Résumé Première partie








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ou je réussirai et je ne reverrai plus Angoulême ou je ne réussirai pas et veux attendre à Paris le moment où je pourrai passer tous les étés à l’Escarbas et les hivers à Paris. C’est la seule vie d’une femme comme il faut, j’ai trop tardé à la prendre [...] Là, cher, est la vie de gens supérieurs. On ne se trouve à l’aise qu’avec ses pairs, partout ailleurs on souffre. D’ailleurs Paris, capitale du monde intellectuel, est le théâtre de vos succès franchissez promptement l’espace qui vous en sépare ! [...] communiquez promptement avec les grands hommes qui représentent le XIXe siècle. Rapprochez-vous de la cour et du pouvoir (pages 139-140).
2- La vie à Paris : Balzac ressentait lui-même le contraste entre Paris et la province (page 140). Méprisant la province où l’on étouffe, il a élu Paris comme objet de son admiration, contribuant à ce mythe de Paris, ville entre les villes, centre de toute intellectualité et de toutes passions, mais aussi de sa répulsion (toujours ses contradictions). Ce contraste se vérifie, dans ‘’Illusions perdues’’, à tous les niveaux de la société que Lucien et Mme de Bargeton sont amenés à connaître. Aussi Balzac note-t-il : « Il se préparait chez Mme de Bargeton et chez Lucien un désenchantement sur eux-mêmes dont la cause était Paris » (pages 157, 192).

Pourtant, il reproche à Paris l’absence de bons hôtels (« Louise s’y trouve dans une de ces ignobles chambres qui sont la honte de Paris où, malgré tant de prétentions à l’élégance, il n’existe pas encore un seul hôtel où tout voyageur riche puisse retrouver son chez-soi [...] chambre froide, sans soleil, à rideaux passés, dont le carreau frotté semblait misérable, où le meuble était usé, de mauvais goût, vieux ou d’occasion. » (page 148) ; la maigreur des repas : « Paris n’est pas beau dans ces petites choses auxquelles sont condamnés les gens à fortune médiocre » (page 148).

En menant Mme de Bargeton à Paris, Balzac peut opposer la condition de la noblesse parisienne à celle des hobereaux de province : « La morgue de la noblesse de cour désaffectionna du trône la noblesse de province autant que celle-ci désaffectionnait la bourgeoisie en en froissant toutes les vanités » (page 42) ; Anaïs qui faisait si grande figure à Angoulême ne tient plus qu’un rang médiocre à côté de sa cousine, Mme d’Espard (page 165).

Lucien, le provincial, fut « surpris par l’esprit d’à-propos, la finesse avec laquelle ces hommes formulaient leurs réponses, Lucien était étourdi par ce qu’on nomme le trait, le mot, surtout par la désinvolture de la parole et l’aisance des manières. Le luxe qu’il avait trouvé le matin dans les choses, il le retrouvait [le soir, à l’Opéra] dans les idées. » Sa modeste origine lui semble désormais déshonorante (page 174) ; d’où son désir, d’abord sincère, de faire obtenir au jeune homme ce titre nobiliaire qui, dans la société de la Restauration, devient un véritable talisman (la puissance du nom et du titre aristocratiques, pages 356-357, 374-375 ; « l’illégale superfétation de la particule » de du Châtelet qui l’a obtenue en demeurant « auprès du soleil impérial » (pages 50, 61, 291) ; Nathan, écrivain ultra, est sensible au nom de Rubempré, page 265 ; Finot de même, page 272). C’est que, tout de suite après le retour du roi légitime, c’est l’aristocratie qui a gouverné, qui a décrété, qui a réglé toutes choses (pages 174-175). Même si elle ne se montrait pas du tout accueillante pour lui, Balzac était ébloui par l’aristocratie (page 165 : « la race », page 167), par les femmes de la haute société (page 380), son attitude étant celle qu’aura plus tard Marcel Proust (d’ailleurs, Mme d’Espard annonce, par son comportement avec les parvenus, la duchesse de Guermantes).

