Leçon I, 1er décembre 1965








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Leçon XV 27 avril 1966 Séminaire fermé



Bon. Inter, comme on dit, inter en latin. C'est Saint Augustin qui commen­ce comme ça une sorte d'énoncé qui a fini par s'éroder à force de courir : inter urinas et feces nascimur. C'était un délicat. Cette remarque qui en elle-même ne semblerait pas comporter de conséquences infinies puisqu'aussi bien on en est né de ce périnée, il faut quand même bien dire qu'on court après. Il est certain que si Saint Augustin avait des raisons de s'en souvenir, c'était pour d'autres rai­sons qui nous intéressent tous, en ce sens que ce n'est pas à titre de vivant, de corps, que nous naissons inter urinas et fèces, mais à titre de sujet.

C'est bien pour ça que ça ne se limite pas à être un mauvais souvenir mais à être quelque chose qui, au moins pour nous qui sommes là, nous sollicite pré­sentement cette année, de nous intéresser vivement à l'objet dont il se trouve, qu'au moins l'un d'entre eux, se trouve en connexion avec ses environs. Au moins l'un d'entre eux et même deux, le deuxième, à savoir le pénis, se trouvant occuper dans cette détermination du sujet une place tout à fait fondamentale.

La façon dont Freud articule ce nœud introduit une grande nouveauté quant à la nature du sujet. Il est particulièrement opportun de se le rappeler quand la nécessité de l'avènement de ce sujet nous la fait venir d'un tout autre côté, à savoir du «je pense». Et vous devez bien sentir que si je prends tellement de soin de l'articuler à partir du « je pense », c'est bien sûr, pour vous ramener au terrain freudien qui vous permettra de concevoir pourquoi c'est le sujet que nous saisissons dans sa pureté au niveau du « je pense» à cette connexion étroi­te avec deux objets a si incongrûment situés.

Il faut dire d'ailleurs, que nous, qui ne sommes pas de parti-pris, nous n'avons pas de visée spéciale vers l'humiliation de l'homme, nous nous aperce­vrons qu'il y a deux autres objets a, chose curieuse, restés même dans la théo­rie freudienne à demi dans l'ombre, encore qu'ils y jouent leur rôle d'instance active, à savoir le regard et la voix. Je pense que la prochaine fois, je reviendrai -249-

L'objet de la psychanalyse

sur le regard. J'ai fait deux et même trois célèbres séminaires, comme on dit, dans la première année de mes conférences ici, où j'ai tenté pour vous de vous faire sentir la dimension où s'inscrit cet objet qu'on appelle le regard. Certains d'entre vous s'en souviennent sûrement. Ceux qui viennent depuis longtemps à mon séminaire ne peuvent pas en avoir laissé passer l'importance. Et puisque j'aurai l'occasion, je pense, la prochaine fois d'y mettre tout l'accent, je vou­drais dès aujourd'hui, - à ceux qui représentent le bataillon sacré de mon assistance, à savoir vous autres, - de vous recommander d'ici-là, parce que ça rendra beaucoup plus intelligible les références que j'y ferai, ce qui est paru dans le très brillant bouquin qui vient de sortir de notre ami Michel Foucault, qui est paru dans le premier chapitre de ce livre sous le titre : « les Suivantes », chapitre 1 du livre de Michel Foucault, intitulé, pour ceux qui sont aujourd'hui durs de l'oreille, in-ti-tu-lé : Les mots et les choses. C'est un beau titre. De toute façon, ce livre ne vous décevra pas et en vous recommandant la lecture du pre­mier chapitre, je suis en tout cas bien sûr de ne pas le desservir; car il suffira que vous ayez lu ce premier chapitre pour, voracement, vous jeter sur tous les autres.

