Leçon 1 15 janvier 1964 Leçon 2 22 janvier








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C’est en soi–même bien remarquable à noter, que ce qui s’annonçait comme ouverture infernale ait été

dans la suite, je dirais, aussi remar­quablement aseptique.

Il est curieux, il est indicatif aussi, que ce qui s’annonçait aussi délibérément comme ouverture sur un « monde inférieur » n’ait en somme – sauf exception très rare – n’ait trouvé nulle part sa conjonction, n’ait fait nulle part alliance sérieuse avec tout ce qui pour­tant…

encore maintenant, mais surtout à l’époque

où la découverte freudienne apparut

…a existé à travers le monde de recherche métaphy­sique comme on disait, voire de pratiques, disons spirite, spiritiste, évo­catoire, nécromantique, la psychologie gothique de MYERS, celle qui s’as­treignait

à suivre à la trace le fait de télépathie.
Bien sûr, au passage FREUD touche à ces faits, à ce qui a pu lui en advenir, apporté dans son expérience. Il est très net que ce soit dans le sens

d’une réduction rationaliste, et élégante d’ailleurs,

que sitôt sa prise en main, sa théorisation s’exerce.
Et on peut en somme considérer comme exceptionnel, voire aberrant ce qui, dans le cercle analytique

de nos jours, s’attache à ce qui a été appelé…

et d’une façon bien significati­ve,

justement dans le sens d’une stérilisation

…les « phénomènes psy », allu­sion aux recherches d’un SERVADIO par exemple.
Assurément ce n’est pas dans ce sens que notre recherche, notre expérience nous a dirigés. Si notre recherche de l’inconscient a eu un résultat, c’est dans le sens d’un certain dessèchement, d’une réduction

  • à un herbier à échantillonnage assez limité,

  • à un registre qui est deve­nu un catalogue raisonné fort attendu,

  • à une classification qui se serait volontiers voulue naturelle.


Et si aussi bien quelque chose se marque comme effet dans le registre d’une psychologie traditionnelle

qui fait volontiers état du caractère de la tradition immaîtrisable, forte, infinie du désir, humain,

y voyant la marque de je ne sais quel sabot divin

qui s’y serait empreint, ce n’est pas dans ce sens où va l’expé­rience analytique.
S’il est quelque chose qu’elle nous permet d’énoncer, c’est bien plutôt la fonction limitée du désir.

Le désir plus que toute autre fonction…

tout autre point de l’empan humain, disons

…rencontre quelque part sa limite.

Nous reviendrons sur tout ceci.
Je pointe que je n’ai pas dit « le plaisir » :



  • que le plaisir limite la portée de l’empan humain, c’est ce que nous aurons à saisir,

  • que le principe du plaisir soit principe d’homéostase, c’est bien là l’hypothèse de base qui ne serait pas sans laisser sa place à tout ce qu’on peut imaginer d’aspira­tion, de tension, à en franchir, en transcender les limites.


Mais c’est bien de cela qu’il s’agit, c’est que le désir lui–même trouve son cerne, son rapport fixé, sa limite, que c’est même dans

le rapport à cette limite qu’il se soutient comme désir, qu’il peut se soutenir comme franchissant le seuil imposé par le principe du plaisir.
Assurément, ce n’est pas très personnel à FREUD,

que cette répudia­tion…

sur un certain champ où on l’invoque,

et nommément le champ de la sentimentalité religieuse

…que cette répudiation par FREUD de ce qu’il a désigné comme « l’aspiration océanique ».
Notre expérience est là, juste­ment, cette aspiration, pour la réduire à un fantasme, nous assurer ailleurs d’assises fermes et la remettre à la place de ce que FREUD appelait, à propos de la religion, illusion.
Ce qui est ontique

puisque d’ontologie il s’agit dans ce que la der­nière fois, pour vous, j’ai introduit

dans la fonction de l’inconscient, c’est cette fente par où ce quelque chose

dont l’aventure – enfin, dans notre champ – semble si courte

est un instant amenée au jour mais qui a dans sa caractéristique, ce second temps de fermeture qui donne à cette saisie son aspect évanouissant, pour me référer à un registre sur lequel je reviendrai, qui peut–être sera même

le pas que je pourrai franchir ici, ne l’ayant – pour des raisons de contexte – pu qu’éviter jusqu’à présent.

