Résumé Première partie








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les romantiques, la droite et le gouvernement » (page 405).

Plus tard, classiques et romantiques évolueront en politique dans un sens tout à fait opposé au leur à ce moment-là : les romantiques deviendront républicains et les classiques royalistes.

Au passage, Balzac donne son avis sur le rôle néfaste de la critique littéraire en l'opposant à la création. Un thème romantique transparaît cependant ici : celui de l’artiste intercesseur entre le public et une sphère supérieure d'idées et de sentiments.
Canalis, le «poète de l’aristocratie» (page 59), n'est guère qu'un nom, symbole des poètes de l'école religieuse et monarchique de la Restauration et qui, pour cette raison, nous fait penser à Lamartine, à Vigny et à Victor Hugo (qui est peut-être représenté par Nathan qui doit aussi à Gozlan, à Nodier et à Sainte-Beuve). Bien que page 229 Balzac distingue d’abord Canalis de Lamartine, l’allusion qui est faite de nouveau un peu plus loin semble confirmer que ce personnage a pour clé Lamartine.

Balzac attribue une mission supérieure à l’écrivain (pages 230, 232, 238-239, 245, 246, 253, 255, 256, 334, 338, 358, 471 : « La tâche d’un écrivain est de concevoir les passions, puisqu’il met sa gloire à les exprimer ! » Le saint-simonisme lui a fait voir en l’écrivain le précepteur de l’humanité.
- Le monde des libraires : Balzac ne voit en eux que des intermédiaires inutiles et des parasites : libraires-commissionnaires (Vidal et Porchon [pages 192, 194] ; Normand [page 242] ; Barbet et Dauriat [page 257] ; Fendant et Cavalier [pages 389-390] et libraires-éditeurs (pages 192 et suivantes ; Doguereau [pages 195-198]). À l’égard des jeunes auteurs, comme Lucien, qui leur présentent leurs manuscrits et qui n’obtiennent que des contrats dérisoires, ils ne sont pas seulement déterminés par la rapacité mais aussi par le désir d’entretenir leur ardeur laborieuse. Ils affectent de les mépriser jusqu’au moment où ils accèdent au succès.

Cependant, en face de ce monde livré aux servitudes de l'or, Balzac en a dressé un autre qui est vraiment celui de la pensée et de l’art. Aux antres du journalisme et du théâtre, il a opposé le Cénacle (page 240), un groupe de jeunes gens qui sont dans la vérité. L'un des aspects les plus curieux et les plus importants de l’époque romantique fut sans doute la formation de ces petits groupes de jeunes gens ou d'hommes jeunes qui reconstruisaient hardiment la société pour la conformer à des principes généreux : le cénacle saint-simonien (page 401) ou le comité fondateur de la Charbonnerie française furent les plus connus des foyers où s'alimentait l'idéalisme de cette grande époque. On pourrait s'étonner que Balzac, devenu l'un des écrivains du parti carliste (alors que les autres attaquent le Cénacle, page 421), peigne avec tant d’admiration et de sympathie ce groupe de révolutionnaires (page 369). Mais il était de ceux qui tendaient la main aux penseurs les plus audacieux et rêvaient de rapprocher carlistes et républicains dans une même guerre contre la bourgeoisie régnante et la démocratie individualiste. ‘’Illusions perdues’’ prêche à sa manière l'association du carlisme et du socialisme naissant contre le règne des affairistes et de l’hypocrite bourgeoisie. Dans d’Arthez, Balzac s’incarne tandis que Buchez est un disciple de Saint-Simon dont on retrouve ici ses idées : doctrine de l'unité spirituelle du monde social opposé à l'individualisme de la philosophie du XVIIIe siècle, admiration pour l’oeuvre du catholicisme et de la monarchie, mais aussi foi dans le progrès de l’humanité et sentiment profond d'une dialectique de l’histoire. Autour de d’Arthez (pages 207-210), Balzac a groupé Meyraux, un homme de science, Joseph Brideau, un peintre dont la clé serait Delacroix, Bianchon, le médecin de ‘’La comédie humaine’’, Louis Lambert, Michel Chrétien, belle figure d'homme politique, symbole de la fédération européenne, Léon Giraud, image probable de Pierre Leroux, chef d’une école morale et politique, penseur dont l'idole est l’humanité et qui prédit la fin du christianisme, Fulgence Ridal, auteur dramatique qui dédaigne la gloire et apparaît surtout comme un bon vivant, gourmet et paresseux, sceptique de surcroît. C’est surtout par la bouche des membres du Cénacle que Balzac stigmatisa l’intrigue qui dominait la société de son temps car, il ne faut pas s'y tromper, ‘’lllusions perdues’’ est un pamphlet contre la société de la Restauration («la réaction religieuse que produisait la Restauration dans le gouvernement […] il fallait opter entre la pratique des Libéraux et celle des Royalistes» [page 27], l’importance de l’option politique pour un imprimeur sous la Restauration [page 27]), société qui est peut-être présentée ici avec plus de vérité que dans beaucoup d’ouvrages à prétentions scientifiques car, selon le mot des Goncourt, «le roman est de l’Histoire qui aurait pu être».

