Le cours Fonctionnement de l’arbre








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titreLe cours Fonctionnement de l’arbre
date de publication23.10.2016
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Plan de cours

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Objectifs du cours 3



Partie 1 - Fonctionnement de l’arbre 4

Les feuilles 4


Les branches 5

Le tronc 7

Le système racinaire 8

Les champignons 10

Les insectes 11

Partie 2 - Élagage 12
Définition et présentation 12

Comment élaguer? 12

Réaction de l’arbre à l’élagage 13

Quand élaguer? 14

Pourquoi élaguer? 15

Quels outils utiliser? 16

Quelles sont les essences à privilégier? 16

Conclusion 18

Objectifs du cours

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Le cours Fonctionnement de l’arbre s’adresse à toutes les personnes qui veulent comprendre les mécanismes qui régissent une croissance optimale de l’arbre. Quant à l’élagage des arbres, cette pratique s’effectue pour diverses raisons, notamment la sécurité, l’esthétisme et l’augmentation de leur valeur marchande.
Les objectifs du cours sont donc les suivants :


  • Comprendre d'abord le fonctionnement de l'arbre selon ses caractéristiques principales, son environnement et ses réactions à différents stress




  • Effectuer un survol des grandes généralités des maladies et des insectes




  • Apprendre à évaluer les impacts de l'élagage sur les essences d'arbre




  • Évaluer les retombées économiques des interventions d'élagage




  • Savoir quand élaguer et quelles essences à privilégier




  • Connaître les bons outils à utiliser



Bonne formation à tous!

Partie 1 - Fonctionnement de l’arbre

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Les feuilles




Les feuilles sont des usines qui synthétisent des composés organiques. Un composé organique consiste principalement en un assemblage d'atomes de carbone. On ne connaît toutefois pas tous les composés élaborés par les plantes ni le rôle joué par chacun d’eux. Chaque essence élabore ses propres composés, lesquels se répartissent habituellement dans tous les tissus de l’arbre, des racines aux feuilles. Nous n’avons notamment qu’à penser à la juglone présente dans les noyers, elle joue un rôle d’herbicide naturel. Dans le cas des chênes rouges, l’acide tannique qui, à cause de sa toxicité, devient une stratégie pour disséminer ses glands.
Le principal composé organique fabriqué par les plantes est le glucose. Ce composé sert à fournir de l’énergie pour les différentes activités vivantes de l’arbre ainsi que la fabrication d’hormones de croissance, de composés organiques propres à chaque essence, de même que le matériel de construction du bois. Lorsque deux molécules de glucose s’associent ensemble, elles forment de l’amidon qui servira de réserve d’énergie principalement emmagasinée dans les racines. Lorsque des molécules de glucose s’associent en chaîne plus longue, elles forment de la cellulose, principal composé du bois. Ceci dit, les arbres sont donc de gros bâtons de sucre convoités par les champignons et certains insectes.
Plus il y a de feuilles, plus il y a de fabrication de sucre et d’hormones de croissance, lesquelles favorisent une croissance rapide. Ce n’est toutefois pas toujours souhaitable. En effet, dans certains cas, plus un arbre a une croissance rapide et plus le bois d’œuvre est instable, moins il est recherché. Les chêne et les épinettes en sont quelques exemples.
On ne peut parler des feuilles sans parler des stomates. Ces cellules en forme de bouche permettent les échanges entre l’arbre et l’air ambiant. Les stomates ont deux rôles. Ils servent d’abord à la respiration ou plutôt aux échanges gazeux avec l’atmosphère. Ils inspirent et expirent essentiellement du gaz carbonique et de l’oxygène. Les stomates servent aussi à la transpiration et à la circulation de la sève. Ils permettent donc la circulation des minéraux essentiels et servent également de système de refroidissement.
On peut distinguer, souvent à l’œil, deux types de feuilles chez les feuillus : les feuilles d’ombre et les feuilles de lumière. Les feuilles de lumière sont généralement plus petites et situées dans la couronne de l’arbre. Elles sont donc les plus exposées à la lumière. Les feuilles d’ombre se retrouvent au centre de l’arbre. Leurs rôles respectifs se complètent puisque les stomates des feuilles d’ombre restent ouverts en plein jour évitant ainsi la surchauffe de l’arbre. Il faut donc éviter d’éliminer les feuilles d’ombre lors d’un élagage sévère, et ce, plus particulièrement pour les arbres exposés à une chaleur intense (arbres situés près des chemins ou des édifices).
Enfin, il y a des insectes et des maladies qui convoitent cette belle nourriture tendre que sont les feuilles. Il importe de comprendre que, chez les feuillus, les ravages causés par les insectes et les maladies ont habituellement peu d’effets sur la croissance annuelle de l’arbre et sur sa santé en général. Un tremble par exemple peut être complètement défolié pendant 2 ou 3 ans par la livrée des forêts et revenir indemne à l’aide de ses propres réserves. Bien entendu, lorsque l’arbre est complètement défolié, sa croissance annuelle diminue. Lorsque l’arbre n’est que partiellement défolié, l’impact sur sa croissance est mineur. Chez les résineux, une agression aux aiguilles a un impact plus néfaste.