Contexte brûlant, vous le savez !
Nos habitudes techniques devenues…

pour des raisons que nous aurons vraiment à analyser

…si chatouilleuses sur le plan des fonctions du temps que, même à vouloir introduire ici des distinctions si essentielles qu’elles se dessinent partout ailleurs que dans notre discipline, il semblait qu’il me fallût m’engager dans la voie d’une discussion plus ou moins plaidoyante.
Il est sensible au niveau de la définition même

de l’inconscient…

et déjà, à se référer à ce que FREUD en dit,

approximativement forcément, n’ayant pu d’abord que s’en servir que par touches, tentatives

concernant le processus primaire

…que ce qui s’y passe est inaccessible à la contradic­tion, à la localisation spatio–temporelle

et aussi bien à la fonction du temps.
Et le « désir indestructible » ne fait que véhiculer

vers un avenir tou­jours court et limité

ce qu’il soutient d’une image du passé.
Mais le terme « indestructible », voici justement que

c’est de la réalité, de toutes la plus inconsistante,

qu’il est affirmé, échappé de cette fonction,

la plus structurante du monde, pour autant que

nous y cherchons des choses.
Qu’est–ce qu’une chose sinon ce qui dure, identique,

un certain temps ?
Le « désir indestructible », s’il échappe au temps,

à quel registre appartient–il dans cet ordre ?
Est–ce qu’il n’y a pas là lieu de distinguer, à côté de ce temps, de cette durée, substance des choses,

un autre mode de ce temps, un temps logique ?
Vous savez que j’ai déjà abordé ailleurs20 ce thème.
Nous retrou­vons la structure scandée de ce battement de la fente dont

je vous évo­quais la fonction la dernière fois.

Cette apparition évanouissante, elle est entre

les deux temps, initial et terminal, de ce temps logique, entre :



  • cet instant de voir où quelque chose est toujours élidé, voire perdu de l’in­tuition même,




  • et ce moment élusif où justement, la saisie de l’inconscient ne conclut pas, où il s’agit toujours d’une récupération leurrée.


Ontiquement donc, c’est l’évasif, mais que nous arrivons à cerner dans une structure, et une structure temporelle dont on peut dire qu’el­le n’y a jusqu’ici jamais été à proprement parler cernée comme telle.
Or pour ce qui y apparaît, nous l’avons vu,

toute la suite de notre expérience a été faite

d’une autre analyse, plutôt de dédain.

Et les larves qui sortent par cette béance, nous ne les avons pas

selon la comparaison que FREUD

emploie à un tournant de La science des rêves

…« nourries de sang »21.
Nous nous sommes intéressés à autre chose et ce que

je suis là pour vous montrer cette année, c’est par quelles voies ces déplacements d’in­térêt ont toujours été plus dans le sens de se dégager des structures :



  • des structures dont on parlait mal au moins à mes oreilles, à mon gré dans l’analyse,




  • des structures dont on parle presque en prophète.


Je veux dire que trop souvent…

je parle des meilleurs témoignages théoriques

que les analystes apportent de leur expérience

…on a le sentiment qu’il faut les interpréter.
Et je vous le montrerai en son temps quand il s’agira de ce qui est le plus vif, le plus brûlant de notre expérience, à savoir le transfert sur lequel nous voyons coexister les témoignages les plus fragmentaires

et les plus éclairants, dans une confusion totale.
Et c’est pour cela que je n’y vais que pas à pas,

car aussi bien ce dont j’ai à vous parler :

l’inconscient, la répétition, de tout cela « on » vous parlera au niveau du transfert en disant que c’est de cela qu’il s’agit : c’est monnaie courante d’entendre

que le transfert est une répétition.
Je ne dis pas que ce soit faux, qu’il n’y ait pas

de répétition dans le transfert, je ne dis pas que

ce ne soit pas à propos de l’expérience du transfert que FREUD ait approché la répétition.
Je dis que le concept de répétition n’a rien à faire avec celui de transfert.
Mais je suis bien, à cause de cela, forcé de le faire passer d’abord dans notre explica­tion, de lui donner le pas logique. Car à l’inclure dans son développement historique, ce ne serait que justement en favoriser

