1. L’hypothèse de la doctrine comme discours édifiant et axiomatique d’invariances








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Université de Montréal - Faculté de l'Aménagement-Ecole d'Architecture

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Conférence du 13 octobre 1999

Lire la doctrine, faire le projet
Daniel GUIBERT

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Point de vue
Lire la doctrine d’architecture pour en dire les cadres conceptuels, constater comment ce discours fonctionne, comprendre comment la volonté instrumentale s’explique et s’argumente, suivre les lignes argumentatives, les diverses rhétoriques. Donc prendre contact avec son fonds et le déplier. Fonds dont la surface textuelle se forme de Traités et de Livres, d’Essais, Cours et Manifestes, d’Appels ou Points de doctrine et autres Manières de bien penser l’architecture et son projet. Sans omettre quelques exégèses historiennes et floraisons médiatiques : toutes surfaces textuelles faisant-fonction-de-théorie. Lire ainsi la doctrine prédispose à construire une organisation hypothétique autant que critique du passage de la doctrine au projet.

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1. L’hypothèse de la doctrine comme discours édifiant et axiomatique d’invariances
J’aborderai ici la conception architecturale (le projet) par la doctrine parce qu’avec l’impératif de définir l’architecture, la réflexion sur la conception constitue l’une des finalités intrinsèques de la doctrine.

D’où le rappel d’un constat banal : le projet d’architecture se tient autant dans la langue que dans le dessin. Il s’y tient de manière ambivalente, intra et extraprojectuelle. La doctrine pour sa part constitue la force langagière principale qui élabore et s’élabore par le projet, mais aussi après lui et en dehors de lui. L’hypothèse est qu’à partir d’une analyse du discours doctrinal, ses intentions et son étendue, on peut informer le moment où le projeteur construit, par la doctrine, une position cognitive pragmatique pour le faire-face immédiat du projet. Or la construction de cette position de projet consiste à faire circuler vers l’univers du projectible puis du projetable des rationalités invariantes de conjectures, constituants du fonds de la doctrine, conjointement à des modalités conjoncturelles ou contextuelles, programmatiques. Ce sont ces conjectures invariantes dont je tenterais partiellement de rendre compte ici. Elles fonctionnent dans la pensée de l’architecture et de son projet, simultanément avec des questions circonstancielles de projet.

Sur l’énoncé postulant que le projet se tient autant dans la langue que dans les langages graphiques, j’apporterai la précision suivante : Le statut langagier du projet n’est pas entièrement consigné dans la doctrine : La Loi et la Norme le contiennent aussi. Mais il est dans la doctrine pour l’essentiel de ce qui nous préoccupe : son enseignement et sa pratique. Sachant que, normativement, enseignement et pratique du projet intègrent des dimensions réglementaires, juridiques et économiques où le langage du projet réside aussi.