Les branches




Le rôle principal des branches est d’augmenter l’étendue du feuillage afin de maximiser la croissance de l’arbre, puis de dominer la compétition. Dans son milieu naturel qu’est la forêt, l’arbre favorisera une croissance en hauteur pour atteindre le plus tôt possible la lumière essentielle à une croissance idéale. Lorsque les arbres se retrouvent dans un endroit dégagé, la croissance en hauteur n’est plus une nécessité. La formation de nombreuses grosses branches sera alors la stratégie pour obtenir un meilleur rendement de la lumière. Les arbres n’ont jamais l’idée de faire une bille de déroulage.
Un arbre aura une forte dominance apicale lorsque, en terrain dégagé, il formera une tête largement dominante en hauteur. C’est d’ailleurs le cas des résineux. À l’opposé, un feuillu à faible dominance apicale verra chacune de ses branches rivaliser la tête de l’arbre, (érable, tilleul et bouleau jaune). Malgré la présence d’une bonne dominance apicale, les branches de feuillus auront tout de même une forte tendance à entrer en compétition avec la tête en terrain découvert. Évidemment, la formation de grosses branches n’est pas souhaitable pour augmenter la qualité du bois en usine. C’est pour cette raison qu’il est approprié de les enlever.
Généralement situés au bout des branches, les bourgeons concentrent les hormones de croissance. Les composés de base de ces hormones sont élaborés dans les feuilles comme il est précédemment mentionné. On retrouve un gradient décroissant de concentration d’hormones du haut vers le bas de l’arbre, c’est-à-dire que la concentration d’hormones de croissance est plus élevée à partir des bourgeons de la cime de l’arbre qu’au niveau de la souche loin de tout bourgeons. Lorsqu’il y a seulement des branches dans le dernier quart de l’arbre, la croissance au niveau du tronc est ainsi réduite puisque les hormones sont plus diluées. Par ailleurs, lorsqu’il y a des branches basses, la croissance du tronc est plus rapide, à condition que ces dites branches aient un ensoleillement adéquat. Si les branches basses sont à l’ombre, la quantité d’hormones s’en trouve réduite et la croissance se perdra dans ces branches plutôt que dans le tronc. Ces branches peuvent même emprunter les hormones provenant des parties supérieures de l’arbre. Lorsque l’on coupe des branches basses exposées au soleil, on réduit alors la vitesse de croissance en diamètre. Lorsque l’on coupe des branches basses à l’ombre, la croissance en diamètre ne changera pas et peut même s’améliorer.
À la base de la branche, il y a habituellement un renflement qu’on appelle cal cicatriciel. Le rôle de ce cal est de refermer le plus rapidement possible l’ouverture laissée par une branche cassée ou coupée. Il est très important de ne jamais couper ce cal lors de travaux d’élagage car la blessure sera encore plus grande, laquelle prendra plus de temps à cicatriser. De plus, il y a dans ce cal tous les ingrédients qu’il faut pour accélérer la cicatrisation.
Les feuilles, de par l’évaporation qu’elles font, aspirent la sève vers le haut. Ce phénomène se nomme l’appel sève. La circulation de la sève se fait uniformément autour de l’arbre. Lorsque l’on coupe trop de branches à peu près au même niveau, on risque de couper la continuité de la circulation de la sève. De même, si on coupe une branche trop importante par rapport au diamètre de l’arbre, soit approximativement plus du tiers du diamètre du tronc, l’appel de la sève pourrait être trop réduit pour assurer une circulation bien répartie de la sève autour du tronc de l’arbre. Une partie du tronc pourrait ainsi sécher. Le même phénomène se produit si on coupe une trop grande partie d’une branche. Dans ces circonstances, les dégâts se limitent seulement à la branche et peuvent entraîner sa mort.
Il y a une plus grande concentration de minéraux (Ca, N, K, etc.) dans les branches qu’au niveau du tronc. Cela s’explique aisément par le fait qu’il y a une plus grande proportion de volume vivant par rapport au volume total de la branche. À l’automne, peu avant la chute des feuilles, il y a de plus une migration de minéraux et de composés organiques des feuilles vers les extrémités des branches. Il est donc convenable de laisser les branches de 3 pouces de diamètre au sol pour en éviter l’appauvrissement. Dans un contexte où la biomasse prend de la popularité, il est important de garder cette idée à l’esprit.
Les arbres ne cicatrisent pas tous à la même vitesse. Certains cicatrisent à une vitesse surprenante, par exemple le chêne et l’orme, alors que d’autres cicatrisent très lentement, notamment l’érable et l’ostryer. D’autre part, le bois des arbres ne carient pas tous à la même vitesse. Prenons par exemple le chêne, l’érable et le frêne, ils carient lentement alors que l’orme, le tilleul et le bouleau carient rapidement. Il est important de connaître les caractéristiques de chaque essence lorsqu’on s’aventure dans l’élagage afin d’éviter que notre intervention s’avère négative. Par exemple, nous pouvons couper une très grosse branche sur un chêne puisqu’on sait qu’il va cicatriser rapidement et carier lentement. Pour le tilleul, nous devons toutefois limiter la grosseur des branches à couper pour éviter que la carie fasse son œuvre avant que la cicatrisation soit complète.

