La recherche et l’enseignement supérieur








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Conseil de Paris : Développement économique, innovation, recherche et enseignement supérieur














  » 09/11/2006
  Conseil de Paris : Développement économique, innovation, recherche et enseignement supérieur

   Par M. Bertrand DELANOË
   

Conseil de Paris
Séance du 13 novembre 2006
Communication du maire de Paris sur le

développement économique, l’innovation,

la recherche et l’enseignement supérieur

SG- 2006- 163
La compétition dans laquelle sont lancées les grandes métropoles mondiales est particulièrement rude. Elle implique de mobiliser des moyens, des atouts, le goût de l’innovation autant que le sens du concret.

L’image de Paris se nourrit, bien entendu, de son exceptionnelle identité : une beauté qui fascine, une richesse patrimoniale qui attire le monde entier, autant que ce « french way of life » qui mêle romantisme, esthétique et culture.
Pourtant, se reposer sur ces seuls atouts – indéniables par ailleurs- reviendrait à ignorer les ressorts d’une compétitivité contemporaine qui repose à la fois sur la qualification des personnes, la modernité des infrastructures, la disponibilité des technologies, la puissance de la Recherche et de l’Intelligence, de même que l’émergence d’emprises adaptées à un accueil performant des décideurs économiques.
Face à ce défi passionnant, Paris a fait le choix du mouvement et du volontarisme, pour mieux préparer l’avenir.

Notre cité le démontre dans de nombreux secteurs stratégiques : biotechnologies, santé, recherche, multimédia, cinéma, design ou mode…
Dans ce contexte, dépeindre Paris sous des traits résolument sombres n’a pas vraiment de sens. D’ailleurs qui peut sérieusement adhérer au discours ambiant de certains, empreint de catastrophisme, décrivant une cité sur le déclin et distancée par ses concurrentes ? Les faits et des données objectives mesurant régulièrement l’attractivité de notre cité, contestent l’outrance de tels propos. Celles et ceux qui développent ces thèses -  dévalorisantes pour leur propre cité -  sont d’ailleurs les mêmes qui, avant 2001, avaient malheureusement provoqué une forme d’anesthésie économique à Paris, marquée par la panne durable des investissements.
L’objet de cette communication vise précisément à rappeler le chemin parcouru depuis 2001, et à poser dès à présent, les actes et réformes concrètes, qui font avancer Paris et préparent le futur de ses habitants.
Atouts économiques, forte présence universitaire, qualité de son environnement (qu’il s’agisse de transports, de vie culturelle, d’équipements sportifs) : autant d’ingrédients qui pèsent – et pèseront – dans le choix des décideurs français ou étrangers.

Car l’actuelle municipalité a la volonté - quelle que soit la médiocrité du contexte national – de soutenir avec vigueur l’emploi et la diversité des activités à Paris.

En effet, après la véritable hémorragie observée au cours de la décennie 90 (130 000 emplois perdus), il fallait changer d’orientation et de rythme, tout en concevant de nouveaux outils, conciliant croissance et développement durable.
Il fallait aussi veiller à raisonner, enfin, à une autre échelle. C’est pourquoi, plus que jamais, Paris s’inscrit dans son environnement régional, à l’instar du Grand Londres, de Barcelone ou de Berlin. En synergie avec la Région Ile de France, dont elle est un partenaire constant, notre collectivité se situe résolument dans la dynamique de cette « Conférence métropolitaine » récemment créée, et qui ouvre des perspectives très opérationnelles à la dimension de l’agglomération.
Notre ambition est claire : faire de Paris, au 21ème siècle, une métropole majeure de la création et de l’innovation, y compris environnementale. Dans cette optique, son formidable potentiel humain et sa diversité représentent une richesse qui doit être préservée et valorisée en toute circonstance.

Incontestablement, c’est une telle alchimie qui inspire et oriente les dispositifs présentés dans cette communication.
I) Paris : une métropole économique en dynamique
Dans la compétition économique actuelle, Paris compte parmi les principaux leaders européens, comme en attestent plusieurs études récentes de cabinets internationaux dont l’indépendance et l’autorité sont unanimement reconnues :
-         KPMG a comparé en 2005 les coûts d'implantation d'une entreprise étrangère dans 128 villes, situées dans 9 pays industrialisés. Paris est plus attractive que Londres, Francfort ou New York.

