Faculté des Sciences et Technologies de l'Education et de la Formation








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Université Cheikh Anta Diop de Dakar

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Faculté des Sciences et Technologies de l'Education et de la Formation

FASTEF


FORMATION PEDAGOGIQUE DES PROFESSEURS DE L’ENSEIGNEMENT MOYEN SECONDAIRE
DEPARTEMENT HISTOIRE - GEOGRAPHIE

Module Histoire :

Etats, Sociétés et Islam

EXPOSANTS Sous la direction de :

ABOU BARRY Madame Wilane

MAME BIRAME SENE

MAMADOU DIAGNE

ALY BA

AIDA MBOUP

MARIE THERESE CORREA

AMINATA SOW

Année académique 2012-2013

B- L’organisation sociale, économique, politique, militaire, culturelle, intellectuelle

PLAN

Problématique

I/ Organisation militaire

II/ Organisation politico-économique

  1. Organisation politique

  2. Organisation économique

III/ Organisation socio-culturelle

  1. Organisation sociale

  2. Organisation culturelle

  1. Au niveau intellectuel

  2. Au niveau artistique

Conclusion

Problématique

A la fin du VIème siècle, l’Arabie est un monde moins isolé qu’on ne l’a longtemps pensé, un monde en cours de transformation, d’évolution. Une certaine tendance à l’unité s’y fait sentir aussi bien dans le domaine de la religion que dans le domaine de l’organisation commerciale et politique. Cette tendance, le prophète Mohamed (PSL) va la transformer en une réalité dynamique.

L’Arabie préislamique se caractérisait par son morcellement en micro-états tribaux. L’absence d’une autorité politique centrale chargée de veiller à la sécurité collective des personnes et des biens favorisait des dérives très souvent violentes au sein d’une société polythéiste.

Cette situation souvent de terreur ne sera remise en cause que sous l’égide d’un homme exceptionnel : Mohamed (PSl), l’Envoyé de Dieu. Ce prophète de l’Islam a suscité en face de lui scepticisme et adversité pendant longtemps.

La vie et l’œuvre du Prophète ont été riches d’enseignements religieux et spirituels et par extension, politiques dans le sens de l’organisation de la Ummah. Ainsi pour témoigner de la grandeur du Prophète Mohamed(Psl), Lamartine, grand et éminent écrivain français ne disait-il pas, « plus qu’un homme moins qu’un Dieu ». A sa mort en 632, la communauté était profondément désemparée. La nécessité de lui trouver un remplaçant, un successeur et non un continuateur en raison de l’immensité de son œuvre, faisait apparaître l’épineuse question du califat. Qui devrait assurer la direction adéquate de la communauté temporelle des musulmans pour préserver la marche de la Ummah après le fondateur ?

Malheureusement des problèmes internes vont surgir. Ce qui a entraîné l’assassinat de trois khalifes sous la période Rashidoune (Omar, Othman, Ali).

Malgré ces coups d’arrêt et ces replis, le résultat des conquêtes sous la période Rashidoune est extraordinaire : en l’espace d’un siècle les Arabes se sont rendus maîtres d’un immense empire. Ils ont reconstitué l’œuvre d’Alexandre Le Grand en réunissant sous une même bannière les territoires de l’Orient perse, du Proche Orient gréco-sémitique.

A la fin de la période Rashidoune on note la division de l’empire musulman en deux entités avec comme capitale respective : la Mecque et Damas.

Face à tous ces problèmes, l’expansion islamique va poursuivre son chemin car, le flambeau sera porté par d’autres hommes comme c’est le cas de la dynastie des Omeyyades, et plus tard des Abbassydes.

Cette transformation fondamentale fut l’œuvre de Mo’âwiya, fondateur de la dynastie Omeyyade, et de ses successeurs. Par leurs actions, ils ont étendu l’Empire musulman de l’Espagne à l’Indus et l’ont doté d’une forte organisation politique, administrative et économique.

Cependant cet empire si vaste, si puissant sera menacé par des crises internes qui le conduiront à la décadence.

Les troupes hilaliennes d’abord, les Almoravides ensuite, ont introduit des innovations révolutionnaires dans les sociétés des nomades berbères et dans celles de l’Afrique noire.
L’Islam, parti d’Egypte dès 642, chemine ainsi progressivement en Afrique du Nord et le long de la Méditerranée pour arriver en Afrique Noire à travers le Sahara et tente de gagner l’intérieur du continent, à partir de la Vallée du Fleuve Sénégal.

Le monde musulman s’étendant de l’Espagne au fleuve Sénégal domine alors le monde au sortir de sa grande expansion, avec une organisation sociale, militaire et politique mais aussi intellectuelle et artistique, de grande envergure.