Lorsqu’on fait de l’élagage pour obtenir du bois de qualité, il est nécessaire de couper les branches le plus tôt possible afin de réduire la taille des cicatrices et de les confiner le plus près possible du cœur. Il faut idéalement couper les branches ayant moins de 2 pouces de diamètre. Plus les branches élaguées sont grosses, plus l’arbre prendra du temps à fabriquer du bois de qualité. Notre investissement sera ainsi moins intéressant. Dans les cas où l’on recherche le bois de cœur, tels le noyer et le cerisier, il est souhaitable d’élaguer chaque année ou exceptionnellement aux deux ans l’arbre en bas âge.

Le tronc




Le tronc sert de support physique aux branches et aux feuilles bien sûr, mais aussi à la vie de l’arbre. Il est constitué presqu’entièrement de bois mort. Supposons qu’à l’endroit où le tronc a 100 ans, il y a seulement une année de vivante et 99 années de bois mort. Il faut envisager l’arbre comme une colonie tel le corail. À chaque année, les cellules vivantes de l’arbre s’ajoutent sur les cellules mortes de l’année précédente. Puisque l’arbre a une croissance en hauteur de même qu’il ajoute une croissance en diamètre, il prend donc une forme conique allongée.
Le tronc, tout comme les branches, a une stratégie qui empêche les champignons de carier le bois. Cette stratégie se nomme le compartimentage. Ce système isole et confine l’évolution du champignon afin d’éviter qu’il cause des dommages à toute la structure de l’arbre. L’arbre ne guérit pas d’une invasion aux champignons, il les compartimente!
L’étude du Dr Shigo sur ce phénomène suggère un ensemble de quatre compartiments, lesquels sont comparables à des barrières. Ces compartiments se forment pour empêcher la progression du champignon dans toutes les parties de l’arbre. Ces compartiments n’ont pas tous la même efficacité. Par ordre d’efficacité, soit du moins au plus efficace, les compartiments 1, 2, 3 et 4 se décrivent comme suit :

Compartiment 1

À l’intérieur du cerne annuel, ce compartiment empêche le champignon d’aller de haut en bas. En fait, le terme empêche est beaucoup dire tellement le compartiment 1 est peu efficace.

Compartiment 2

Toujours à l’intérieur du cerne annuel, ce deuxième compartiment est sensé couper la progression du champignon vers la droite ou vers la gauche. Il est plus efficace que le compartiment 1, mais moins que les compartiments 3 et 4.

Compartiment 3

Le compartiment 3 empêche la progression du champignon de l’extérieur vers l’intérieur de l’arbre.

Compartiment 4

Ce dernier est le plus efficace car il empêche le champignon d’atteindre la partie vivante de l’arbre. Cette barrière est une paroi presqu’infranchissable qui se forme de l’intérieur vers l’extérieur de l’arbre. Elle est aussi plus efficace du fait que les cellules vivantes s’occupent rapidement à fabriquer une paroi infranchissable par l’ajout de différents composés résistant à la carie.

