Notes nouvelles sur Edgar Poe








titreNotes nouvelles sur Edgar Poe
page2/3
date de publication11.07.2017
taille89 Kb.
typeNote
ar.21-bal.com > documents > Note
1   2   3
« Crépuscule du soir »
Il s’agit d’un des 1ers PPP, publié en 1855 dans un recueil intitulé Fontainebleau, en hommage à Denecourt. Paradoxe car hommage général consacré à la nature mais Baudelaire déteste le végétal, comme il le souligne lui même dans une lettre à l’éditeur : « Vous savez bien que je suis incapable de m’attendrir sur les végétaux…Je ne croirais jamais que l’âme des dieux habite dans les plantes. » Pour Baudelaire en effet, la nature offre tout au plus une métaphore.

Le 1er paragraphe semble chanter dans une veine unanimiste et avec lyrisme les fatigues d’une population laborieuse. Prélude à l’évocation très riche de la fin.

2me paragraphe : « cependant » introduit rupture. La longueur de la phrase et son rythme suggèrent tout l’espace que le hurlement doit occuper et traverser. « Nues transparentes » indique des cris infra-humains, des forces obscures.

3e paragraphe : Quelle est la nature de ces hommes que la nuit ne calme pas ? (ils diffèrent des esprits fatigués du 1er p.) Baudelaire ressent une profonde compassion. On retrouve des images empruntées au romantisme noir :

  • hiboux, signal de sabbat

  • « sinistre ululation, lugubre harmonie »

On croit retrouver l’atmosphère des romans noirs anglais (cf. hospice perché sur la montagne) + contraste « paix, joie de famille » / harmonies de l’enfer.

Le poète fume, activité enivrante, cf. « La pipe » dans Les FM. Fumer reste une activité associée au repos du travailleur. Mais on trouve des notes inquiétantes avec « immense vallée, hérissée de maisons ». Puis exple de prosopopée avec « chaque fenêtre dit… ». Un vent mauvais souffle, qui vient contraster avec le verbe « bercer ma pensée étonnée ».Peut-être Baudelaire jouit-il de se trouver à la frontière. Terriblement névrosé, il est toujours resté lucide et n’a jamais sombré. Il goûte ici « imitation des harmonies de l’enfer »(cf. Voltaire, Candide et la présentation des armées).

4e paragraphe commence par une affirmation : « le crépuscule excite les fous ». Baudelaire évoque ensuite les cas cliniques avec une ironie froide. Jeu sur le sens de poulet : message amoureux, érotique ? Mais tout s’inverse : les plaisirs sont gâtés le soir.

Le 5e paragraphe indique un 2e cas clinique. La rime intérieure sociable / impitoyable accentue la différence. On note aussi un terme forgé par Baudelaire : « manie crépusculeuse »

Le 6e évoque l’évolution de ces 2 cas. Le personnage de l’ambitieux blessé apparaît déjà dans « Les veuves ». A partir d’une ambition déçue, le processus délirant s’est installé. Le poète entend se différencier de ses amis malheureux, cf. antithèse vers 42, 43 : « La nuit, qui mettait ses ténèbres dans leur esprit, fait la lumière dans le mien ». Mais au lieu de la rassurer, cette différence l’inquiète : cf. « intrigué / alarmé », dans les 2 cas, le crépuscule a une force inattendue. Il est en fait aussi nerveux et impressionnable que les malheureux dont il évoque le cas (cf. « Le mauvais vitrier » : accès de violence, mais la portée symbolique n’en atténue nullement la violence).

Le texte fait ensuite jaillir un trait d’effusion lyrique, avec crescendo d’une exclamation à l’autre : « O nuit ! ô rafraîchissantes ténèbres ! ». Le repos de la nuit pourrait préfigurer le repos éternel.

On passe des dernières lueurs du couchants aux feux de la nuit (théâtres habituels des drames que le poète se plait à exposer ; effets semblables dans « Le désir de peindre »). Le mvmt lyrique reprend ensuite, + mélancolique, + voilé.

