Cours de Sabine lardon, octobre 1996-février 1997








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La thèse des Modernes et de leurs partisans.

Perrault (Le Siècle de Louis XIV) : « Ils sont grands, il est vrai, mais hommes comme nous ». Perrault va révéler la faiblesse des Anciens et montrer que par manque d’esprit critique, on applaudit parfois des erreurs. Les partisans des Modernes vont défendre les contemporains au nom de deux principes :

— la permanence des lois naturelles.

— l’idée de progrès, qui touche les arts aussi bien que la science. Il s’appuie sur l’exemple de la science pour montrer qu’on fait de nouvelles découvertes qui parfois infirment les thèses des Anciens.
La thèse des partisans des Anciens.

Il faut prendre pour modèles les auteurs antiques. La Fontaine explique que l’imitation des Anciens lui a permis de corriger son style, précieux et maniéré au début, pour le ramener « au simple et au naturel ». Boileau montre que l’imitation des Anciens permet de révéler les règles de l’art. Mais La Fontaine déclare : « Mon imitation n’est pas un esclavage ». Pour juger de la valeur d’une œuvre,

Boileau dit qu’il faut attendre l’épreuve du temps. Il prend l’exemple de Corneille, qui a déjà perdu de sa valeur, car on commence à lui préférer Racine.

CONCLUSION
Il n’y a pas d’unité du siècle, qui évolue entre différents courants : baroque et maniérisme, préciosité, burlesque et classicisme. Ce dernier courant répond à un besoin d’épuration du goût, de la langue et des mœurs.
LA RELIGION AU XVII° SIÈCLE


I - LE LIBERTINAGE INTELLECTUEL
Ce courant libertin marque la transition entre l’humanisme du XVI° siècle (dont il assure la continuité) et la Philosophie des Lumières qu’il annonce.

Les libertins veulent se libérer des religions pour redonner un sens à l’existence de l’homme sur Terre. Leur foi en l’homme renoue avec l’humanisme : on réhabilite l’homme. Ce courant apparaît dès le début du XVII° siècle, et il va se maintenir tout au long du siècle.

Il est tout d’abord combattu par Richelieu, avec en particulier le supplice de Vanini, brûlé en 1619. Puis il retrouve un nouveau souffle pendant la Fronde (de 1643 à 1653 environ). Il parvient à subsister sous Louis XIV, et s’intensifie après 1680 à l’approche du XVIII° siècle.
1) Les personnalités.
Ce courant est illustré par trois groupes :

— les poètes.

— Les philosophes, qui se réunissent dans des cercles érudits (un des plus célèbres exemples est celui des frères Dupuy) : La Mothe de Vayer, Pierre Gassendi, Guy Patin et Gabriel Naudé, auquel il faut ajouter Cyrano de Bergerac, qui est également écrivain.

— Les mondains, qui se réunissent dans des salons, dont le plus célèbre est tenu par Ninon de Lenclos. Parmi ces mondains, il y a le cardinal de Retz, le chevalier de Méré, et surtout Saint-Évremond qui en est la personnalité la plus marquante.
2) Sur le plan de la pensée.
Les libertins sont des sceptiques qui rejettent à la fois le dogmatisme religieux et le rationalisme cartésien. Ils croient :

— à la connaissance positive des hommes, en dehors de toute croyance a priori.

— aux progrès de la science qui permettra d’expliquer l’homme.

— à la morale naturelle, mieux adaptée que toute autre à la vie terrestre.

Les libertins se réfèrent donc à Épicure, et donc à Montaigne.
3) Sur le plan de la religion.
Il faut distinguer les libertins qui sont chrétiens, mais qui pratiquent un scepticisme chrétien (La Mothe de Vayer, Gassendi), et qui prônent un christianisme épuré des superstitions et de la croyance aux miracles ; les athées (Cyrano, Naudé) ; Saint-Évremond, qui est plutôt déiste.

Du fait des poursuites, ils ont peu publié (leur pensée s’est surtout développée dans les cercles et les salons).