les ambiguïtés qui vien­nent du fait que sa découverte s’est faite au cours des tâtonnements néces­sités

par l’expérience du transfert.
Je reviens donc à l’inconscient.
Et ici, il me faut introduire, marquer le biais par où se pose pour nous la possibilité d’entrer dans

la question de ce dont ce statut d’être, si évasif,

si inconsistant qu’il se présente, ce statut lui est donné…

si étonnant que la formule puisse nous paraître

…par la démarche de son découvreur :

son statut, que je vous indique si fragile sur le plan ontique, il est éthique, c’est la démarche

de FREUD dans sa soif de vérité, qui dit :
« Quoi qu’il en soit, il faut y aller »

Parce que quelque part il [ ce statut d’être ] se montre,

et ceci dans son expérience de ce qui est jusque–là

pour le médecin la réalité la plus refusée…

la plus couverte, la plus contenue, la plus rejetée

…celle de l’hystérique en tant qu’elle est, en quelque sorte d’origine, marquée par le signe de la tromperie.

Bien sûr, ceci nous a mené à autre chose.
Longtemps, ce qui s’est passé dans le maniement

de ce champ…

où nous avons été conduits par la démarche initiale, par la discontinuité que constitue

le fait qu’un homme décou­vreur, FREUD, a dit :

« Là est le pays où je mène mon peuple »

…longtemps, ce qui se situait dans ce champ,

dans cette fente, a paru marqué des caractéristiques de sa découverte d’origine, nommément le désir de l’hystérique.
Mais bientôt s’est imposé tout autre chose qui,

à mesure qu’il était plus découvert, était toujours, si l’on peut dire, for­mulé avec retard.

Avec, à la traîne, le fait que la théorie n’avait été forgée que pour les découvertes précédentes, de sorte que tout est à refaire, y compris ce qui concerne

le désir de l’hystérique.
De sorte qu’ici, c’est par une sorte de saut rétroactif qu’il nous faut marquer ce qui est l’essentiel dans la position de FREUD concernant ce qui se passe dans ce champ de l’inconscient.
Ce n’est pas sous un mode impressionniste que je veux dire que sa démarche est ici éthique, à savoir le fameux « courage du savant qui ne recule devant rien », image à tempérer comme toutes les autres !
Si je dis que le statut de l’inconscient est éthiquenon point ontique

c’est dans la mesure où ce que discute FREUD quand

il s’agit de lui donner son statut, ce n’est justement pas ce que j’ai dit d’abord en parlant

de « soif de la vérité »…

simple indication sur la trace des approches,

des approxima­tions qui nous permettront

de nous demander où fut la passion de FREUD
mais quand il en discute ce n’est pas cela qu’il met en avant

il sait toute la fragilité des Moires de l’inconscient concernant ce registre quand il conclut dans son dernier livre – ou chapitre, comme vous vou­drez – chapitre VII de La Science des rêves, concernant le processus psy­chologique du rêve

…ce qu’il discute après l’avoir introduit par un de ces miracles d’un art consommé : ce rêve qui, de tous ceux qui sont analysés dans la Traumdeutung, a ce sort à part justement, de rêve suspen­du autour du mystère le plus angoissant, celui qui unit un père au cadavre de son fils tout proche – de son fils mort – ce père succombant au sommeil, et voyant surgir l’image

du fils qui lui dit :

« Ne vois–tu pas, père, que je brûle ? »
Or il est en train de brûler – dans le réel –

dans la pièce à coté.
Comment faire se soutenir la théorie du rêve « image d’un désir » autour de cet exemple où dans une sorte de reflet flamboyant, c’est jus­tement une réalité qui, ici quasiment calquée, semble arracher à son som­meil le rêveur ?
Comment, sinon pour nous indiquer que c’est sur la voie même où nous est le mieux évoqué le mystère :



  • le mystère d’un secret dont il ne faut pas avoir l’oreille plus sensible qu’il n’est commun à des résonances permanentes,




  • le mystère qui n’évoque rien d’autre que le monde de l’au–delà, et je ne sais quel secret partagé entre cet enfant qui vient dire au père :


