Résumé Première partie








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Mme de Bargeton voulait, comme beaucoup de femmes de province, faire acheter sa personne par une espèce de servage, par un temps de constance qui lui permît de juger son ami » (page 129) ;

« En province, une semblable aventure s’aggrave par la manière dont elle se raconte » (page 130) ;

- «À Paris, le dîner n’avait plus ce caractère d’abondance et d’essentielle bonté qui distingue la vie en province » (page 148).
Balzac n’y voyait que destinées rabougries, qu’êtres imparfaits ou manqués :

- les «finasseries de paysan » (page 24) ;

- «le gentilhomme campagnard auteur d’un mémoire sur la culture des vers à soie et que la vanité poussait à se faire imprimer pour pouvoir être lu par ses collègues de la Société d’agriculture » (page 38) ;

- les «tristes amours de la province» (page 49) ;

- «pauvres ilotes de province » (page 54) ;

- «cette franchise provinciale, souvent un peu trop près de l’impolitesse» (page 88) ;

- «orage de cancans» (page 119) ;

- «l’un de ces petits événements qui, dans une petite ville, changent entièrement la face des choses » (page 125) ;

- «Les gens de province sont naturellement taquins, ils aiment à contrarier les passions naissantes » (page 127) ;

- «en province, les fautes sont avouées ou impossibles » (page 127) ;

- «en province, les idées ne peuvent que rancir» (page 140) ;

- «le talent s’étiole dans une petite ville » (page 140) ;

- «Nommez-moi les belles oeuvres exécutées en province » (page 140).
Balzac fut le premier à avoir aperçu le tragique quotidien qui, derrière une façade de conformisme (« les habitudes des gens de province étaient si fortement enracinées » [page 23 ] – « les inventions ne seront pas adoptées avant cent ans dans les provinces » [page 23] – « le dédain négatif qu’on témoigne pour la poésie indigène » [page 99]), imprègne le milieu provincial. La plus calme des cités de province peut dissimuler les passions les plus sordides.

C’est dans ‘’Eugénie Grandet’’ qu’il a le plus magistralement rendu l’atmosphère d’étouffement de la petite ville. Les ‘’Scènes de la vie de province’’ ont pour premier but de mettre le lecteur parisien au courant d’une réalité qu’il connaît mal. Mais cet aspect documentaire se double d’une étude bien plus profonde, car chacune des villes de province considérées se révèle comme particulièrement caractéristique d’un aspect de toutes les autres, chacune est prise, par conséquent, à la fois comme une ville ordinaire et comme la ville qui convenait à l’histoire racontée.

