La mediterranee au xiiè siecle, un carrefour de civilisations








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date de publication09.07.2017
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LA MEDITERRANEE AU XIIè SIECLE, UN CARREFOUR DE CIVILISATIONS.


  1. TROIS CIVILISATIONS EN CONTACT EN MEDITERRANEE




  1. Etude de cas sur Byzance.


1ère partie


  1. Constantinople au 12ème siècle, de part et d’autre du Bosphore, avant Byzance rebaptisée Constantinople par l’empereur romain Constantin ; elle correspond aujoud’hui à Istanbul. Sa situation en fait une Porte ( la « Sublime Porte » diront les Ottomans), un passage et un carrefour entre Asie et Europe (entre mer de Marmara et mer Noire), via le pourtour méditerranéen. Donc un espace propice aux échanges, aux conflits… Au 12ème siècle c’est la capitale de l’empire byzantin centré sur l’Asie mineure et la Grèce, un empire que vont se disputer les peuplades et les civilisations alentours (Bulgares, Hongrois, puis chrétiens occidentaux et musulmans). Une ville portuaire et fortifiée, à la fois ouverte pour les échanges commerciaux et toujours sur ses gardes par rapport à d’éventuels pillards ou envahisseurs.

  2. Le nom des remparts renvoie aux empereurs romains : Constantin et Théodose. Constantin n’est pas que le fondateur de Constantinople, il est celui qui promulgue un édit de tolérance pour la religion chrétienne (313) dans un empire romain qui jusqu’alors les persécutait et les envoyaient mourir face aux lions du cirque. Il se convertit en se faisant baptiser sur son lit de mort en 337. Théodose fait du christianisme la religion officielle de l’empire romain en 392, et interdit par là-même le paganisme. D’autres éléments renvoient au pouvoir de l’empereur, notamment le palais impérial. La présence du Sénat révèle l’existence d’autres pouvoirs que ceux de l’empereur, généralement réservés aux riches familles aristocratiques. Enfin l’existence de forums atteste la présence d’échanges commerciaux, de marchés, et de lieux de débats, tout comme la construction de la basilique sainte Sophie, la basilique étant au départ un lieu où le pouvoir romain rend la justice. Cette influence romaine se repère aussi à la façon dont l’espace est structuré (cardo, decumanus), avec des villes fortifiées et des routes orthogonales, et l’importance des structures portuaires (révélant l’importance du commerce).

  3. Influence grecque : par sa situation géographique l’empire recouvre la Grèce antique, c’est une civilisation de l’écrit et du livre versée dans les écrits des philosophes antiques souvent conservés dans des monastères (Aristote, Platon). On observe que l’empereur fait construire des colonnades à son palais, propres à la civilisation hellénique. Il est aussi fait allusion à l’importance du vin, or la culture de la vigne a été largement promue par les Grecs dès la haute antiquité.

  4. Au départ une basilique (lieu où l’on rend la justice) puis une église byzantine respectant un plan en croix grecque et avec une grande coupole. L’édifice est voué à la pratique du christianisme (baptistère, …). Après 1453 et la chute de Constantinople prise par les musulmans, cette basilique byzantine devient une mosquée, elle se voit enrichie d’un mirhab et d’un minaret.

  5. Cosmopolitisme = dans cette ville cohabitent différentes populations, différents groupes sociaux, ethniques, religieux, d’où un mélange culturel qui a participé à la grandeur de Constantinople. On y trouve des marchands venus d’Occident essentiellement ( et des cités Etats italiennes de marins que sont alors Gênes, Venise, Pise, Amalfi…). Ils ont leurs quartiers réservés, généralement à l’écart de la ville, et se voient octroyés des privilèges ( ils peuvent s’installer et commercer en échange de taxes ). On trouve également des érudits, à cette époque la plupart son arabe, versés dans les arts, la philosophie, les mathématiques, la médecine. L’essentiel des connaissances de cette époque sont passées à travers la Méditerranée grâce aux érudits arabes. Tous les domaines de la connaissance sont concernés ( guerre, batellerie…)


2° partie :

Dans quelle mesure Constantinople est-elle un carrefour entre les trois civilisations dominant la Méditerranée du 12ème siècle ?
Dans quelle mesure = aspects, causes + LIMITES