« Ne vois–tu pas, père, que je brûle »
De quoi brûle–t–il, sinon de ce que nous voyons se dessiner en d’autres points désignés par la topologie freudienne : que FREUD ait doublé le mythe d’HAMLET où ce que porte le fantôme, c’est…

il nous l’accuse lui–même

…le poids de ses péchés.
Le Père — le Nom–du–Père — soutient la structure du désir avec celle de la Loi. Mais l’héritage du père, c’est celui

que nous désigne KIERKEGAARD, c’est son péché.
Et le fantôme d’HAMLET surgit d’où,

sinon du lieu d’où il nous dénonce :


  • que c’est « dans la fleur de son péché » qu’il a été surpris, fauché,



  • que loin de donner à HAMLET les interdits de la Loi qui peut faire subsister son désir, c’est d’une profonde mise en doute de ce père trop idéal qu’il s’agit à tout instant.


Tout est à portée, émergeant, dans cet exemple que FREUD place là en quelque sorte pour nous indiquer qu’il ne l’exploite pas, qu’il l’apprécie,

qu’il le pèse, le goûte, que c’est de ce point,

le plus fascinant, qu’il nous détourne.
Pour entrer dans quoi ?
Dans une discussion concernant l’ou­bli du rêve, la valeur de sa communication, de sa transmission, de son apport par le sujet et ce débat tourne tout entier autour d’un certain nombre de termes qu’il convient de souligner pour en marquer que l’ac­tion, le terme majeur n’est pas « vérité », il est Gewissheit, « certitude ».
La démarche de FREUD…

dirais–je, et je l’illustrerai

…est cartésienne, en ce sens qu’elle part du fondement du sujet de la certitude : il s’agit de ce dont on peut être certain.
Et pour cela, la première chose qu’il y a à faire

est de surmonter ce qui connote tout ce qu’il en est du contenu de l’inconscient, et spécialement quand

il s’agit de le faire émerger de l’expérience du rêve, à savoir ce qui flotte partout, ce qui ponctue, macule, tachette ce texte de toute com­munication

de rêve, à savoir ici :
« Je ne suis pas sûr, je doute. »
Et qui ne douterait pas à propos de la transmission du rêve quand, en effet, l’abî­me est manifeste

de ce qui a été vécu à ce qui est rapporté ?
Or c’est là que FREUD met l’accent de toute sa force. Le doute, c’est l’appui de sa certitude.

Pas besoin tout de suite d’accentuer…

j’irai tout à l’heure voir de plus près les différences

…tout de suite d’accentuer plus le rapprochement

avec la démarche cartésienne.
Bien sûr, ce « doute » mérite qu’on s’y arrête pour

le différencier, je veux dire, le doute sur quoi

se fonde la certitude du sujet chez DESCARTES

et le doute que FREUD nous indique comme constituant un signe de connotation positive concernant ce dont il y a à se soucier.
Il le motive : « C’est justement là où il y a quelque chose à préserver » dit–il.
Et le doute est alors signe de la résistance.

Mais la fonction qu’il donne au doute reste ambiguë car ce quelque chose qui est à préserver, ce peut être aussi bien le quelque chose qui a à se montrer, puisque de toute façon, ce qui se montre ne se montre que sous une Verkleidung, « déguisement », et le postiche aussi qui peut tenir mal.
Quoi qu’il en soit, ce sur quoi j’insiste et où, alors, se rapprochent, convergent, les deux démarches d’une façon plus frappante.

DESCARTES nous dit :
« Je suis assuré de ce que je doute de penser »
et dirais–je : …

pour m’en tenir à une formule non pas plus prudente que la sienne mais qui nous évite de débattre du « je pense » :
« de penser, je suis »
nous dit DESCARTES.