Après l’évocation de la nuit, il revient au crépuscule : est-ce de la nostalgie ? Evocation avec apostrophe, note à la fois grave et tendre. La structure de la phrase est complexe et s’accorde avec une solennité explosive. On trouve ensuite une atmosphère de mélancolie et de rêve. A l’idée de libération s’oppose l’oppression victorieuse de la nuit (« lueurs roses… »). Mais les feux de la nuit occultent les dernières lueurs du jour. L’expression « rouge / opaque » représente presque une antithèse. Le climat de deuil est entretenu jusqu’au mystère (cf. « main invisible ») et l’Orient ajoute encore à ce climat de mystère. L’entrée de la mort est un combat, cf. « l’agonie du jour sous l’oppression victorieuse de sa nuit ». C’est aussi une lutte entre 2 conceptions de la mort.

Dans le dernier paragraphe, la nuit et la mort sont personnifiées et féminisées. L’image se précise, la figure de la danseuse est omniprésente (cf. La Fanfarlo et Lola de Valence).Continuité qui unit se paragraphe au suivant grâce au jeu d’ombres et lumières, cf. « gaze transparent et sombre ». « Amorties » contient l’idée de la mort et du deuil, idée que vient nuancer l’allègement du tissu. L’image de la robe pailletée continue pour nous donner une interprétation morale : synthèse des 2 paragraphes précédents.
Notons pour finir la richesse du jeu des images : les comparaisons morales ou abstraites se greffent sur une image concrète. La comparaison propose elle-même une interprétation de cette énumération.

S’agit-il enfin de la mort du poète lui-même ? Le poète commence par se dire témoin des illusions de personnages fous. Mais le narrateur n’est-il pas victime d’une illusion ? Il veut se défendre d’être victime d’illusions alors qu’il l’est peut-être lui aussi ? Cf. notamment l’expression « feu d’artifices » + « semblent, représentent, fantaisie » : illusion d’une autre présence, illusion d’une libération dans la mort ????


« Déjà ! »
Caractère laconique du titre avec un simple adverbe. Soupir de regret ? Texte qui appartient en tout cas à la maturité de Baudelaire (décembre 1863).

Le texte s’ouvre sur un passé antérieur : spectacle répété, cyclique de l’image du soleil plongeant dans la mer. « Déjà » au 1er paragraphe pourrait indiquer la cse de la longueur du tps écoulé : annonce l’impatience que manifesteront les passagers. On a une vision traditionnelle de la représentation des jours chez les grecs, peuple marin par excellence.

Allure noblement classique, poème chargé de rhétorique, cf. balancement « cent fois / cent fois » ; effet de chiasme avec le retour de l’adjectif « immense » ; insistance du rythme binaire et effet de répétition. Mariage étrange avec le caractère prosaïque de la cuve, alliance grandiose / trivial (cf. aussi « Chacun sa chimère », « La chevelure »). L’image du bain reviendra dans « Any where out of the world ».

On note une triple ambivalence :

  • du ciel (radieux / étincelant )

  • alternance quotidienne donne un sentiment d’uniformité qui entraîne lassitude

  • cadre à la fois immense et clos.


Le narrateur s’inclut parmi les spectateurs : « nous pouvions » : tous en avaient la possibilité mais seul le narrateur le fait. Equivaut à un « nous aurions pu ». La nature, le ciel délivrent des signes, cf. notamment « alphabet céleste », cf. aussi Hugo, malgré conception différente de l’univers . « gémissait et grognait » : passage d’un voc noble à un terme trivial. Les passagers aspirent à retrouver la terre. Ils expriment le souhait le plus trivial, le plus sédentaire, cf. « quand pourrons-nous digérer dans un fauteuil immobile ». A cet égard, le poète n’est pas fondamentalement différent des autres, si ce n’est par la teneur de ses rêves. Les enfants sont désignés péjorativement par un terme collectif « progéniture criarde » (pourtant proche du poète par son pouvoir d’émerveillement). « Criarde » forme une assonance avec « maussades », effet d’écho.

Le narrateur s’abstrait ensuite de ses compagnons : « ils » remplace « nous ». « Affolés » marque plutôt l’excitation des sens.

Ambiguïté car le narrateur ne peut que partager la vision de ses compagnons (cf. 3e paragraphe). Cf. dans les FM, « Parfums exotiques ». L’impression visuelle n’est qu’à peine évoquée, relayée par des expressions plus baudelairiennes de parfums, de sons. Mais pas de trace de pittoresque tropical : pas de tamariniers, d’arbres singuliers. Le texte tend vers l’universalité d’un apologue. Paysage comparable à celui du poème « Le fou et la Vénus ».