À chaque année, l’arbre fabrique ses compartiments à l’intérieur de ses cernes annuels. Pour les compartiments 3 et 4, nous pouvons les observer aisément à l’œil nu par la partie plus dense du cerne annuel (bois d’été et d’automne ou plus précisément).
On trouve souvent des arbres creux dont le bois à l’intérieur est carié. Ces arbres sont pourtant encore bien portants. Seule l’intégrité physique de la structure en bois est altérée. On comprend très bien la situation lorsqu’on connaît l’efficacité de chacun des compartiments.
Prenons un exemple pour bien illustrer cette stratégie de compartimentage.
Nous savons qu’un arbre pousse en forme de cône allongé. Nous savons aussi que le compartiment 4 est le plus efficace. Supposons une blessure importante à la base de l’arbre et qui est exposée à la carie. Freinée par le compartiment 4, la carie évoluera de bas en haut en suivant la forme conique naturelle de l’arbre. C’est donc la paroi 4 qui empêche la progression de la carie vers le haut de l’arbre.

Le système racinaire




Les racines de l’arbre emmagasinent l’énergie du sucre sous forme d’amidon. Elles permettent l’ancrage de l’arbre au sol et puisent l’eau et les minéraux du sol. Nous nous attarderons donc sur la dernière caractéristique, soit l’eau et les minéraux du sol, puisqu’elle concerne davantage l’élagage par rapport aux autres.
La santé de l’arbre est intimement liée à la santé et à l’étendue du système racinaire. Plus un système racinaire est étendu, plus il a la possibilité d’aller chercher ce dont l’arbre a besoin en eau et en minéraux. La santé du système racinaire dépend de la richesse et de la texture du sol. Ces deux derniers facteurs jouent un rôle tout aussi important l’un comme l’autre.

Le phosphore est l’élément le plus limitant pour le développement du système racinaire. Une carence en cet élément limite l’étendue des racines réduisant ainsi la quête d’autres éléments essentiels.
Lorsque l’on parle de la texture du sol, on pense à la rétention en eau et à l’aération. Les racines sont composées de cellules vivantes et ont besoin d’air et d’eau pour effectuer les échanges avec le sol. Un sol mal aéré ou qui retient trop ou trop peu d’eau peut ralentir le développement du système racine et même le supprimer. Ainsi, un sol argileux présente habituellement une mauvaise aération, mais suffisamment ou trop d’eau. Lorsque ce type de sol est trop drainé, il peut perdre beaucoup d’eau en période de sécheresse. Il se compacte davantage et devient presqu’imperméable. Au retour de la pluie, l’eau ruisselle plus qu’elle pénètre et le déficit en eau peut s’accentuer lors d’épisodes de sécheresses répétées. À l’opposé, les sols avec un bon humus présentent toutes les conditions idéales pour un bon développement du système racinaire. Ils retiennent l’eau et l’air comme des éponges.
Le pH du sol est aussi un facteur qui limite le développement du système racinaire, mais aussi de l’arbre entier. Un sol trop acide indique habituellement une carence dans certains minéraux positifs tel le calcium.. Les sols trop basiques sont plutôt rares alors que les sols trop acides sont plutôt communs. En règle générale, les conifères tolèrent assez bien les sols acides. Il y a bien certainement des limites. Il est donc rare qu’on fertilise les sols à vocation résineuse. Bien entendu, les résineux profitent assez bien des sols peu ou pas acides, lesquels résineux finissent par acidifier le sol par leurs aiguilles qui tombent. Les feuillus préfèrent par contre les sols peu ou pas acides. Les feuillus en sol acide présentent des croissances faibles et une plus grande fréquence de maladies. C’est notamment le cas des érablières.
Pour les gens assidus, la meilleure fertilisation du sol se fait à l’aide de compost et de chaux. Le compost, tout comme les feuilles qui tombent naturellement au sol, améliore la texture du sol en même temps qu’il apporte des éléments essentiels au sol. En pratique, l’application de compost se fait très rarement due à la complexité de l’épandage. L’application de chaux est plus répandue, plus facile et donne des résultats très satisfaisants pendant une longue période, soit plus de 10 ans dans le cas des érablières. Puisqu’il y a deux sortes de chaux, il est nécessaire de procéder à une analyse du sol avant de chauler pour éviter d’aggraver le problème.
Lorsqu’une racine majeure meurt ou est accidentellement coupée, il y aura une discontinuité dans la circulation de la sève ou de la résine. Il y a donc une section de l’arbre qui risque de se dessécher, et ce, toujours avec une forme conique, n’oublions pas. Nous voyons donc apparaître un décollement de l’écorce ou des branches mortes du côté de la blessure. Comme les branches, les racines sectionnées peuvent se carier d’autant plus qu’elles sont à l’humidité dans le sol.


