Résumé Première partie








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aiment tant à favoriser les lettres et les arts » (page 140) ;

- la situation de la presse libérale face à la presse ultra ;

- les problèmes posés par le rétablissement de la censure sous le ministère Villèle (page 291: Balzac explique alors ce fait historique par un événement purement imaginaire ; cela permet une habile insertion de la fiction dans l’histoire, propre à l'accréditer).

Il fait une critique de la Restauration (page 41).
‘’Illusions perdues’’ est donc une fresque sociale et politique de la France des années 1830.
Intérêt psychologique
Si Balzac se veut, et est avant tout, un historien des moeurs, s’il accorde une grande importance aux milieux, à la peinture objective de la réalité sociale, il juxtapose la réalité individuelle, complexe et exceptionnelle de ses personnages, qui en sont d’ailleurs les produits. Bien qu’ils soient des individualités typisées ou des types individualisés, les fruits d’une stylisation qui correspond à une tendance romantique qu’on retrouve dans le soin qu’a le romancier d’opposer un personnage à l’autre, dans une perspective tout à fait manichéenne, mais qui traduit aussi son ambiguïté intérieure, ils sont animés d’une vie puissante grâce à un fourmillement de détails qui donnent l'impression du vécu. Et chacun d’eux révèle un aspect de lui-même.

Bien qu’il les présente comme des résultantes d’une loi générale, pensant qu’en chacun d’eux « se cache toute une philosophie », ce sont des êtres humains et non des marionnettes. Ils attestent tous de la puissance d’une imagination qui leur donna du relief et qui, dans ce roman plus encore que dans les autres, sut modeler les traits de leur caractère et ménager leur évolution de manière à leur conserver la vérité humaine et la vie. Ainsi, il a créé une humanité tout entière si vraisemblable que tout le monde y crut et qu’elle devint vraie. Son admirable fiction modifia le monde, envahit la société, s’imposa et passa du rêve dans la réalité. Si les lecteurs de Balzac ont reconnu tant de contemporains parmi ses personnages, du moins est-ce la preuve qu’ils croyaient découvrir dans ‘’Illusions perdues’’ une image exacte des milieux qui y sont dépeints.

Son réalisme consista à aborder les personnages de l’extérieur, à nous en faire d’abord des portraits physiques détaillés, vigoureusement accusés et colorés, fondés sur des observations physiologiques de leurs visages, de leurs statures, de leurs comportements. Il introduisit la médecine dans le roman, évoquant le magnétisme, la physiognomonie de Lavater, la phrénologie de Gall, la pathologie nerveuse. Les vêtements révèlent les caractères, les vices ou les passions. Vulgaire ou distingué, leur nom même est significatif, est déjà un portrait. Ils sont insérés dans leur milieu où ils se mesurent à des forces hostiles avec lesquelles il faut compter.

On a déjà pu constater qu’’’Illusions perdues’’ met en scène un impressionnant répertoire de personnages variés, dont certains sont déjà apparus ailleurs dans ‘’La comédie humaine’’, le procédé du retour des personnages contribuant nulle part plus qu’ici à élargir l'horizon, à laisser entrevoir les prolongements de chaque existence.
Les personnages secondaires déjà prouvent le génie créateur de Balzac. S’ils pénètrent dans le récit au moment où leur vie rencontre celle de Lucien ou celle de David, ils ne donnent pas l'impression d’avoir été créés uniquement pour susciter de nouvelles aventures aux deux « poètes ». Chacun d'eux a sa vie propre.

Certains sont à la limite du grotesque, tel Sixte du Châtelet, dont on a un portrait satirique (page 50) qui révèle en Balzac un moraliste à la façon de La Bruyère. C'est le type du vieux beau (pages 52, 80-81 : « le bellâtre au petit ventre rond assez difficile à contenir dans les bornes de l’élégance »). M. de Bargeton n'est qu'un fantoche, un « grand enfant » qui se complaît dans une obéissance aveugle (page 134), qui, pourtant, lance un défi à Stanislas (page 135), ce qui fait qu’un duel est décidé (page 136). Il est de ces « gens qui vivent dans un silence imposé par l’étroitesse de leur esprit et leur peu de portée et qui ont, dans les grandes circonstances de la vie, une solennité toute faite. Parlant peu, il leur échappe naturellement peu de sottises ; puis, réfléchissant beaucoup à ce qu’ils doivent dire, leur extrême défiance d’eux-mêmes les porte à si bien étudier leurs discours qu’ils s’expriment à merveille par un phénomène pareil à celui qui délia la langue à l’ânesse de Balaam. » (page 134).