On a une sorte d’arrière musical, des mélodies derrière les mélodies. La musique est soulignée par un jeu d’écho puis par un relais d’échos. Cf. « musique, murmure etc. » : rythme égal et harmonieux

Dans le 4e paragraphe, le rythme devient alerte, montrant la joie des passagers. Mais aussitôt après tout s’inverse : le narrateur cette fois, se distingue par sa tristesse. Immensité et caractère inexplicable de cette tristesse, cf. « inconcevablement ». Structure complexe de la phrase suivante : ramification. La phrase s’ouvre sur une comparaison avec « prêtre » : besoin de religion, de sacré ? Besoin d’une transcendance ? On note au passage le jeu très développé sur les [m] et les [t].

« Monstrueusement » n’a pas seulement un sens péjoratif ; il fait aussi référence à l’étymologie du mot, càd « prodige ». « Séduisante » peut impliquer par contre une nuance péjorative : « ce qui détourne du droit chemin ». Nouvelle alliance de mot étrange avec

«effrayante simplicité » avec double effet de rythme ternaire.

La mer est à la fois le réceptacle et le miroir de la vie universelle (cf. Hugo, Les travailleurs de la mer), elle reflète l’agonie, càd des combats désespérés. Mais les grands spectacles de la nature n’intéressent pas Baudelaire en eux-mêmes. Le spectacle de la mer traduit plutôt l’ambivalence des sentiments du poète par rapport à la vie. Extase confirmée négativement par l’abattement dont il est victime que l’on trouve résumé dans l’opposition des 2 adverbes « enfin / déjà ». Mis en italique, « déjà » résume tout le poème.

On note à la fin une variation lyrique sur le thème de la terre promise. On retrouve d’ailleurs certains motifs du 3e par., mais attention, certains sont enrichis. Enrichissement du son et du sens. La tonalité morale est accentuée jusqu’à la terre promise. « plein de promesses » = offre des tentations de plus en plus grandes.
Conclusion rapide :

Cette évocation d’un paysage maritime peut renvoyer à la biographie du poète. Mais cet en fait un apologue ou une allégorie. D’abord simple témoin, le narrateur va manifester un sentiment radicalement opposé. Epris de l’infini de la mer, il se désole de toucher le rivage.

Cf. Henri Michaux : « La grande fenêtre se referme. Il doit retourner à la ville ». C’est une façon hyperbolique de suggérer l’amour du poète pour la mer. Voyage qui se situe dans l’imaginaire car il n’a fait qu’un grand voyage…Pourra continuer à rêver indéfiniment de l’infini…

« La solitude »
Il s’agit d’un texte plutôt polémique, avec bcp d’ironie, notamment dans l’allusion aux Pères de l’Eglise. Violence froide de Baudelaire : texte qui n’est pas du tout une confession. Il y a une certaine subjectivité masquée quand Baudelaire feint de s’emporter contre le gazetier.

Un gazetier était un auteur d’articles dans une gazette (cf. Théophraste Renaudot). Appelé ainsi car à l’origine en Italie désignait des petits journaux qu’on achetait avec une « gazetta », petite pièce de monnaie.

Gazetier a des connotations péjoratives (Baudelaire en profite pour régler ses comptes avec la presse). Idem pour les connotations de « philanthrope » = équivalent laïque de celui qui pratique la charité (cf. les sociétés philanthropiques qui donnent bonne cse aux possédants). Ils veulent contribuer à la régulation de la société et pensent que la solitude est mauvaise, rejoignant en cela la Bible. Dans leur volonté d’édifier, ils adoptent un ton prêcheur. C’est dans le désert que le diable vient tenter Jésus (cf. ici les majuscules à Esprit, Démon : ce sont les entités qui viennent tenter).

« merveilleusement » : fondé sur mirabilis = étonnant + jeu sur le sens moderne. Montre fascination du poète. Baudelaire concède dédaigneusement que la solitude puisse être néfaste aux âmes faibles. L’âme a horreur du vide, elle dvpe donc des passions solitaires.