Avec ‘’Illusions perdues’’, les ‘’Scènes de la vie de province’’ s'enrichirent de tout un tableau de la vie à Angoulême (pour lequel il interrompt le récit, page 39, ville que Balzac connaissait déjà mais où il se rendit spécialement pour s’y livrer à l’observation, ne cessant ensuite de demander des renseignements en correspondant avec les amis qu’il y avait. Aussi, au lieu de procéder, comme dans d'autres romans, à une coupe horizontale qui permette de voir surtout un échelon du monde provincial, il opéra une coupe verticale (Mme de Bargeton souleva pour Lucien « les couches successives de l’état social et fit compter au poète les échelons qu’il franchissait », page 63), une véritable sociologie de la ville, qui met en lumière les distances qui séparaient dans une même ville (« les moeurs particulières divisées aux cités divisées en ville haute et ville basse », page 39 – « En haut la noblesse et le pouvoir (« les sommités administratives », page 62), en bas le commerce et l’argent : deux zones sociales constamment ennemies en tous lieux », page 40) les différentes classes sociales (« les grilles entre lesquelles chacun des différents mondes du monde s’anathématise et se dit Raca », page 54 - le mécontentement des aristocrates à l’égard de Mme de Bargeton qui les « encanaille avec le fils d’un apothicaire et d’une garde-malades, dont la soeur est une grisette, et qui travaille chez un imprimeur », page 95), les intrigues secrètes qui les rapprochaient, les conflits d'intérêts qui les opposaient. Il put donner la description d'Angoulême par un sociologue, il put définir la hiérarchie sociale. Dans une digression (pages 39-42), il expliqua l’opposition qui existait entre le haut Angoulême aristocratique, et la ville basse, l'Houmeau, quartier ouvrier et paysan (« Tu épouses une fille de l’Houmeau, toi, un bourgeois ! » page 116). Page 85, il distingue « l’Angoulême noble, l’Angoulême administratif, l’Angoulême bourgeois ».
a) L'aristocratie d’Angoulême, qui habite « le Haut-Angoulême » (page 123), est décrite, en particulier, lors de « la solennité littéraire » (page 88) que donne Mme de Bargeton : cette galerie des « illustres sommités de l’Angoumois » (page 88) révèle toute une série d’originaux ridicules où l’on trouve de faux savants, de faux artistes (qui « se permettent un laisser-aller de province », page 85), des couples ridicules (page 86), les jeunes filles à marier (page 87), toute une « assemblée de personnages bizarres, aux costumes hétéroclites, aux visages grimés » (page 88). Cependant, deux familles constituent « l’élite de la compagnie et exercent une haute influence » (page 99) ; elles « appartiennent à ce petit nombre de gens qui, dans les provinces, se tiennent au-dessus des commérages, ne se mêlent à aucune société, vivent dans une retraite silencieuse et gardent une imposante dignité. Ils ne se mêlent pas à la haute coterie d’Angoulême. Ils approchent trop la noblesse de cour pour se commettre avec les niaiseries de province (page 87).

Ces gens, faisant preuve de bêtise et de méchanceté, n’apprécient pas les vers, et Balzac ajoute méchamment : « en province on prononce “verse” » (page 91).

Pourtant, aux yeux de Balzac, cette aristocratie de province constituait la meilleure partie de l’aristocratie (« La noblesse des sentiments était beaucoup plus réelle que dans la sphère des grandeurs parisiennes », page 53). Elle se caractérise par des traits physiques (« le pied haut courbé du Franc », tandis que « le Welche » [le Gaulois] a « les pieds plats » [page 67], selon des conceptions raciales auxquelles se plaisait Balzac). Mais ces « hobereaux » (page 57), ces « émigrés de l’intérieur », atteints « d’un royalisme inintelligent » (page 41), très orgueilleux, très conservateurs (l’introduction du thé par Mme de Bargeton, page 63 - le petit esprit de M. de Bargeton, « l’immensité de son vide intérieur, doucement établi entre l’inoffensive nullité qui comprend encore et la fière stupidité qui ne veut ni rien accepter ni rien entendre », qui a « une vie végétative », page 77), en se tenant à l’écart des moyens de production et en marquant leur mépris pour la bourgeoisie laborieuse (impossibilité pour Anaïs de recevoir David Séchard, page 66 - l’habileté de sa réponse, l’art avec lequel « le oui s’emploie dans le beau monde pour arriver au non, et le non pour amener un oui », page 72), étaient voués à la stérilité conservatrice (« La révolution de 1789 recommencerait si ces gens-là ne se réformaient pas », page 57). Celle d’Angoulême, « nation autochtone dans laquelle les étrangers ne sont jamais reçus » (page 41), qui « prononce un ostracisme sur les petites gens » (page 66), « société de ganaches » (page 57), ce clan de fine aristocratie et le clergé (page 66) soucieuse de « mettre une distinction » en son sein (page 58) est représentée, en particulier, par les Bargeton dont la noblesse est établie par toute une généalogie (pages 42-46), un blason (page 45), par les gens qui fréquentent leur salon et qui constituent une galerie de personnages caricaturés, de couples grotesques, qui furent certainement saisis sur le vif (pages 82-88, 462 et suiv., 531), tandis que Lucien pourrait y accéder en « obéissant au préjugé des noms » (page 75), « en répudiant audacieusement son père » et « en prenant le nom de Rubempré » grâce à une faveur royale que Mme de Bargeton pourrait lui obtenir par l’entremise de Mme d’Espard (page63). Mais, si certains l’appellent M. de Rubempré, « il est appelé M. Chardon par la majorité de ce redouté public » (page 88).
b) La bourgeoisie supplante l’aristocratie depuis la Révolution et, dans l'ordre de la fortune (page 46), la hiérarchie s’établit pour lors ainsi : en haut les négociants (« cette âpreté au gain qui constitue le vrai commerçant » page 27) et les administrateurs, ensuite seulement les aristocrates (pages 46, 85). Balzac qui est conservateur, monarchiste même, trouve cette répartition scandaleuse. Cependant, à l’intérieur de la bourgeoisie, l’appauvrissement des uns (la pharmacie de Postel, page 68, l’imprimerie des Séchard) et l’enrichissement des autres lui apparaît comme un phénomène naturel devant lequel il sait s’incliner, avec d’autant plus de grandeur qu’il fut lui-même une victime dans ses désastreuses entreprises. Il nous peint ici quelques-uns de ces fauves des affaires du temps de la Restauration (qui a aggravé la division entre la ville haute et la ville basse à Angoulème, page 41), des « loups-cerviers », selon l’expression alors à la mode pour les désigner. Il s’intéresse déjà à la circulation de l’argent dans la société. Mais Armand Lanoux, l’opposant à Zola, a pu écrire : « Balzac a une vision d’avoué en ce qui concerne le rôle de l’argent ». S’il montre Samanon, le prêteur sur gages (page 399), la lutte avec le créancier, il ne néglige pas la puissance de la banque (page 488).

