Recherche présenté en vue de l’obtention du Diplôme d’Etudes Appliquées








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Université de Bretagne Occidentale
Ecole doctorale « sociétés, littératures et langues »

Mémoire de recherche présenté en vue de l’obtention du
Diplôme d’Etudes Appliquées

« Cultures et civilisations de la Bretagne et des pays celtiques »

Mention « Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives »

La construction d’une représentation spatiale non visuelle

Une etude sur la regate sonore des marins non-voyants

Présenté par

Mathieu Simonnet
Sous la direction conjointe de

Messieurs Philippe Lacombe et Jean-Yves Guinard

Septembre 2004

Je remercie tout particulièrement les membres de l’association Orion pour le temps alloué aux expériences, et monsieur Jean-Yves Guinard pour ses précieux conseils.

Sommaire

Préambule 5

Introduction 9

La spécificité de la cécité 10

I.1.a. D’un point de vue fonctionnel 10

I.1.b. D’un point de vue psychologique 10

La représentation de l’espace et sa construction 12

I.1.c. La construction de l’espace 13

I.1.d. La représentation spatiale en cours d’action 14

I.1.e. Représentations transitoires et permanentes : l’importance de la représentation sémantique selon Ehrlich 17

I.1.f. La représentation imagée : un support euclidien pour la construction de l’espace 20

I.1.g. Les cartes cognitives 21

Représentation, espace et cécité 22

I.1.h. La construction de représentation spatiale imagée chez les aveugles 22

I.1.i. La modalité spatiale auditive dans les deux dimensions 25

I.1.j. La modalité spatiale haptique dans les deux dimensions 26

I.1.k. Utilisation de cartes en relief et stratégie d’exploration tactile. 27

I.1.l. Les limites non négligeables de la précision des cartes en relief 31

Cécité, voile et déplacement 32

I.1.m. L’utilisation de la carte tactile match-racing sonore 32

I.1.n. La technique du repère de temps à vitesse constante 34

I.1.o. Le rôle de l’élément « vent » dans l’appréhension de la direction 36

I.1.p. La construction de la carte cognitive du parcours sonore en voile 36

I.1.q. Les applications pratiques se multiplient avec l’expertise 37

Problématique et Hypothèse générale 38

Le travail théorique précédent nous amène à formuler l’hypothèse générale suivante : 38

Expérimentation exploratoire 39

Expérience sur « l’élément vent » comme repère d’orientation 40

I.1.r. Protocole 1 40

I.1.s. Recueil de données 41

I.1.t. Résultats de l’expérience 1 42

Expérience de localisation d’un son en distance et orientation 43

I.1.u. Protocole 2 43

I.1.v. Recueil de données 45

I.1.w. Résultats de l’expérience 2 46

Expérience sur les directions des trajectoires avec des repères sonores ou tactiles. 48

I.1.x. Protocole 3 48

I.1.y. Recueil des données 49

I.1.z. Résultats de l’expérience 3 49

Expérience sur l’unité de distance 52

I.1.aa. Protocole 4 52

I.1.bb. Recueil des données 53

I.1.cc. Résultats de l’expérience 4 53

Expérience de représentation de trajectoire 55

I.1.dd. Protocole 5 55

I.1.ee. Recueil de données 57

I.1.ff. Résultats de l’expérience 5 58

Vérification de l’hypothèse générale 61

Discussion 63

Le rôle des informations liées à l’action 64

Le rôle des représentations permanentes 68

Les Interactions entre les représentations transitoires et permanentes à coordinations verticales et horizontales 75

Considérations d’ordre pratique 78

Conclusion 80

Perspectives 81

Glossaire 83

Bibliographie 91


Préambule

A Brest, l’association Orion propose aux personnes déficientes visuelles de naviguer à la voile de façon adaptée depuis mars 2002. Actuellement dix marins déficients visuels se retrouvent chaque semaine.

L’objectif de cette étude est d’aider les marins non-voyants à améliorer leurs représentations de l’espace au cours de régates à la voile.

Les questions que pose ce problème font appel à trois champs théoriques bien distincts. Tout d’abord, la spécificité de la cécité réside dans la nature et les limites des perceptions non visuelles pour l’appréhension de l’espace. Ensuite, la multiplicité des théories de la psychologie cognitive nécessite de définir le cadre scientifique dans lequel nous expliquons le fonctionnement des mécanismes mentaux liés à la représentation spatiale non visuelle. Finalement, la logique interne de l’activité voile, étrangère du lecteur non-initié, est essentielle à la compréhension des questions gravitant autour de la réalisation de déplacements efficaces sur un parcours de régate et de leurs représentations en absence de perceptions visuelles.

A notre sens, ce dernier point avertit le lecteur profane en voile que les exemples pratiques et les expériences embarquées peuvent lui paraître complexes.

Aider les marins non-voyants à se représenter l’espace en voile est un but général et précis à la fois.

