, agissant comme conseiller de 1937 à 1941 et de 1945 à 1966, année de l’incorporation de la municipalité de Saint-François-de-Madawaska.

Docithe Nadeau s’intéresse également au domaine des affaires et cela, avant même de devenir entrepreneur. Membre de la Chambre de Commerce d’Edmundston de 1942 à 1950, il deviendra pendant un certain temps président de la Chambre de Commerce du Haut-Madawaska et membre de la Commission d’expansion industrielle du Nouveau-Brunswick (1960-1965). En 1945, il fonde, avec son cousin, Albert Nadeau, la compagnie Nadeau et Nadeau Limitée, se spécialisant dans l’ameublement scolaire. Il en sera le président et gérant général jusqu’en 1967.

Vers 1967, la santé de Docithe commence à décliner. Il se retire graduellement des affaires et de la vie publique. Et suite à une longue maladie, il meurt le 6 avril 1986, à l’âge de 75 ans et 11 mois.

3- SON IDÉOLOGIE OU POINT DE VUE SUR DIFFÉRENTS SUJETS

L’éducation


L’aspect le plus important qui a été à l’origine même de l’engagement de Docithe Nadeau, semble son point de vue sur l’éducation. Les influences qui l’ont marqué à ce sujet semblent d’abord être celle de sa famille : son père, qui avait étudié au Collège de Sainte-Anne-de-La-Pocatière, ce qui était peu commun à cette période, et l’ouverture de ce dernier pour que son fils puisse, lui aussi, accéder à une éducation supérieure. Cependant, n’eut été de l’oncle Théodule, prêtre, la poursuite des études de Docithe aurait été impossible. On peut également présumer que la formation qu’il a reçue à cet endroit l’a rendu conscient de l’importance de l’éducation. Mais, du propre aveu de Docithe Nadeau, l’influence déterminante dans sa vie a été de celle du Père Ernest Lang, qui l’a introduit aux cercles d’étude, et que Docithe Nadeau a toujours considéré comme son mentor24.

Pour Docithe Nadeau, l’éducation, conjuguée à l’engagement social, est la pierre d’accise de la société, sous tous ses aspects. L’extrait suivant d’une conférence qu’il a adressée aux étudiants finissants d’une école probablement locale en témoigne.

(Grâce à votre éducation), vous avez l’outil nécessaire pour le perfectionnement; mais ayant reçu ce degré d’instruction,(...) c’est un tournant dans votre vie. Jusqu’à présent, vous dépendiez sur (sic) l’Église, vos parents et sur (sic) l’État, mais, maintenant l’Église, vos parents et l’État dépendent de vous.

C’est vous qui ferez la société. C’est pourquoi, je vous encourage à développer l’esprit civique. Qu’est-ce que le civisme ? (C’est) s’oublier pour penser aux autres. (Le civisme s’incarne) dans les oeuvres et organisations religieuses, (et) les oeuvres et organisations sociales. (C’est) faire sa part quand on est demandé. L’esprit civique n’est pas l’apanage (exclusif) des adultes. C’est un mode de vie sociale qui est aussi important pour les jeunes que pour leurs aînés. Quoiqu’elle ne s’en rende souvent pas compte, la jeunesse contribue à former la société contemporaine qu’elle sera appelée à diriger. J’en viens aux organisations des jeunes. Les adultes font leur possible. Combien de nos jeunes ne répondent pas. Alors, je souhaite que vous serez des jeunes à l’esprit civique. (...)25.

Il termine sa conférence par un commentaire d’abord exprimé en latin, Respice ad finem signifiant : «En toute chose, il faut considérer la fin».

Ainsi, non seulement Docithe Nadeau est-il en faveur de l’instruction, mais il établit un lien entre la jeunesse croissante et les multiples postes de responsabilité engendrés par l’évolution de la société. Lors d’une causerie prononcée à l’occasion de la Semaine de l’éducation en 1958, il compare cette jeunesse à une armée. « (Mais), cette armée qui est appelée à conquérir le monde, demande-t-il, est-elle suffisamment instruite et préparée pour remplir tous ses devoirs ? C’est là, je crois que nous comprenons la grande nécessité de l’instruction aujourd’hui »26.

