Leçon 1 15 janvier 1964 Leçon 2 22 janvier








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82.

Ce qui est de « la pulsion comme ce qui est du champ de son effort à se réa­liser dans sa relation à l’Autre », est radical à mettre au principe de ce champ où nous nous avançons.
C’est pourquoi aujourd’hui je veux revenir à accentuer cette tension…

à toujours maintenir comme la plus fondamentale

…de la réalisation du sujet dans sa dépendance signifiante comme étant d’abord au lieu de l’Autre, et ce sur quoi j’entends aujour­d’hui revenir pour vous en répartir

en deux opérations fondamentales, la dialectique.
Qu’il soit vrai que tout surgisse de la structure du signifiant implique que ce que j’ai d’abord appelé « la fonction de la coupure »,

se structure maintenant dans le développement,

dans ce que j’ai appelé « la fonction topologique du bord » :

la relation du sujet à l’Autre s’engendre toute entière dans ce proces­sus de béance.
Tout pourrait être là sans cela…

les relations entre les êtres dans le réel et jusques et y compris vous qui êtes là, les êtres animés

tout pourrait s’engendrer en termes de relations inversement réciproques.
C’est à quoi la psychologie, c’est à quoi toute

une sociologie s’efforce, et elle peut y réussir,

dans ce qu’il ne s’agit que du domaine animal.

La capture de l’imaginaire suffit à motiver toutes sortes de comportements du vivant.
Ce que l’analyse revient à introduire…

singulièrement puisque après tout, à maintenir cette dimension, la voie philosophique aurait suffi : ce en quoi elle s’est montrée insuffisante, faute d’une suffisante définition de l’inconscient

…ce qu’il y a de remarquable dans la psychanalyse, c’est qu’elle nous rappelle que les faits

de la psychologie humaine ne sau­raient se concevoir,

qu’ils ne le pourraient en l’absence – comme telle – de cette « fonction du sujet », le sujet étant défini comme l’effet du signifiant.
Ici, où les procès sont à définir, certes comme circulaires

Je vise entre le sujet et l’Autre :


  • du sujet appelé à l’Autre,

  • au sujet de ce qu’il a vu lui–même apparaître au champ de l’Autre,

  • de l’Autre y revenant


ce pro­cessus est circulaire mais de sa nature sans réciprocité,

pour être circu­laire il est dissymétrique.
Vous sentez bien qu’aujourd’hui, je m’avance ici,

je vous ramène sur le terrain d’une logique dont j’espère vous accentuer l’importance essentielle.
Le schéma que j’ai inscrit au tableau l’autre fois…

il n’y a rien aujourd’hui que j’ai inscrit au tableau mais je vais y mettre quelque chose

…du départ apodictique que je vous ai donné du rappel, de ce qui dis­tingue le signifiant du signe.
Car le signe, s’il est vrai comme on dit, nous pouvons nous tenir à cette définition qu’il est :
« ce qui représente quelque chose pour quelqu’un »,
toute son ambiguïté tient à ceci, que ce « quelqu’un »

ça peut être beaucoup de choses :


  • ça peut être l’univers tout entier, pour autant qu’on nous apprend, depuis quelque temps,

que l’in­formation y circule, au négatif, comme on dit, de l’entropie.


  • Tout nœud où se concentre des signes en tant qu’ils représentent quelque chose, peut être pris pour un quelqu’un.


Ce qu’il faut accentuer à l’encontre…

parce que c’est là la ligne sur quoi nous pouvons faire avan­cer le procès, ici, de notre intérêt

…c’est, c’est ce que j’avais mis au tableau la dernière fois, et que j’évoque :

« qu’un signifiant est ce qui représente un sujet, là, pour un autre signifiant ».
Le signifiant

se produisant au champ de l’Autre

fait surgir le sujet de sa signification [ de signifiant ] mais il n’est, il ne joue comme signifiant

que pour à ce point, dont je viens suffisamment de vous dire à propos du quelqu’un, qu’il peut être toutes sortes de choses, s’il est ce point, celui où est ce qui va être appelé à parler comme sujet

il ne fonctionne



  • qu’à réduire le sujet en instance,




  • à n’être plus qu’un signifiant,




  • à le pétrifier du même mouvement où il l’appelle à fonctionner comme un sujet.