4) Une remarque sur Cyrano de Bergerac.
Il a écrit L’Histoire comique, ou Voyage à la Lune et L’Histoire des États et empires du Soleil. Son écriture relève d’une fantaisie un peu burlesque, mais aussi scientifique (il expose sa conception matérialiste de l’univers et des principes scientifiques comme la rotation de la Terre autour du Soleil). C’est une œuvre distrayante, mais qui a aussi un aspect engagé (satire de la royauté et critique de la religion chrétienne, en particulier des miracles). Il a inspiré Swift (Les Voyages de Gulliver) et Voltaire (Micromégas).

II - LA QUESTION PROTESTANTE ET LA CONTRE-RÉFORME CATHOLIQUE
1) La première partie du siècle.
Le catholicisme va regagner en vigueur, ce qui se marque par :

— un réveil spirituel, avec la multiplication de la prédication, de l’enseignement catholique et des œuvres charitables.

— le renouveau de la pensée, avec Saint-Vincent de Paul et Saint-François de Sales.

— le retour des jésuites, bannis en 1594 et rappelés par l’Édit de Rouen en 1603 (par Henri IV).

En regard de ce renouveau catholique, le protestantisme est quelque peu affaibli. Les protestants, malgré l’Édit de Nantes, demeurent victimes de tracasseries incessantes (administratives, juridiques) de la part d’une nation à dominante catholique, d’où un certain nombre de conversions par lassitude ou par opportunisme. Les communautés protestantes ont tendance à se replier sur elles-mêmes, et elles sont affaiblies par des querelles théologiques (venues de Hollande) qui les divisent.

Sous Henri IV, la situation est délicate, car il a dû se convertir pour régner. Une des conditions de l’absolution papale de Henri IV était en effet le rétablissement du culte catholique en Béarn et en Navarre. Henri IV va se contenter de nommer deux évêques catholiques, mais sans leur donner de réel pouvoir ni imposer le culte catholique. Il rappelle également les jésuites.

Sous Richelieu et Louis XIII. De juillet 1627 à octobre 1628 a lieu la Guerre de la Rochelle, menée par Richelieu contre les protestants. Mais ce dernier se montre toutefois indulgent envers les protestants. Par contre, Louis XIII, pieux, favorisera plus fortement le catholicisme, en rétablissant le pouvoir des deux évêques nommés par Henri IV et en rappelant auprès d’eux les ordres religieux qui y sont rattachés. Devant la résistance des protestants, il fait envahir le Béarn et il fait rétablir le culte catholique.


2) La seconde partie du siècle.
La situation va se durcir. Les catholiques vont tout d’abord assurer leurs positions dans le domaine de l’enseignement, dans celui des arts en pratiquant la censure (ex : Tartuffe ou Dom Juan), et dans leur volonté de conquêtes extérieures (en particulier au Moyen-Orient, et dans leurs efforts missionnaires).

L’Église de France est alors de tendance gallicane jusqu’en 1693 (cette tendance reconnaît la primauté de Rome dans l’Église, mais non sur l’Église ; ce qui fait que l’Église de France ne dépend pas du pape, mais du roi de France).
En 1682, une Assemblée du clergé, dominée par Bossuet, approuve « la déclaration des quatre articles », une charte gallicane qui sera enseignée dans les facultés et les séminaires :

— l’autorité du Saint-Siège n’est que spirituelle.

— Le concile œcuménique est supérieur au pape (le clergé de France est donc indépendant).

— le pape n’est pas infaillible, sauf consentement de l’Église universelle.
Après 1693, Louis XIV évolue vers un catholicisme dévot et ultra-mondain sous l’influence de Mme de Maintenon. Il va collaborer plus étroitement avec Rome et avec les jésuites. Il va également lutter contre le protestantisme. Cette lutte a en fait débuté dès 1661 ; c’est ce qu’on appelle la Contre-Réforme. Elle se déroule en trois étapes :

De 1661 à 1679 : la Cabale des Dévots. On multiplie les démarches contre les protestants en appliquant de façon très restrictive l’Édit de Nantes, selon le principe que tout ce qui n’est pas autorisé explicitement est interdit.