Néanmoins j'aimerais qu'au moins un certain nombre d'entre vous ait lu ce premier chapitre d'ici la prochaine fois parce qu'il est difficile de n'y pas voir inscrit en une description extraordinairement élégante ce qui est précisément cette double dimension que, si vous vous souvenez, j'avais représentée autrefois par deux triangles opposés : celui


de la vision avec ici cet objet idéal qu'on appelle l’œil et qui est censé constituer le sommet du plan de la vision et ce qui dans le sens inverse s'inscrit sous la forme du regard. Quand vous aurez lu ce chapitre, vous pourrez, vous serez beaucoup plus à l'aise pour entendre ce que j'y donnerai la prochaine fois comme suite. -250-

Leçon du 27 avril 1966

Autre petite lecture, genre distraction, pour lire sous la douche, comme on dit, il y a un excellent livre qui vient de paraître sous le titre : Paradoxe de la conscience, rédigé par quelqu'un que nous estimons tous, j'imagine, parce que nous avons tous ouvert, à quelque moment, quelques-uns de ses livres nourris de la plus grande érudition scientifique, qui s'appelle Monsieur Ruyer. On pro­nonce Ruyer, parait-il. Raymond Ruyer, professeur à la Faculté des lettres de Nancy, Monsieur Ruyer, qui, dans cette retraite provinciale poursuit depuis de longues années un travail d'élaboration extraordinairement important du point de vue épistémologique, vous donne là, une sorte de recueil d'anecdotes, qui, je dirai, a à mes yeux une valeur cathartique tout à fait extraordinaire : celle de réduire, en effet, ce qu'on peut appeler les paradoxes de la conscience à la forme d'une sorte d'Almanach Vermot, ce qui est tout de même assez intéressant, je veux dire, les met à leur place, à leur place en somme de bonnes histoires. Il sem­blerait que depuis un bon moment les paradoxes qui nous attirent doivent être autre chose que des paradoxes de la conscience.

Bref, sous cette rubrique, vous verrez résumer toute sorte de paradoxes dont certains extrêmement importants, justement en ceci qu'ils ne sont pas des para­doxes de la conscience mais quand on les réduit au niveau de la conscience ils ne signifient plus rien que des futilités. C'est une lecture extrêmement salubre et il semble qu'une bonne part du programme de philosophie devrait être mise défi­nitivement hors du champ de l'enseignement après ce livre qui montre l'exacte portée d'un certain nombre de problèmes qui n'en sont pas.

Que pourrais-je vous recommander encore? Il y a dans les deux derniers numéros d'Esprit, un commentaire par quelqu'un qu'on m'affirme être un révé­rend père dominicain et qui signe Jacques M. Pohier et qui se consacre à l'exa­men d'un livre auquel on a fait beaucoup d'allusion ici et auquel Monsieur Tort a donné sa sanction définitive. Il reste néanmoins que, il y a d'autre point de vue de l'aborder et que le point de vue du religieux n'est pas du tout à négliger, et je vous prie de lire cet article. Vous y verrez la façon dont, mon enseignement peut-être utilisé à l'occasion, dans une perspective religieuse quand on le fait honnêtement. Ce sera un heureux contraste avec l'usage qu'on en fait précisé­ment dans l'autre livre que je ne désigne ici que d'une façon indirecte.

Que vous conseiller encore? Ben, mon Dieu, je crois que c'est là toutes mes petites ressources. Tout de même, vous allez voir qu'aujourd'hui nous allons mettre à l'ordre du jour l'examen d'un article de Jones car l'intérêt de ces sémi­naires fermés, c'est de nous livrer à des travaux d'étude et de commentaire pour autant qu'ils peuvent fournir matériau, référence et aussi quelquefois initiation de méthode à notre recherche, et cet article de Jones que nous allons voir, aujourd'hui qui s'appelle « Développement précoce de la sexualité féminine », et --