Là est propre­ment la pulsation temporelle où s’institue ce qui est la caractéristique de départ

de l’inconscient comme tel : cette fermeture.
Ce que des analystes – l’un d’entre eux tout au moins

a senti à un autre niveau, pour le faire surgir, essayer de le signifier, dans un terme qui fut alors nouveau et d’ailleurs qui n’a jamais été exploité dans le champ de l’analyse, l’ἀϕάνιςις [aphanisis], la disparition.
Ce que JONES – qui l’a inventée – a pris pour

ce quelque chose, si je puis dire d’assez absurde :

la crainte de voir disparaître le désir est à situer d’une façon plus radicale à ce niveau où je vous le mets le sujet :

dans son champ de sujet se manifeste…

dans ce mouvement d’ἀϕάνιςις [aphanisis] que j’ai appelé létal, et d’une autre façon, en un point même

le fading du sujet.
Qu’ici j’insiste un moment, que je vous fasse bien sentir

à quel point il est toujours possible à retrouver,

à chaque temps de l’expérience concrè­te et même

de l’observation, à condition que ce ressort la dirige et lève d’elle ses aveuglements, j’y reviendrai, peut–être, si l’avenir me donne d’avoir encore à parler devant vous, j’y reviendrai dans le champ de ce qu’on appelle la dissertation psychologique.
L’erreur profonde, l’erreur piagétique…

pour les gens qui croiraient que c’est là

un néologisme, je souligne qu’il s’agit de

M. PIAGET, je dis ça parce que, depuis quelque temps, je suis habitué à ce qu’il me revienne qu’on est resté suspendu à un terme que

je croyais facilement compréhensible

…l’erreur qui gît…

bien sûr aujourd’hui je ne pourrai pas

beaucoup y insister, mais je l’indique

…dans la notion de ce qu’on appelle « le discours égocentrique » de l’enfant, précisé comme le stade où il manquerait de ce qui paraît…

à cette « psycho­logie alpine »

…le manque de la réciprocité, alors que la réciprocité,

à ce moment–là, est bien loin de l’horizon

de ce qui doit nous nécessiter.
La notion du « discours égocentrique »…

si vous observez bien dans quelles conditions

il se produit, il est observable

…est un contresens : l’enfant, dans ce fameux discours qu’on peut magnétophoner, ne parle pas pour lui comme on le dit.

Sans doute, il ne s’adresse pas à l’autre,

pour faire ici cette répartition théorique,

qu’on nous déduit de la fonc­tion du « je » et du « tu ».
Mais il faut qu’il y en ait d’autres là :

c’est pendant qu’ils sont là, tous ensemble, par exemple à se livrer à des petits jeux d’opération, comme on leur donne dans certaines – par exemple – méthodes dites d’éducation active, là ils parlent.
Qu’ils ne s’adressent pas à tel ou à tel autre,

ce n’est pas cela qui est l’important, ils parlent, si vous me permettez le mot, « à la cantonade ».
Ce discours égocentrique, c’est un « à bon entendeur, salut ! ».

Mais c’est ce qui nous permet aussi de pointer,

de retrouver là, cette construction du sujet au champ de l’Autre, telle que vous la désigne cette petite flèche au tableau.



Ici, à être saisi, pris dans sa naissance, au champ de l’Autre, la caractéristique du sujet de l’inconscient

se définit, dans ceci…

où nous le retrouvons au même champ de l’Autre, de l’autre scène par exemple, dans le rêve

…que sous le signifiant qui développe ses réseaux, ses chaînes et son histoire, le sujet est à une place indéterminée.
Plus d’un élément du rêve, presque tous, peuvent être le point où, dans l’interprétation, nous le situerons diversement.
C’est ce qu’on prend…

au dehors quand on n’a rien compris,

il faut dire que les psychanalystes

ne s’expliquent pas très bien

…ce qu’on prend pour la « pliation » à tout sens

de l’interprétation :


  • elle n’est pas pliable à tout sens,



  • elle ne désigne qu’une seule suite de signifiants,


mais le sujet peut en effet occuper diverses places, selon qu’on le met sous l’un ou l’autre de ces signifiants.