Trois civilisations

Carrefour : point de contact, de rencontre, d’échanges, éventuellement de débat et de conflit. A l’intérieur de ce vaste espace, on ne peut pas dire que toutes les régions soient des carrefours ; un certain nombre de lieux cristallisent les rencontres (la Sicile, l’Espagne avant la Reconquista, les Etats latins d’Orient au temps des premières croisades, Constantinople)
Plan envisagé :
1/un espace de rencontre entre trois aires de civilisation différentes :

    1. l’héritage profond et omniprésent de la Grèce et de Rome dans l’organisation de la pensée et de l’espace, dans l’outillage mental et quotidien aussi (doc 1, 2, 5)

    2. une ville convoitée par les envahisseurs : chrétiens au temps des croisades après le schisme, puis musulmans vainqueurs en 1453. (docs 1, 4)

    3. Une ville cosmopolite (docs 4, 5)


2/les facteurs qui ont toujours fait de ce lieu un carrefour exceptionnel

  1. une situation géographique exceptionnelle, sur le détroit du Bosphore, la porte entre Europe et Asie, qui en fait un lieu de passage des hommes et des idées (docs 1,2)

  2. un lieu de commerce privilégié (doc 2, 5)

  3. un lieu où transitent techniciens, savants et élites les plus diverses (doc 3)


3/les limites du cosmopolitisme et de l’ouverture à l’autre :

  1. les Byzantins ont subi des dominations successives par les chrétiens et les musulmans (chrono, doc 4)

  2. les étrangers vivent dans des quartiers isolés de la cité et en sont temporairement exclus (doc 2)


2)Comment ces civilisations se partagent-elles la Méditerranée?





Occident chrétien

Empire byzantin

Monde musulman

L’ancrage dans l’espace

Une mosaïque de territoires hétérogènes du point de vue de la superficie, du mode de gouvernement, même si la royauté est le modèle dominant. Parmi ces Etats souverains :

-le puissant saint Empire romain germanique, qui empiète sur la France actuelle ( de l’Artois à Lyon) et sur le nord de l’Italie (région de Ravenne, qui fut capitale de l’empire romain) avec à sa tête un empereur

-la nation française en construction de Philippe Auguste, dont la souveraineté lui est parfois disputée par le roi d’Angleterre, les royaumes étriqués et rivaux de Castille et de Navarre, convoités par la France, les puissants royaumes scandinaves héritiers des guerriers vikings…

Un empire regardant à la fois vers l’Europe et vers l’Asie, situé de part et d’autre des détroits du Bosphore et des Dardanelles.

Des dimensions beaucoup plus réduites, un visage beaucoup plus unitaire même si sa population est cosmopolite par sa situation géographique de carrefour.

La civilisation la plus vaste du moment, allant :

-des rives de l’Indus ( Asie centrale, porte de l’Inde)

-au centre de l’Espagne,

-englobant le Proche Orient donc et l’Afrique du nord (actuel Maghreb et Machrek).
Une cohérence territoriale et gouvernementale au départ, cet espace se partageant de façon méridienne entre l’empire turc et deux califats.

Les phases d’expansion



La période d’expansion principale est le règne de Justinien ( 6ème siècle), qui va en Italie et en Afrique du nord, ainsi qu’au sud de l’Espagne (partie prise sur les Wisigoths).

Deux phases d’expansion :

-le 7ème siècle d’abord avec la naissance du puissant califat de Bagdad victime de dissensions dès 661 après l’assassinat d’Ali. Il se sépare définitivement

+ entre le califat chiite du Caire après 909

+sunnite de Cordoue ( après 929)

+ sunnite de Bagdad
-Nouvelles dissensions au 11ème siècle avec

+ la dynastie des Seldjoukides, Turcs s’installant en Anatolie après 1055.

+ En Afrique du nord, ce sont d’abord les Almoravides (après 1085), nomades berbères, qui s’installent, remplacés au 12ème siècle par les Almohades.

+ Dans le même temps au Caire s’installent une mouvance minoritaire mais puissante, les Ayyubides.

Les phases de recul


La période de recul est surtout consécutive à la chute de l’empire romain d’occident avec les grandes migrations.

