Croissance et transformations sectorielles : d’une économie post-industrielle à une économie hyper-industrielle








télécharger 327.6 Kb.
titreCroissance et transformations sectorielles : d’une économie post-industrielle à une économie hyper-industrielle
page6/9
date de publication07.02.2018
taille327.6 Kb.
typeDocumentos
ar.21-bal.com > économie > Documentos
1   2   3   4   5   6   7   8   9

B) La croissance tertiaire contre la régulation fordiste



 Le modèle vertueux des 30 Glorieuses a eu pour base l’emploi industriel salarié masculin. La tertiarisation et la féminisation de l’emploi mettent l’emploi tertiaire au coeur de «l’après-fordisme» et semblent être à l’origine de la «crise» des années 1970. Pour les théoriciens de régulation, inventeurs du concept de «fordisme», ces évolutions cassent la dynamique vertueuse de la répartition des gains de productivité de la croissance fordiste26 qui avait porté les Trente Glorieuses.

Par la suite, Pascal Petit, un autre auteur représentant de cette école de pensée, a souligné la «double loi d’airain de la productivité» dans la croissance tertiaire:

 La dynamique de la demande n’engendre pas une hausse de l’efficacité productive parce que les économies d’échelle et les rendements croissants sont plus faibles dans les activités tertiaires.

 Il y a incertitude dans la diffusion des gains de productivité puisqu’il est difficile d’en cerner l’origine d’où des méthodes arbitraires de fixation des prix, de gestion des salaires et des profits.

En conséquence, la dialectique vertueuse demande/productivité, au coeur de la croissance fordiste des années 1950 et 1960, ne peut plus être reproduite lorsque la croissance s’appuie sur le tertiaire. L’alternative au fordisme, qui pourrait dynamiser la croissance après les Trente Glorieuses, paraît donc très imparfaite.
 La société de services n’aurait pas, d’autre part, une norme de consommation performante macro-économiquement. Les théoriciens de la régulation ont montré (avec la notion de norme de consommation) que n’importe quel mode de consommation n’est pas compatible avec les conditions générales de reproduction du système (le «fordisme» correspondant à une articulation offre/demande particulièrement favorable puisqu’elle stimule des gains de productivité élevés).

Il faut, en particulier, que la structure de la production corresponde aux valeurs d’usage, c-a-d aux besoins sociaux. La structure de consommation rétro-agit sur les conditions de la rentabilité car elle détermine les gains de productivité. Or le potentiel de productivité de la consommation de services paraît plus faible. Si on considère que la dynamique du système économique dépend de sa capacité à orienter l’accumulation du capital vers les sphères porteuses de gains de productivité, la déformation de la structure de la demande vers certains services (santé et éducation) peut peser sur les gains de productivité car le système capitaliste ne sait pas (encore?) produire des biens-services industrialisés pour y répondre.

On peut ainsi se demander, avec l’économiste contemporain Michel Husson, pourquoi un salarié qui achète une voiture relance l’économie, et y est parfois aidé, alors qu’il participe à une croissance «excessive» des dépenses de santé lorsqu’il se soigne. La réponse la plus essentielle est que la deuxième demande n’est pas susceptible de productivité/rentabilité dans sa satisfaction.
 Dans un autre registre (mais que l’on peut rapprocher des analyses précédentes), André Gorz montre que l’apparition de «nouveaux valets» (ce terme désigne des emplois de services directs aux particuliers – garde d’enfant, femme de ménage, livreur de pizza, de colis, …) engendre un dualisme social peu favorable à la croissance. La «société de services» pourrait alors devenir une «société de serviteurs» car une scission apparaît, dans le secteur tertiaire, entre les nouveaux services aux entreprises (qui révolutionnent le tertiaire en terme de qualification, de productivité et de rémunération) et les services peu qualifiés (soit taylorisés, soit au service des personnes), précarisés et mal rémunérés (individualisation forte des salaires par manque de conventions collectives). Cette coupure fait éclater l’emploi-type et la stabilité des relations salariales du modèle fordiste (celles-ci garantissaient une répartition des gains de productivité servant la croissance).

Outre la servilité nouvelle qu’ils engendrent (alors que depuis deux siècles, l’évolution sociale était marquée par le repli de la catégorie des domestiques), ces emplois sont contre-productifs, puisque la division du travail dont ils résultent n’engendre pas une efficacité sociale supplémentaire. Ces services ne sont pas mieux produits ni plus produits que si leur production restait à la charge des individus qui les sollicitent.27

1   2   3   4   5   6   7   8   9

similaire:

Croissance et transformations sectorielles : d’une économie post-industrielle à une économie hyper-industrielle iconAvec ses 26 000 visiteurs et 280 exposants, l’unique Foire forestière...
«L’économie forestière suisse est une branche moderne exposée au rude climat de l’économie mondialisée, c’est pourquoi IL est si...

Croissance et transformations sectorielles : d’une économie post-industrielle à une économie hyper-industrielle iconRevolution industrielle et vie quotidienne au xixe siecle
«révolution industrielle» pour le xixe siècle. A quoi te fait penser cette expression ?

Croissance et transformations sectorielles : d’une économie post-industrielle à une économie hyper-industrielle iconInstruction. Et si l’
«lot quotidien»; on se situe alors dans une période dite post-moderne / hyper-moderne. IL y a omniprésence de la modernité dans la...

Croissance et transformations sectorielles : d’une économie post-industrielle à une économie hyper-industrielle iconLa gare d’Orsay : une gare à la Révolution Industrielle

Croissance et transformations sectorielles : d’une économie post-industrielle à une économie hyper-industrielle iconLe pont suspendu de Brooklyn, terminé en 1883, après 14 ans de pérégrinations...

Croissance et transformations sectorielles : d’une économie post-industrielle à une économie hyper-industrielle iconPour diffusion immediate
«made in France». Pour toutes ces raisons, de nombreux analystes parlent de l’impression 3D comme la possible «aube d’une nouvelle...

Croissance et transformations sectorielles : d’une économie post-industrielle à une économie hyper-industrielle icon«La nature nous suggère-t-elle une nouvelle forme d’économie basée sur la fonctionnalité ?»

Croissance et transformations sectorielles : d’une économie post-industrielle à une économie hyper-industrielle iconDes économistes musulmans à l’économie islamique Introduction (4)...
«retour à Marx» ne cessent de souligner à quel point Marx lui-même s’est tenu à distance d’un tel principe, fondé sur la détermination...

Croissance et transformations sectorielles : d’une économie post-industrielle à une économie hyper-industrielle iconEmile Zola «2008-2010»
«C'est grâce au principe de la concurrence que l'économie politique peut avoir la prétention de se considérer comme une science»

Croissance et transformations sectorielles : d’une économie post-industrielle à une économie hyper-industrielle iconRésumé de l’ouvrage
«biens-services», élaborés par des structures de production partenariales amorçant ainsi une transition vers un équilibre de concurrence...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
ar.21-bal.com