-         Ernst and Young a recensé, pour l’association Paris Ile-de-France Capitale économique, les nouvelles implantations internationales dans 15 métropoles européennes. Pour la première fois en 2005, Paris arrive devant Londres avec 194 implantations, dont 139 dans Paris intra-muros.

-         Cushman and Wakefield, qui effectue un classement des villes par 500 dirigeants de sociétés européennes, place Paris en seconde position derrière Londres en 2005. Ce cabinet attribue néanmoins à Paris les meilleures potentialités pour l’avenir, la classant à la première place des destinations pour les projets des entreprises à un horizon de 5 ans.
Depuis 2001, la municipalité parisienne a choisi de mettre en œuvre une politique de valorisation et d’optimisation des atouts de Paris, afin de favoriser l’implantation d’entreprises dans des secteurs très divers. L’emploi et l’activité économique sont en effet au cœur de cette démarche. C’est pourquoi ont été créés des outils opérationnels, qu’il faut d’ailleurs savoir adapter sans cesse à l’évolution des besoins.
A) Des outils opérationnels pour l’emploi.
            1) Une dynamique enclenchée dès 2001

           

Le début de la mandature a été marqué par une nette réorientation de la ZAC Paris Rive Gauche, ce qui a notamment contribué à renforcer une crédibilité économique alors atteinte (augmentation très sensible des surfaces dédiées au logement mais aussi aux activités commerciales et aux services, au détriment des bureaux). De même, avec le lancement de nombreuses opérations d’aménagement comme Pajol (18ème), Claude Bernard (19ème), Porte des Lilas (19ème) et plus récemment Beaugrenelle (15ème), la Municipalité a voulu créer concrètement des conditions favorables à l’activité économique. Ainsi, en 2005, 130.000 m² de bureaux et 36.700 m² de locaux commerciaux et d’activités ont été mis en chantier, livrables en 2006/2007. D’ici 2010, environ 385.000 m² dédiés aux activités économiques seront constructibles.
De plus, l’étude d’Ernst and Young mentionnée plus haut, indique que le nombre d’entreprises internationales qui s’installent à Paris augmente : il est passé de 113 entreprises implantées à Paris en 2004 à 139 en 2005.
Entre 2001 et 2005, la création nette d’entreprises à Paris (différence entre les entreprises créées et celles qui ont disparu) s’élève à + 115.000, illustrant de façon indéniable le dynamisme et l’attractivité économique de notre cité.
Ainsi, parmi les récentes implantations figurent la Banque Populaire Rives de Paris qui s’est installée dans le 13ème arrondissement (1.200 emplois) , ICADE dans le 19ème arrondissement (1.000 emplois), TISCALI dans le 9ème arrondissement (350 emplois), Marionnaud dans le 8ème arrondissement (140 emplois).  Cela concerne aussi des extensions avec Sanofi Aventis qui a étendu son activité à Paris Rive Gauche pour ses 450 salariés ou AREVA qui accueillera plus de 1.200 salariés dans son siège parisien du 9ème arrondissement. 
2) Des capacités nouvelles de développement
Le Plan Local d’Urbanisme est un levier essentiel de cette politique puisqu’il permet de mettre à disposition des acteurs économiques environ 2 millions de m² dédiés à l’activité économique (pour le tertiaire comme pour le commerce et l’artisanat).
Les terrains de Paris-Nord-Est, entre la Porte de la Chapelle (18ème) et la Porte d’Aubervilliers (19ème), constituent une vraie opportunité pour l’emploi dans des quartiers longtemps délaissés mais également pour renforcer les partenariats avec les collectivités limitrophes. A cet égard, la prolongation du tramway au moins jusqu’à la Porte de la Chapelle à l’horizon 2012, de même que le projet de gare Eole à Evangile, sont des atouts considérables pour convaincre des investisseurs soucieux de la bonne desserte en transports en commun.
De même, le site des Batignolles (17ème)  permettra de réaliser un nouveau quartier de Paris équilibré entre les logements (dont au moins 50 % de logements sociaux et 800 logements-étudiants), les équipements publics, les espaces verts (un parc de 10 hectares) et des activités économiques bien insérées dans leur environnement.