Après c’est une phase de stabilisation, d’affirmation et d’expansion vers l’Orient. Néanmoins les Musulmans prennent une bonne partie de l’Espagne avant d’être bloqués à côté de Poitiers en 732 ( Charles Martel)


Victime d’invasions au 7ème- 8ème siècle (turques, perses, bulgares…) et affaiblies par les pestes récurrentes, la civilisation entre en déclin et se replie sur les Balkans et l’Asie mineure.

Mais l’essentiel de l’Asie Mineure est perdue et laissée aux Musulmans victorieux de l’empereur romain Diogène à Manzikert.

deux épisodes qui stoppent la progression musulmane :

-la rupture entre le califat de Bagdad et les Almoravides au 10ème siècle

-la reconquista espagnole au 12ème siècle ( après la victoire chrétienne de Las Navas de Tolosa en 1212) . La Sicile est reprise aux Arabes par les Normands au 11ème siècle, en Syrie les Musulmans doivent céder leur place aux Etats latins d’Orient fin 11° créés par les croisés.

3)Quelles sont les ressemblances et les différences entre ces trois civilisations?





Occident chrétien

Empire byzantin

Monde musulman

Qui gouverne ces territoires ?

Le plus souvent un roi ou un empereur, un pouvoir personnel, masculin et dynastique (, les Capétiens, les Valois, les Bourbons, les Habsbourgs…). Au départ le pouvoir du roi est inférieur à celui de l’empereur. A mesure que les Etats s’affirment, le pouvoir de l’empereur s’amenuise et celui des rois grandit.

Le roi est relayé par des officiers en essor surtout sous Philippe IV (13°) (=fonctionnaires).

Un système féodal avec des seigneuries plus ou moins puissantes, et une société divisée entre ceux qui travaillent, ceux qui combattent et ceux qui prient pour les deux autres ; c’est une société divisée en corps qui ont chacun leurs privilèges.

Ce système féodal est vassalique, il repose sur l’hommage rendu par un vassal à son suzerain, qui lui donne en échange un fief (d’où féodalité). Il implique une dépendance.

Le pouvoir est détenu par un « roi », le basileus, descendant de l’empereur romain, qui est à la fois un chef temporel ( s’occupe des affaires courantes de ses gens) et un chef spirituel ( il a un pouvoir religieux en accord avec le patriarche).

Il s’appuie également sur les systèmes administratifs antérieurs, ceux venus de Rome ou ceux repris par les monarchies hellénistiques.

Ce pouvoir est dynastique ( ex des Comnènes de 1081 à 1118)
De grands féodaux ont aussi des pouvoirs régionaux importants mais la plupart du temps ils sont soumis au basileus depuis longtemps.

Le pouvoir est détenu par les califes, successeurs de Mahomet, mais uniquement chez les chiites (à l’époque en Egypte) ; on parlera de sultans plus tard chez les Seldjoukides puis les Ottomans, de souverains pour les autres familles régnantes.

Quelles religions structurent ces espaces ? Sont-elles si différentes ?

CHISTIANISME ROMAIN

Rôle du pape, successeur de St Pierre depuis le concile de Chalcédoine (451)

Croyance en la Trinité (credo de Nicée en 325)

Rôle clef de Jésus (-6, 30 en Palestine, juif qui développe un courant hétérodoxe par ses paraboles ; son succès tient à ses mirables)

ORTHODOXIE

Schisme de 1054

Querelle sur le mariage des dignitaires religieux, les investitures, sur la pratique des sacrements.

La différence tient donc aux rites et à la tradition, pas au texte sacré

ISLAM

Deux branches principales (sunnisme, chiisme minoritaire) avec un clergé seulement pour la seconde

1/trois religions fondées sur le livre

La Bible : une tradition orale fixée par écrit plus de 7 siècles après les événements relatés. Deux parties, l’Ancien et le Nouveau Testament. L’Ancien correspond à la Torah des juifs (le Pentateuque), le Nouveau à la vie de Jésus relatée par les Evangiles écrits entre 40 et 90 par ses disciples

La Bible également, sous la même forme

Le Coran, récitation inspirée du Prophète, et pour les sunnites au moins les hadits ( commentaires)