De Petit-Claud (page 479), on voit l’ambition (pages 534, 570), la duplicité (page 565), la jalousie à l’égard de Lucien (page 575), son attention machiavélique mal interprétée (page 608), sa domination sur Cérizet (page 614), sur le journal libéral, sa promotion (page 622), son nouveau rôle (page 625-626), sa franchise (page 626-627).

Dans le portrait de Camusot (page 278), le trait dominant est la lubricité ; mais l’autre côté de son personnage apparaît : l’hypocrisie (page 420). Cependant, en est-il responsable? cela ne tient-il pas plutôt à l’esprit même de la société?

Plus attachants sont les écrivains, les journalistes, les libraires dont Rubempré fait la connaissance en pénétrant dans les milieux intellectuels parisiens : chacun d’eux a une personnalité très marquée, et on s'est empressé de chercher les clés de Nathan, de Canalis, de Mlle des Touches et de bien d’autres. Mais ce jeu séduisant risque toujours de donner une idée fausse des intentions du romancier. Il est évident que tel de ses contemporains a pu lui fournir la première image autour de laquelle se sont cristallisés les traits d'un personnage imaginaire ; mais il a pu aussi combiner en un seul personnage fictif les traits empruntés à plusieurs modèles vivants. Aussi les assimilations qu'on tente sont-elles imparfaites : Mlle des Touches, cette « illustre hermaphrodite » (page 428) qui s’habille volontiers en homme, a les moeurs de George Sand sans en avoir le caractère. Canalis (page 169) fait penser à Lamartine ou à Vigny, et Nathan à Victor Hugo, mais ils représentent surtout deux types d’écrivains à succès, l'un d’origine aristocratique, l'autre d'origine beaucoup plus modeste.
Madame de Bargeton a toute la complexité de Lucien.

Du fait de son éducation littéraire, musicale et scientifique (page 42-43 : « cette mâle éducation » ; page 44 : son « robuste mépris pour l’humanité »), « l’altière » (page 141) Mlle de Nègrepelisse essaya d’échapper à la place que lui assignaient la naissance et le mariage en rêvant, en se cultivant, en émancipant son coeur et ses sens. Elle est « sortie de la route tracée où doivent cheminer les femmes » (page 45), déployant « toute la causticité de son esprit » (page 61).

En nous racontant la jeunesse de cette provinciale sensible, généreuse, supérieure aux médiocrités qui l’entourent, Balzac se souvint des confidences de George Sand sur son enfance, son mariage, ses désillusions et son départ scandaleux pour Paris avec Jules Sandeau et le rapide refroidissement de leur mutuelle passion. Mariée sans amour, Mme de Bargeton est devenue « une folle dont la folie était sans danger » (pge 48) : « Pour elle, tout était sublime, extraordinaire, étrange, divin, merveilleux » (page 47). « En femme exagérée, elle s’exagérait la valeur de sa personne. À ses yeux, Mme de Bargeton était une souveraine, une Béatrix, une Laure. Elle s’asseyait, comme au Moyen Âge, sous le dais du tournoi littéraire » (page 129) ; « elle sympathisait avec Napoléon vaincu » (page 48) ; elle « s’éprit d’un gentilhomme, simple sous-lieutenant à qui le rusé Napoléon avait montré le bâton de maréchal de France » (page 48). « Sa fierté la préservant des tristes amours de la province » (page 49), par son goût de « l’amour sans l’amant » (48), par sa solitude hautaine (« ce coeur de femme altière », (page 133), elle apparaît comme une précieuse comme le confirment la comparaison avec l’Hôtel de Rambouillet (pages 52-53), sa « mise théâtrale » (page 82), son idéal de l’amour courtois (« Lucien devait la mériter après plusieurs victoires », page 129 – « vos lauriers me sont dus, ce sera pour moi la noble indemnité des souffrances qui m’adviendront », page 120), ce goût du romanesque par lequel elle convainc son mari de se battre en duel (pages 133-134), son « emphase de sentiment » (page 119 : « il y a longtemps que toutes les cordes de mon coeur n’ont résonné », page 120) ; son « donquichottisme féminin » (page 129) font d’elle une Bovary avant la lettre (« elle avait soif de tout ce qui n’était pas l’eau claire de sa vie », page 47), une femme savante, la Corinne d’Angoulême dont Lucien est le Benjamin (allusion au roman de Mme de Staël et à Benjamin Constant, pages 63, 347). Lors de « la solennité littéraire » qu’elle a organisée, « elle se sentait pour la première fois de sa vie transportée dans la sphère qui lui était propre » (page 92). Pleine de mélancolie romantique, elle se voit comme « la plante qui se dessèche au fond d’une forêt étouffée par des lianes, par des végétations gourmandes, touffues, sans avoir été aimée par le soleil et qui meurt sans avoir fleuri ! » et elle envie les souffrances de Lucien, car, lui dit-elle, «  vous vivez au moins, vous ! » (page 100).