Mais il voyait les défauts de l’aristocratie parisienne. Il la montre de plus en plus investie et envahie par les financiers auxquels elle est obligée de s’allier par des mariages. Elle est d’ailleurs formée de ce qu’il appelle des « cosaques » (par analogie avec ceux qui occupèrent la France en 1814) qui accèdent au pouvoir politique, qui sont à ses yeux des parasites condamnés à disparaître tôt ou tard. Quant aux femmes du grand monde, elles sont pires que les courtisanes (page 347).

Puis Balzac veut peindre les milieux dans lesquels entre Lucien et qui le corrompent :
Le monde de la littérature aux alentours de 1820 est formé de roturiers selon une tradition évoquée page 61 par Mme de Bargeton : « elle dit que si les gentilshommes ne pouvaient être ni Molière, ni Racine, ni Rousseau, ni Voltaire, ni Massillon, ni Beaumarchais, ni Diderot, il fallait bien accepter les tapissiers, les horlogers, les couteliers dont les enfants devenaient des grands hommes. Elle dit que le génie était toujours gentilhomme » (page 61). Et, « avant la Révolution, les plus grands seigneurs recevaient  » ces gens de lettres (page 62).

Toute la partie centrale du livre se nourrit de l’expérience personnelle de Balzac et il n'est peut-être aucune autre partie de ‘’La comédie humaine’’ qui donne à ce point l'impression d’être un témoignage direct. Il a fait de Lucien un poète et lui prête des poèmes qu'il a lui-même composés dans sa jeunesse (pages 60, 93-94) et des projets qu'il a lui-même caressés (page 98).

En venant de Tours à Paris, bien qu’il l’ait fait plus jeune et avec ses parents, Balzac a dû d’abord éprouver, comme Lucien auquel il prête ses propres rages impuissantes contre une société inhumaine, « une immense diminution de lui-même » (page 155). Pendant deux ans, dans les années 1820, il s’enferma dans une mansarde et s’acharna à écrire des romans et des essais qu’il allait lui-même présenter, comme Lucien, pour lesquels il n’obtenait que des contrats dérisoires et qui n’eurent aucun succès.

Mais Balzac veut surtout passer du cas particulier de son héros trop choyé par sa famille à une peinture des milieux qui le corrompent dans la ville monstrueuse ; il se consacre à une fresque où il peint les luttes d’un homme seul dans la jungle de la littérature et du journalisme. Pour Taine, « la plus cruelle peinture de Balzac est celle de ces petits journaux où l’on vend la vérité et surtout le mensonge, où l’on débite de l’esprit à telle heure et à tant la ligne, absolument comme on allume un quinquet, où l’écrivain, harcelé de besoins, affamé d’argent, forcé d’écrire, se traite en machine, traite l’art en cuisine, méprise tout, se méprise lui-même et ne trouve d’oubli que dans les orgies de l’esprit et des sens. » (‘’Nouveaux essais de critique et d’histoire’’).

