Leçon 1 15 janvier 1964 Leçon 2 22 janvier








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vient de sortir un livre dont

je vous conseille à tous la lecture

…prend la place en bas, et à droite de ce S,

au regard de ce quelque chose à quoi la mère le réduit à n’être plus que le support de son désir dans un terme le plus obscur, que s’introduit dans la manœuvre

de l’éducation du débile, cette dimension psychotique précisément, ce que le livre de Maud MANNONI

essaie de désigner à ceux qui d’une façon quelconque peuvent être commis à en lever l’hypo­thèque.

De même, c’est assurément quelque chose du même ordre dont il s’agit dans la psychose :

cette solidité, cette prise en masse, de la chaîne signifiante primitive, c’est ce qui interdit cette ouverture dialectique

qui se manifeste dans le phénomène de la croyance.
Au fond de la paranoïa…

de la paranoïa elle–même qui nous paraît

pourtant toute animée de croyance

…au fond règne ce phénomène de l’Unglauben [ incroyance ] qui n’est pas le « n’y pas croire », mais l’absence

d’un des termes de la croyance,

de cet endroit où se désigne la division du sujet.
S’il n’est pas en effet de croyance qui soit, si l’on peut dire, pleine et entière, c’est même qu’il n’est pas de croyance qui ne suppose dans son fond que la dimension dernière qu’elle a à révéler est strictement corrélative du moment où c’est son sens qui va s’évanouir.
Toutes sortes d’expériences sont là pour en témoigner, dont l’une d’entre elles, un jour, me fut donnée

très humoristiquement à propos d’une mésaventure

de CASANOVA, par MANNONI, ici présent, et qui fait là–dessus des considérations, à la fois les plus amusantes et les plus démonstratives.
Car c’est au terme d’une mystification…

qui réussit au point d’émouvoir les forces célestes, de déchaîner autour de lui un orage qui, à la vérité, le terrifie

…que le personnage…

qui jusque–là a pour­suivi l’aventure la plus cynique avec une petite oie qui lui donne le motif de tout ce autour de quoi il entraîne tout un cercle d’imbéciles et pour avoir vu, si l’on peut dire, en quelque sorte, sa mystification prendre son sens, s’incarner, se réaliser

…que le personnage lui–même entre dans cette sorte d’effondrement…

comique à surprendre au niveau d’un CASANOVA qui défie la terre et le ciel au niveau de son désir

…de tom­ber dans l’impuissance comme si vraiment

il avait rencontré la figure de Dieu pour l’arrêter.
Entendons donc bien ici que, quand par exemple

on me présente comme quelque chose de rebattu…

encore dans ce texte dont je vous par­lais

tout à l’heure, c’est tout juste si la personne ne s’excuse pas de reprendre une fois de plus le

fort–da, sur lequel chacun s’est essuyé les pieds. Vous savez de quoi il s’agit, fort–da, l’opposition phonématique où FREUD surprend le jeu initial

de l’instauration chez le petit enfant du rapport à la présence et à l’absence

…le texte en question, pour le reprendre comme un exemple de la symbolisation primordiale…

et je vous dis, en s’excusant d’une chose qui est maintenant passée dans le domai­ne public

…eh bien n’en fait pas moins une erreur et une erreur grossiè­re, car ce n’est pas de leur opposition,

le fort et le da

pur et simple aller et retour

…qu’il tire sa force inaugurale, que son essence répétitive s’explique.
Et dire qu’il s’agit simplement pour le sujet

de s’instituer dans une fonction de maîtrise est une sottise.
C’est dans la mesure où ici, dans les deux phonèmes, s’incarnent les mécanismes proprement de l’aliénation qui s’expriment, si paradoxal que cela vous paraisse, au niveau du fort.
Pas de fort sans da et – si l’on peut dire – sans Dasein.
Mais justement, contrairement à ce qu’essaie de saisir, comme le fondement radical de l’existence, toute la Daseinanalyse, toute une certaine phénoménologie, il n’y a pas de Dasein avec le fort.
C’est–à–dire qu’on n’a pas le choix et que si

le petit sujet peut s’exercer à ce jeu du fort–da,

c’est justement qu’il ne s’y exerce pas du tout,

car nul sujet ne peut saisir cette articulation radicale :

il s’y exerce à l’aide d’une petite bobine,

c’est–à–dire avec l’objet(a).