Les champignons

L’objectif de cette section n’est pas de donner un cours sur les champignons des arbres, mais plutôt de soulever quelques généralités qui concernent de près l’arbre et l’élagage. Nous pouvons à cet effet considérer trois types de champignons, soit primaire, secondaire et tertiaire.
Les champignons primaires s’attaquent à la partie vivante des arbres et causent des chancres, c’est-à-dire des déformations ou altérations de la partie infectée. Les chancres eutipelléens, nectriens et hypoxiloniens en sont quelques exemples. Dans le cas des champignons primaires, c’est souvent une question de hasard pour qu’il y ait infection d’une plaie vive sur la faible surface exposée. D’abord, ladite plaie vive ne reste pas très longtemps à vif. Des cellules spécialisées isolent très rapidement, soit en quelques jours, les cellules vivantes. Le temps d’infection est alors très court diminuant ainsi les probabilités de contact. Si les arbres se trouvent à un endroit où il y a très peu de sujets infectés, il s’y trouve donc moins de spores en circulation dans l’air. Cette situation diminue ainsi les probabilités d’infections. L’absence de vent et la faible humidité de l’air sont aussi défavorables à l’infection par les champignons. Si un élagage doit être fait à un endroit où il y a une forte présence de champignons, des mesures sanitaires doivent être prises, notamment la stérilisation des outils entre chaque coupe. Il faut également éviter de faire ce travail au grand vent et à un taux d’humidité relativement élevé. La désinfection des outils se fait habituellement avec de l’alcool ou une dilution d’eau de javel et d’eau à 50 %. L’eau de javel corrode l’acier des outils d’élagage. C’est pourquoi l’alcool est davantage utilisé. Les champignons, sur les feuilles ou aiguilles vivantes, sont tous des champignons primaires.

Les champignons secondaires s’attaquent au bois déjà mort sous la partie vivante de l’arbre. Lorsqu’il y a une blessure relativement profonde sur l’écorce de l’arbre ou par exemple une branche coupée, le bois mort est exposé. Il est donc sujet à être infecté par ces champignons. Les champignons prolifèrent aisément lorsque la température ou le site est humide. Du bois humide présente ainsi les caractéristiques idéales à la prolifération des champignons.
L’infection du bois mort relève aussi du hasard sauf que l’exposition peut parfois s’étendre sur une longue durée, soit le temps nécessaire pour que la blessure se referme. Plus la blessure est grande et plus le bois restera exposé longtemps, plus les champignons auront la possibilité de s’installer. Lorsqu’une spore de champignon s’accroche à la blessure exposée, il doit y avoir une certaine période d’humidité adéquate du bois pour qu’elle puisse germer. Si la blessure reste sèche ou sèche rapidement, le champignon ne pourra donc pas s’étendre. Les années de grande humidité favorisent l’installation des spores et accélèrent le travail des champignons.
Il faut donc éviter de couvrir une plaie ouverte sur un arbre avec du goudron ou autre enduit. Cela empêche le bois de sécher et lorsque l’enduit fendille, les spores de champignons trouvent un milieu humide favorable à leur développement.
Lorsque l’on coupe une branche, on expose une faible partie vivante de l’arbre aux champignons primaires et une grande partie du bois mort aux champignons secondaires. La même chose se produit lorsqu’il y a une blessure au niveau du tronc. Heureusement, il y a des facteurs qui freinent la propagation des champignons.
Enfin, les champignons tertiaires s’attaquent à d’autres champignons et/ou à du bois déjà altéré par des champignons secondaires.

Les insectes




Nous pouvons diviser les insectes selon les trois mêmes catégories que les champignons, soit primaire, secondaire et tertiaire. Les insectes primaires s’attaquent à la partie vivante de l’arbre. Les insectes qui dévorent les feuilles sont des insectes primaires et causent habituellement très peu de dommages à l’arbre. Les insectes primaires qui s’attaquent au tronc sont par contre très difficiles, voire impossible, à contrôler. Les pics-bois et certaines guêpes prédatrices arrivent à avoir un certain contrôle sur les populations de ces insectes. Ces prédateurs d’insectes primaires seront moins présents dans une forêt aseptisée, c’est à dire sans arbre mort qui leurs assurent une nourriture abondante. C’est notamment le cas d’une érablière continuellement nettoyé de ses arbres morts.