Notre intérêt se porte sur les représentations de l’espace des individus non-voyants en général, c’est-à-dire dont la cécité complète est apparue dès la naissance ou accidentellement. L’ouïe, le toucher, le goût et l’odorat leur permettent de percevoir l’environnement. Les yeux, organes du « sens intégrateur » (Hatwell, 2000), ne participent pas ou plus à recueillir les sensations visuelles. Dans cette situation, l’espace lointain, ou impalpable, est majoritairement appréhendé à travers des sensations auditives. Ces dernières entraînent des perceptions permettant au système nerveux central d’élaborer des représentations. Mais dans quelles mesures les représentations spatiales peuvent-elle être efficaces sans être visuelles ?

Nous appliquons cette question générale à une situation bien précise. Le match-racing est une discipline bien identifiée de la voile sportive. Elle se pratique sous la forme de duel impliquant deux voiliers identiques. Elle est adaptée à la cécité grâce à un parcours de régate constitué de bouées sonores d’une part et d’embarcations émettant un son à intervalle régulier d’autre part. Ce dispositif rend possible un repérage spatial auditif. Cependant la précision de ce dernier semble limitée.
La problématique de la pédagogie pour les personnes déficientes visuelles en activité voile, et plus précisément en match-racing sonore, réside dans l’importance de son coût attentionnel. En effet, l’équipage en duo doit gérer dans cet ordre, la marche du voilier, la position sur le parcours, et la position et l’évolution de l’adversaire avant de prendre chaque décision. Actuellement, les sujets non-voyants les plus experts en match-racing sonore ne rencontrent plus de difficultés à « faire marcher » le voilier. Par contre, un manque de repères quant à la position de leur propre embarcation constitue une difficulté certaine. Dans ce contexte, la prise en compte de la position de l’autre embarcation, pourtant essentielle dans la logique interne de cette activité duelle, s’avère assez laborieuse. L’attention actuellement libérée par des repères stables et précis sur la conduite du voilier (Simonnet, 2002) permet aux marins non-voyants de se concentrer sur l’élaboration d’une représentation plus précise de la position de leur propre embarcation sur le parcours. Si nous considérons les représentations comme « évocatrices d’un objet ou d’un événement absent du champ actuel de la perception » (Piaget, 1937), cette lacune en représentation de la position propre de l’embarcation des sujets d’une part, et l’absence quasi-totale de représentation de l’embarcation adverse d’autre part compromet sérieusement les réflexions tactiques. En effet, comment les marins non-voyants pourraient-ils profiter de façon pertinente de leur position pour gêner l’adversaire alors qu’ils ne savent pas précisément où ils se trouvent par rapport au parcours et encore moins ou se trouve l’autre embarcation ? Afin de passer à un niveau supérieur d’expertise où les sujets prennent en compte la position de l’autre équipage et en déduisent des options tactiques, il est nécessaire de permettre aux sujets non-voyants d’élaborer une représentation spatiale précise de leur position sur le parcours. Ce problème apparaît particulièrement complexe et constitue à lui seul l’objet de cette étude.
Nous étudions donc les représentations de l’espace maritime des marins non-voyants navigant à la voile sur un parcours de régate sonore. Quelles sont les limites des perceptions auditives dans la constitution de l’espace lointain en voile. Quelle est l’efficacité du balisage sonore pour permettre aux marins non-voyants de se repérer en voilier ? Dans quelles mesures l’élément « vent » participe-t-il au repérage spatial ? L’utilisation de cartes tactiles est-elle efficace ? Comment les personnes privées de la vue manipulent-elles ces cartes ? Quelles sont les représentations spatio-temporelles inhérentes à cette activité ? Autant de questions auxquelles nous allons tenter de répondre au cours de cette étude.
Figure 1

Carte « en noir » schématisant la représentation de l’espace maritime utilisée par des sujets non-voyants au cours de l’activité match-racing sonore de l’association Orion à Brest



Introduction

Comme indiqué en préambule, cette étude fait appel à trois champs théoriques distincts et précis. La fusion des trois permet d’établir la problématique centrale. L’introduction à cette problématique nécessite de définir précisément ce que nous entendons par cécité d’un point de vue psychologique.

Ensuite la définition de l’espace et la construction de sa représentation pour l’être humain nous amèneront à expliquer comment se forment les représentations permanentes selon Ehrlich (1985), chercheur en linguistique et compréhension du langage. Nous montrerons également en quoi les caractéristiques de la représentation imagée paraissent propices pour un repérage spatial précis.

Par suite nous étudierons les possibilités de construction des représentations imagées non visuelles grâce aux signaux auditifs et tactiles. Ces derniers pourraient-ils participer à l’élaboration d’images mentales chez les personnes non-voyantes ? Nous chercherons ensuite les limites de la « carte en relief » appréhendée par ce public.