Pourquoi la doctrine est-elle ainsi liée à l’enseignement du projet ? D’une part, la doctrine vaut comme lieu d’énonciation d’un ensemble plus ou moins systématique d’idées sur la discipline et son projet, idées promues comme vraies. D’autre part, parce qu’avec le monde des médias, spécialisés ou non, l’enseignement est l’un des lieux privilégié de diffusion et de reproduction des vérités de la doctrine. Mais la raison principale de la relation doctrine-projet-enseignement vient de son sens premier docere : enseigner, sens impliquant des déclinaisons telles : doctes, docteurs, doctorat, doctement, etc. Globalement, la doctrine comme discours de et sur la discipline assume donc une vocation première d’enseignement ; elle se construit et s’énonce comme parole et comme texte édifiant. Dans le domaine de l’architecture, elle assume plus particulièrement sa vocation d’édifier sur l’édification ou sur la manière d’édifier. Vocation duale essentielle qu’illustrent, par exemple, les écrits de Peter Collins, auquel il vient d’être rendu hommage dans le cadre d’une conférence publique de l’IRHA1.
Selon des rapports extrêmement variables à la connaissance, la doctrine assume ainsi, en tous lieux où elle s’exerce et s’utilise, sa vocation d’enseignement, c’est-à-dire d’édification des consciences par transmission de savoirs et savoir-faire pour et par l’exercice du projet. Ce dernier se constitue de ce fait comme l’un des lieux privilégiés d’échange entre doctrines et lieu de leur reproduction. Or de quelles significations spécifiques la doctrine architecturale serait-elle porteuse ? Quels sont les savoirs et savoir-faire transmis de la discipline ? Majoritairement ils ne sont pas architecturaux. Ils sont même pour l’essentiel anarchitecturaux2 par tradition, notamment depuis la formation d’une « architectoniké » qui n’est toutefois pas à confondre avec une discipline et un état autonomes. Plutôt, par cette formation sémantique « arké-tecton-iké », est signifiée une activité configurante, conçue comme force assemblante des savoir-faire d’autres disciplines développée par un opérateur cognitif. Force cognitive empirique, synthétique aussi, elle se manifestera autant par les productions issues d’un discours analogique d’où se scelle un pacte symbolique des hommes et des dieux – celui de la doctrine --, que de sa pratique sociale où ce discours se met au service d’un pouvoir politique religieux ou civil. Par ce lieu de discours, l’activité d’édification se structure autour d’une axiomatique d’invariances qui traverse imperturbablement l’histoire de la pensée architecturale. La doctrine architecturale comme discours assemblerait ainsi sur une longue durée, autour de son invariance axiomatique, un magma de conceptions hétérogènes, peu cumulatives mais souvent conflictuelles et partisanes, donc exclusives. Des conceptions qui organisent les modes d’assujettissement du projeteur-assembleur à des discours structurant orthodoxies et hétérodoxies3. Le tout ayant été rassemblé, pas seulement par commodité, en un même corps textuel, nommé « théorie de l’architecture ».

C’est sans doute cette vocation égocentrique et formatrice, empirique et pragmatique, qui marque la doctrine en architecture d’une tension tout à fait originale. Sans doute aussi pourquoi l’indigence théorique de ses contenus manifestes cette tension par un phraser4 spécifique : celui de l’assertion non démontrée, et de la véridiction sans preuve, celui de la croyance aussi. Ce phraser abuse de la prescription (il faut que… ; vous devez… etc.) qui rapproche la doctrine d’une doxologie, ou d'une morale du sens commun, bien plus que de la description ou de l’explication raisonnées des phénomènes de la conception et du bâtir. Ce qui signifie que dans le domaine « architecture » la construction théorique (positive, ou référant à une science dite normale) demeure peu ou pas entreprise. Ceci qui supposerait en retour de préciser s’il peut exister un régime théorique en architecture et ce qu’il pourrait être.

2. La doctrine comme faisant-fonction-de-théorie et l’enjeu de la théorie
Sans prétendre répondre à ces questions, on peut désigner quelques repères explicatifs valant pour hypothèses ? C’est sans doute pourquoi la théorie en architecture n’a jamais accompli, à l’instar d’autres activités intellectuelles tout aussi historiquement engagées dans le procès moderne du prévoir et du pourvoir, la mutation de pensée qu’ont assumée autant les Arts libéraux (Trivium : grammaire, dialectique, rhétorique et Quadrivium : arithmétique, géométrie, astronomie, musique) que les Arts mécaniques (les savoir-faire manuels et mécaniques des corporations et métiers), tous volontairement décrits par l’Encyclopédie.