Lorsqu’un arbre est fraîchement élagué, il se dégage une odeur de la plaie qui attire les insectes primaires. Si les arbres élagués se situent dans un endroit où les populations d’insectes abondent, les risques d’infestations seront considérables. Il en va de même lorsque l’élagage s’effectue pendant la période de ponte des insectes en raison de leur plus grande mobilité.

Partie 2 - Élagage

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Définition et présentation de la norme




L’élagage regroupe un ensemble de techniques de coupe de branches des arbres. Ces techniques sont décrites dans les normes du Bureau de normalisation du Québec, lesquelles normes sont inspirées des travaux du docteur Alex Shigo. Avant ses travaux, l’élagage s’exécutait selon les théories plus ou moins inspirées de tous et chacun. Les désastres étaient alors monnaie courante.
Nous ne passerons pas en revue tous les détails de la norme, mais plus spécifiquement les notions associées aux techniques d’élagage.

Comment élaguer?




Ce qui nous intéresse ici c’est obtenir des billes de sciage ou de déroulage de grande qualité. Il s’agit donc de relever la cime de l’arbre tout en confinant les cicatrices à l’intérieur d’un diamètre idéal de 2 pouces à 6 pouces maximum. Dépassé ce diamètre, il ne doit y avoir aucune trace de cicatrisation qui réduit la qualité du bois. Il faut donc élaguer l’arbre très tôt car la cicatrisation doit être terminée à 6 pouces de diamètre. Pour les essences dont le bois de cœur est convoité, tels le noyer et le cerisier, il est plus important de couper très tôt dans la vie de l’arbre, soit à moins de 2 pouces idéalement. Plusieurs élagages sont alors nécessaires.
Après les travaux du Dr Shigo, on s’est rendu compte que l’élagage était un travail plus délicat qu’on croyait. Docteur Shigo a remarqué qu’en coupant le cal cicatriciel, la cicatrisation était beaucoup plus lente. Il y a donc dans ce bourrelet des mécanismes qui favorisent une cicatrisation rapide.
À l’opposé, si la coupe de la branche se fait trop éloignée du bourrelet, le morceau excédant le bourrelet séche et empêche la cicatrice de se fermer rapidement. En effet, la cicatrice devra contourner cet obstacle avant de se fermer complètement. Le bois exposé trop longtemps finira par carier. Idéalement, la coupe des branches doit s’effectuer le plus près possible du bourrelet sans l’endommager.
Le bourrelet va habituellement suivre sensiblement la même direction que la branche. À cet effet, lorsque l’on coupe la branche perpendiculairement à sa direction, la ligne de coupe suivra ainsi la ligne du bourrelet. Comme dans toute chose, il y a des exceptions. Il arrive que le bourrelet ne soit pas apparent. Dans ce cas, la coupe de la branche doit débuter le plus près possible du tronc dans la partie supérieure de la branche, et se diriger perpendiculairement au sens de la branche.
Dans le cas de doubles têtes, soit lorsque l’on retrouve deux branches presque parallèles, il est préférable d’y couper la branche à un angle de 30 degrés par rapport à la verticale. Cette situation s’explique par le fait qu’il y aura une petite région dans la partie inférieure de la branche qui sèchera en raison que très peu de sève qui va y circuler. Il arrive même parfois que 30 degrés ne soit pas suffisant. C’est notamment le cas des plus grosses branches.