Dans ‘’Illusions perdues’’, est décrite la situation littéraire en 1821 :
La poésie et la mission du poète sont définies d’une façon pas très efficace (pages 97-98). L’évolution de la poésie est vue de façon satirique par du Châtelet (qui traduit cependant le sentiment de Blazac). Le goût de l’époque impériale fut celui de « la poésie légère, la chanson » (page 92). Puis on passa aux « brumes ossianiques » (page 94) : « C’était des Malvina, des Fingal, des apparitions nuageuses, des guerriers qui sortaient de leurs tombes avec des étoiles au-dessus de leurs têtes » (page 94). Enfin, s’imposa la préférence pour « Jéhova, les sistres, les anges, les plumes des séraphins, toute la garde-robe du paradis remise à neuf avec les mots immense, infini, solitude, intelligence. C’est des lacs, des paroles de Dieu, une espèce de panthéisme christianisé, enrichi de rimes rares, péniblement cherchées comme émeraude et fraude, aïeul et glaïeul, etc. (page 94). Les vrais amateurs admirent « les poésies d’André de Chénier » (pages 36-37, 89), « le poète des amants » (page 120) dont Lucien lit, lors de « la solennité littéraire » organisée par Mme de Bargeton, ‘’La jeune malade’’, ‘’L’aveugle’’ (page 89), ‘’Les iambes’’ dont « la verve contre-révolutionnaire » fut applaudie (page 91), « la sombre élégie sur le suicide, enfin, la suave idylle intitulée Néére » (page 92). Mais « Lucien ne savait pas, le pauvre poète, qu’aucune de ces intelligences ne pouvait comprendre la poésie » (page 89), « qui exige une sainte attention »  il doit se faire entre le lecteur et l’auditoire une alliance intime, sans laquelle les électriques communications des sentiments n’ont plus lieu », page 89) et que Chénier n’est pas connu à Angoulême. « Ceux qui comprennent la poésie cherchent à développer dans leur âme ce que l’auteur a mis en germe dans ses vers » (page 90). Balzac considère que « le sens nécessaire à l’intelligence de la poésie est rare en France où l’esprit dessèche promptement la source des saintes larmes de l’extase, où personne ne veut prendre la peine de défricher le sublime, de le sonder pour en percevoir l’infini » (page 76). L’évêque, cependant, voit « en la poésie une chose sainte : Qui dit poésie, dit souffrance. Combien de nuits silencieuses n’ont pas valu les strophes que vous admirez ! Saluez avec amour le poète qui mène toujours une vie malheureuse, et à qui Dieu réserve sans doute une place dans le ciel parmi ses prophètes. » Pour lui, « quelque fatalité est imprimée sur le beau front » de Lucien (page 97). Pour Mme de Bargeton : « Il n’y a pas de gloire à bon marché [...] Souffrez, souffrez, vous serez grand, vos douleurs sont le prix de votre immortalité » (page 100). « Les succès littéraires ne se conquièrent que dans la solitude et par d’obstinés travaux » (page 103) – « La lente exécution des oeuvres du génie exige une fortune considérable toute venue ou le sublime cynisme d’une vie pauvre » (page 104). Mme de Bargeton incite Lucien : « soyez à la fois poète religieux et poète royaliste » (page 140). David tient des propos reproduisant les réactions de la critique entre 1820 et 1825 devant les poèmes nouveaux, la profusion de poèmes (pages 233, 386). Mais Balzac méprisait désormais ce qu’il considérait comme une erreur de vocation. Les critiques sévères que s’attirent les sonnets de Lucien (qui justifie naïvement le choix de ce genre désuet, pages 228-229) sont celles mêmes que Balzac faisait sur sa poésie (page 332). Il faut savoir que le seul sonnet qui reçoit des éloges : ‘’La tulipe’’ (page 232) n’est pas de Balzac mais de Théophile Gautier et qu'il était déjà connu du public. Il fallait qu’il soit d'un poète authentique car Balzac est sévère pour les dilettantes. Les poètes, par opposition aux romanciers, lui apparaissaient égocentriques et dépourvus de sens moral (pages 385-386, 582). Son anti-romantisme était violent (il traita le Chatterton de Vigny d’ « affreux petit drôle qui se tue pour ne pas travailler et débite en mourant toutes sortes de sottises contre l’ordre social de son pays », tandis que Lucien est présenté par du Châtelet comme « un Chatterton sans lâcheté politique » [page 54]). La méfiance que s’attire Lucien en avouant qu'il est poète alors qu'il présente un roman traduit le mépris de l'auteur, et, à cet égard, la remarque de Doguereau (page 196) sur les rapports de la prose et de la poésie est très proche de la position de Sartre dans ‘’Qu'est-ce que la littérature?’’ : « Entre l’écrivain et le poète, il n’y a de commun que la main qui trace les lettres. »