De 1679 à 1685, ce sont des persécutions violentes contre les protestants, qui prennent deux formes :

judiciaire. Par des arrêts, on va rendre illégal l’accès des protestants à certaines fonctions (tous les offices administratifs et les professions libérales).

militaire, avec les dragonnades (on loge les militaires chez les protestants, ce qui entraîne des conversions massives : 30 000 dans le Poitou).

Le 18 octobre 1685 : l’Édit de Fontainebleau révoque l’Édit de Nantes, et impose les points suivants :

— le bannissement des pasteurs.

— la fermeture des écoles protestantes.

— la démolition des temples.

— l’obligation du baptême catholique pour les convertis.

III - LE JANSÉNISME
1) les origines.
C’est un courant de pensée qui marque l’époque et qui se développe entre 1617 et 1635 à partir d’un échange d’idées et de projets entre Du Verger de Hauranne (l’abbé de Saint-Cyran) et son ami Jansen (Jansénius), évêque d’Ypres.

Tous deux projettent en secret une réforme de l’Église catholique. De ce projet, il y a eu concrètement un livre, l’Augustinus (écrit par Jansénius), et d’autre part l’influence de Saint-Cyran sur le couvent de femmes de Port-Royal. C’est grâce à Port-Royal que le jansénisme va se perpétuer, grâce aux religieuses, aux docteurs en théologie de Port-Royal (Arnault, Nicole) et aux « solitaires » de Port-Royal (c’est-à-dire aux amis du couvent, comme Pascal et Racine).
2) La morale janséniste.
C’est une morale pessimiste :

— Depuis la chute d’Adam, le salut repose sur la grâce de Dieu qui est purement gratuite (l’homme ne peut rien faire de lui-même pour l’obtenir). L’amour de Dieu va de pair avec la crainte de Dieu.

— L’homme cultive dans le monde les divertissements, non pas pour lui-même, mais pour se détourner d’une vérité trop pénible. Le jansénisme condamne donc un monde d’artifices et d’illusions.

— Plus l’homme s’élève dans la hiérarchie sociale, plus il se trompe sur lui-même, car il est aveuglé par les flatteries de ceux qui vivent à ses dépens.

— Le jansénisme impose une morale rigoureuse et dénonce le relâchement des mœurs à l’époque et la corruption des principes du christianisme.

— La seule grandeur de l’homme, c’est de pouvoir ressentir sa misère. Le seul pouvoir de la raison humaine, c’est de reconnaître son impuissance. Ex : Phèdre, de Racine, ou encore le « roseau pensant » de Pascal.
En littérature, le jansénisme imprègne la pensée de Pascal, Racine, La Rochefoucauld et Boileau. Il s’oppose au culte du héros, il détruit ce culte. Il dénonce les valeurs et les principes chevaleresques, qui sont autant de masques à l’amour-propre. La Rochefoucauld : « La grandeur éclatante, l’amour de la gloire, le désintéressement, la modération ou magnanimité, la constance stoïque, la vaillance, l’amour épuré, l’amitié, la sincérité et la loyauté ».
Le jansénisme a été condamné à la fois par la monarchie et par l’Église. La papauté condamne les livres de Jansénius dès 1653. Jusqu’en 1715, quatre papes successifs vont condamner le jansénisme. Richelieu fait emprisonner Saint-Cyran en 1638, et il fait disperser les « solitaires ». Mazarin fait condamner et exclure par la Sorbonne Arnault, il fait à nouveau disperser les « solitaires » et il prépare « la persécution du Formulaire » (une déclaration préparée par les jésuites, adoptée en 1656 par l’Assemblée du clergé, et que tout religieux se voit contraint de signer par le roi. Cette signature implique l’adhésion aux bulles papales qui condamnent le jansénisme, et la condamnation des théories de Jansénius).

Louis XIV, dès le début de son règne, poursuit la lutte. Il fait détruire les petites écoles de Port-Royal ; il fait expulser les pensionnaires et novices du couvent ; il fait surveiller, déplacer ou excommunier les religieuses qui refusent de signer le Formulaire.

En 1679, après dix ans d’arrêt, il reprend les persécutions. À la fin de son règne, Louis XIV décide d’en finir. En 1710, il fait saisir les biens du couvent, et il le fait raser.