Et le poids, la fonction de cet exercice avec cet objet se réfère à une aliénation et non pas à une quel­conque

et supposée « maîtrise » dont on voit mal ce qui l’augmenterait dans une répétition indéfinie, alors que la répétition indéfinie dont il s’agit, exprime, manifeste, met au jour la vacillation radicale du sujet.
Comme à l’habitude, il me faut interrompre les choses dans une cer­taine limite. Pourtant je veux désigner, ne serait–ce qu’en termes brefs, ce qui maintenant, va faire l’objet de ce que nous pourrons dire la prochai­ne fois. J’en ai marqué au tableau, sous la forme de deux schémas, la dif­férence essentielle.
Quand, au niveau du texte sur les Triebe et les Triebschicksale, Sur les pulsions et les vicissitudes de la pulsion,

FREUD met l’amour à la fois :


  • au niveau du réel,



  • au niveau du narcissisme,




  • au niveau du principe du plai­sir dans sa corrélation avec le principe de réalité,


et en déduit la fonction d’ambivalence comme absolument différente de ce qui se produit dans

la Verkehrung [ inversion ], dans le mouvement circulaire,

bref au point, au niveau où il s’agit de l’amour, nous avons le schéma, le schéma dont FREUD nous dit qu’il s’étage en deux temps.
Premièrement un Ich, un Ich défini objectivement par

le fonctionne­ment solidaire de l’appareil système nerveux central avec les conditions d’homéostase,

à un certain niveau…

le plus bas possible à conserver

…des tensions.
Autour de cela, nous dit–il primitivement,

nous pouvons concevoir ce qu’il y a hors de ça,

si tant est qu’il y ait un hors, comme indifférence, et à ce niveau, puisqu’il s’agit de tensions, indifférence veut dire simplement inexistence.
Et puis qu’est–ce qu’il nous dit qu’il nous donne après ? C’est que la règle de cet auto–érotisme n’est pas, non pas l’inexistence des objets,

mais le fonctionnement des objets uniquement

en rapport avec cette règle.
Dans cette zone d’indifférence, se dif­férencient ce qui apporte Lust et ce qui apporte Unlust.
Et chacun depuis toujours n’a–t–il pas vu l’ambiguïté du terme de Lustprinzip, puisque aussi bien certains l’écrivent Unlustprinzip ?

Que quelque chose apporte le plaisir, c’est encore trop pour l’équilibre, et chacun le sait.
Comment figurer donc ce stade, tel que je vous l’ai mis ici à gauche ?

Il répondra à certaines questions qui m’ont été posées ici, sur la fonction spéculaire

dans le rapport du sujet à l’autre.
Nous ne sommes pas ici, au niveau du rapport du sujet à l’autre, nous sommes dans cet Ich hypothétique

où se motive la première construction d’un appareil fonctionnant comme un psychisme.
Qu’est–ce que nous pou­vons en donner comme figure,

la plus proche et la plus exacte à le faire fonctionner ?
C’est ceci, à gauche :

avec ses grandes lettres : ICH, ce Ich en tant qu’il est appareil tendant à une certaine homéostase.
Et chacun sait qu’elle ne peut pas être la plus basse puisque ce serait la mort, et que d’ailleurs la chose a été, par FREUD, envisagée en second temps.
Mais il s’agit de comprendre si c’est à ce niveau–là ou à un autre qu’elle a été évoquée.
Le Lust est bel et bien un objet, un objet qui n’est pas dans ce cercle du Ich, un objet qui est reconnu, qui est miré dans cet Ich comme étant objet de Lust.
Le Lust–Ich purifié dont parle FREUD, c’est l’image

en miroir, c’est la correspondance point par point, c’est la connotation bi–­univoque de quelque chose

qui est au niveau de l’objet et de quelque chose,

qui dans l’Ich s’en satisfait, en tant que Lust.
Ce qui est inassimilable, ce qui est irréductible,

au principe du plaisir, ce qui est Unlust fondamental,

FREUD nous le dit, c’est cela à partir de quoi

va se constituer le non–moi.
Mais le non–moi se constitue à l’inté­rieur du cercle