2/trois cultures de l’écrit

Rôle du latin : d’abord persécutés par Néron ou Dioclétien, les chrétiens, martyrs, parviennent à devenir la religion officielle de l’empire romain. Tolérée par Constantin (édit de Milan, 313), elle devient religion officielle sous Théodose (édit de Thessalonique, 391)

Rôle de l’alphabet cyrillique mis au point par les moines Cyrille et Méthode qui permirent l’évangélisation des Slaves




3/des lieux de prière pour se rapprocher de Dieu

Art roman : art et architecture caractéristiques du 11-12°, églises recouvertes d’une voûte en berceau ou d’une voûte d’arêtes formée par le croisement d’arc en demi-cercle. Les piliers sont d’abord décorés de figures animales, puis on commence à représenter des figures humaines. A l’extérieur, la poussée des murs est contenue par des contreforts pleins. A l’intérieur, les murs sont peints de fresques, voir de tapisseries.

Art gothique : art qui s’étend entre le milieu du 12ème et le 15ème, les églises sont couvertes d’une voûte en croisée d’ogives renforcée à l’extérieure par des arcs-boutants. Cette technique permet une plus grande élévation, une meilleure pénétration de la lumière (par plus d’ouvertures. A l’extérieur les contreforts demeurent, à l’intérieur les fresques disparaissent mais les figures humaines sont démultipliées et de plus en plus fines.

Art mozarabe: art chrétien en terre d’Islam, notamment contribuant à diffuser les enluminures en terre d’Islam.

Art byzantin :

Plan en croix grecque des églises avec à l’intersection de la croix une coupole recouverte de mosaïque, généralement avec un Christ pantocrator. Présence de parois iconostases, composées d’images du saint séparant la nef du cœur.

Art musulman: la mosquée doit indiquer la direction de la Mecque, ville sainte, par le Mihrab (une alcôve). Minaret : tour caractéristique de laquelle le muezzin appelle, 5 fois par jour, à la prière.

Art mudéjar: il naît en Espagne à partir de la reconquête de 1085 ; les musulmans restés en terre espagnole, les mudejars, conservent le monopole de ces techniques touristiques, faisant construire des palais et églises réinvestissant l’art musulman. Surtout un système de colonnades finement sculptées dans le stuc, enduit de plâtre fin de poussière de marbre, beaucoup de motifs floraux organisés en sebkhas, répétitions d’arcs qui forment des losanges. Beaucoup de fontaines aussi.


4/des religions qui ont aussi une fonction sociale

Un lieu de solidarité, un lieu de dialogue, un lieu où l’on s’informe de la vie de sa paroisse avec ses codes propres, ceux de la « fabrique » : communauté collective qui fixe aussi bien les caisses de solidarité que les règles de l’assolement triennal. L’église prend en charge le veuvage (béguinage), les orphelins, les bonnes œuvres…

Mêmes fonctions dans le système byzantin

Dans l’Islam, la loi politique, la loi civile et religieuse ne sont pas séparées, le Coran (comme les autres religions) est aussi une réflexion sur la place respective de l’homme et de la femme, sur la justice…

5/des rapports différents à l’image

Surreprésentation de la religion : dans les églises romanes, les murs sont peints de fresques racontant les Ecritures, ou saturés de retables en bois et de polyptiques assurant tous la même mission, servir de « bible au pauvre » qui est analphabète. De même pour les icônes et les vitraux, spécialité chrétienne du travail du verre.

Dans les monastères, les moines développent un art original, la calligraphie, mettant en valeur par l’image le message biblique.

Importance des icônes (images sacrées peintes sur bois), qui saturent les églises, plus qu’en occident encore. Nb mosaïques aussi.

Dans la plupart des branches de l’Islam ( chez tous les sunnites et la plupart des chiites) la représentation de Dieu et du Prophète est sacrilège. Ce n’est pas le cas pour certaines branches chiites comme les Quzl bas, qui représentent souvent le prophète par des calligraphies imagées et symboliques.

6/des liens ambigus entre religion et pouvoir politique

Le roi ou l’empereur sont les représentants de Dieu sur Terre, ils affirment tenir son pouvoir de lui, notamment pour contrebalancer l’autorité du pape et affirmer leur souveraineté. C’est la querelle des investitures à laquelle met fin le concordat de Worms en 1122 (qui a le spirituel ? Le temporel ? qui le donne ?)