Aussi, il lui apparaît nécessaire, à cette période, qu’un changement de mentalité s’opère pour éviter un abandon prématuré des études chez les jeunes; ceux-ci, habités par un désir d’indépendance, étant davantage attirés par les revenus que leur procure un travail. Pour que ce changement s’opère, Docithe Nadeau recommande aux parents d’inculquer à leurs enfants le désir de s’instruire et insiste sur la nécessité, pour eux et leurs enfants, de faire des sacrifices. Il encourage fortement, d’ailleurs, ses propres enfants à poursuivre leurs études; lui et son épouse les suivent de très près à cet égard. Aussi, il attribue la même responsabilité aux professeurs, aux commissions scolaires, aux industriels et aux gouvernements27.

Aussi, il ne manquera pas d’aborder ce thème lorsqu’il sera en politique. Lors d’un discours à l’Assemblée législative, il affirme son importance à tous les niveaux. «To be productive, to enrich our heritage, all those assets need the ferment of knowledge, training, culture, in short, of education 28».

Sa vision de l’éducation s’appuie sur des considérations religieuses mises en évidence par la lecture de références littéraires telles que la suivante, citée lors de ce même événement, et dont nous vous présentons un extrait :

Permettez-moi de vous citer une page tirée des « Conférences et discours » par A.B. Routhier

« C’est une des lois les plus admirables de la nature que la lumière est la grande génératrice des Etres; et c’est pourquoi la première parole de Dieu, au premier jour de la création a été « Que la lumière soit! ». (...)

Eh bien, la lumière est encore plus nécessaire à l’homme qu’à la plante; et comme il est à la fois esprit et matière, il lui faut une double lumière : lumière matérielle pour son corps, et lumière spirituelle pour son esprit. Cette lumière spirituelle, il la trouve dans l’instruction. C’est pourquoi vous dites d’un homme très instruit qu’il est très éclairé.

«Si donc on veut qu’une race soit éclairée, et grandisse à la lumière, il faut qu’elle ait sa place au soleil de la science; je dis sa place, c’est-à-dire pas une place quelconque, mais celle qui convient à sa nature, à son caractère, à son langage, à ses croyances...(fin de la citation) »

Ces paroles prononcées en 1896 nous démontrent comment l’instruction est encore et toujours une lumière nécessaire à la vie intellectuelle d’une nation et d’autant plus qu’avec nos temps modernes, nous en avons doublement besoin. Alors, j’espère, chers amis, que vous serez ces lumières brillantes et indispensables29.

Aussi, à l’instar de différentes organisations, telles, certaines banques, compagnies d’assurances, qui facilitent les prêts étudiants, et l’Association des manufacturiers canadiens, « qui réalisent sérieusement le manque d’ingénieurs, de dessinateurs, de comptables, enfin, d’hommes instruits », il encourage le don de bourses d’études et recommande l’obtention d’allégements fiscaux pour les compagnies faisant ces dons30.

La religion

Élevé dans une famille catholique très fervente ( cinq tantes religieuses et un oncle prêtre), Docithe Nadeau est un pratiquant convaincu. « Il l’était plus que moi », dira son épouse. Docithe favorise le chapelet en famille, donne la bénédiction paternelle au Jour de l’An. Et comme le lecteur l’a constaté dans l’extrait précédent, la religion ou les valeurs spirituelles constituent la base de sa pensée sociale. L’extrait du discours suivant, prononcé à l’Assemblée législative, témoigne de ce fait.

We say that our common heritage consists of certain basic rights and freedoms; freedom of worship, freedom of speech; and freedom from want. To achieve the aims of democracy, we must reaffirm our belief in God’s precept of « love thy neighbour ». Love of neighbour means good will and kindness in word. It means good will and kindness, first of all to individuals. It means good will and kindness, secondly to groups, to social classes, to nations, or to races, other than our own. Racial, national or class hatred and ill-will are just contrary to the spirit of democracy as are hatred, ill-will, towards individuals. If we interpret citizenship in its broader sense to mean also our relations with our fellow-citizens, then good citizenship is nothing more or less, than love of neighbour carried out in daily life.

Citizenship is a positive thing, not a passive thing. And activity; not a passivity. More and more, each year legislatures and civic administrations must deal with matters that deeply and immediately concern the evident welfare of our neighbours. The complexity and massiveness or modern conditions and problems are calling more and more for team work. I wish to congratulate the Financial Critic for his exhortation for a united front for the good and common welfare of New Brunswick. Through the individual effort of all of us we may achieve results31. And I leave you with these words :
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