I. Pourquoi parler d’action publique et non de politique publique?








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II. Les différentes approches





  • L’approche anthropologique du projet (J-P Boutinet).


Dans les méthodes de projet, le point de départ est la volonté de changer quelque chose et le fait de croire que c’est possible. Ensuite, les méthodes de projet ont un caractère aléatoire et éphémère : des collectifs, qui n’ont pas vocation à durer, sont créés. La difficulté des méthodes de projet se trouve dans le caractère mitigé des résultats : l’image projetée à la conception du projet est rarement conforme au résultat. Or on a une sorte de fuite en avant, la gestion de projets appelant la gestion de projets (dans une espèce de course à l’innovation). C’est ce qui se passe aujourd’hui au niveau urbain : on est dans un empilage de projets. Se pose par conséquent le problème de la coordination.


  • L’approche managériale du projet.


Distinction « mode projet » / « mode métier » : l’organisation en mode métier est adaptée à une capitalisation des savoirs et savoir-faire, mais cette structure peut être inadaptée à la tenue des délais. Ex : les services techniques des villes, de l’urbanisme, qui sont organisés en métiers, où on fait des plans (urbains). Or ces grandes administrations urbaines sont dans une difficulté qui n’est pas un manque de compétence, mais l’inadaptation de leur organisation au raccourcissement des délais (car on a une accélération du mouvement de la gestion urbaine). On va donc déléguer à d’autres. On instille donc dans la gestion des instruments de mesure des coûts à toutes les étapes. L’essentiel est d’être innovant et compétitif ; pour cela, on va développer des systèmes de contrôle des coûts.


  • Du point de vue de la sociologie de l’action publique.


La méthode du projet se distingue fondamentalement de la méthode du plan, puisque dans la méthode du plan, on est sur des formes d’administration centralisée, avec des objectifs à long terme et des procédures lentes.

A l’inverse dans la gestion de projet, il s’agit d’une action collective, autonome car il faut pouvoir décider dans des délais brefs. Aussi, les procédures sont accélérées, et les formes de coordination moins formelles (on passe davantage dans le droit privé que public, qui est plus lourd).

Le maitre mot est l’implication de la société civile.

 A travers les méthodes de projet, la ville se présente, et tente au maximum de ne pas donner une mauvaise image, de ne pas se dévaloriser.

III. L’exemple des Capitales européennes de la culture



Istanbul et Marseille ont des situations de départ relativement comparables.
Points communs :

  • Des morphologies urbaines contraignantes : manque de transports en commun, embouteillages, mauvaise circulation, forte fragmentation dans l’organisation de l’espace (quartiers peu connectés les uns aux autres). Cela pose des contraintes dans la gestion des projets, car il y a la difficulté d’impliquer les associations qui seront hyper-localisées, ce qui peut devenir un problème politique.

  • Des institutions d’agglomération récentes (l’an 2000 pour Marseille ; 1984 pour Istanbul) : elles facilitent la coordination, la permettant entre de multiples arrondissements ou communes.

  • La situation géographique : ce sont des « gateway cities », sur la France pour la Méditerranée ; sur la Turquie pour l’Europe (elles agissent presque en miroir).

  • Le rôle de l’Etat dans la culture : en Turquie comme en France, l’Etat a joué un rôle important dans le développement des institutions culturelles. L’histoire des politiques culturelles nationales se confond avec une sorte de nationalisme (projet du ministère Malraux notamment ; projet nationaliste turc laïc, avec une forte tradition kémaliste).


On a donc, dans les deux villes, des acteurs qui vont essayer de développer un projet qui vise à singulariser la ville. Les promoteurs sont les investisseurs locaux : fondations privées à Istanbul, liées à de grandes entreprises turques qui cherchent ainsi à promouvoir l’adhésion turque à l’UE, on cherche à insérer les milieux économiques dans les relations européennes. A l’inverse pour Marseille, on retrouve la Chambre de Commerce et d’Industrie, dans Mécènes du Sud, dont le président est le candidat à l’époque de la Chambre de Commerce. Les principaux moteurs de ces projets internationaux sont souvent les entrepreneurs, donc les entreprises locales.

Ils vont constituer le cadre de la gestion de projet, en créant une association, qui se charge de coordonner les actions des différentes collectivités. Ces structures rassemblent plusieurs communalités, suivant une logique de développement qui tente de construire du consensus autour d’une idée.
Puis toutes les institutions centrales européennes, nationales,… s’impliquent dans ces projets, donc les entrepreneurs de départ ont souvent l’impression que le projet est dénaturé. De plus, les ministères s’en mêlent, avec des projets principalement axés sur la conservation du patrimoine, vers une dimension d’authenticité. Les Etats vont donc axer leurs priorités sur des enjeux institutionnels et académiques. A Istanbul par exemple, la priorité de l’Etat était le tourisme ; on ne met donc pas l’accent sur les mêmes singularités (historiques ; mondiales).
 Dans la gestion de projet, on a donc une difficulté à construire du consensus. Aussi, on a des conflits politiques entre financeurs ; on rentre même dans des marchandages locaux.