Autre hypothèse : faute pour les Académiciens des Lumières d’avoir su ou pu se déterminer à ce sujet et notamment faute d’avoir choisi l’une ou l’autre forme de ce qui ne subsistera bientôt plus comme Art mais comme discipline de savoirs modernes, l’architecture est restée confinée dans la catégorie intermédiaire des Beaux-Arts. Il s’est avéré par la suite qu’elle n’y trouvait pas vraiment sa place, qu’elle n’y était que tolérée5. C’est ce qui ferait dire par exemple à Etienne-Louis Boullée (cf. Infra) que l’art-de-bâtir n’est qu’un art secondaire, la partie scientifique de l’architecture (ibidem). Il rate par là la définition de l’art-proprement-dit auquel il aspire, comme savoir scientifique et donc comme art libéral (grammaire, arithmétique, géométrie, dialectique, droit, rhétorique et astrologie)6. L’histoire (en France) des deux siècles écoulés n’est qu’une suite d’erreurs et de fiascos. C’est entre autres cette bâtardise congénitale dans l’ordre des savoirs qui confère à la « discipline » architecture cet attrait pour une forme désuète de théorisation de ses pratiques projectives qu’est la doctrine architecturale. Creuset majeur de sa formation professionnelle, d’où se sécrètent ses anticorps endémiques pour tout ce qui, de près ou de loin, ressemble à une recherche de savoirs qui ne viennent pas de la seule pratique professionnelle. Face aux difficultés d’élaborer des savoirs constitutifs de la discipline, reste enfin cette dernière hypothèse7 : le nomadisme conceptuel de la doctrine architecturale lui conférerait un statut d’avant-garde des savoirs postmodernes. En ce sens qu’un déclin du modèle de la science moderne, sous les coups des théories relativistes, de l’incertitude ou de l’indécidabilité, laisserait imaginer que la doctrine architecturale serait la forme la plus contemporaine de formation des connaissances, celle de l’indiscipline.
Toutes questions difficiles à résoudre. Et à défaut d’indiscipline, elles commandent en conséquence la tentation de mettre en jeu un modèle positiviste de l’activité théorique et de la science modernes appliqué tant à la doctrine qu’au projet. Alors qu’au même moment la théorie ne se pense plus comme réductible à une description et une analyse de son objet (par exemple le projet ou la doctrine), à se présenter comme simple reflet d’un réel. La théorie contemporaine ne vise-t-elle pas à faire événement dans le domaine qu’elle décrit ? Par exemple, dans le domaine « architecture », ne pourrait-elle pas forcer le projet ou la doctrine à leur dépassement dans une surexistence, à être plus réel que leur réel immédiat ? Et pour cela, comment la théorie en ce domaine ne voudrait-elle pas arracher les choses qui composent le projet ou la doctrine à leur origine fictive, à leur « nature » mythique, pour les rapporter à leur histoire et à leur finalité sociales, afin d’en mieux ressaisir toutes les énigmes et d’en relativiser les vérités assertoriques ?

Tandis que dans le débat doctrinal contemporain, il n’est tenu compte qu’exceptionnellement des conditions qu’un modèle d’activité théorique, même positiviste, puisse opposer à l’activité doctrinale en architecture. C’est pourquoi l’activité doctrinale continue d’être imposée comme faisant-fonction-de-théorie.
Par suite, en faisant fonction de théorie-de-la-discipline, la doctrine tend à occulter l’exigence du fait théorique lui-même, l’exigence d’une accumulation de faits et de démarches conduisant à la construction de savoirs non seulement expérimentés et théoriquement fondés, innovateurs voire transgressifs, mais constamment interrogeables et réfutables.
Toutes considérations qui forment l’horizon de mon propos, parce que :

a) j’attribue à la doctrine un rôle considérable et déterminant dans la consistance du domaine autant que dans l’ordre du projet : elle en constitue le fonds symbolique et historiographique en même temps que le guide instrumental ;

b) plutôt que d’adopter comme il fut fait, au nom de la théorie et d’un dogmatisme de la science, un point de vue nihiliste vis-à-vis de la doctrine, il me semble préférable d’élaborer une assise théorique pour la comprendre et l’excéder.

Voilà au moins de quoi justifier qu’on n’interroge pas la doctrine traditionnellement comme une « théorie » disant la vérité absolue sur la discipline et l’ordre du projet, et qui presse son lecteur d’y croire avant toute expérience. Mais comme un discours parmi d’autres, qui construit des systèmes de véridiction et de valeurs, et dont on peut tenter des compréhensions transmissibles et évidemment réfutables mais aussi dont toute vérité a priori se retirerait. Et d’abord en la créditant du statut de texte opératif, c’est-à-dire qui comporte à la fois la prescription des opérations cognitives et celle des séries organisées d’actions pré-imaginées à partir de ces opérations.