Les libraires sont eux-mêmes soumis aux journalistes (pages 341-343 : l’étroite alliance de la critique et de la librairie ; page 365 : la soumission de l’écrivain aux critiques).
Les milieux journalistiques sont dépeints avec plus de réalisme encore. Pour Balzac, une des conséquences déplorables de la Révolution («la désastreuse époque de 1793», page 14) est la naissance de la presse, de «la force intelligentielle», comme puissance occulte, d’où le terrible et l’admirable réquisitoire d’”Illusions perdues” (pages 295-296, 348, 356 - «Le journaliste se dépense en de tristes articles que sa conscience lui signale comme de mauvaises actions» ). Il avait lui-même été journaliste, fréquentant d’abord les équipes de journaux libéraux (page 222) puis opérant, comme Lucien, un «changement de front» (page 386) et passant aux journaux légitimistes. Le dégoût était venu ensuite : au début de 1833, il avait décidé de cesser au plus vite sa collaboration aux journaux. Ses démêlés avec les journalistes et avec des confrères (Hugo par exemple) expliquent l’âpreté de la satire et le pessimisme des conclusions : « Ce qui, dit-il, recommandera cette oeuvre, c’est l’audacieuse peinture des moeurs intérieures du journalisme, et qui est d'une effrayante exactitude. Moi seul était en position de dire la vérité à nos journalistes et de leur faire la guerre à outrance. » Pour représenter ces milieux, il utilisait des monographies qu’il avait déjà publiées dans diverses revues (‘’Monographie de la presse parisienne’’).

Dès les pages 219-220, Balzac nous prépare à découvrir que le journalisme est le domaine du vice (Vernou, son mariage, sa hargne, pages 316-318), et la dédicace à Victor Hugo, qui a «lutté contre les envieux embusqués derrière les colonnes ou tapis dans les souterrains du Journal», indique bien sa volonté critique. On voit les louches tractations (pages 271-272 ; elles s’annoncent aussi à Angoulême, page 614 ; la corruption parisienne, grâce au rôle du Parisien Cérizet, s’étend à la province), les marchandages secrets qui s’établissent entre feuilles de tendances opposées. On constate la puissance du journal grâce à l’annonce page 341, la publicité rédactionnelle, l’apparition du métier de publiciste (page 224, les ‘’Paris journaux’’ qui commencent à exercer une action profonde et permettent à Finot (son habileté, page 359) de devenir propriétaire d’un journal, page 315) ; la puissance de la critique littéraire ou dramatique (page 358) : Balzac lui-même avait savamment orchestré le lancement de “La peau de chagrin” ; il avait ses entrées dans de nombreux journaux et revues et avait obtenu des directeurs et des confrères articles et notes favorables ; il rédigea lui-même un compte rendu publicitaire fracassant sous un pseudonyme, comte Alexandre de B.. Il montre la collusion avec la politique (pages 256, 2654, 370), les compromissions des journalistes toujours prêts à suivre les consignes imposées par les rédacteurs en chef (pages 234-235, 358), à vendre leur plume (la pratique du nègre, page 237), à manquer totalement de bonne foi, à pratiquer le chantage (pages 234, 379, 394-395).