du moi primitif, et ce qui dans cet objet mord, c’est ce que

le fonctionnement de l’Ich n’arrivera jamais à évacuer, c’est là l’origi­ne de ce que nous retrouverons plus tard, dans la fonction dite du mau­vais objet.
Vous le voyez donc ici, ce qui articule ce niveau du fonctionnement, c’est quelque chose d’abord qui donne l’amorce à une possible articula­tion de l’aliénation.
Car, en fin de compte, ce qui est du champ du Lust, c’est – dit FREUD – dans la zone extérieure à l’Ich, c’est quand même quelque chose dont il faut s’occuper.
Il y a quelque chose où la parfaite tranquillité de l’Ich choit.
Mais ceci ne comporte pas l’exigence de

la dis­parition de l’appareil, bien au contraire.
Ici l’écornure ou l’écornage dont je parle dans la dialectique du sujet à l’Autre se produit dans l’autre sens.
La formule de ceci, c’est le « pas de bien sans mal »,

« pas de bien sans souffrance », et qui garde à ce bien,

à ce mal, son caractère d’alternance, de dosage possible, qui est en effet celui où l’articulation que je donnais tout à l’heure du couple des signifiants va se réduire, et faussement.
Car, pour reprendre les choses au niveau de ce bien et de ce mal primitif, de l’hédonisme dont chacun sait qu’il échoue, qu’il dérape pour expliquer

la mécanique du désir, c’est qu’à passer à l’autre registre, à l’articulation aliénante, ceci s’exprime tout différemment.
Et je rougis presque ici d’agiter ces chiffons avec lesquels les imbéciles font joujou depuis si longtemps :

« au–delà du bien et du mal » sans savoir exactement de quoi

ils parlent.
Il n’en reste pas moins qu’il faut articuler ce qui se passe au niveau de l’articulation aliénante, comme un :
« pas de mal sans qu’il en résulte un bien »
et quand le bien est là :
« il n’y a pas de bien qui tienne avec le mal ».

C’est pour ça qu’à se situer dans le registre

pur et simple du plaisir, l’éthique échoue,

et que très légitimement KANT lui objecte que

le Souverain bien ne saurait en être aucunement conçu d’infinitisation d’un petit bien quelconque, car, comme

il l’observe, il n’y a pas de loi pos­sible à donner, de ce qui peut être le bien dans les objets.
Le Souverain bien

si tant est que ce terme qui

fait confusion doive être maintenu

…ne peut se retrouver qu’au niveau de la loi,

et j’ai démon­tré dans mon article KANT sur SADE…

KANT avec SADE, que ceci veut dire qu’au niveau du désir, passivité, narcissisme, ambivalence :

telles sont les caractéristiques qui gouvernent

la dialectique du plaisir au niveau du tableau de gauche.
Son terme est à proprement parler ce qu’on appelle l’identification.
Les caractères de ce qui se produit, de ce qu’introduit l’activité de la pulsion… ce qui permet de construire avec la plus grande certitude le fonctionnement dit « division du sujet » ou « aliénation »

avec ses consé­quences, c’est la reconnaissance de la pulsion.
Et comment a–t–elle été reconnue ?

Elle a été reconnue en ceci que loin que nous puissions limi­ter la dialectique de ce qui se passe dans l’inconscient du sujet, à la réfé­rence au champ du Lust, aux images des objets bénéfiques, des objets bienfaisants, des objets favorables, nous avons trouvé la fonction privi­légiée d’un certain type d’objets qui en fin de compte ne peuvent servir à rien.
Ce sont les objets(a) : les seins, les fèces, le regard, la voix.
C’est autour de cette expérience nouvelle…

de cette introduction d’un terme nouveau que toute dialectique amène

…que gît le point expérimental, le point démonstratif,

qui introduit la dialectique du sujet en tant que sujet de l’inconscient.
C’est là que je poursuivrai la prochaine fois et que je retrouverai la suite de ce qui est à développer dans le sujet du transfert.
Discussion

Moustafa SAFOUAN
Je ne peux poser de question car je trouve toujours une difficulté à saisir la différence entre

l’objet dans la pulsion et l’objet dans le désir.

Maintenant qu’il s’agit de voir la différence

du Ça et l’objet dans la pulsion, je perds le fil.