Réaction de l’arbre à l’élagage




La norme suggère d’éviter de dépasser 20 % du volume de branches lors d’un élagage. Qu’est-ce qui se passe lorsqu’on dépasse ce seuil? Plusieurs conclusions sont envisageable, par exemple la mort de l’arbre, la mort des racines. Plus précisément, au-delà de 25 % et jusqu’à 75 %, il y a une diminution significative de la croissance annuelle de l’arbre pendant quelques années. Ce phénomène temporaire s’explique par une diminution du volume de feuilles, mais aussi par un nombre élevé de cicatrices, lesquelles réduisent les possibilités de passage de la sève.
Au-dessus de 75 % du volume des branches et selon les essences, les effets peuvent être davantage sérieux et permanents. La croissance de l’arbre peut stagner pendant plusieurs années. Il peut être plus vulnérable aux infections de maladies et peut même mourir. À noter aussi qu’il peut très bien s’en sortir, tout dépend de l’essence et de la vigueur de l’arbre. J’ai personnellement déjà enlevé 90 % des branches d’un chêne rouge et il vit très bien aujourd’hui! Par contre, je n’aurais jamais osé faire la même chose à un bouleau. À titre informatif, l’élagage se fait dans des proportions se situant entre 30 % et 50 % dans certaines parties de l’Europe.
Les conditions climatiques jouent aussi un rôle important sur la viabilité de l’arbre après une coupe sévère. Un épisode de forte chaleur et/ou de sécheresse accélère ainsi le dépérissement d’un arbre fortement élagué. À l’opposé, des pluies abondantes peuvent ramener la santé à des arbres fortement élagués.
Enfin, comme on l’a précédemment vu, un moins grand nombre de branches de l’arbre diminue la quantité d’hormones de croissance, ce qui ralentit la cicatrisation de l’arbre.
Un élagage idéal de 20 % du volume de branches aura peu d’effets sur la croissance de l’arbre et cela en rassure plus d’un. Généralement, même à ce pourcentage, il y a une légère diminution temporaire de la croissance, mais non significative. Dans certains cas, la croissance peut s’accélérer. On retrouve cette situation lorsqu’il y a plusieurs branches à l’ombre, lesquelles sont trop peu efficaces en photosynthèse pour nourrir sa propre branche. Pour leur croissance personnelle, ces branches en demandent donc plus à l’arbre qu’elles en apportent. Une partie de l’énergie de l’arbre sert à maintenir en vie une branche qui agonise au lieu d’être utilisée à la croissance du tronc.
En forêt naturelle, les arbres s’élaguent d’eux-mêmes par les jeux de compétition. La nature n’étant pas pressée, cela prend plus ou moins de temps avant que l’arbre perde ses branches basses inutiles. L’élagage artificiel ne fait qu’accélérer ce processus.
Une forêt naturelle mature peut avoir jusqu’à 75 % de sa hauteur en tronc uniquement. Les érables d’une érablière à sucre dans la région de Châteauguay présentaient des fûts de 60 à 75 pieds avant d’atteindre la première branche. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il a 6 à 8 billes de déroulage puisque les dernières branches à disparaître l’ont fait trop tardivement causant ainsi de gros nœuds indésirables.

Quand élaguer?




Cette question soulève plusieurs opinions divergentes. Cette section vise donc à préciser la période appropriée d’élagage.
Une chose est certaine, il faut éviter d’élaguer en temps humide ou venteux et lorsqu’il y a une forte présence de champignons primaires autour de l’arbre à traiter. Il faut aussi éviter d’élaguer durant la coulée de la sève et par froid intense, soit à -200C, puisque la cicatrice aura tendance à sécher près de la coupe, retardant ainsi le processus.
À part ces contraintes, nous pouvons élaguer les arbres en tout temps. Il est cependant préférable d’élaguer durant la forte poussée de croissance, soit dans les mois de mai et juin, puisque la cicatrisation sera à son plus rapide. Ainsi, une bonne partie du bois sera rapidement protégée.
Certains professionnels recommandent d’élaguer à l’automne, soit après la chute des feuilles lorsque l’arbre est en dormance. Il n’y a effectivement aucun problème à élaguer à cette période. La cicatrice restera toutefois ouverte sans bouger plus longtemps, soit le reste de l’automne, l’hiver entier et une partie du printemps avant que le système de cicatrisation ne démarre. Les arbres plus susceptibles à la carie, tels le bouleau et le tilleul, auront une exposition plus longue de leurs bois aux champignons secondaires. Dans les cas de petites cicatrices, c’est-à-dire moins de 2 pouces de diamètre, cela n’a évidemment pas d’impact significatif.


Pourquoi élaguer?

On effectue l’élagage des arbres pour des raisons de sécurité, d’esthétisme et pour augmenter leur valeur marchande. Cette dernière raison est donc l’objectif de cette section. En sylviculture, nous élaguons les arbres afin d’obtenir des billes de sciage sans nœud, mais mieux encore, des billes de déroulage de grande qualité.
Prenons en exemple l’élagage du merisier. Après environ 90 ans de croissance, nous pouvons obtenir une bille de déroulage d’environ 20 pouces (181pmp) de diamètre. Au prix du déroulage actuel, soit 1 500 $/pmp, nous obtenons :
181 pmp/bille X 1 500 $/pmp = 271 $/bille de 8 pieds

Pour comparer, reprenons les mêmes volumes, mais avec une valeur pour le sciage à environ 650 $/mpmp :
181 pmp X 650 $/mpmp = 118 $/bille de 8 pieds