Le journalisme est à la fois une «boutique» (page 353) et «une grande catapulte mise en mouvement par de petites haines» (page 318). C’est un monde corrompu où les convictions ne sont pas sincères (pages 325-326, 349, 385-386, 408 : les intentions des journalistes du ‘’Réveil’’ pourraient paraître proches de celles de d’Arthez et des membres du Cénacle [pages 405-406, 431], mais la réflexion qui clôt la rencontre laisse entendre que les convictions royalistes et catholiques des romantiques n’étaient guère profondes ; elle donne l’image exacte de l’état d’esprit qui régnait dans certains milieux littéraires ; ce qui expliquerait l’évolution rapide des romantiques [par exemple : Victor Hugo] vers le libéralisme). L’honnêteté intellectuelle n'y a pas de place.

Balzac place un dîner des journalistes (page 294), parce que les grands dîners, qu’il aimait lui-même, permettent de réunir les personnages, de les opposer, parce que le cérémonial de la table (vaisselle, fleurs, mets, manières) est révélateur d’un milieu et de son degré de civilisation.

On s’est demandé si ce tableau impitoyable correspondait bien à la situation de la presse au temps où se passe le roman, c’est-à-dire dans les années 1821-1822. Les considérations de Léon Giraud (pages 405-406) ont un réel intérêt historique, mais il était facile, dans un roman écrit en 1839, de lui prêter des vues prophétiques. Et l’image des moeurs journalistiques que présente ici Balzac pourrait mieux convenir à l’époque où a paru le roman qu'à celle où se déroule l’action. Il aurait simplement reculé de quinze ans dans le passé afin d'éviter les allusions trop précises. C'est en réalité sous le règne de Louis-Philippe que les journaux se multiplièrent et que leur influence s’accrut ; en 1836, Émile de Girardin fonda ‘’La presse’’, le premier en date des grands quotidiens d’information ; la création d’un journal devint dès lors une entreprise commerciale. En un temps où la liberté d'expression restait un des grands principes dont se réclamaient tous ceux qui croyaient au progrès politique et social, Balzac s’effrayait de l’omnipotence de la presse (page 495), est même ennemi de sa liberté (page 370) et dénonce, par ce qu’il appelle « un acte de courage » (qui est aussi la petite vengeance du journaliste malheureux qu’il fut, pages 295-298), le danger qui mine, dès sa naissance, l’indépendance de la grande presse : la corruption par l’argent. Il s'est défendu d’avoir noirci le tableau, convaincu qu’il était de ce que le caractère essentiel de son temps était la toute-puissance de l'argent. On apprend aussi que le héros principal reproduit certains procédés de Sainte-Beuve et de Jules Janin, et certaines aventures d'Albéric Segond. Ces ressemblances plus ou moins accusées confèrent de la solidité à la base historique. Jamais l'art de Balzac n'a su donner la sensation du vrai avec autant de profondeur. Aussi sa peinture est-elle admirable de force et de vérité, et les témoignages contemporains y apportent une sorte de commentaire continu et de justification.

Cinquante ans plus tard, ‘’Bel-Ami’’ de Maupassant viendra donner un sens plus profond encore aux inquiétudes de Balzac, comme en prolongeant l’écho et en matérialisant les méfaits de la collusion journaux-politique.
Les écrivains et les journalistes vivent en étroite union avec les gens de théâtre dont la vie (page 190) est montrée sans concession par Balzac à travers cette sorte de reportage qu'il fait des coulisses sur le Panorama-Dramatique, théâtre qui a réellement existé (pages 263-265, 269), la mention de l’usage récent de l’annonce (page 327), les manoeuvres de la claque (pages 270, 305, 360-361), le trafic des billets (pages 234, 274, 360), l’influence de la critique dramatique et ses combinaisons sordides, à travers l’article rédigé par Lucien : il néglige tout à fait l’intrigue et le sujet de la pièce pour n’exalter que le jeu et le charme des actrices et des acteurs (pages 288-290). En parlant du monde du théâtre, Balzac exprime aussi la conception qu'il se fait de l'art du comédien (pages 418-419, 433) : comme Diderot, dans ‘’Le paradoxe du comédien’’ (« C’est l’extrême sensibilité qui fait les acteurs médiocres, c’est la sensibilité médiocre qui fait la multitude de mauvais acteurs et c’est le manque absolu de sensibilité qui prépare les acteurs sublimes »), il pense que l'acteur est capable d’exprimer à la scène des choses qu’il ne ressent pas du tout (page 265 : mise en action de ce dédoublement).