Les gens les plus importants d'Angoulême sont des bourgeois comme les Cointet, les rivaux des Séchard (le père de David lui dit : « toi, un bourgeois, toi, l’imprimeur du roi », page 116). Ils sont déjà riches : on les voit se mettre « à l’unisson des opinions monarchiques » (page 27), augmenter encore leur richesse et atteindre le pouvoir (page 627).

David, l’imprimeur, essaie de passer, par la voie de son invention, de la condition d’artisan à celle d’industriel. Papetier, ses « connaissances en chimie » et son « observation des besoins du commerce » (page 107) l’ont amené à vouloir remédier au fait que le papier est tributaire du chiffon (page 108), à « remplacer les débris du linge par une matière végétale excessivement commune » (page 112), à concevoir un papier à bon marché imité de celui des Chinois (page 112) le problème de l’inventeur : le brevet d’invention et le brevet de perfectionnement, page 512) : ‘’Les souffrances de l’inventeur ‘’ sont le roman du bourgeois ambitieux. Petit-Claud fait le même effort avec un machiavélisme provincial digne de celui de Finot à Paris (pages 567-568).

Puis David est jeté dans « la fosse aux serpents » qu’est le monde des affaires. Nous contemplons cette horreur comme les visiteurs du Jardin des Plantes regardant le boa avaler le lapin. Qui songerait alors à hurler contre les boas et à taxer d’immoralité (ou de complicité) ceux qui lui ont livré le lapin? Comme les familles mêmes sont déchirées par les questions d’argent, le père Séchard (son avarice, page 15, « la ruse d’une avarice qui tuait tout en lui, même la paternité », page 17, « son aveugle avidité », page 17, « son fils devenait donc un ennemi à vaincre », page 17) fait preuve d’une dureté effrayante à l’égard de son propre fils, et Ève même, pourtant une femme exemplaire, dans sa lettre (page 565), apparaît comme un « ennemi ».

