Cours de Sabine lardon, octobre 1996-février 1997








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3) Le perfectionnement de l’homme.
a) Développement d’une nouvelle pédagogie.

Cette nouvelle pédagogie va s’enseigner dans les Collèges, et va s’opposer à la pédagogie médiévale :

— refus du par-cœur, et priorité à la compréhension.

— réflexion.

— privilégie le développement du dialogue entre le professeur et l’élève.

— respect du caractère de l’élève.

— développement harmonieux de l’élève (qualités intellectuelles, morales et physiques).

Ex : lettre de Gargantua à son fils.
b) Développement d’un nouvel idéal politique.

L’humanisme croit en un homme meilleur : développement moral et civique. Les humanistes vont surtout s’intéresser aux œuvres moralistes et historiques pour perfectionner l’homme (Plutarque, Sénèque, Tite-Live...).

Eux-mêmes vont produire une littérature moraliste, comme par exemple la biographie des grands hommes, ou des recueils de sentences (exempla). Ils conçoivent un État idéal, fondé sur l’échange et la transparence (cela reflète l’ouverture d’esprit des humanistes, leur tolérance). La tolérance est vue à deux niveaux : on peut accueillir des hommes de tous les pays et de toutes les religions. Cela suppose un prince éclairé. L’œuvre des humanistes reflète cet État idéal (ex : Rabelais : Gargantua, Pantagruel ; Thomas More : Utopia).

CONCLUSION
L’humanisme a bénéficié de l’appui de princes mécènes, comme François Ier, et il a bénéficié également du contexte économique et culturel de la Renaissance. L’humanisme est indissociable de son pendant religieux, l’évangélisme...


L’ÉVANGÉLISME


L’évangélisme est sur le plan religieux ce que l’humanisme est sur le plan culturel.

I - LES CAUSES DE L’ÉVANGÉLISME
L’évangélisme est une réaction face à la corruption de l’Église catholique au cours du XV° siècle, corruption qui a lieu sur plusieurs points :

— Le développement de pratiques superstitieuses (culte des saints, reliques, etc.), et surtout une pratique très contestée, celle des indulgences (quand on a pêché, on devrait se racheter par la confession et la prière ; toutefois, on a commencé à se racheter en payant les indulgences).

— L’Église reste loin des préoccupations du peuple, d’une part parce que le Clergé s’est corrompu à tous niveaux (les papes vivent comme des princes, comme des séculiers — c’est-à-dire des gens hors de l’Église ; dans les campagnes, les prêtres vivent comme tout le monde, ils boivent, etc.).

— De plus, la messe est en latin, et les paysans ne peuvent pas la comprendre.

— Multiplication des interdits.

II - L’IDÉAL ÉVANGÉLISTE FACE À CELA
Ce sont des catholiques qui ne cherchent pas la rupture avec l’Église catholique, mais qui réclament une certaine purification de l’Église, qui touche trois points :
1) Critique du clergé :
Les évangélistes s’attaquent au Clergé dont ils veulent une réforme morale et administrative. Ils dénoncent la corruption matérielle du haut Clergé et des ordres monastiques.

Ils condamnent également l’habitude du haut Clergé à la cours plutôt qu’au diocèse, ainsi que l’ignorance et la grossièreté du bas Clergé (dans les campagnes) et des moines mendiants.
2) Les évangélistes prônent une foi profonde.
Celle-ci doit être débarrassée des pratiques qu’ils jugent superflues et superstitieuses : le culte des reliques, les pèlerinages et les jeûnes.
3) L’évangélisme conçoit la religion sur une foi intériorisée.
Tout le monde doit lire et méditer les textes sacrés. Les évangélistes vont donc traduire (en latin ou en français, au lieu de l’hébreu et du grec) et publier les textes sacrés. Ils vont commencer à se soucier du format pour rendre accessible les textes sacrés à ceux qui savent lire. Un texte a surtout été beaucoup traduit : les Psaumes de David (Psautier), car ils étaient psalmodiés de manière quasi mécanique en latin à l’Église et non compris.
Les deux grands noms de l’évangélisme sont Lefèvre d’Étaples (=> fabri => fabriste) et Érasme. Lefèvre d’Étaples a été hébergé à Meaux avec ses disciples par l’évêque Briçonnet, qui avait formé le Groupe de Meaux. C’est un groupe d’évangélistes autour de Lefèvre d’Étaples et qui a influencé l’œuvre de Marguerite de Navarre.