LACAN

Écoutez, là il s’agit, mon cher, d’une question de terminolo­gie. C’est très gentil de votre part de poser une question même si elle témoigne d’un embarras parce que ça peut servir à tout le monde.
Je ne suis pas le premier, je pense, à prendre

le parti, par exemple de dire qu’au sens du déterminé

je veux dire d’un génitif objectif :

désir de quelque chose

…je ne suis pas le premier à dire…

prenez même M. SARTRE :

  • le désir est une passion inutile,

  • ça n’est pas ce qu’il a l’air de désirer qu’il désire…

Il faut s’entendre !
Il n’en reste pas moins qu’il y a un tas de choses très agréables, disons que nous croyons désirer, pour autant que nous sommes sains mais nous ne pouvons pas en dire plus que ceci :

c’est que nous croyons les désirer.
Il a là des choses, enfin, d’un niveau, il me semble, enfin, tout à fait transmissibles, ce n’est pas

de la théorie analytique.
Les objets qui sont là dans le champ du Lust et qui ont ce rapport si fondamentalement narcissique avec le sujet qu’en fin de compte le sys­tème de la prétendue régression de l’amour dans l’identification a sa raison simplement de la symétrie de ces deux champs que

je vous ai désignés par Lust et Lust–Ich de l’autre côté.
Ce qu’on ne peut pas gar­der au–dehors, on en a toujours l’image au dedans.

C’est aussi bête que ça l’identification à l’objet d’amour.
Et je ne vois pas pourquoi ça a fait tant de difficultés et même pour FREUD lui–même.

C’est l’objet d’amour, ça, mon cher.
D’ailleurs, quand il s’agit d’objets qui n’ont pas cette valeur pulsionnelle…

à proprement parler que vous soulevez

en parlant de l’objet de la pulsion

…vous dites quoi, alors, comme FREUD le fait remarquer :

« J’aime bien ça, j’aime bien le ragoût de mouton »
C’est exactement la même chose que quand vous dites :
« J’aime Mme Une telle »
À cette différence que « J’aime Mme Une telle »,

vous le lui dites à elle, ce qui change tout.

Vous lui dites pour des raisons que je vous expliquerai la prochaine fois.
Il n’en reste pas moins que vous aimez le ragoût de mouton.

Vous n’êtes pas sûr de le désirer.
Prenez l’expérience de la belle bouchère,

elle aime le caviar, seulement elle n’en veut pas.

C’est pour ça qu’elle le dési­re.
Alors l’objet du désir c’est la cause du désir.
Et cet objet cause du désir, c’est l’objet de la pulsion.
Ce qui veut dire, c’est l’objet autour de quoi tourne la pulsion.
Nous sommes là au niveau d’un dialogue de quelqu’un qui a tout de même assez travaillé mes textes

pour que je puis­se m’exprimer dans des formules algébriques resserrées.
Il y a l’objet de la pulsion, l’objet de la pulsion, c’est ce dont il s’agit dans son carac­tère déterminant, non pas du tout que le désir s’y accroche, le désir en fait le tour, en tant qu’il est agi dans la pulsion.
Tout désir n’est pas forcément agi dans la pulsion.

Il y a aussi des désirs vides, des désirs fous,

qui partent justement de ceci, il ne s’agit que

du désir, par exemple, de ce qu’on vous a défendu quelque chose, du fait qu’on vous l’a défen­du, vous ne pouvez pas faire, pendant un certain temps, autrement qu’y penser. C’est encore du désir.
Mais vous voyez bien, là comme ailleurs, l’existence de l’objet au niveau du déterminé du désir.
Chaque fois que vous avez affaire à un objet de bien

et vous pourriez m’objecter

que c’est comme objet de désir

…nous le désignons…

c’est une question de termino­logie,

mais c’est une terminologie justifiée

…nous le désignons comme objet d’amour.
Et c’est justifié en cecique vous verrez la prochaine fois : comment j’essaierai pour vous d’articuler

le rapport qu’il y a entre l’amour, le transfert, le désir.
La fonction de l’amour, là où nous pouvons le voir vivre, là où Le Banquet, je pense, pendant une année,

m’a permis de vous faire entendre comment ça jouait.
17 juin 1964 Table des séances


Ce que je vais introduire aujourd’hui…

qui n’est, aussi bien, quant à son vocabulaire, rien à quoi vous ne soyez, hélas, familiarisés

…va être une tentative de donner à un certain nombre de ces termes, une articulation, un ordre fondamental destiné au moins à ce que, vous en souvenant lorsque vous les rencontrerez – lesdits termes – l’ordre dans lequel je les aurai mis pour vous, vous fera évoquer un problème.
Il s’agit, par exemple, des termes les plus usuels comme ceux :

d’iden­tification, d’idéalisation, de projection, d’introjection.

