Le Palais Altieri








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date de publication31.03.2017
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Le Palais Altieri

dit « Villa Henri »

Dans le quartier des Capanelle, situé dans l’impasse du même nom, se dresse le Palais Altieri, dit aujourd’hui Villa Henri. Cette demeure fut construite au début du XXe siècle, aux frais de François-Marie Altieri et à l’occasion de son retour en Corse.

Cette demeure constitue un exemple urbain des belles maisons de Cap corsins ayant fait fortune « aux Amériques » (c'est-à-dire dans les îles des Caraïbes ou dans certains pays d’Amérique du Sud, tels que le Venezuela ou le Mexique).
L’architecture du bâtiment, inspirée des palais toscans, est de style néo-classique. On notera que les maîtres-maçons actifs en Corse à la fin du XIXe siècle se sont très généralement inspirés de l’esthétique néoclassique toscane car beaucoup d’entre eux se sont formés en Toscane ou étaient originaire de cette région.
La demeure est de plan carré ; elle se distingue par les proportions élégantes et majestueuses de sa façade.

Deux niveaux de loggias à triples arcades prennent appui sur un haut soubassement en rez-de-chaussée et animent le centre de la façade. On retrouve ce même parti à Sisco, au Palais Battistini (dit Villa Saint Pierre).

Des pilastres ornent, animent et structurent chaque niveau, contribuant à l’aspect palatial de cette demeure raffinée. L’ensemble est couronné par un puissant entablement formant ressaut à chaque pilastre.

Des balustrades, qui accrochent l’ombre et la lumière, renforcent l’impression de richesse suggérée par la modénature. Un escalier à double volée met l’étage noble en communication directe avec le jardin et confère une certaine théâtralité au bâtiment.

Même si l’inspiration principale de cette architecture vient d’Italie, on soulignera cependant que les loggias du Palais Altieri évoquent les galeries couvertes qui constituent l’une des principales caractéristiques de l’architecture coloniale caribéenne. Dans les maisons coloniales, les galeries couvertes sont conçues pour l’agrément et la circulation. Elles ont également pour but de permettre de profiter du bon air tout en se protégeant des ardeurs du soleil. Peut-être faut-il voir dans les loggias du Palais Altieri une demande express du commanditaire à l’architecte. Le commanditaire ayant eu l’occasion d’apprécier ce type d’aménagement architectural tout au long de son séjour à Haïti.



La maison Altieri, dessin au pastel (Anonyme, coll. Guintrand)
Le constructeur de la Villa Henri, François-Marie Altieri, est issu d’une famille notable originaire du village de Barrettali (sur la côte ouest du Cap Corse). La relation entre la famille Altieri et le continent sud-américain a permis d’écrire un chapitre important de l’histoire de l’émigration corse aux Amériques. En effet, entre 1860 et 1900, sept membres de la famille Altieri, répartis sur trois générations, ont émigrés vers les îles américaines.
Ainsi, François-Marie Atieri débarque aux Amériques en 1879, suivant les traces de son frère (Ange-Marie) et de ses cousins (Charles-François et Antoine Altieri). Des documents d’archives permettent de situer son départ dans le courant du mois de décembre de cette année. En effet, dans une lettre datée du 7 décembre 1879, son cousin germain (Charles-François Altieri) écrit à ses parents : « J’ai reçu une lettre de mon cousin François-Marie qui vient en Porto Rico. Car je crois que mercredi ou jeudi il arrivera à Yauco ».




François-Marie Altieri, de Barrettalli ( ? - + 1943)

photographié à Bastia par le photographe Joseph Moretti

(coll. Guintrand)

Arrivé à Yauco (Porto Rico), François Marie Altieri débute sa carrière commerciale comme employé chez les Fraticelli avant de passer chez les Pieraldi (en octobre 1881).

Ensuite, alors que ses cousins demeurent à Porto Rico, il s’embarque pour Saint-Domingue (en août 1882) où il restera deux ans. Il s’installe après dans l’île d’Haïti où il développe ses propres affaires. Elles prospèrent très rapidement grâce à la maison de commerce qu’il fonde dans le centre de la ville de Cap-Haïtien.



La Maison Altieri fondée dans le centre de la ville de Cap-Haïtien.

Elle servait à la fois d’établissement commercial et de résidence à son propriétaire.
Située dans l'artère la plus fréquentée de la ville (aujourd'hui, « rue 1 »), la « Maison Altieri » est une véritable institution de l'île caribéenne au cours des années 1880.

Elle faisait office de « supermarché » ou de « drugstore ». On y trouvait toutes sortes d’articles (des produits alimentaires, des tissus, de la quincaillerie etc.).
Après avoir connu plusieurs affectations différentes, l'établissement Altieri héberge aujourd'hui le siège de la Banque Nationale Haïtienne ; une partie de ses espaces abrite également un musée.
Au début des années 2000, un programme de rénovation du centre historique de Cap-Haïtien a conduit à une reconstruction à l'identique. L’architecture originelle de la maison, de style « Gingerbread », très répandu au XIXe siècle dans la Caraïbe, a été traduite avec de nouveaux matériaux. Le bois traditionnel a été remplacé par du béton armé afin de limiter les risques d’incendie.


À son retour d’Haïti, au début du XXe siècle, François-Marie Altieri fonde à Bastia la « Banque de la Corse ». Pendant des décennies, elle deviendra une institution pour nombre de Bastiais et de cap corsins.
À l’image d’autres « Américains » fraîchement rentrés en Corse, François-Marie Altieri eut à cœur de contribuer au confort et au bien-être de ses concitoyens en se lançant dans une carrière politique. Il fut élu conseiller général du canton de Luri (Cap Corse).

La « Banque de la Corse », créée par Fançois-Marie Altieri, était installée non pas dans le palais Altieri mais au rez-de-chaussée de la maison d’un autre « Américain », l’immeuble Fantauzzi, au 15 Bd de Gaulle.

Pour l’anecdote, on notera que la banque Fantauzzi était, elle, hébergée dans une troisième demeure d’  « Américain » construite Bd De Gaulle, l’immeuble Campana, situé au n°7.

Au-delà du lien familial qui existait parfois entre les familles (en l’occurrence, ici, les Altieri et les Fantauzzi), la présence du siège de la banque dans une autre maison d’américain témoigne de la richesse des liens qui unissaient les familles ayant fait fortune à des milliers de kilomètres de la Corse. Elle est également un indicateur de l’importance du phénomène des Américains dans l’histoire économique de Bastia au XIXe siècle.

En 1936, l’entrepreneur et banquier Altieri poursuit sa brillante carrière en étant nommé Consul général honoraire en Corse de la République d’Haïti.
C’est ainsi que le Palais Altieri, demeure privée de François-Marie Altieri, devient le Consulat d’Haïti à Bastia.
François-Marie Altieri est mort en Corse, en 1943.

De nos jours, le Palais Altieri est communément appelée « Villa Henri ». Ses appartements sont occupés par une étude notariale.




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