« Chimères » a ici un sens péjoratif. La solitude est donc réservée aux âmes fortes. Dans ce 2e par. on trouve de nbreux rythmes binaires. Solitude condamnée également par les antiques, cf. Sénèque Lettre à Lucilius : il s’agit d’interdire la solitude aux âmes égarées. Mais Baudelaire ne surestime pas ses forces (cf. Baudelaire de Sartre : celui-ci l’accuse de mauvaise foi, disant qu’il aurait voulu son malheur, naïveté dans ses déplorations : Baudelaire ne supportait pas l’ampleur de sa liberté, la solitude lui fait horreur). Baudelaire prône ttes les formes de retenue : dandysme, stoïcisme, froideur aristocratique. Mais son dédain ne se mêle-t-il pas d’une secrète envie ? Il souligne la vanité et le faux sublime des discours de chaire.

Le gazetier appartient lui aussi à la race des bavards. Evocation du tribunal révolutionnaire avec « il ne décrète pas d’accusation ». Dans le 4e par., ils dénoncent les hommes volubiles, ils sont comme certains perroquets. L’éclat des voix est suggéré par la succession des 3 [a] dans « races jacassières ». Effet de chiasme avec « du haut d’une chaire / du haut de l’échafaud ». « Supplice suprême » semble être associé ici avec plaisir suprême.

Est-ce une allusion à Joseph de Maistre ? Partisan de la peine de mort qui purge le condamné de sa faute. Mais attention, Baudelaire n’est pas un adversaire de la peine de mort comme le furent Hugo ou Lamartine.

« Volupté » est un mot cher à Baudelaire. On note la discrétion de l’auteur qui voile sa confidence sous l’anonymat. Il témoigne du mépris aux bavard intempestifs.

Le par. Suivant s’ouvre sur un mécontentement sourd, cf. allitérations en [m]. Le gazetier fait la morale au poète sur un ton apostolique mais le poète réagit avec vivacité, ton agressivement ironique : dénonce l’envie mesquine qui ronge son interlocuteur. Baudelaire se crée des jouissance secrètes dans la solitude. Il fait ensuite référence aux auteurs classiques et cite les moralistes (La Bruyère, cf. chap. « De l’homme ». NB : Poe avait placé cette citation en épigraphe de son texte « L’homme des foules »). L’homme ramené à lui-même ne peut supporter son néant. La « cellule du recueillement » entraîne l’éloge de la vie contemplative. L’agitation mondaine n’est que prostitution en dépit de l’altruisme qu’elle entend se donner. Mais cet abaissement se pare d’une belle épithète : « fraternitaire » : néologisme qui appartient à la rév de 1848, et à ce qu’il appelle par antiphrase « la belle langue du siècle ».

Baudelaire entend résister au jargon de son temps (aversion pour les idées républicaines).
Conclusion :

Ce texte, malgré qques images frappantes, apparaît plutôt comme un texte polémiste. Baudelaire y laisse voir son goût profond de la solitude (qui remonte à l’enfance ? cf. note p217 dans Mon cœur mis à nu). Les attaques du moralistes trouvent un prolongement dans des références politiques : aversion pour l’idée de progrès où il ne voit qu’hérésie et utopie.

Magnétisme qu’exercent cpdt les foules sur lui, cf. dans « Les foules » p45-46, « bain de multitude ». il y reprend le mot prostitution pour en inverser la valeur. La contradiction n’est qu’apparente pour Baudelaire. La passion pour la multitude n’est que le corollaire de son goût pour la solitude :

« Multitudes, solitudes : termes égaux et convertibles »

« Les bons chiens »
Poèmes tardif composé à Bruxelles. Paraît le 21 juin 1865 dans L’indépendance belge. Fait ressortir caractère enfantin du poète, ses caprices. Fascination qui s’empare des enfants devant certains jouets.

Imitant les invocations à la muse, Baudelaire va tout d’abord se chercher des garants : renonce à Buffon, place Sterne ensuite. Puis récusant la muse académique, il en appelle à la muse citadine : éloge des chiens déshérités des grandes villes. Il évoque le parcours des chiens, notamment belges puis les chiens dans la chambre d’un saltimbanque. Ce sont des cercles concentriques jusqu’au tableau de Stevens : récompense pour avoir chanté les chiens = un gilet dont il chante la beauté.