Ce ne sont pas des termes évidemment, commodes

à manier et – vous l’observerez bien sûr – d’autant moins commodes à manier proprement qu’ils font sens.
Quoi de plus commun que d’identifier ?

Ça semble même l’opération essentielle de la pensée, il semble qu’on pourrait l’appliquer « à tous les tournants ».
Idéaliser aussi, ça pourra beaucoup servir sans doute,

à partir du moment où la position psychologiste

se fera plus enquêteuse.
Projeter et introjecter, il semble que pour certains

ils passent volontiers pour deux termes réciproques l’un de l’autre.
Le fait que j’ai depuis longtemps pointé…

peut–être il conviendrait de s’en apercevoir

…qu’un de ces termes se rapporte à un champ où domine le symbolique, l’autre l’imaginaire

ce qui doit faire qu’au moins dans une certaine dimension ils ne se rencontrent pas

…n’est assurément qu’un commence­ment de distinction.
L’usage intuitif de ces termes…

je veux dire à partir du sentiment qu’on a de comprendre et de comprendre d’une façon isolée

…comme déployant leur dimension dans la compréhension commune, est évi­demment à la source de tous les glissements, de toutes les confusions, c’est le sort commun de toutes les choses du discours.
Si dans le discours commun, celui qui parle,

au moins dans sa langue maternelle s’exprime

d’une façon sûre et en somme avec un tact si parfait que c’est à l’usager le plus commun d’une langue : aussi bien à l’homme non instruit, qu’on recourt

pour savoir quel est l’usage propre d’un terme.
C’est bien donc que dès que l’homme veut seulement parler, il s’orien­te dans cette topologie fondamentale qui est celle du langage, qui est bien différente

du réalisme simpliste auquel se cramponne…

plus ou moins désespérément

…trop souvent celui qui croit être à son aise

dans le domai­ne de la science.
L’usage naturel de termes…

enfin prenons les vraiment au hasard

…« à part soi », « bon gré mal gré », la différence qu’il y a entre ce que c’est qu’une « affaire » et une chose « à faire », enfin, l’usage du langage total implique cette topologie enveloppante où le sujet se reconnaît quand il parle spontanément.
Si je puis m’adresser à des psychanalystes concernant des termes comme ceux que je viens d’énumérer tout à l’heure et les solliciter de repérer à quelle topologie implicite ils se rapportent en usant de chacun de ces termes, c’est évidemment…

je suppose, et qu’après tout on peut constater,

si incapables qu’ils soient souvent – faute d’enseignement – d’articuler ces termes

…qu’ils en font couramment…

et avec la même spontanéité

que l’homme du discours commun

…ils en font dans l’en­semble un usage adéquat.

Bien sûr, s’ils veulent absolument forcer les résultats d’une observa­tion, comprendre là où ils ne comprennent pas, on les verra en faire un usage forcé. Dans ce cas–là,

il y aura peu de gens pour les reprendre.
Aujourd’hui donc, implique que je me réfère à ce tact de l’usage psy­chanalytique, concernant certains mots, pour pouvoir les mettre, les rac­corder, à l’évidence d’une topologie qui est déjà celle que j’ai apportée, décrite ici, et qui est par exemple incarnée au tableau, dans ces deux registres, ces deux articulations

que j’ai déjà inscrites au tableau la der­nière fois et déjà distinguées…


  • celle du champ de l’Ich primordial,

  • de l’Ich objectivable en fin de compte dans l’appareil nerveux,

  • de l’Ich du champ homéostatique



…par rapport auquel se distinguent, se situent dans ce qui l’entoure, un champ…

du ou de la Lust selon que vous considérez la façon dont il convient de traduire les genres

…disons un champ du Lust ou du plaisir, et un champ de l’Unlust.

J’ai scandé que FREUD distingue bien ce niveau.

Il le distingue par exemple dans l’article sur les Triebe,

sur Les pulsions et leur vicissitudes, il le distingue en marquant que ce niveau est à la fois marqué du signe d’organisation qui est un signe narcissique,

et que c’est justement dans cette mesure

qu’il est proprement articulé au champ du réel.
Que dans le réel il ne distingue, il ne privilégie que ce qui se reflète dans son champ par un effet de Lust, qui se reflète dans son champ comme retour à l’homéostase.