Le basileus est le « pieux élu de Dieu », protecteur de la foi chrétienne, on se prosterne devant lui à plat ventre selon le rituel de la proskynèse.

Le calife est à la fois chef politique et religieux



II-Comment ces civilisations entrent-elles alors en conflit?
1ère partie de l’étude de cas sur les croisades.
Questions

1)Doc 1, 2, 4 : quelles sont les causes religieuses de la croisade ? Quelles sont les autres motivations des combattants ?

motivations religieuses -appel d’Urbain II à la croisade

-motivation des princes chrétiens, tous désireux de montrer qu’ils sont les plus fidèles – et les meilleurs – serviteurs du pape

-la protection des lieux saints, notamment et surtout Jérusalem où se trouve le tombeau présumé du Christ.

-la volonté de sauver les Byzantins, ennemis d’hier mais chrétiens qu’il faut protéger des infidèles.

 autres motivations : la rapine, la réduction en quasi-esclavage, la sauvagerie gratuite, la volonté de récupérer les terres possédées par les Byzantins et de reconstituer l’unité défunte de la chrétienté.
2) Documents 2, 3, 4 : Quelles formes prennent les violences que s’infligent musulmans et chrétiens ?

-la violence de la bataille, celle du champ de bataille

-la violence de l’après bataille : humiliation, privation de liberté y compris religieuse, déshumanisation, éloignement géographique

-destructions symbolique des lieux clefs de la foi chez les deux belligérants

-ruine économique du pays
3)Documents 3 et 4 : quelles solutions sont envisagées pour mettre un terme à ces violences ?

-partage territorial autour du Jourdain et restitution de la zone du St Sépulcre

-restitution d’un symbole fort, la Grand Croix, perdue au milieu de la bataille durant la bataille de Hattin contre Saladin en 1187.
Réponse organisée

Comment s’affrontent les acteurs de la troisième croisade et pour quelles raisons combattent-ils ?

    1. Les modalités de l’affrontement

      1. Les batailles

      2. Les sièges

      3. La privation de liberté et l’humiliation infligée aux vaincus

    2. Les raisons de l’affrontement

      1. La perte de la Grand Croix à Hattin

      2. La volonté d’accaparer la ville des Lieux Saints en en chassant les Infidèles

      3. Les raisons géopolitiques



2ème partie de l’étude de cas sur les croisades.
Questions :

  1. Documents 1 à 5 : les documents racontant cette croisade sont-ils tous de même nature ? Pourquoi l’image est-elle si importante à l’époque ?

Nature variée, beaucoup d’images (enluminures et portraits tardifs), sources toutes religieuses, et deux témoignages traduits d’observateurs arabes de la croisade. Image importante dans des sociétés très majoritairement analphabètes.


  1. Documents 1 à 5 : quels sont les protagonistes de la croisade ? Quels événements majeurs retenez-vous de leur confrontation ?

Côté musulman Saladin, le héros de Hattin (1187). Côté chrétien Barberousse, empereur du St Empire RG depuis 1155, Richard Cœur de Lion, depuis 1189 roi d’Angleterre et Philippe Auguste roi de France depuis 1204.


  1. Documents 1, 2, 3 : quel portrait ambigu de Saladin nous est ici présenté ?

Un chef de guerre brillant et pragmatique, mais extrêmement sanglant avec ses adversaires, qui n’offre pas sa pitié à Renaud de Châtillon ni à ses hommes. Il sait utiliser les rivalités des princes francs pour asseoir ou conforter son pouvoir, notamment en aidant le comte de Tripoli. Contre cette coalition de trois princes chrétiens, il sait qu’il ne peut uniquement compter sur son armée et s’appuie aussi sur les divisions entre ses adversaires.


  1. Document 3, 4, 5 : comment sont représentés les chefs de guerre chrétiens ? pourquoi ?

Parfaitement pieux et dévots notamment Renaud de Châtillon au moment de son exécution. Dans les faits c’était un mercenaire d’une incroyable violence et dont la foi n’était pas très ferme… Philippe Auguste y est aussi présenté comme reconquérant La ville d’Acre pour parvenir ensuite au Saint Sépulcre. Chacun de ces guerriers ou princes voulut d’une certaine manière s’attribuer les mérites de la victoire. Barberousse, Richard Cœur de Lion et Philippe Auguste veulent ainsi apparaître comme les « fils » aînés de l’Eglise et les meilleurs défenseurs de la Chrétientés ; cette qualité en ferait les souverains politiques les plus puissants et les mieux soutenus par le pape. C’est donc leur compétition qui se donne à lire dans ces représentations iconographiques.