Pour le bois de chauffage à 160 $/corde :
181 pmp = 0,42 corde X 160 $/corde = 67 $/bille de 8 pieds
En ce moment, le coût de deux élagages sur le même arbre s’élève à environ 3.00 $/tige. En plaçant cet argent à 3 % d’intérêt sur 80 ans, puisqu’on n’élague pas avant 10 ans, nous obtenons la valeur par bille de cet investissement suivante :
Vn = Vo X ( 1 + i )n
Vn = valeur future

Vo = cout actuel

n = nombre d’année

i = intérêt


Vn = 3,00 $ X ( 1 + 0,03)80 = 32,00 $
Ainsi, notre investissement de 3,00 $ nous rapporte 121,00 $ de plus et s’explique selon le calcul suivant :

271,00 $ – 118,00 $ – 32,00 $ = 121,00 $

Il s’agit d’un investissement de 45 % de plus que le sciage et 172,00 $ de plus que le bois de chauffage à chaque bille. Avec 200 billes/ha, le revenu devient significatif. Pour les plus zélés, il n’en coûterait pas deux fois plus cher d’élagage pour aller chercher deux billes de déroulage par arbre. Bien entendu, cet exemple est convaincant, mais il n’en est pas de même pour toutes les essences. Il faut toutefois retenir qu’un arbre élagué sera toujours convoité et finira bien par trouver son juste prix.


Quels outils utiliser?

Le sécateur à main et la scie manuelle sont les outils de prédilection pour un élagage efficace. Ces outils permettent des coupes nettes, précises et sans déchirure. Le sécateur à perche pourrait aussi être utilisé, mais avec un manche d’au plus 6 pieds. Avec un manche plus long, l’élagage devient plus difficile et moins précis.
La scie mécanique ordinaire ou à perche ne sont pas recommandées car elles causent trop souvent des déchirures et augmentent les risques de blessures importantes au tronc dû à une plus grande difficulté de manipulation. Précisons que lorsqu’on est rendu à utiliser ces engins, c’est que les branches sont peut-être rendues trop grosses.
Les sécateurs à main et scies à émonder de marque Felco sont des outils de grande qualité. On peut s’en procurer dans certaines pépinières. D’autres outils de bonne qualité, que l’on retrouve chez Landry Équipements de sécurité spécialisés à Montréal, peuvent très bien faire l’affaire. Fait à noter, toutes les scies à émonder sont extrêmement tranchantes et se désaffûtent rapidement. Bien que le prix d’achat soit élevé, il ne faut pas hésiter à changer la scie afin de maintenir une bonne qualité du travail effectué, et ce, avec moins d’effort possible.

Quelles sont les essences à privilégier?

Si on se limite au temps présent et qu’on regarde ce qui est le plus avantageux sur le marché du bois brut, on s’arrête rapidement au bouleau jaune, au cerisier tardif et à l’érable à sucre pour le déroulage. En sera-t-il ainsi dans 80 ans? Avec une pareille incertitude, doit-on laisser tomber ce genre d’investissement? Certainement pas. Il y aura toujours un intérêt pour du bois de qualité et les prix suivront.

En plus de ces trois essences, il est intéressant d’investir dans les chênes, frênes, peuplier hybride mais aussi le cèdre, le vinaigrier, les pommiers, le nerprun, les cormiers, les érables et le cerisier de Pennsylvanie. Ces marchés sont toutefois très restreints puisque les artisans sont peu nombreux en Amérique.
L’élagage des épinettes offre aussi une valeur ajoutée, mais reste des marché plus restreint. Par contre, en réduisant l’âge d’intervention dans les éclaircies de plantation, nous obtenons des arbres avec de nombreuses grosses branches, ce qui est moins intéressant pour les industries forestières. Les épinettes élaguées seront donc plus recherchées, entraînant ainsi une hausse des prix.

Conclusion

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Il y aura toujours une mise en valeur ajoutée avec des travaux d’élagage, mais la crainte d’obtenir un faible retour sur l’investissement freine malheureusement le développement de ces activités. De plus, l’élagage que l’on fait aujourd’hui ne bénéficiera pas en totalité à celui qui l’exécute. Nous sommes encore dans une ère de production de gros volumes de bois bas de gamme. Les décisions se prennent actuellement encore beaucoup sur ce modèle. Qui nous dit qu’il en sera de même dans le futur?




Fonctionnement de l’arbre et élagage




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