L'objet de la psychanalyse

qui est paru en 1927, je vous signale, je vous signale parce que Jones a commis deux autres articles aussi importants que celui-ci, et que le second comme ce premier, non pas le troisième mais après tout, on peut s'en passer, ont été tra­duit, - cela m'a été rappelé d'une façon qui m'a paru assez heureuse, car je l'avais complètement oublié, - ont été traduit dans le numéro 7 de La psycha­nalyse consacré à la sexualité féminine, numéros qui ne sont peut-être pas épui­sés, de sorte que, mon Dieu, pour ceux d'entre vous qui n'ont pas une trop grande familiarité avec la langue anglaise, ceci vous facilitera rétrospectivement, je pense, pour ceux qui n'ont pas encore lu le premier article, de bien saisir ce que nous arriverons à dire aujourd'hui sur cet article, et lisant l'autre, d'y trou­ver l'amorce de travaux futurs que j'espère, puisque j'espère que j'obtiendrai autant de bonnes volontés pour les prochains séminaires fermés que j'en ai obtenues pour celui-ci, en m'y prenant d'une façon un peu à court terme qui mérite d'être soulignée ici pour introduire les personnes qui ont bien voulu, sur ma demande, s'y dévouer.

Vous y trouverez, en outre, dans ce numéro sur la sexualité féminine, sous le titre de « La féminité en tant que mascarade », qui est exactement la traduction du titre anglais, un excellent article d'une excellente psychanalyste, qui s'appel­le Madame Joan Riviere, qui a toujours pris les positions les plus pertinentes sur tous les sujets de la psychanalyse et tout à fait spécialement, je vous le dis en pas­sant, sur le sujet de la psychanalyse d'enfant.

Vous voyez que vous ne manquez pas d'objets de travail, le plus pressé étant de lire le Michel Foucault pour la prochaine fois. Alors, comme je tiens beau­coup à cette collaboration, from the floor, comme on dit, d'un séminaire fermé, je vais donner la parole tout de suite à Mademoiselle Muriel Drazien qui a bien voulu faire à votre usage une sorte de présentation, d'introduction de cet article de Jones qui s'appelle « Développement précoce » ou « Premier développement, - comme il vous conviendra, - de la sexualité féminine ». Vous allez voir d'abord de quoi il retourne et j'espère que) 'arriverai à vous montrer l'usage que j'entends en faire.
Mademoiselle M. Drazien - [écrit au tableau: unseen man, unseeing man] C'est un terme, unseen man, qui est présent dans le texte original de Jones et qui est tra­duit en français très exactement mais qui, forcément, manque un petit peu de... piquant. Qu'y a-t-il chez la femme qui corresponde à la crainte de castration chez l'homme? Qu'est-ce qui différencie le développement de la femme homosexuel­le de celui de la femme hétérosexuelle? Voilà les deux questions qu'Ernest Jones se pose et que son article « Early development of female sexuality », paru dans The International Journal of Psychoanalysis en 1927, vise à élucider. --

Leçon du 27 avril 1966

Très vite, dans le fait de cerner la première question, Jones centre le problè­me autour du concept de castration et c'est en ce point qu'il s'arrête pour essayer d'élaborer un concept plus concret et plus satisfaisant au déroulement d'un certain fil conducteur de cet article qui est annoncé dès le premier para­graphe. C'est là que Jones évoque des notions de mystification et de préjugés chez les auteurs écrivant au sujet de la sexualité féminine, que les analystes dimi­nuaient l'importance de l'organe génital féminin et avaient donc adopté une position phallocentrique, comme il dit, à propos de ces questions. Que ces fils conducteurs soient pour Jones l'occasion de remettre en question tout le concept de castration en faisant jaillir ces points où il est lui-même insatisfait de la formulation donnée alors de ce concept n'empêchera pas que Jones s'y prend lui-même dans ce fil, aux divers moments où il parle de la réalité biologique comme fondamentale, quand il souligne le rôle primordial de l'organe sexuel mile, the all important part normally played in male sexuality by the genital organ, quand il parle de la menace partielle que représente la castration,

« La castration n'est qu'une menace partielle, si importante soit-elle, de la perte de capacité à l'acte sexuel et du plaisir sexuel »,
quand il fait remarquer que la femme est sous une dépendance étroite à l'égard de l'homme en ce qui concerne sa gratification.