 Dans la gestion de ces projets urbains, on a tellement insisté sur cette nouvelle méthodologie qu’on perd de vue les dimensions institutionnelles ; or la capacité antérieure d’avoir construit des institutions fortes est presque primordial. De plus, la capacité à inclure des associations et initiatives locales est d’autant plus forte que l’espace urbain est continu ; il y a donc une sélectivité accrue, ce qui se traduit par des contestations sociales (l’inverse du consensus). Tout dépend de l’environnement institutionnel.
Deux possibilités pour Marseille 2013 :

- revenir à un mode de gestion plus traditionnel donc surement plus clientélaire.

- donner la priorité à quelques projets et donc faire face à une contestation sociale forte.

CONCLUSION




Les 4 « I » :


  • Idées. On va surtout s’intéresser aux discours, aux causes défendues, aux schémas causaux. Ex : aujourd’hui, il semblerait que ce soit une catastrophe nationale qu’on perde le AAA, parce qu’on rentrerait dans une dynamique « à la grecque » ; il y a donc une inquiétude, peut-être pas infondée d’ailleurs. Surtout, on considère qu’il existe une dimension cyclique (or aujourd’hui on se pense en fin de cycle néolibéral). Cela renvoie au livre de Karl Polanyi, La Grande Transformation, dans lequel il développe la thèse qu’en fin de cycle libéral, on retrouve des réactions autoritaires. Mais on ne vit pas la même chose que dans les 1930s, on ne peut pas dire vers quoi on va exactement ; par contre on peut interpréter les changements d’aujourd’hui comme une sorte de perte d’autonomie totale des gouvernements nationaux et certaines dynamiques autoritaires, avec des logiques financières fortes. Ces schémas causaux se nourrissent toujours de l’expérience historique.

  • Intérêts. La dimension transnationale est forte aujourd’hui, ce qui pose des problèmes en terme de régulation, donc d’arbitrage entre les intérêts différents. Parce que ces arbitrages se font à plusieurs niveaux (syndicats, patronat, pouvoirs publics), de fait les articulations entre eux sont complexes.

  • Institutions.

  • Instruments. Par leur dynamique propre, les systèmes d’information et d’évaluation sont générateurs de contraintes sur l’action dans les organisations. Ex : l’agence de notation S&P la semaine dernière a fait baissé la note de la France, alors qu’ils n’en avaient pas l’intention, mais le système l’a fait mécaniquement. Ces évaluations ont une puissance d’effet sur les dynamiques politiques. Surtout en matière financière aujourd’hui il y a des effets systémiques car certains programmes sont tellement complexes qu’on ne peut intervenir sur eux.



Constats empiriques :


  • Caractère multi-organisationnel de l’action publique (logiques de standardisation,…). Distinction de Karl Weick entre les « tightly coupled systems » et les « loosely coupled systems » : dans certains cas, les organisations sont très fortement couplées et encastrées les unes dans les autres, donc interdépendantes (ex : régulation financière), alors que dans le tiers secteur et d’autres organisations les relations sont plus lâches.

  • Caractère multi-niveau.

  • Aspects trans-sectoriels : les logiques de projets visent à plus de transversalité dans la conduite de l’action publique (ex : dynamique des villes).

  • Dynamiques transnationales : elles produisent une forme d’intégration, qui va être plus ou moins forte, politique, ou qu’économique (comme l’intégration franco-belge, à travers de grandes entreprises européennes ; mais la dynamique économique peut donner de l’intensité à un débat politique de rattachement),…

  • Dynamiques trans-partisanes. Les frontières des différents partis ne recouvrent plus aucun clivage clair : les clivages sont tout autant internes aux partis qu’entre eux, ce qui signifie que d’une certaine manière, les recompositions politiques qui sont en cours ont des lignes de force relativement peu lisibles. Par contre le clivage entre protectionnisme et libre-échange est aujourd’hui structurant (or il n’est pas droite/gauche). A l’inverse, le clivage des nationalisations n’est pas la question d’en faire ou non, mais plutôt de comment on les fait. L’organisation de l’offre politique se fait autour de cette question.

Tiers secteur :

Cela constitue toutes les organisations qui ne sont ni des administrations publiques, ni des entreprises privées marchandes ( ONG, associations, mouvement coopératif,…) ; mais cela n’exclut pas qu’il y ait de la concurrence entre les organisations.

Mais aujourd’hui les frontières se brouillent, et ce tiers secteur n’est pas homogène. On peut désormais trouver le terme de NPO = Non-Profit Organisation, ce qui apparaît comme plus décisif. En France, on parle aussi d’ESS = Economie Sociale et Solidaire.

C’est vraiment la recherche d’une voie économique intermédiaire entre le tout-Etat et le tout-marché. D’une certaine manière, l’UE a encouragé le tiers secteur : à travers la formule de l’économie sociale de marché, l’idée est de pouvoir se reposer sur ce tiers secteur pour modérer en quelque sorte la puissance du marché.
Pour la dissertation : l’important est d’être cohérent, totale liberté, par un travail actif d’appropriation (se mettre en posture de recherche personnelle).

 démonstration par l’argumentation : concepts, données, mobiliser des exemples, des cas. Donc la démonstration sera à la fois cohérente et convaincante.
Ex : Dans quelles mesures peut-on dire que l’action publique s’inspire des nouvelles techniques de management des entreprises ?
antoine.vion@univmed.fr
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