III - L’ATTITUDE DE FRANÇOIS Ier À L’ÉGARD DE L’ÉVANGÉLISME
Il est tout d’abord indulgent envers les évangélistes, car ils ont influencé sa sœur Marguerite. Il les protège des attaques de la Sorbonne (la faculté de théologie) et du Parlement (à l’époque, on brûlait ceux qu’on jugeait hérétiques).

Mais en 1534 a eu lieu l’Affaire des Placards (c’est une affiche placardée sur un mur, une porte). Ces affiches défendaient les idées réformées des évangélistes, et elles ont été affichées à la cour jusqu’à la porte du roi lui-même. François Ier va mal le prendre et il va organiser la répression :

— Condamnations massives.

— Surveillance de l’imprimerie et censure.

— Épuration des corps constitués.
Ce revirement du roi a une raison politique : il refuse de suivre l’exemple de l’Angleterre (qui a rompu avec Rome), car pour lui, la survie de l’État monarchiste français passe par le soutient de l’Église Romaine, du Saint-Siège.
De 1536 à 1538, il y a une certaine accalmie. Le pape va conseiller à François Ier un certain esprit de conciliation.

Mais après 1539, les positions vont se durcir avec la montée du calvinisme. La France va se scinder en deux camps : les protestants et les catholiques. Les évangélistes devront choisir entre rester dans l’Église catholique ou bien rompre avec elle.


LE PLATONISME


Platon => platonisme => platonicien(ne) (adj.)
I - DÉFINITION
Socrate a eu plusieurs disciples, dont Aristote et Platon. Aristote a développé sa propre philosophie à partir de l’enseignement de Socrate. Quant à Platon, il a écrit des dialogues qui mettent en scène Socrate et qui sont censés transcrire directement l’enseignement de son maître.

On parle de platonisme, car rien ne prouve que ce sont vraiment les idées de Socrate qui ont été retranscrites par Platon.

Le platonisme a influencé la pensée de la Renaissance dans trois domaines :

— La théorie des connaissances.

— La théorie du langage.

— La théorie de l’amour.
1) La théorie des connaissances.
On la trouve dans deux ouvrages de Platon en particulier : Phèdre (éd. GF) (le Banquet) et La République (mythe de la caverne).
Dans le Phèdre :

Les hommes étaient constitués à l’origine d’âmes ailées, qui leur permettaient de suivre le cortège des dieux dans le monde des Idées, qui sont les vérités essentielles de toutes les choses qui existent. Mais les hommes sont devenus orgueilleux, et les dieux, pour les punir, ont coupé leurs ailes et ont enfermé leur âme dans une enveloppe corporelle, conçue comme une prison, qui retient les hommes à terre par sa lourdeur.

Sur Terre, les hommes n’ont plus accès aux Idées, et ils ne voient plus que des copies, des apparences de ces Idées. Cependant, ils gardent en eux un souvenir inconscient, enfoui de ce monde des Idées, d’où un désir d’élévation qui les anime. C’est la théorie de la réminiscence.
Le mythe de la caverne :

Les hommes sont enfermés dans une caverne obscure, tournant le dos à l’extérieur, faisant face à la paroi du fond. Dans cette caverne, il y a un feu qui projette sur la paroi du fond les ombres de ce qu’il y a à l’extérieur.

Les hommes prennent pour réalité ces ombres qui ne sont qu’une image de la réalité.
La maïeutique :

La maïeutique, c’est l’art de la « sage-femme », l’idée de faire accoucher l’homme des Idées (comment faire parvenir les hommes à la connaissance).