« Pour des raisons physiologiques évidentes, la femme est beaucoup plus dépendante à l'égard de son partenaire pour sa gratification que l'hom­me à l'égard du sien. Vénus a eu beaucoup plus d'ennui avec Adonis que Pluton n'a eu avec Perséphone. »
Enfin quand il précise ce qui est pour lui la condition même de la sexualité normale,

« Pour ces deux cas, (en parlant des inversions) la situation primordiale­ment difficile, c'est l'union, simple mais fondamentale, entre le pénis et le vagin. »
Le parti-pris inconscient, comme l'appela Karen Horney, a contribué nous dit Jones, à considérer les questions touchant la sexualité beaucoup trop du point de vue masculin et a donc jeté dans une position de méconnu ce qu'il appelle les conflits fondamentaux

« En essayant de répondre à cette question, c'est-à-dire de rendre comp­te du fait que les femmes souffrent de cette terreur au moins autant que les hommes, j'en vins à la conclusion que le concept de castration a, par certains côtés, entravé notre appréciation des conflits fondamentaux». --

L'objet de la psychanalyse

Le concept incontestablement plus général et plus abstrait auquel Jones aboutit est celui d'aphanisis.

« Cet aphanisis sera la disparition totale, irrévocable, de toute capacité à l'acte sexuel ou au plaisir de cet acte. Ce serait donc la crainte (dread en anglais qui est encore plus...) la crainte de cette situation qui est commu­ne aux deux sexes».

A propos d’aphanisis, nous avons pensé que ce terme pouvait correspondre, au niveau clinique, à rien d'autre que la disparition du désir, tel que nous l'en­tendons. A ce moment-là, la crainte d'aphanisis se traduirait par la crainte de la disparition du désir ce qui nous parait l'envers d'une de ces médailles ou bien désir de ne pas perdre le désir, ou bien désir de ne pas désirer. En tout cas Jones n'ira pas plus loin dans le développement de ce concept qu'il applique à ces fins utiles et nous pouvons supposer qu'il ne suffisait pas, ni à lui-même, ni à une formulation plus rigoureuse, de ce que représente la castration féminine.

Nous suivons Jones jusqu'à la deuxième question maintenant, qu'il abor­de par un aperçu du développement normal de la fille, le stade oral, le stade anal, l'identification à la mère au stade bouche-anus-vagin; suivi bientôt, comme il dit, par l'envie du pénis. En précisant la distinction d'envie de pénis pré et post-œdipienne, ou auto - et allo - érotique, Jones rappelle la fonc­tion dans la régression comme défense contre une privation à ce dernier stade, privation à ne jamais partager un pénis avec son père dans le coït, ce qui renverrait la petite fille à sa première envie de pénis, c'est-à-dire d'avoir son propre pénis à elle.

C'est à ce moment que la fille doit choisir, point de bifurcation entre son atta­chement incestueux au père et sa propre féminité. Elle doit renoncer ou bien à son objet ou bien à son sexe, souligne Jones. Il lui est impossible de garder les deux. Je crois que ça mérite, à ce moment-là, de vous lire le paragraphe où il pré­cise

« Il n'existe que deux possibilités d'expression de la libido dans cette situation et ces deux voies peuvent être empruntées l'une et l'autre. La fille doit choisir grosso modo entre abandonner son attachement érotique au père et l'abandon de sa féminité, c'est-à-dire son identification anale à la mère. Elle doit changer d'objet ou de désir. Il lui est impossible de garder les deux. Elle doit renoncer soit au père, soit au vagin, y compris les vagins pré-génitaux; dans le premier cas, les désirs féminins s'épa­nouissent à un niveau adulte, c'est-à-dire charme érotique diffus, narcis­sisme, attitude vaginale positive envers le coït, culminant dans la gros­sesse et l'accouchement et sont transférés à des objets plus accessibles. » --

Leçon du 27 avril 1966

Dans le second cas, le lien avec le père est conservé mais cette relation d'objet est transformée en identification, c'est-à-dire en complexe du pénis. Les filles qui renoncent à l'objet poursuivent un développement normal tandis que dans le deuxième cas, où le sujet abandonne son sexe, le non-abandon de l'objet se transforme en identification et c'est celui-ci le cas de l'homosexuelle. La divergence mentionnée qui, y a-t-il besoin de le dire, est toujours une question de degré entre celles qui renoncent à leur libido d'objet (le père) et celles qui renoncent à leur libido de sujet (le sexe), se retrouve dans le champ de l'homosexualité féminine ».
Donc, Jones opère une division à l'intérieur du groupe homosexuel. On peut y distinguer deux grands groupes

1 - les femmes qui conservent leur intérêt pour les hommes mais qui ont à coeur de se faire accepter par les hommes comme étant des leurs. A ce groupe appartient un certain type de femmes qui se plaignent sans

cesse de l'injustice du sort de la femme et du mauvais traitement des hommes à leur égard.