Avec l’’’Histoire d’une poursuite judiciaire’’ (pages 452-538), décrivant les manoeuvres des Cointet contre David Séchard, Balzac a voulu tracer le tableau le plus vrai de la procédure française (déjà page 435) et des ressources infinies qu’elle accordait aux facultés inventives des plaideurs. Il ne doutait pas que ses lecteurs dussent prendre un vif intérêt au « cours public et gratuit » qu’il leur donne. Il compare l’avoué de Paris et l’avoué de province, décrit le protêt, fait une digression sur le compte de retour, son libellé ; une digression sur les frais qu’entraîne le non-paiement d’une traite, sur la contrainte par corps, l’action des moeurs sur les lois.
c) Le monde ouvrier n’est guère présent chez Balzac même si, à cette époque, se constituait le prolétariat : la seule incursion qu’on y fait consiste dans le roman de Cérizet et d’Henriette Signol (pages 576-577) où l’on découvre, un temps, d’autres intérêts, d’autres ambitions, qui sont les mêmes que ceux des bourgeois mais réduits à de plus faibles proportions.
Balzac avait compris, comme Tocqueville, que la France de son temps vivait une lutte des classes ouverte depuis 1789.
La rivalité entre la province et Paris : Balzac l’indique lui-même : « La France du XIXe siècle est partagée entre deux grandes zones : Paris et la Province qui est la société conservatrice des petites villes endormies, hors de la civilisation moderne, fermée aux progrès de la civilisation, qui obéit toujours aux mêmes réflexes quasi biologiques. » La province est jalouse de Paris qui ne pense à elle que pour lui demander de l’argent. Pour Angoulême, « envoyer un enfant à Paris, c’est vouloir le perdre » (page 41). L’esprit fort de province marque son mépris pour Paris (page 534). Mais certaines dames d’Angoulême sont « dévorées du désir de paraître Parisiennes » (page 85).

La première partie d’’’Illusions perdues’’ montre les illusions, « les belles illusions de la jeunesse » (page 36), où s’endorment en province des âmes ardentes et naturellement généreuses (« pauvres ilotes de province », page 54), les erreurs que nécessairement elles commettent, le désaccord entre la sincérité de leurs efforts et le caractère dérisoire des résultats. Mais quelles que soient les passions ou les ambitions qui animent les gens de la province, le fait nouveau que Balzac veut mettre en relief, c’est l’immense attraction qu’exerce désormais Paris. Il veut faire une oeuvre où la vie de province et la vie parisienne contrastent, énumérer les causes des liens qui unissent la province à Paris : l’ambition du noble (la condescendance pour les « vers de province » [page 99] qu’a Mme de Pimentel qui passe chaque hiver à Paris), l’ambition du négociant enrichi (les Cointet), l’ambition du poète (Lucien). L’esprit, l’argent, le grand nom viennent chercher la sphère qui leur est propre.

Le contraste entre la vie de province et la vie parisienne (« les différences qui distinguent l’industrie provinciale de l’industrie parisienne » [page 27]) est mis au point dans le dernier volet
La montée vers Paris de toute une jeunesse déracinée (pour reprendre l’expression de Barrès, page 237) qui est fascinée par le mirage du succès parisien, la conquête de Paris par la province, a été un des thèmes constants de Balzac pour qui c’était l’une des conséquences les plus importantes de la Révolution, l’un des traits essentiels de la nouvelle société. C’est le seul théâtre possible pour un écrivain ambitieux (page 140), « le seul théâtre où Lucien puisse se produire et où ses talents seront appréciés et rétribués » (page 105). Balzac a évoqué sa propre jeunesse en racontant, sur un admirable ton d’épopée, « cette histoire de cinq cents jeunes gens occupés à polir en ce moment les pavés de Paris ». Il l’avait étudiée naguère dans ‘’Le père Goriot’’ et il y revient dans ‘’Illusions perdues’’. C’est un grand thème de la littérature française (Balzac, Stendhal, Maupassant, Barrès, Vallès, Mauriac, Romains).

Mais Mme de Bargeton aussi, « fatiguée jusqu’au dégoût de la vie de province, avait jeté les yeux sur Paris » (page 133), profite de sa mésaventure avec Lucien pour s’y échapper : « 
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