  1. Documents 3 et 5 : quand ces documents ont-ils été réalisés ? Pourquoi ne sont-ils parfaitement représentatifs de la réalité du XIIème siècle ?

Si la miniature de Barberousse date du XIIè siècle, les autres sont tardives (deux ou trois siècles plus tard) ; le recul a pu occasionner une déformation et une héroïsation des personnages à des fins politiques : magnifier l’œuvre de princes ou de guerriers chrétiens et discréditer les souverains ou les chefs de guerre musulmans comme Saladin. Cela va de pair avec la tentative de consolidation des pouvoirs monarchiques et d’affirmation des Etats-nations en Occident à la fin du Moyen-âge et à la Renaissance.
Réponse organisée : comment les chefs de guerre chrétiens et musulmans ont-ils utilisé la croisade pour servir leurs propres intérêts et leur pouvoir politique ?


  1. Trois princes pour reprendre les villes franques et Jérusalem au terrible et pragmatique Saladin.

    1. Le roi d’Angleterre, le roi de France et l’empereur en « pèlerinage »

    2. Saladin, héros de Hattin, acculé et contraint à jouer sur les divisions de ses adversaires

    3. Des princes francs désireux de s’imposer pour ne pas : l’exemple du comte de Tripoli et de Renaud de Châtillon




  1. Une croisade prétexte à affirmer l’autorité des souverains sur leur propre territoire et sur l’Europe, et autour de laquelle se noue une propagande durable

    1. Des images pour la postérité : louer l’œuvre de princes très chrétiens (ce que pratique aussi St Louis)

    2. Construire une mémoire sur laquelle se fonde les Etats modernes d’Europe

    3. Obtenir les faveurs du pape et surpasser par sa foi ses adversaires pour dominer l’Europe entière



III-Ces conflits empêchent-ils les échanges économiques et culturels?
Des échanges économiques demeurent malgré les croisades : Ibn Jubair dans ses Voyages notent que les croisades n’interrompent pas le commerce et les caravanes. Ce commerce tient surtout à la vigueur des thalassocraties italiennes, ces petites cités dominées par Venise et Gênes, qui font fortune dans le commerce maritime, notamment de produits de luxe (ébène, or, épices, lainages précieux) et le commerce des esclaves. Elle s’enrichissent aussi grâce à la finance, au change ou au prêt à la grosse aventure ( assurance des bateaux et des cargaisons). Temporairement ces échanges peuvent être interrompus ou différés car ils peuvent être chassés de certaines cités, notamment de Constantinople sous les Comnène au XIIè siècle. Les réseaux commerciaux se densifient aux XIIè-XIIIè siècle, notamment grâce au tunnel du St Gothard au XIIIè siècle qui permet de relier les villes du sud-est méditerranéen, les cités-Etats italiennes et les foires de Champagne comme de la mer Baltique. En quelque sorte, on assiste à une première mondialisation.
Les échanges sont également culturels : les savants et ingénieurs qui passent dans ces lieux cosmopolites échangent des idées, des manuscrits, des techniques : l’essentiel des écrits d’Aristote ou de Platon parviennent en Occident en arabe, traduits par Averroès, car au même moment les manuscrits byzantins ne sortent guère des monastères (ils reviennent plus tard). La médecine a pour grand nom, alors, Avicenne, la géographie, Al Idrisi (auteur d’une carte du bassin méditerranéen particulièrement complète).

Ces échanges sont possibles et même encouragés et soutenus par des souverains éclairés, comme Guillaume II ou Roger II de Sicile, qui font venir à Palerme les « intellectuels » les plus brillants de leur époque. Ils font de leur capitale une capitale des savoirs, ouvrant le pas aux futurs princes de la Renaissance. Les idées, elles aussi, dans ces lieux carrefour, s’internationalisent.

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