2 - celles qui n'ont que peu ou pas d'intérêt pour les hommes mais dont la libido est centrée sur les femmes. L'analyse montre que cet intérêt pour les femmes est un moyen substitutif de jouir de la féminité.

Elles utilisent simplement d'autres femmes comme exhibées à leur place.
C'est nous qui soulignons maintenant que par la première division que Jones opère, ce sont dans ces deux sous-groupes d'homosexuelles, toutes des femmes ayant choisi de garder leur objet (le père) et de renoncer à leur sexe. C'est ici qu'il faut suivre attentivement l'exposé de Jones pour voir ce qui se passe

« Il est facile de voir que le premier groupe, ainsi décrit, recouvre le mode spécifique des sujets qui avaient préféré abandonner leur sexe; tandis que le deuxième groupe correspond au sujet ayant abandonné l'objet (le père) et se substitue à lui par identification. (Alors, je répète) : tandis que le deuxième groupe correspond au sujet ayant abandonné l'objet: (le père). Les femmes appartenant au second groupe s'identifient aussi avec l'objet d'amour mais cet objet perd alors tout intérêt pour elles. Leur relation d'objet externe à l'autre femme est très imparfaite car elle ne représente dès lors que leur propre féminité au moyen de l'identification et leur but est d'en obtenir par substitution la gratification de la part d'un homme qui leur reste invisible, le père incorporé en elle. »
Et voilà l'homme qui leur reste invisible : unseen man. D'après ces descrip­- - 255 -

L'objet de la psychanalyse

tions, on ne peut que remarquer que cet intérêt pour les femmes, en quelque sorte fuyant, semble porter sur un attribut sans qu'il y ait de véritable relation d'objet. Que pourrait-on y comprendre s'il s'agit là d'une identification double, d'une part, au père, d'autre part à l'amante? Nous proposons qu'il s'agit dans cet exemple d'une opération symbolique :

1 - que l'amante est le symbole de la féminité perdue plutôt que la fémi­nité à laquelle le sujet aurait renoncé,

2 - cet homme qui lui est invisible, the unseen man, ce qui ne veut pas dire the unseeing man, le père ou plutôt ce qui de lui voit, ce qui de lui est seeing, l’œil, symbole déjà évoqué par Jones dans sa théorie

du symbolisme et précisée par lui en ce lieu comme phallique, est le véritable objet car sa présence est nécessaire, voire indispensable, à l'accomplissement du rite destiné à rendre au père ce qu'il n'a pas donné.
Pour vous laisser une image très saisissante de ce type de relation, je voudrais vous lire un épisode qui est vu par le narrateur, Marcel, dans Du côté de chez Swann, dans un moment où lui, par le hasard, si on veut, est aussi unseen d'ailleurs, c'est-à-dire, s'il est caché, il est caché par les circonstances et la scène se déroule devant lui sans qu'on sache qu'il est là. Évidemment, toute la scène est intéressante. Je vous rapporte simplement quelques lignes

«Dans l'échancrure de son corsage de crêpe Mademoiselle Vinteuil sen­tit que son amie piquait un baiser. Elle poussa un petit cri, s'échappa et elles se poursuivirent en sautant, faisant voleter leurs larges manches comme des ailes et gloussant et piaillant comme des oiseaux amoureux. Puis Mademoiselle Vinteuil finit par tomber sur le canapé recouverte par le corps de son amie. Mais celle-ci tournait le dos à la petite table sur laquelle était placé le portrait de l'ancien professeur de piano.,»
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