Si Balzac a su reconnaître qu'il n’avait rien d'un poète, il ne s'en fait pas moins une haute idée de la poésie ; il donne un rôle important à jouer au poète dans la société (pages 89-90, 97-98 : « Ne faut-il pas avoir tout senti pour tout rendre? Et sentir vivement, n’est-ce pas souffrir? », ce qui est à rapprocher du « point sublime » de Breton), il voit dans les obstacles et les souffrances des moyens qu'a l'artiste de se dépasser et de s'élever au-dessus de la médiocrité et du matérialisme ambiants (page 43 : « l’esprit particulier aux artistes [...] qui s’élève au-dessus des idées bourgeoises par la liberté des jugements et par l’étendue des aperçus » - « les hommes d’intelligence possèdent la vue circumspective du colimaçon, le flair du chien et l’oreille de la taupe » (page 90) – « Isolé de ce monde odieux par l’enivrement que produisait une mélodie intérieure, il s’efforçait de la répéter » (page 91) - (100) – « Pour les artistes, le grand problème à résoudre est de se mettre en vue » (page 140) – « Le musicien et le poète se savent aussi promptement admirés ou incompris qu’une plante se sèche ou se ravive dans une atmosphère amie ou ennemie » (page 90) ; Mme de Bargeton développe même une théorie (écho des paroles de Mme de Berny) sur le rôle de l'homme de génie :

- page 61 : « le génie était toujours gentilhomme » ;

- page 63 : « les dangers de la carrière que doivent parcourir les hommes de génie »;

- page 64 : « les hommes de génie n’avaient ni frères ni soeurs, ni pères ni mères ; les grandes oeuvres qu’ils devaient édifier leur imposaient un apparent égoïsme, en les obligeant de tout sacrifier à leur grandeur [...] Le génie ne relevait que de lui-même [...] il devait donc se mettre au-dessus des lois » ;

- page 89 : « les éminents artistes ou ceux que l’enthousiasme et une haute intelligence mettent à leur niveau » ;

- page 102 : « Tout parle au cœur [...] Il y a pour les gens aimants un plaisir infini à trouver dans les accidents d’un paysage, dans la transparence de l’air, dans les parfums de la terre, la poésie qu’ils ont dans l’âme. »

- page 177 : « le don de seconde vue que possèdent les gens de talent » ;

- page 346 : définition des artistes : « des gens qui veulent opposer de grandes émotions à de grands travaux » ;

- page 447 : « Il est un homme à la fois prince et comédien, un homme revêtu d’un magnifique sacerdoce, le Poète qui semble ne rien faire et qui néanmoins règne sur l’Humanité quand il a su le peindre. » : on lui donne le droit de se dispenser de la morale traditionnelle.

Ce sont là des conceptions typiquement romantiques.
Le roman historique jouissait alors d’une grande faveur, et Balzac fait écrire un à Lucien
pages 123, 194, 196, 204-206) le roman historique qu’il avait voulu lui-même écrire, ‘’L’archer de Charles IX’’, qui révèle son admiration pour Walter Scott, admiration qui fut celle de toute une génération ; d’où son projet, à partir de son exemple, d’une Histoire de France pittoresque (dont ferait partie la collection évoquée page 388), son intérêt pour les romans anglais (pages 390-392, 562). Cependant, Balzac fut son propre censeur à travers les jugements sur le roman que prononcent Lousteau (pages 335-336) et surtout d’Arthez (pages 204-205), qui fait une véritable proclamation en faveur d’un nouveau roman (pages 204-205).
Le milieu est en proie à des polémiques politico-littéraires dont Lucien, arrivant de province, ignore tout et que lui révèle Lousteau dont la verve imagée laisse entrevoir le point de vue de Balzac lui-même. Il y a une fusion intime des idées artistiques et des idées politiques (pages 229, 412) : les classiques sont alors libéraux et les romantiques monarchistes et religieux («la renaissance due à l’influence des lis» [page 53] ; l’article contre les romantiques dans un journal libéral [pages 292, 327] ; la critique littéraire des libéraux qui font l’éloge des écrivains du XVIIIe siècle, de Benjamin Constant [page 261], qui préfèrent l’esprit d’analyse et l’examen philosophique, la littérature d’«idée» à la littérature «imagée» [page 334]) et au moment où Balzac écrit (pages 411-412, 562-563). La conception de la littérature à laquelle s’oppose Balzac est celle défendue par Lousteau qui est libéral (pages 335-336) et celle à laquelle il adhère est celle définie par Blondet qui est royaliste (pages 351-352). À l’inverse, la critique littéraire des royalistes fait l’éloge des écrivains romantiques (pages 351-352, 408, 412 ; est remarquée la collusion entre « 
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