Bien plus, de ce fait, ce qui ne favorise pas l’homéostase, ce qui se maintient, à tout prix, comme Unlust, mord encore bien plus dans son champ.
Et c’est ainsi que ce qui est de l’ordre de l’Unlust, s’y inscrit comme non–moi, comme négation du moi,

comme écornage du moi. Le non–moi ne se confond pas

avec ce qui l’entoure, la vastitude du réel,

le non–moi se distingue comme corps étranger, fremde Objekt :

il est là, situé dans la lunule que ces deux petits cercles à la EULER constituent [ Unlust ].

Cela je l’ai dit à la fin de mon discours de

la dernière fois, donc, et c’est là que je reprends.

Et vous voyez que c’est là un registre – le registre du plaisir – un fondement objectivable que nous pouvons nous faire, en tant que le sachant étranger

à l’objet dont nous constatons le fonctionnement.
Mais nous ne sommes pas que ça, et même pour être ça, il faut que nous soyons le sujet qui pense.
Et en tant que nous sommes le sujet qui pense,

nous sommes alors impliqués, impliqués d’une façon toute différente, pour autant que nous dépendons

du champ de l’Autre qui était là…

et depuis un bout de temps,

et avant que nous venions au monde

…et dont ce sont les structures circulaires

qui nous déterminent comme sujet.
Or il s’agit de savoir dans quel champ se passent

les différentes choses auxquelles nous avons affaire dans le champ de l’analyse.
Eh bien, il s’en passe certaines au niveau du premier champ et certaines autres…

qu’il convient de distinguer des premières,

si on les confond, on n’y comprend plus rien

…d’autres choses, dans l’autre champ dont je vous ai montré les articulations essentielles dans les deux fonctions

qui sont fonction du rapport

du sujet à l’autre comme tel

dans les deux fonctions que j’ai définies et articulées comme :


  • celle de l’aliénation, premier temps,



  • impliquant un deuxième temps celle de la séparation.


Il est évident que la suite de mon discours aujourd’hui suppose que depuis que j’ai introduit

ces deux fonctions, vous y avez réfléchi,

ça veut dire que vous avez essayé de les faire fonctionner, de les appliquer à dif­férents niveaux, de les mettre à l’épreuve.
Dans ce champ, champ de l’aliénation, j’ai déjà fait remarquer cer­taines des conséquences de ce vel très particulier qui constitue l’aliénation : soit la mise en suspens du sujet, au sens.
Mais la liaison, en quelque sorte interne, consécutive de cette sorte de vacillation du sujet, disons même, la chute de sens, qui vraiment renouvelle

les articulations menaçantes de ce que j’ai essayé d’incarner autour des formes familières :

« la bourse ou la vie » ou la « liberté ou la mort »,

se reproduit, je dirais ici d’un « l’être ou le sens ».
Termes que je n’avance pas, assurément, sans réluctance ou sans vous prier de ne pas vous précipiter,

non plus à les trop charger de ces sens qui les feraient basculer dans une hâte dont il convient avant tout que, dans l’avancée d’un tel discours, nous nous gardions.

Mais néanmoins je l’introduis ici, puisque aussi bien le nerf de tout ce qu’impliquera, après cette année, la poursuite de mon discours, sera d’essayer d’articuler, s’il se peut, pendant l’année qui suivra, quelque chose qu’il s’agira d’intituler : Les positions subjectives.
Car toute cette préparation, concernant Les fondements de l’analyse, doit normalement se déployer…

puisque rien ne se centre convenablement

que de la posi­tion du sujet

…à montrer ce que l’articulation de l’analyse,

de partir du désir, permet d’en illustrer.
Positions subjectives donc, de quoi ?
Si je me fiais à ce qui s’offre…

et à ce qui se ferait facilement entendre,

et à ce qui rejoindrait après tout l’expérience analytique la plus commune

…je dirais là : Positions subjec­tives de l’existence, avec toutes

les faveurs que ce terme peut trouver d’être déjà ambiant dans l’air.
Malheureusement ça ne nous permettrait une application rigoureuse qu’au niveau…

ça ne serait pas d’ailleurs

sans faveurs : une tentation ?

…qu’au niveau du névrosé.
C’est pour ça qu’à « Positions subjectives de l’être » je serai amené probablement.
Après tout, je ne jure pas à l’avance de mon titre, j’en trouverai peut–être un meilleur, mais de toute façon, c’est de cela qu’il s’agira. Donc avançons.
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