L 1-15 : Buffon est un naturaliste du XVIIe . Soucieux de grand style, Baudelaire voyait en lui « un des maîtres les plus rares et les plus sûrs en matière de style et d’écriture ». Mais c’est un style ici mal approprié au projet annoncé par Baudelaire. Sterne lui écrivait des ouvrages mêlant réalisme et fantaisie, nonchalance et humour, sensibilité (cf. Tristram Shandy). Baudelaire évoque son parrainage (« sentimental farceur »). Pompe parodique et amusée pour s’adresser à Sterne : invité à surgir du ciel ou d’en bas (enfers païens). Etymologiquement les enfers sont les lieux d’en bas, inférieurs. Un lyrisme mi-ému mi-amusé se révèle dans l’anaphore « des bons chiens, des pauvres chiens ». Crescendo 3 puis 4 syllabes. Epithètes étroitement associées, effet de chiasme avec « sentimental farceur / farceur incomparable ».

L 16-23 : Le ton devient brusquement rude. « Bégueule » = qqn de ridiculement pudibond, qui s’outrage d’un rien. Baudelaire règle ici qqs comptes (il fut accusé d’outrage aux bonnes mœurs). On note le retour de l’inspiration citadine. Il s’émeut des pauvres et de leurs chiens (exploités et victimes de leur dévouement). Ils sont mal lotis et dignes de compassion. Ce sont aussi des parias : le poète les regarde comme des compatriotes. Par chiens interposés, il se venge de la société qui bannit les déshérités.

L 23-34 : Idée renforcée par la charge contre les chiens de salon. Il utilise à dessein de vieilles expressions comme « fi », interjection qui exprime le mépris, le dégoût et « bellâtre », beauté affadie par suffisance. On note le chiasme « chien bellâtre / fat quadrupède ». Ce sont des chiens en réalité mal élevés : « turbulent, sot, hargneux, insolent ». Baudelaire est blessé par l’arrogance des laquais. Les levrettes sont également férocement croquées. On passe des sourdes aux sonores : agitation des animaux. Il décrit l’animal avant de nous donner son nom. Fait ironiquement écho à la Lorette : créature entretenues.

L 35 : Baudelaire expulse tous ces chiens distingués : « A la niche, tous ces fatigants parasites ».

L 36-43 : Il récuse les discours humanitaires ou philanthropiques mais a de la sympathie pour les pauvres exploités : aversion pour l’élite sotte et parasitaire. Lyrisme revient pour chanter les pauvres. La liste des qualificatifs se complète et il chante la nécessité, « cette vraie patronne des intelligences ».

L 44-49 : Lyrisme marqué par des balancements. Il aime la topographie compliquée de la ville. Il note aussi les yeux admirables des chiens des pauvres : « yeux clignotants et spirituels ». Bonheur paradoxal

L 50-63 : Baudelaire cite entre guillemets une des phrases des chroniques de Nestor Roqueplan dans le National. Humour dans l’évocation d’un « immortel feuilleton ». Nbreux emprunts. Puis énumération. « Canicule » vient de canis : période la plus chaude chez les romains était pdt la constellation « canis ». Nbreuses allitérations. Ardeur allègre des chiens « excités » (etym = irrités ou mis en mvmt). Le // avec les hommes devient impossible.

L 64-78 : « sportule » vient du latin, signifiant « la petite corbeille ». Les donateurs sont les patrons, les obligés sont les clients. Il évoque avec tendresse les vielles qu’on délaisse (cf. aussi « Les veuves »). « nègres marrons » : esclaves fugitifs, scène comique car scène d’amour entre deux chiens (cf. Diderot Jacques le fataliste).

L 79-84 : Les chiens bruxellois : il masque sous un ton humoristique sa critique de la Belgique. Il attribue au bruxellois le défaut capital de la paresse. Vante en revanche les chiens belges. Il s’inspire des tableaux et des représentations de Stevens et tout particulièrement s’intéresse à 2 chiens dans une fête foraine.

L 85-100 : Le personnage du saltimbanque est récurrent. Le poète est à al fois peintre et metteur en scène (la 1ère phrase décrit le mobilier). Le narrateur intervient : « Oh ! le triste mobilier ». Hypotypose où l’anthropomorphisme est accentué. Rien ne dit qu’il s’agit de chien. Alliance poignante et dérisoire du luxe et de la misère. On note l’accoutrement burlesque + « surveillent, avec une attention de sorciers, l’œuvre sans nom » : langage des alchimistes. Composition en cercles concentriques. La dernière image élargit la vision mais est aussi ironique (maçonnerie évoque qqch de dur à digérer, du plâtre).