La doctrine sera donc admise ici comme scène d’écriture par divers corps (doctrinaires et concepteurs, philosophes et historiens etc.) de toutes sortes de pensées de l’architecture et comme surface d’inscription des traces de ses projets. Sur cette scène, un ou des dieux, une nature-architecture et un créateur démiurgique-oedipien servent de modèles actantiels, a fortiori sous sa forme héroïque moderniste. Ils sont perpétuellement mis en intrigue (en rapport analogique, en proportion disjointe ou continue8) par les metteurs en ordre, en œuvre, en scène du projet d’architecture. De cette intrigue, on peut reconstruire la trame, c’est-à-dire la trame de toutes ces tensions qui, hypothétiquement, se tissent en tous ses textes. En tous ces textes qui forment aussi l’étendue de la doctrine, et pour moi un corpus pour son investigation, pour tenter d’en dire les logiques et les modes d’instanciation du projet d’architecture.

Deux ouvrages emblématiques, celui de Vitruve : De Architectùra9 et celui de Etienne-Louis Boullée : Architecture - Essai sur l’art10, tous deux appartenant à ce corpus, m’aideront à caractériser un modèle des contenus argumentatifs de la doctrine et d’interférences des rapports de la doctrine aux projets. Emblématiques ces textes, ne serait-ce que par l’intensité de leur visée et l’étendue de leur saisie. J’en extrairai quelques fragments symptomatiques, à la fois parole informative et instrumentale, et champ méthodologique de compréhension11. Indexes historiques plus qu’origines, ils feront ellipse, jusqu’à notre présent.
3. Vitruve ou l’archétype de la construction logique des doctrines
Je commence par l’ouvrage de Vitruve qui me paraît prendre statut d’archétype historique de la construction doctrinale12. Archétype discursif qui se constitue à partir d’une intention politique de rassembler les savoirs transmis ou rassemblés des cultures péri-méditerranéennes et les expériences constructives de son temps. Ce matériel a été organisé par Vitruve autour de quelques logiques de base, que leur stabilité historique rend symptomatique. Je les ai nommées sans ordre préférentiel : logique de définition et de fondation de l’architecture, de détermination causale des formes, de distinction et de hiérarchisation des facteurs, et logique descriptive des propriétés d’un édifice idéal. Pour en déplier les formes et contenus sémantiques, ainsi que le référentiel, je procèderai par citations et commentaires analytiques.
a. Sur la définition :

Vitruve écrit (Livre I, chapitre 1er) :

« L’Architecture est une science qui doit être accompagnée d’une grande diversité d’études & de connaissances par les moyens desquelles elle juge de tous les ouvrages des autres arts qui luy appartiennent. »13

Cette définition de l’architecture comme « science » est tributaire de la traduction que donne Claude Perrault en français classique du XVIIe siècle du terme scientia. Vitruve l’emploie pour dire la qualité essentielle de l’architecture d’être une discipline assemblante et ascendante. Perrault aurait préféré, écrit-il en note, au mot « science » pour scientia le mot grec « architectoniké » dont s’inspirerait Vitruve pour sa définition. Dans le Livre III, Vitruve met l’accent sur la prédominance de l’architecture sur la géométrie, la grammaire, la médecine et l’astronomie qui composent l’architecture comme science. Selon Perrault, « architectoniké » -- mot à partir duquel se forme notre concept d’architecture par le latin Architectùra -- traduisait mieux cette qualité d’autorité. En tant que discipline créatrice, elle fonde a) sa théorie sur celle des savoirs qu’elle rassemble dans un projet synthétique d’édification, b) sa légitimité théorique sur un principe créationniste. Tout objet édifié simule analogiquement la création universelle et son ordre logico-mathématique, tel que le mythe judéo-chrétien le transmet et tel que les philosophes mystiques de la Grèce antique et ses mathématiciens le rationalisent.

Pourtant le mot « science », introduit par Vitruve dans sa définition, subsistera jusqu’aux derniers débats académiques et sans doute au-delà, comme référent de la plupart des définitions de l’architecture. Les narrateurs opposent alors ce statut de « science », de par son intension synthétique et analogique de savoir plus révélé qu’instrumental, paradoxalement à celui de l’Art (la création en général, la poésie, la musique, les arts dits plastiques, etc.), ou encore plus systématiquement à celui de la Technique (à l’art de l’artisan comme de l’ingénieur).
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