Mais elle est une femme âgée (son portrait, page 56 - sa maigreur couperosée). Elle est arrivée à « l’âge terrible où la femme commence à regretter ses belles années passées sans qu’elle en ait joui, où elle voit ses roses se faner, où les désirs d’amour renaissent avec l’envie de prolonger les derniers sourires de la jeunesse. » (page 49) - « elle ouvrit la campagne pendant laquelle les femmes font battre en brèche des scrupules plus ou moins ingénieusement fortifiés. Leurs discussions sur les devoirs, sur les convenances, sur la religion, sont comme des places fortes qu’elles aiment à voir prendre d’assaut. » (page 59). Elle aime Lucien d’« un amour greffé sur l’orgueil » (page 147), un jeune homme (« À son âge, l’amour d’un jeune homme offre tant de séductions ! On redevient jeune auprès de lui, l’on se fait jeune fille, on en prend les scrupules, les manières, et l’on ne songe pas au ridicule » (page 122), qu’elle considère comme un « enfant » (page 133), voulant être pour lui « une bienfaitrice qui allait s’occuper de lui maternellement » (page 59), ayant pour lui des « soins maternels » (page 72), lui imposant sa volonté, faisant appel à son orgueil, comme pour son mari (page 134), l’incitant à « conquérir de la gloire » (page 121) : elle veut « le former » (page 60), ne pas « lui laisser ignorer les dangers de la carrière que doivent parcourir les hommes de génie et où se rencontrent des obstacles infranchissables aux courages médiocres [...] elle lui montra la gloire achetée par de continuels supllices, elle lui parla du bûcher des martyrs » (page 63), « elle lui conseilla de répudier audacieusement son père en prenant le noble nom de Rubempré » (page 63), ne se souciant pas de sa famille (« Que me fait ta famille? » page 121)

Elle est une femme du monde, capable de prendre « un air tout à fait royal » (page 61), flattée des hommages d’un poète, faisant preuve de « sa coquetterie de femme qui se plaisait à jouer avec le feu » (page 60) mais aussi d’audace (page 147).

Son ambivalence est bien rendue par les avis opposés de Châtelet et d’Amélie (pages 121-122).

Mais elle n’échappe pas à un certain ridicule dû à la province, l'influence du milieu étant irrépressible (page 48) : elle a une « mise théâtrale » (page 82), propre à plaire en province et à Lucien en particulier.

Elle est donc, elle aussi, une victime malheureuse de la vie : c'est la femme trop intelligente et trop sensible pour son entourage (page 92 : contraste avec ses invités, scène digne de Molière). D’ailleurs, Balzac nous la montre d’abord comme une femme sympathique, nous faisant partager l’aveuglement et l’éblouissement de Lucien (page 56). Elle est capable de sursauts comme celui par lequel elle remet Châtelet à sa place (page 61) ; elle peut être une femme ardente qui n’est pas dupe de l’hypocrisie ambiante.