Vous voyez bien qu’ici, en élidant le « je pense », j’élide la dis­cussion qui résulte du fait que ce « je pense »

– pour nous – ne se soutient, ne peut assurément pas être détaché du fait qu’il ne peut le formuler

qu’à nous le dire implicitement, ce qui est pour lui oublié. Mais ceci, nous l’écartons pour l’instant.
FREUD – très exactement d’une façon analogique –

là où il doute…

car enfin ce sont ses rêves

et c’est lui qui, au départ, doute

…est assuré qu’une pensée est là qui est inconsciente, ce qui veut dire qu’elle se révè­le comme absente,

et qu’à cette place, il appelle, dès qu’il a affaire au doute, le « je pense », par où va se révéler le sujet.
En somme, cette pen­sée, il est sûr qu’elle est là

de tout son « je suis », si on peut dire toute seule, pour peu – c’est là qu’est le saut – que quelqu’un pense à sa place.
C’est ici que va se révéler la dissymétrie :



  • qui n’est point de la démarche initiale de la certitude fondée du sujet,



  • qui est, je vous le dis, que tout ce qui intéresse FREUD c’est que ce champ de l’inconscient,

le sujet y est chez lui. Et c’est parce qu’il en affirme la certitude que tout le pro­grès va pouvoir se faire par où il nous change le monde.
Pour DESCARTES, dans le cogito initial…

les cartésiens me rendront ce point, mais je l’avance à la discussion

…ce que vise le « je pense » en tant qu’il bascule dans le « je suis » c’est un réel, mais le « vrai » reste tellement au dehors qu’il faut ensuite à DESCARTES, s’assurer – de quoi ? – sinon d’un Autre qui ne soit pas trompeur, et qui par–dessus le marché puisse

de sa seule existence, assurer les bases de cette vérité, nous assurer que dans sa propre raison objective

sont les fondements que ce réel même dont il vient

de s’assurer ne peut trouver ailleurs la dimension de la vérité.
Assurément ce n’est pas ici le lieu pour moi de montrer

je ne peux qu’indiquer

…ce qu’a eu comme conséquences proprement prodigieuses cette remise de la vérité entre les mains de l’Autre, du Dieu parfait dont après tout, désormais, c’est son affaire puisque, quoi qu’il ait voulu dire, ce serait toujours

la vérité : même s’il avait dit que 2 et 2 font 5,

ç’aurait été vrai !
Qu’est–ce que ça veut dire, sinon que nous, nous allons pouvoir commencer à jouer avec les petites lettres de l’algèbre

qui transforment la géométrie en analyse, et que la porte est ouverte

à la théorie des ensembles, à savoir que nous pouvons tout

nous permettre comme hypothèses, de faits à démêler.
Mais laissons ça qui n’est point notre affaire, à ceci près que nous savons que ce qui commence au niveau du sujet n’est jamais sans conséquences,

à condition que nous sachions ce que veut dire ce terme : le « sujet ».
Or DESCARTES ne le savait pas, sauf que ce fut

le sujet d’une certitude et le rejet de tout savoir antérieur.
Mais nous, nous savons – grâce à FREUD – que ce sujet se manifeste, que ça pense avant qu’il entre dans

la certitude. Nous avons ça sur les bras, c’est bien notre embarras. Mais en tout cas, c’est désormais

un champ auquel nous ne pouvons nous refuser

quant à la question qu’il pose.
Ce que je veux accentuer ici, au passage, c’est que dès lors, le corréla­tif de l’Autre n’est plus maintenant de l’Autre trompeur, il est de l’Autre trompé.
Et ça, nous le touchons du doigt de la façon la plus concrète dès que nous entrons dans l’expérience de l’analyse, à savoir que c’est ce que craint le plus le sujet, c’est de nous tromper, de nous mettre sur une faus­se piste, ou plus simplement que nous nous trompions, car après tout il est bien clair, à voir notre figure, que nous sommes des gens qui pouvons nous tromper comme tout le monde.
Or ça ne trouble pas FREUD, parce que c’est justement ce qu’il faut qu’on comprenne, et spécialement

quand on lit ce premier paragraphe de ce chapitre concernant l’oubli des rêves.
Ce sont ces signes – qui se recou­pent – qu’il tient compte de tout :



  • qu’il faut « se libérer », dit–il, se frei machen

de toute l’échelle de l’appréciation qui s’y cherche, Preisschätzung, de l’appréciation de ce qui est sûr et de ce qui n’est pas sûr,



  • que la plus frêle indication que quelque chose entre dans le champ, doit le faire tenir pour jouissance pour nous, d’une égale valeur de trace quant au sujet.


À propos, plus tard, de l’observation célèbre d’une homosexuelle
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