Le commentaire du tableau était mitigé. L’esprit nuit à la poésie du neuf (cf. Musset). On trouve plusieurs versions de ce tableau. Il pastiche l’art oratoire et esquisse ensuite un plaidoyer : la forme interro-négative laisse attendre une réponse positive. Les allitérations en [p] donnent l’idée d’un repas consistant.

L 109-115 :Résume son attitude par rapport aux bons chiens. Les chiens sont des objets de contemplation. Oxymore amusante avec « philosophes à 4 pattes ». Zèle naïf entraîné par la fidélité à l’homme. Il récuse l’idée de progrès et dénonce le voc républicain. Les injustices n’ont pas cessé avec la Rev. Nom plus flatteur avec « les officieux ». Le bonheur est une chimère. L’idée de bonheur collectif se répand au XVIIIe avec la philosophie des lumières. Il y oppose la notion d’honneur (cf. avant « fierté de la belle chienne »).

L 116-122 : double effet de rythme ternaire avec crescendo « les bons chiens, les pauvres chiens, les chiens crottés ». Swedenborg dvpe le mythe de la nouvelle Jérusalem (cf. influence sur Balzac avec Séraphita). Baudelaire a puisé dans cette croyance pour ses « Correspondances ». Les bons chiens mériteraient-ils une félicité éternelle ? L’humour se mêle à des considérations théologiques.

L123-130 : Il se réfère à une théorie antique bucolique : Virgile, Théocrite : concours de pâtres en poésie et chants, le vainqueur recevait fromage, chèvres…De même en récompense Baudelaire a reçu un gilet. Les nuances de ce gilet lui inspirent des jeux de mots, des oxymores… La beauté automnale des femmes mûres rappelle un des PPP.

L 131-136 : Il rend hommage à son bienfaiteur, échange de bond procédés

L 136-141 : Le tyran joue le rôle d’un mécène. Arètin était un poète mordant et satirique. Il réveille la mémoire du peintre

L 142-fin : Les sensations qu’évoquent le gilet
Conclusion : Poème plein d’humour et de bonhomie. C’est un des rares textes attendris à travers des thèmes animaliers. Il dénonce l’hypocrisie républicaine et l’illusion collective du bonheur. Illusion dans la représentation des chiens : chien au service du cirque et donc de l’illusion (au secret des alchimistes). Il calque son style sur celui des forains.

1   2   3

similaire:

Notes nouvelles sur Edgar Poe icon’Notes nouvelles sur Edgar Poe’’
«C'est cet admirable, cet immortel instinct du beau qui nous fait considérer la terre et ses spectacles comme un aperçu, comme une...

Notes nouvelles sur Edgar Poe iconNotes nouvelles sur Edgar Poe

Notes nouvelles sur Edgar Poe iconLes poèmes d’Edgar Allan poe

Notes nouvelles sur Edgar Poe icon… Notes pour les remarques prononcées à l’Asdeq
«Dernières nouvelles» de Saturday Night Live, l’émission satirique américaine, dont chaque épisode montre le présentateur, solennel...

Notes nouvelles sur Edgar Poe iconParcours de professionnalisation «Ouvrier Paysagiste»
«Préparation Opérationnelle à l’Emploi» (poe) collective et fait partie de la liste des métiers en tension validée par le Conseil...

Notes nouvelles sur Edgar Poe iconNotes
«drivers» sur le serveur wds (attention cette méthode n’est pas valable sur certains modèles de dell par exemple)

Notes nouvelles sur Edgar Poe iconCentre Edgar Morin Equipe de l’Institut Interdisciplinaire d’Anthropologie du Contemporain

Notes nouvelles sur Edgar Poe iconNotes sur la littérature construite

Notes nouvelles sur Edgar Poe icon2/ Notes sur Festen de Thomas Vinterberg 1997

Notes nouvelles sur Edgar Poe iconLa présentation, l’orthographe et la rédaction seront notés sur 4 points








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
ar.21-bal.com