Le jansénisme se heurte à la monarchie, car il fragilise le pouvoir du roi à une époque où on évolue vers une monarchie absolue.

Il se heurte aussi à l’Église catholique par sa volonté de réforme, de purification, et surtout car il se heurte aux jésuites, qui représentent à l’époque l’orthodoxie en matière religieuse (la casuistique leur permet de minimiser les pêchés).

Enfin, il se heurte à l’opinion publique par son rigorisme moral.

IV - FÉNELON ET LE QUIÉTISME
Le quiétisme est la doctrine d’un prêtre espagnol, Molinos, qui sera condamné pour hérésie. En 1675, il expose dans son Guide spirituel les principes d’une doctrine mystique, selon laquelle l’âme doit s’unir à Dieu, et pour cela se détacher du corps, au point qu’elle n’est plus responsable des fautes que le corps peut commettre.

En France, la doctrine quiétiste est reprise par Mme Guyon, mais sous une forme atténuée car elle ne reprend pas l’idée de l’irresponsabilité de l’âme. Dans son ouvrage Moyen court et très facile pour l’oraison que tous peuvent pratiquer très aisément, elle expose les principes quiétistes suivants :

— la perfection réside dans un acte continuel de contemplation et d’amour (il suppose un abandon total à Dieu).

— l’état d’oraison (la prière) renferme à lui seul tous les actes de la religion et se suffit à lui-même. Cela implique que le quiétisme dispense toute pratique de la prière à voix haute, la confession, les bonnes œuvres, la crainte des enfers et même tout désir de salut.

Fénelon, qui a connu un début de carrière ecclésiastique très brillant, rencontre Mme Guyon en 1689 et il la présente à Mme de Maintenon, qui va être séduite tout d’abord par cette doctrine et qui va l’introduire à Saint-Cyr (couvent de jeunes filles).

À partir de 1694, l’Église catholique va condamner cette doctrine quiétiste ; la carrière de Fénelon est stoppée.

V - BOSSUET
Il a é té toute sa vie un homme d’église. Il a commencé sa carrière de prédicateur en 1660, et en 1680, il est nommé évêque de Maux et il devient le véritable chef de l’épiscopat français.

Son œuvre reste religieuse, mais elle n’est pas dénuée de qualités. Il faut faire attention à :

— la présence de références bibliques.

— l’évocation de la connaissance du cœur humain, et la faculté à s’adapter à son auditoire.

— la présence d’images, de symboles ou de figures de rhétorique.

— au sens du rythme. On a une prose cadencée, c’est-à-dire poétique.



LE THÉÂTRE AU XVII° SIÈCLE


I - PRÉSENTATION GÉNÉRALE
1) Les troupes.
Tout d’abord, il y a des troupes qui donnent des représentations de rue sur des tréteaux, d’autres qui jouent lors des foires, ou encore des troupes ambulantes qui parcourent les provinces.
À Paris, il y a trois troupes particulièrement célèbres :

— la troupe de l’hôtel de Bourgogne. C’est au départ la troupe royale, et elle a comme poète attitré Alexandre Hardy. Elle comprend trois comédiens dont les noms sont restés célèbres : Floridor, Montfleury et la Champmeslé.

— la troupe du théâtre du Marais, installée dans la salle du Jeu de Paume.

— la troupe de l’Illustre Théâtre, installée d’abord au Petit Bourbon, puis au Palais Royal. C’est la troupe de Molière, qui à la mort de ce dernier fusionne avec celle du Marais, puis avec celle de l’hôtel de Bourgogne.
En 1680, Louis XIV va accorder une pension à la nouvelle troupe constituée par cette triple fusion, qui prend le nom des « comédiens français », et qui s’installe rue des Fossés Saint-Germain (de nos jours, rue de l’Ancienne Comédie) : c’est la naissance de la Comédie Française.
Il y a aussi les troupes de comédiens italiens. À l’origine, ils ont été appelés en France par Catherine de Médicis au XVI° siècle, puis ils sont restés, et donnent des représentations très appréciées (ils auront une influence sur Molière et sur la comédie en général).

L’opéra se développe également à cette époque sous l’influence italienne, avec la musique de Lully et les livrets de Quinault.
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