Enfin, l’implantation de PME/PMI sera facilitée dans les parcelles de petite taille de l’Est de Paris, où les loyers moyens sont plus attractifs qu’à l’Ouest, pour accueillir des hôtels industriels, des ateliers ou des centres d’affaires. Par ailleurs, le maintien de la règle du COS de fait à l’Ouest permettra la modernisation du parc de bureaux, déjà existant.
            3) Une politique de l’emploi offensive et adaptée aux spécificités parisiennes
Le contexte national est très difficile. Il est notamment marqué par une aggravation de la pauvreté en France depuis 2003, mais aussi par le basculement de chômeurs indemnisés vers le RMI, principal effet de la nouvelle convention nationale d’assurance chômage. Dans cette conjoncture préoccupante, le chômage a néanmoins diminué de 21 % à Paris entre juin 2003 et juin 2006, à comparer à la baisse de 8 % enregistrée en France sur la même période.
Dans le cadre de ses compétences légales, la Municipalité veut contribuer à faciliter la rencontre entre l’offre et la demande d’emplois, et améliorer l’accompagnement des chômeurs. Au-delà de la dimension solidaire de cette politique, qui demeure le fondement essentiel et prioritaire de l’action municipale, il s’agit d’un argument supplémentaire pour favoriser l’attractivité économique de Paris. La preuve en est donnée par la participation très active des entrepreneurs aux initiatives municipales en faveur de la création d’emplois.
a) Faciliter la rencontre entre les employeurs et les chômeurs parisiens
Depuis 2003, « Paris pour l’Emploi » est devenu un rendez-vous constructif, à la fois pour les entrepreneurs et pour les demandeurs d’emplois. En 2005, plus de 5.300 embauches (dont    63 % en CDI) ont été enregistrées. En 2006, 48.000 demandeurs d’emploi ont pu rencontrer 335 entreprises offrant plus de 25.000 offres d’emploi.
De même, les Maisons du Développement Economique et de l’Emploi, les Missions Locales ou les Espaces Insertion constituent un dispositif très efficace, ciblé sur les caractéristiques des chômeurs parisiens et sur les demandes des entreprises.
Les formations adaptées aux besoins des entreprises sont essentielles pour agir utilement contre le chômage : le Plan Départemental d’Aide à l’Emploi a ainsi proposé des programmes spécifiques à 3.200 personnes, suivis par l’obtention d’un emploi dans 50 % des cas (hors formation linguistique).
Par ailleurs, dans le cadre du Plan Départemental d’Insertion, 11.000 RMIstes ont bénéficié d’une mesure d’insertion professionnelle, dont 5.500 ont trouvé un emploi durable. Pour 2007, les objectifs sont plus ambitieux encore, avec 7.500 retours à l’emploi.
Enfin, l’économie solidaire représente un gisement d’emploi et d’activité considérable, notamment dans les services à la personne. En 2000, Paris ne consacrait que 322.000 € pour promouvoir ce secteur. En 2005, le montant est de 4,5 M€, soit 14 fois plus, permettant notamment de financer 21 associations intermédiaires, 26 entreprises d’insertion, 7 entreprises de travail temporaire d’insertion, 8 régies de quartiers, 25 chantiers d’insertion, et un Forum du commerce équitable qui se tiendra à Paris en avril 2007.
            b) Une action spécifique dans les quartiers classés en « Politique de la Ville »
Le taux de chômage dans ces quartiers, largement ignorés des équipes municipales précédentes, représente plus du double de la moyenne parisienne. Si l’Etat les a délaissés en  se désengageant depuis 2002 de dispositifs pourtant efficaces (équipes emploi insertion, emplois jeunes…), les demandeurs d’emploi de ces quartiers bénéficient d’un véritable Plan municipal (Plan Emploi Quartier) avec des mesures concrètes.
Par exemple, le Plan Local d’Insertion par l’Economique spécifique pour les 18ème et 19ème arrondissements accompagne depuis 2006, 1.400 chômeurs dont plus de 300 ont déjà trouvé un emploi.
De même, 30 % des contrats aidés recrutés par la Ville sont réservés aux habitants des quartiers Politique de la Ville.
Enfin, des coopérations intercommunales avec Plaine Commune, Saint Ouen, Montreuil, Ivry ou Bagnolet sont menées pour mieux relier les projets de développement économique et les demandeurs d’emploi.
B) Valoriser les atouts de Paris

 