Mais maintenant, j’en viens à mes deux opérations que j’entends arti­culer aujourd’hui dans cette référence du sujet à l’autre.
Processus de bord, processus circulaire, il est à supporter de ce petite losange dont – vous le savez –

je me sers comme algorithme dans mon graphe précisément.
Précisément parce qu’il est nécessaire à intégrer à quelques–uns des produits finis de cette dialectique :


  • il est impossible de ne pas l’intégrer, par exemple, au fantasme lui–même, c’est le S  a,



  • il n’est pas possible de ne pas l’intégrer aussi à ce nœud radical, où se conjoint la demande et la pulsion, celui que désigne le S  D, et qu’on pourrait appeler le cri.


Mais pour l’instant, tenons–nous–en à ce petit

losange : bord, bord fonctionnant : il suffit de le pourvoir d’une direction vectorielle, dont le sens…

ici inverse des aiguilles d’une montre

…dépend de ce qu’au moins dans nos écritures,

vous lisez les choses de gauche à droite.

Le petit V inférieur, où se divise ici le losange…

ce sont là supports, pour votre pensée, qui ne vont pas sans artifice, mais il n’y a pas de topo­logie qui ne demande à se supporter de quelque artifice, c’est le résultat justement du fait que le sujet dépend du signifiant, autrement dit, d’une certaine impuissance de votre pensée

…le petit V d’en bas, c’est le vel, constitué de

la première opération, où j’entends un instant vous sus­pendre.
Vous trouverez peut–être d’ailleurs,

en fin de compte, que ce sont là des choses assez bêta,

mais la logique ça l’est toujours un peu :

si on ne va pas jusqu’à la racine du bébette,

on est infailliblement préci­pité dans la connerie comme il est facile d’en donner des exemples.
Les prétendues antinomies de la raison… Vous savez :
« Le catalogue de tous les catalogues qui ne se comprennent pas eux–mêmes »
Et on arrive à une impasse, ce qui donne

– on ne sait pourquoi – aux logiciens des ver­tiges.
Alors que la solution en est très simple :

c’est que le signifiant avec lequel on désigne le même signifiant, ça n’est évidemment pas le même signifiant que celui par lequel on désigne l’autre, lequel est le même en l’occa­sion,

ça saute aux yeux.
Le mot « obsolète », en tant qu’il peut signifier

que le mot « obsolète » lui–même est un mot obsolète,

n’est pas le même mot « obsolète », d’un côté et de l’autre.
Alors, ceci doit nous encourager à mettre au point

ce vel que je vous introduis :

c’est le vel de la première opération essentielle

où se fonde le sujet, qui, ma foi, n’est pas du tout dépourvu d’intérêt à développer ici, devant un public assez vaste, en raison qu’il ne s’agit de rien de moins que de cette opération que nous pouvons appeler l’aliénation.
Comme cette « aliénation » – mon Dieu – je ne peux pas dire qu’elle, elle ne circule pas…

de nos jours, quoi qu’on fasse, on est toujours un petit peu plus aliéné, que ce soit dans l’économique, le politique, le psychopatho­logique, l’esthétique

et ainsi de suite

…ça ne serait peut–être pas une mauvaise chose de voir en quoi consiste la racine de cette fameuse alié­nation.
Est–ce que par exemple ça voudrait dire ce dont

je parais bien être le tenant, à savoir :

que le sujet est condamné à ne se voir surgir,

in initio qu’au champ de l’Autre ? Ça pourrait être ça ?