Tout homme possède en lui les connaissances, mais elles sont enfouies, oubliées, et il faut amener l’homme à les redécouvrir.

C’est ce que fait Socrate par ses dialogues : en progressant point par point (par questions diverses), il permet à l’interlocuteur de reconnaître la vérité.

2) La théorie du langage.
Celle-ci est exposée dans le Cratyle (ainsi qu’un peu dans le Phèdre et la République).

C’est l’idée d’une langue originelle pure ; une langue idéale, dont les mots reflétaient parfaitement l’idée qu’ils évoquaient. Les langues contemporaines de Platon et les langues actuelles ne sont que le reflet, des modèles corrompus, de cette langue originelle. Il faut donc essayer de retrouver sous les mots les idées désormais cachées qu’ils sont censés refléter. C’est à travers le jeu de l’onomastique (étude des noms propres) que les auteurs du XVI° siècle vont essayer d’approcher cette conception d’une langue pure. Certains vont donner comme nom de la dame de leur pensée un nom symbolique, dans les recueils de poésie amoureuse : l’Olive (le rameau d’olivier est celui d’Athéna, déesse de la sagesse) de Du Bellay ; la Délie (anagramme de « l’idée ») de Maurice Scève ; Laura (laurier), la femme de Pétrarque.
Théorie de la furor :

Il existe trois types de fureur : la fureur poétique, la fureur amoureuse et la fureur prophétique.

La fureur poétique : le poète compose dans un état extatique d’inspiration par Apollon, par Dyonisos ou par les Muses. L’univers va s’exprimer à travers le poète.
Théorie de la musique des sphères :

À la beauté de l’univers est associée une idée d’harmonie, or c’est la musique qui exprime le mieux l’harmonie. Pontus de Tyard conçoit la fureur poétique comme le premier pas de l’élévation de l’âme. Agrippa d’Aubigné, poète calviniste, va christianiser ce mythe : le poète est inspiré par Dieu, et non par les dieux païens ou les Muses.
3) La théorie de l’amour.
C’est une fureur qui s’empare de l’âme à la vision d’un beau corps : elle repose donc sur l’idée de beauté. La vision d’un beau corps provoque une réminiscence de l’Idée de beauté. Il ne faut donc pas s’arrêter à l’amour charnel, qui n’est qu’une étape préliminaire, mais il faut s’élever à travers l’amour pour une belle personne à l’Idée de beauté.
Dans le Banquet :

Mythe d’Éros (Amour), fils de Poros et Penia (Abondance et Pauvreté), d’où le caractère ambigu de l’amour, toujours suspendu entre désir et frustration.

Mythe de l’androgyne originel. Au départ, les principes masculin et féminin étaient unis, de forme circulaire. À cause de leur orgueil, les dieux les ont coupés en deux ; chaque moitié cherche alors à retrouver une forme complète (c’est la conception de l’androgyne parfait).
II - LA DIFFUSION DU NÉOPLATONISME EN FRANCE
1) Renouveau de la théorie platonicienne.
Cette théorie est revue par des siècles de christianisme. La vogue du néoplatonisme est venue d’Italie, avec Marsile Ficin (le néoplatonisme revu par Ficin s’appelle le ficinisme), Balthazar Castiglione et Leone Ebreo (Léon l’Hébreu) qui a influencé l’École Lyonnaise.

En 1482, Ficin publie une traduction du Banquet de Platon, accompagné d’un « commentaire sur le Banquet de Platon » et d’une théologie platonicienne.

En 1428, B. Castiglione publie Le Parfait courtisan.

En 1535, Leone Ebreo écrit des Dialogues de l’Amour, qui font véhiculer le néoplatonisme, surtout dans l’École Lyonnaise.
2) Le ficinisme.
La théorie ficinienne est plus mystique et plus chrétienne que celle de Platon.
La remeatio (réintégration) :

Chaque être est une émanation de la divinité, qu’il désire réintégrer. Quand un homme est amoureux, il est attiré hors de lui pour habiter l’objet aimé. Quand on aime, on meurt dans soi pour renaître dans l’autre. On reconstitue donc l’androgyne originel, avant de réintégrer l’être unique.