Poumon économique de l’Ile de France, Paris peut s’appuyer sur un socle solide d’arguments économiques auxquels les entreprises sont sensibles : main d’œuvre importante et qualifiée, universités renommées, desserte aérienne, ferroviaire et routière de qualité, infrastructures modernes de communication, offre culturelle et sportive diversifiée. La stabilité des taux de la fiscalité sur sept ans - inédite en l’occurrence - participe également de cet environnement porteur. En effet, les décideurs économiques n’apprécient pas les « à-coup » dans ce domaine. La bonne visibilité fiscale dont jouit notre ville, à terme, contribue donc aussi à favoriser l’implantation d’entreprises nouvelles, en rendant plus confortable l’analyse prospective de leurs dirigeants.
L’équilibre entre les différentes formes d’activités représente une autre force pour notre ville : plus que jamais, ce principe est affirmé dans notre Plan Local d’Urbanisme, où s’affirme la synergie entre pôles de commandement (sièges sociaux…), services (finances, droit, comptabilité, publicité), nouvelles technologies (numérique, biotechnologie, logiciels, design), industries culturelles, commerce, artisanat ou tourisme. Cette diversité doit être effectivement soutenue, comme l’illustrent deux exemples emblématiques : les activités commerciales et le tourisme.
            1) Préserver la diversité des entreprises commerciales et artisanales
Le secteur du commerce représente 18 % des entreprises parisiennes. Il constitue non seulement un vivier d’emplois considérable mais aussi l’une des composantes de l’identité même de Paris. Le commerce, c’est la qualité de vie, la proximité, un maillage dans la ville source de services mais aussi de convivialité et de lien social. Quelles sont les mesures mises en œuvre afin de préserver cette richesse objective ?
D’abord, la protection des pieds d’immeubles, sur 250 km de rues, concerne plus de 40 % du commerce parisien et une protection renforcée a été instaurée dans les zones concentrant  l’artisanat.
Depuis 2003, le nombre de locaux de commerces de détail et de services commerciaux a ainsi légèrement augmenté. Après des années de repli, certaines activités sont même désormais en progression, tels les commerces de bouche ou les librairies. De même, le nombre de commerces vacants a baissé de 10 % en deux ans. Quant aux marchés alimentaires, six ont été créés depuis 2001, permettant de tenir au moins un marché dans chaque arrondissement.
En outre, la mission confiée à la SEMAEST lui permet, grâce à une avance de 50 M€ de la Ville, d’acquérir environ 200 boutiques d’ici 2007 pour les louer à des artisans ou des commerçants. Cette lutte contre la mono-activité dans des quartiers où la diversité commerciale et l’existence des commerces de proximité sont menacées, donne des premiers résultats encourageants puisqu’au 30 juin 2006, près de 130 locaux étaient maîtrisés par la SEMAEST. Cette action sera amplifiée en 2007.
Trois Espaces Commerce Artisanat ont également été créés dans les 12ème, le 19ème et 20ème arrondissements, notamment pour conseiller les commerçants sur les montages financiers, les aides publiques et les recherches de partenariat, ou pour les aider dans leur recherche de locaux. Chaque Espace est spécialisé : celui du 12ème dans les métiers d'art, celui du 19ème dans les techniques de communication et de marketing et celui du 20ème dans les aides financières. Un quatrième Espace ouvrira ses portes dans le 5ème arrondissement.
Par ailleurs, pour accompagner le dynamisme des créateurs parisiens dans les domaines de la mode, du design, des métiers d’art ou de l’artisanat, les Ateliers de Paris ont été créés, espace situé cœur du quartier du Faubourg Saint-Antoine. Le 104 de la rue d’Aubervilliers (19ème) intègrera notamment une pépinière d’entreprises culturelles de 800 m2 tandis que la Municipalité est intervenue pour rénover la Cité artisanale 37 bis rue de Montreuil (11ème) et protéger la Cité Loubeyre (20ème). Quant au Viaduc des arts (12ème), géré par la SEMAEST, il regroupe 51 entreprises d’artisanat d’art.
Enfin, Paris et sa région comptent environ la moitié des entreprises françaises de design et 70 % des emplois de designers indépendants de France tandis que le nombre d’emplois concernés double tous les dix ans. Ces entreprises jeunes et souvent de petite taille, ont généralement une activité internationale et participent fortement au rayonnement de Paris.
Le grand projet des Docks en Seine (13ème) permettra, grâce à la réhabilitation des Magasins généraux, de créer dès la fin 2007, une Cité de la Mode et du design, dont le bâtiment constitue, en tant que tel un geste architectural particulièrement fort.
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