Finalement nous tenterons d’expliciter les outils et la stratégie que nous mettons en place pour aider les marins non-voyants à se repérer à la voile dans l’espace du parcours sonore de match-racing.
La spécificité de la cécité

Depuis le Xème ou XIème siècle, les personnes atteintes de cécité sont appelées « aveugles » (du latin ab oculis, ou « sans œil »). Cette dénomination va à l’encontre du concept de « Défectologie » de Vygotski (1896-1934) dont le principe est de définir les êtres par leurs compétences et non à travers leurs déficiences. Depuis 1980, selon la volonté des aveugles eux-mêmes, l’appellation « non-voyant » est de plus en plus substituée à celle d’aveugle. Les sujets participants à cette étude n’attachent que peu d’importance à l’utilisation de l’un ou de l’autre de ces termes dans le sens où ils ont strictement la même signification, l’un en latin, l’autre en français. Un sujet déclare préférer le terme « aveugle » pour « ne pas être sur protégé ou sur assisté du fait de son handicap ». Aussi ces deux mots seront utilisés de façon indifférenciée au cours de cette étude.

I.1.a.D’un point de vue fonctionnel

Selon l’O.M.S.*1, la définition légale de la cécité correspond à « une acuité visuelle inférieure à un dixième ou un champ visuel inférieur à vingt degrés du meilleur œil et après correction optique ». Les personnes disposant de résidus visuels forment un groupe dont l’équipement perceptif est bien plus hétérogène qu’il n’y paraît. La moindre information visuelle est utilisée et particulièrement bien exploitée « spatialement ». On remarque par exemple que les individus jouissant d’une vision exclusivement périphérique voient les obstacles en fixant leur attention latéralement, alors que les malvoyants dont le champ est central savent « balayer » l’espace afin de tenter de se le représenter dans sa globalité. Aussi, nous réduirons notre définition de la cécité à l’absence totale de signaux visuels. Ce choix qualitatif permet de traiter de façon rigoureuse le problème de la représentation spatiale autre que visuelle mais complique le recrutement des individus pour la constitution d’échantillons expérimentaux.

I.1.b.D’un point de vue psychologique

Pour la phase expérimentale de cette étude, nous devons connaître les différences existantes concernant les représentations de l’espace des voyants, des voyants les yeux bandés, des non-voyants précoces* et des non-voyants tardifs* ?

Les sujets voyants disposent d’un outil puissant et précis de prise d’informations à distance. Ils ne se servent que peu des informations fournies par les autres sens. D’après Imbert et De Schonen (1994), « la vision est la modalité sensorielle principale qui permet d’acquérir des connaissances sur les objets et les évènements qui peuplent le monde ».

Les sujets voyants les yeux bandés sont privés du sens qu’ils utilisent le plus souvent pour appréhender l’espace et n’ont pas appris à se servir des autres sens. Au cours d’expériences sur les conflits intermodaux entre l’audition et le toucher, Kujala et al. (1997) montrent que les performances des voyants dans le noir et des aveugles sont peu comparables dans le sens où le public non-voyant possède un entraînement quotidien à ce type de tâche. Par exemple, traverser une route sans la vue nécessite de se localiser au sol grâce aux sensations tactiles pédestres tout en analysant les bruits des moteurs.

Les aveugles précoces* n’ont aucun souvenir visuel et ne construisent leur espace qu’à travers les autres modalités sensorielles. D’après Hatwell (2004) psychologue spécialiste de la cécité, les sujets ayant perdu la vue avant l’âge de six mois ou un an n’ont pas eu le temps d’utiliser leurs yeux pour le développement cognitif. D’un point de vue psychologique, on peut parler ici d’une cécité précoce. Cependant l’absence totale d’expériences visuelles des aveugles précoces peut être compensée par l’utilisation de cartes tactiles pour avoir une représentation spatiale globale et précise de l’espace distant fondée sur une image tactile explique ce professeur. Par ailleurs, la forme du « nœud de huit » est bien plus mystérieuse pour Michèle, aveugle de naissance, que pour un individu ayant vu ce chiffre graphiquement pendant sa vie de voyant. Il paraît tout aussi impossible pour un individu n’ayant jamais vu de se représenter concrètement ce qu’est la vision, que pour un voyant d’imaginer une représentation du monde indépendante du sens visuel.

Les aveugles tardifs* disposent de certaines images mentales visuelles construites sur des souvenirs de leur vie de voyant. Hatwell (2004) considère que la conservation de telles images demande d’avoir vu jusqu’à trois ans. Ainsi, le handicap des personnes ayant perdu l’usage de leurs yeux entre les âges d’un et trois ans n’est pas précisément défini. Bruno, atteint de cécité à l’âge de vingt-huit ans, déclare se représenter visuellement certains espaces distants grâce aux informations issues des autres modalités sensorielles.

Avant d’approfondir ces questions liées à la représentation spatiale en situation de cécité, il paraît nécessaire de définir psychologiquement cette notion d’espace.
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