Eh bien : pas du tout, pas du tout, pas du tout
L’aliénation consiste dans ce vel qui…

si le mot « condamné » n’appelle pas d’objections de votre part, je le reprends

…le condamne à n’apparaître comme sujet que dans cette division, que je viens – me semble–t–il – suffi­samment d’articuler, en disant que :



  • s’il apparaît d’un côté comme sens produit par le signifiant,



  • de l’autre, il apparaît comme ἀϕάνιςις [aphanisis] 83.


Là est un vel qu’il vaut bien la peine d’illustrer, pour le différencier des autres usages du vel  : de l’« ou ».

Il y en a deux vous savez, je pense, déjà de votre minimum d’éducation logicienne :


  • il y a le vel exhaustif, je vais ou là, ou là, si je vais là, je ne vais pas là, il faut choisir.




  • Il y a aussi une autre façon d’employer vel :

je vais d’un côté ou de l’autre, on s’en fout, c’est équivalent. Ce sont deux vel qui ne sont pas pareils.
Je vais essayer de vous apprendre qu’il y en a un troisième

et tout de suite, pour ne point vous égarer,

je vais vous dire à quoi il est destiné à servir.
La logique symbolique…

très utile, pour ce qu’elle a été introduite de nos jours, et qu’elle a apporté quelques clartés dans ce domaine délicat

…nous a appris à distinguer la portée de cette opération que nous appe­lons « réunion », pour parler comme on parle quand il s’agit des ensembles, à savoir d’une collection d’objets :

c’est autre chose d’addi­tionner deux collections ou de les réunir.
Je vais tout de suite vous le faire sentir.

Si dans ce cercle, celui de gauche, il y a cinq objets et si dans l’autre il y en a encore cinq,

les addi­tionner, ça fait dix.
Mais comme il y en a qui peuvent appartenir aux deux, vous voyez bien que la réunion est différente de l’addition, puisque s’il y en a, ici par exemple, deux qui appartiendront bien, en effet, à chacun des deux cercles, les réunir consistera en l’occasion,

à ne pas redoubler leur nombre, il n’y aura,

dans la réunion que huit objets.
Je m’excuse de ce qui peut paraître là enfantin

à ces rappels, mais ceci est fait pour vous donner

la notion que ce vel que je vais essayer de vous articuler, ne se supporte que de cette base de la forme logique de la réunion. Le vel de l’aliénation

se définit d’un choix dont les propriétés dépendent de ceci, qu’il y a dans la réunion un élément qui comporte que, quel que soit le choix qui s’opère,

il a pour conséquence un « ni l’un ni l’autre ».
Le choix donc n’y est que de savoir si l’on entend garder une des parties. L’autre disparaissant en tout cas.
Illustrons–le par ce qui nous intéresse :

l’être du sujet, celui qui est là sous le sens.





  • Nous choisissons l’être : il disparaît, il nous échappe, il tombe dans le non–sens.




  • Nous choisissons le sens : le sens ne subsiste qu’écorné de cette partie de non–sens qui est à proprement parler ce qui constitue, dans la réa­lisation du sujet, l’inconscient.


En d’autres termes :

il est de la fonction, de la nature de ce sens

tel qu’il vient à émerger au champ de l’Autre, …d’être dans une grande partie de son champ, éclipsé par la disparition de l’être,

induite par la fonction même du signifiant.
Ceci – je vous l’ai dit – a une implication tout à fait directe dans ceci qui n’est que trop inaperçu : que l’interprétation n’a point son dernier res­sort

et quand je vais vous le dire, vous verrez que c’est une éviden­ce, seulement c’est une évidence qu’on ne voit pas

n’a point son dernier ressort en ceci qu’elle nous livre les significations de la voie où chemine le psychique que nous avons devant nous.
Elle a cette portée, mais elle n’est que de prélude. L’interprétation ne vise pas tellement le sens, que de cerner, que de réduire les signifiants dans leur non–sens, et nous pouvons retrouver les guides, les déterminants de toute la condui­te du sujet.
Et je me permets pour certains, pour ceux qui ont lu, en particulier ce que…

dans un certain congrès
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