— Platon établissait des concordances bien / beau / bon. Ficin utilise une échelle :
La beauté du corps, reflète

V

La beauté de l’âme (bonté)

V

Beauté de l’ange

V

Beauté de Dieu.
Ficin distingue deux types d’amour :

— l’amour vulgaire et sensuel, qui consiste à ne rechercher dans l’amour que la satisfaction d’un désir purement charnel (cet amour est condamné). Les sensations qui lui sont associées sont le goût, l’odorat et le toucher.

— l’amour véritable, qui à travers l’amour du corps va s’élever vers l’idée de beauté et vers Dieu. Les sensations qui lui sont liées sont des sensations nobles : la vue et l’ouïe.

CONCLUSION
En littérature, le platonisme va influencer certaines ouvres pétrarquistes (de l’École Lyonnaise ou de la Pléiade), ainsi que l’œuvre de Marguerite de Navarre.
[En complément, explication d’un poème de Du Bellay tiré de l’Olive, « Si notre vie est moins qu’une journée... » ].

LE PÉTRARQUISME


C’est un courant capital du XVI° siècle.

I - LES INFLUENCES
1) La courtoisie et le fin’ amor.
La courtoisie est l’une des vertus dont doit faire preuve le chevalier (avec la prouesse et la largesse, c’est-à-dire ne pas être avare). C’est un idéal de vie qui se double d’un art d’aimer. La courtoisie en tant qu’art de vivre impose trois qualités :

la noblesse (le contraire de vilain, c’est-à-dire qui n’est pas noble). Il y a au Moyen-Âge une équivalence entre la classe sociale, l’aspect physique et les qualités morales. La noblesse impose une beauté physique et morale, ainsi que le respect d’un code moral.

la mesure. Elle impose le contrôle de soi dans ses paroles et ses actes.

l’esprit. Il faut savoir faire preuve de bonnes manières et bien parler, ainsi qu’avoir un esprit vif et raffiné, et une bonne éducation.
Cette courtoisie se double d’un art d’aimer, l’amour courtois : le fin’ amor (« l’amour parfait »). Il suppose un perfectionnement de soi, et plusieurs critères :

— La femme aimée est désignée sous le nom de « Dame » (du latin domina, « maîtresse »). La Dame est donc en position d’autorité, de supériorité par rapport au chevalier. La Dame peut disposer, elle est souvent représentée comme capricieuse : le couple Dame / chevalier s’assimile donc au lien qui unit le vassal à son suzerain. Mais l’amour courtois est fondé sur l’admiration mutuelle, et donc la soumission de l’amant à la Dame ne suppose pas de diminution de ses valeurs chevaleresques.

— C’est un amour qui se vit hors mariage. À l’époque, on faisait des mariages de convention, en fonction de son statut social. Le mari avait une jouissance de droit sur son épouse, sans qu’il eût besoin de lui faire la cour. Ceci s’oppose à l’amour courtois, car le chevalier doit conquérir sa Dame : la jouissance doit être le résultat d’une quête. Dans l’amour courtois, les amants se reconnaissent selon leurs valeurs. Mais cela ne suppose pas la chasteté : les amants peuvent avoir des relations charnelles.
L’amant courtois doit faire preuve de trois qualités : la fidélité, le service et la discrétion. Cet idéal de l’amour courtois a été illustré par deux types de personnes :

Par les troubadours de langue d’oc. La littérature de langue d’oc connaît son apogée au XII° siècle. Mais dès le début du XIII° siècle, elle décline. Cependant, elle va trouver un auditoire en Italie.

Par les trouvères de langue d’oïl. La littérature de langue d’oïl commence à se développer au XII° siècle.
L’amour courtois va influencer Pétrarque et les Italiens, par le biais des troubadours, et la littérature française, par le biais des trouvères.
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