Mais, à partir de la réponse (page 73) qu'elle fait à Lucien qui lui avait demandé d'admettre chez elle David Séchard, Balzac prend vis-à-vis d’elle une attitude hostile. Gênée, elle s’en tire par une lettre ambiguë où elle apparaît prise entre son amour pour Lucien et son orgueil aristocratique, où elle essaie de séparer Lucien de David. Elle décide de partir à Paris, se lançant ce défi : «  ou je réussirai et je ne reverrai plus Angoulême ou je ne réussirai pas et veux attendre à Paris le moment où je pourrai passer tous les étés à l’Escarbas et les hivers à Paris. C’est la seule vie d’une femme comme il faut, j’ai trop tardé à la prendre » (pages 139-140). Puis, dès son arrivée à Paris où elle est métamorphosée (page 379), où elle devient vite une vraie Parisienne, répondant ainsi aux espoirs que Mme d’Espard met en elle (pages 177-178), elle évolue vite : les préjugés de sa classe sociale (page 165) n’ont pas manqué de façonner, dans une grande mesure, son caractère (pages 151-152). Elle s'aigrit, nous devient presque odieuse, le lecteur tendant maintenant à la mépriser et à la détester. On la voit bientôt, ses sentiments subissant une évolution semblable à celle de Lucien (page 165), lui préférer du Châtelet (page 157).

Dès lors, son drame ne nous émeut plus. L’auteur la sacrifie à Lucien. De plus en plus, elle accuse sa ressemblance avec Philaminte et la comtesse d’Escarbagnas (source littéraire possible : le personnage a plus d'un trait commun avec celui de Moliére ; le nom d’Escarbas (pages 43, 134) que Balzac a donné au domaine des Bargeton semble inviter le lecteur à faire le rapprochement entre les deux personnages ; quant à du Châtelet, il rappelle M. Harpin, autre personnage de ‘’La comtesse d’Escarbagnas’’).

Quand les deux personnages se retrouvent à Angoulême, on ne croit guère à la possibilité d'une réconciliation (page 379-380) car leur vanité et leur maladresse sont égales, et, si Mme du Châtelet semble vouloir reconquérir Lucien (page 572-573), c’est plus par amour-propre (pages 330, 347) que par amour (pourtant, page 615 : « Elle était affligée des nouvelles contradictoires qui couraient sur Lucien »).

En définitive, c’est une vaniteuse qui, nous dit Balzac, accorde « une grande importance à sa personne ». Elle s'oppose aux femmes angéliques dont le dévouement est complet.
Ève ne fait que passer dans le roman, sans y peser. En face de Mme de Bargeton, femme égoïste, Ève (« grande brune, aux cheveux noirs, aux yeux bleus » [page 69] – « enfant bien élevée et déchue qui se conformait à sa triste fortune » [page 70] – « mise simple... grandeur naturelle... costume d’ouvrière » [page 102) est la femme angélique (« la sainte créature », pages 55, 106, 214), parfaite (pages 539-540). Parangon des sœurs, elle a d’abord pour Lucien une adoration et une sollicitude aveugle : « il entre dans le sentiment d’une soeur pour son frère un plaisir immense d’être traitée sans façon » [page 71], puis elle se méfie de sa présomption, les « illusions perdues » étant aussi celles qu’elle avait sur lui (pages 471, 474, 490, 501, 507). Compagne dévouée, toute grâce et tout dévouement (page 502), elle soutient David dans ses recherches (page 477), mais il lui reproche de l’avoir « habitué à se croire grand » (page103). Devenue chef d’entreprise (pages 454 et suivantes, 467, 499, 607), elle ne partage pas son ambition (pages 498, 512, 611, 628). Refuge de toutes les vertus, dotée à la fois de beauté et de jugement, elle est la femme idéale telle que la voyait Balzac. Elle est Mme Hanska (dont le prénom était d’ailleurs Ève) idéalisée par l’éloignement.
Par rapport à Mme de Bargeton et à Ève, la petite Coralie, qui nous émeut tant, venait d’un autre filon de la création balzacienne : danseuse de l’Opéra, elle appartenait, comme Esther Gobseck (un des principaux personnages de ‘’
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