Écrivains et journalistes, animés par la vanité (page 300), entretiennent des actrices (page 266) ou se font entretenir par elles : ils appartiennent ainsi à ce monde des viveurs (pages 382-3183), des dandys, caractéristique de la génération de 1820 et qu’on retrouve dans le premier chapitre de ‘’La confession d’un enfant du siècle’’ d’Alfred de Musset. Les splendeurs qui font un temps le bonheur de Lucien sont celles aussi dont a joui Balzac qui affichait un luxe bien au-dessus de ses moyens. Il a été lui-même, dans les années 1830, un de ces « lions » qu'il évoque (pages 347, 371 570 : vers le milieu du règne de Louis-Philippe et jusque sous le Second Empire, on donnait le nom de « lions » et de « lionnes » aux élégants et aux élégantes du grand monde), un de ces dandys (page 371) qui faisaient étalage de leur luxe afin d’épater le bourgeois. Il participait de l’anglomanie à la mode (la « fashion »). Comme Lucien de Rubempré, Balzac avait rêvé d’éblouir par son faste et son luxe criard la sociétié parisienne et s’était efforcé de ressembler aux aristocrates désinvoltes du Faubourg Saint-Germain. Un soir, au cours d’un souper chez Werdet, ses amis lui avaient mis sur la tête une couronne de roses ; il ne sentit pas l'ironie, et l'épisode se retrouve dans ‘’Illusions perdues’’ (page 368), comme s’y retrouvent les cannes merveilleuses, les bagues, les boutons de diamants. Mais les splendeurs de Balzac (ses cannes à pommeaux précieux étaient célèbres), comme celles de Lucien, se sont terminées par une chute brusque et profonde, dans des circonstances identiques, l’écrivain étant victime de la faillite de l’éditeur (page 434 et suivantes). Lucien, qui avait adopté la conception que la débauche est normale pour les artistes (pages 279-280), qui, avec un raisonnement casuistique, essaie de justifier son attirance pour la luxure opposée à l’amour vrai, fait encore grande impression dans le salon d’Angoulême.
La toile de fond historique qui sert de décor à l'action du roman fait allusion à maints événements politiques de la Révolution, de l’Empire et du règne de Louis XVIII :

- « les idées populacières sur la chimérique égalité de 1793 » (pages 63-64) ;

- «  l’exemple de Napoléon, si fatal au XIXe siècle par les prétentions qu’il inspire à tant de gens médiocres » (page 68) ;

- la carrière de du Châtelet « auprès du soleil impérial, secrétaire des commandements d’une Altesse Impériale » (page 81), « baron de l’Empire » (page 93) que, pour lors, il renie en l’appelant ‘’Buonaparte’’ (page 81, d’où le commentaire de Balzac : « l’ingrat »), ses aventures en Égypte (pages 50-51), « ce grand diplomate dont s’était si maladroitement privé l’Empereur » (page 62) ; « son habileté de roué » avec laquelle il se livre à de malveillantes manoeuvres contre Lucien (page 62) ;

- le « passage de Napoléon en Espagne […] ces héros qui conquéraient l’Europe […] gentilhomme, simple sous-lieutenant à qui le rusé Napoléon avait montré le bâton de maréchal de France » (page 48) ;

- « l’exécution des frères Faucher » (page 47), sous la Terreur blanche ;

- « l’évasion de Lavalette » (page 47) condamné après les Cent-Jours ;

- Louis XVIII traité de « jacobin » par les nobles d’Angoulême (page 53) ;

- « les Bourbons » qui, selon Mme de Bargeton, « 
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