I/ Organisation militaire

L’armée musulmane était composée essentiellement de fantassins et d’archers issus de la population arabe. Elle était à ses débuts sous le commandement directe du prophète lui-même ou un de ses compagnons et divisée en bataillon avec un commandant à sa tête. Après sa mort l’armée est dirigée par les Califes qui lui ont succédés. Durant l’expansion de l’empire musulman, les conquêtes étaient menées par des généraux nommés par le calife. Par exemple sous le règne de Omar, deuxième Calife du nom, les armées arabes ont été lancées partout vers l’extérieur dans trois directions ciblées : Damas, l’Egypte, et en Perse.

Mais il faut dire qu’après l’expansion, la composition des armées musulmanes devint différente avec la succession des dynasties et les nouvelles conquêtes à faire.

L’époque dont nous allons parler se reporte au temps des croisades, lorsque l’Orient était aux prises avec l’Occident, et en aucun siècle les armées musulmanes n’ont acquis plus de gloire. Nous bornerons nos considérations aux peuples de la Syrie, de la Mésopotamie, de la Perse, de l’Asie-Mineure et de l’Égypte.

A l’époque ou l’islamisme fit ses grandes conquêtes, c’est-à-dire au temps où la nouvelle religion sortit pour la première fois des limites de l’Arabie, les Arabes composaient presque à eux seuls les troupes musulmanes. On vit en peu d’années ces nomades subjuguer la meilleure partie de l’Asie et de l’Afrique, depuis l’Inde jusqu’à l’Océan atlantique. Mais lorsque les vainqueurs se furent disséminés sur le vaste théâtre de leurs exploits, et que l’Arabie se trouva épuisée, il fallut recourir à de nouveaux soldats. Outre les habitants des pays conquis qui avaient embrassé le nouveau culte, et qui, dès l’origine, furent admis dans les rangs des vainqueurs, on enrôla les peuples des montagnes, tels que les Kurdes et les nomades de toutes races, répandus en Afrique et en Mésopotamie ; en un mot, l’on fit un appel à tous ceux qui étaient propres à soutenir le poids des armes. Dès le Ixe siècle de notre ère, les califes de Bagdad étaient gardés par des esclaves turcs, et les successeurs d’Aaron Alraschid accordaient les postes de confiance à des guerriers de la même nation.

La prépondérance des Turcs allait toujours en croissant ; jusque-là les Turcs avaient servi dans les armées musulmanes comme mercenaires. Ils eurent dès ce moment à leur tête des chefs de leur propre nation.

En Syrie et en Mésopotamie, on s’adressait de préférence aux Kurdes et aux tribus arabes répandues sur les frontières du désert ; en Égypte, on recourait aux Nubiens, aux Berbers et aux Nègres.

Telle fut ta politique qui dirigea presque constamment les souverains musulmans au moyen-âge. Quelquefois, par suite de circonstances particulières, ils parurent vouloir changer de système. C’est ainsi qu’en Égypte, les Califes Fatimides, se méfiant des Turc, partisans de la doctrine religieuse des califes de Bagdad, recherchèrent les Nubiens et les Nègres, et que plus tard Saladin, auteur de la ruine des califes Fatimides, éloigna de sa personne les Nègres et les Nubiens, pour attirer les Kurdes, ses compatriotes. C’est encore ainsi qu’un des successeurs de Saladin, mécontent des Kurdes, fit un nouvel appel aux Turcs, aux Circassiens et aux autres peuples établis sur les bords de la mer Noire et de la mer Caspienne, et donna une nouvelle force à ces Mamelouks, qui d’esclaves se firent maîtres, et régnèrent pendant plusieurs siècles sur l’Égypte et la Syrie. Mais la composition des armées musulmanes ne changea pas entièrement, et les changements n’eurent qu’une certaine durée.

On comptait dans les armées diverses classes de guerriers. Quelques-uns s’engageaient pour un service permanent et recevaient une solde régulière ; Ceux-là étaient attachés à la personne du prince, ou étaient chargés de la défense des forteresses. C’est dans cette classe qu’on admettait de préférence les Kurdes, les Turcs, les Turcomans, en un mot les hommes qui, habitués à une vie dure, étaient plus propres aux fatigues des armes, et qui, étrangers au pays, professaient pour le prince un dévouement plus entier. Ces guerriers combattaient à cheval, et avaient chacun à leur service un page pour porter leurs armes ; c’étaient les chevaliers et les hommes d’armes de l’Orient. Comme leur entretient était fort onéreux, le nombre en était limité. Saladin, malgré ses guerres continuelles et ses grandes conquêtes, n’en eut jamais plus de quatorze mille à son service.

Outre ces soldats proprement dits, le souverain, aux approches d’une guerre, réunissait sous son étendard un certain nombre d’Arabes et de Turcomans. Ces nomades ne s’engageaient que pour une campagne, et l’expédition terminée, ils s’en retournaient dans leurs pâturages. Ils ne recevaient pas de solde régulière ; ordinairement on se contentait de leur donner une espèce de gratification, sans compter le butin qu’ils manquaient rarement de faire.

Il y avait encore des troupes vouées à la défense du col, et celles-ci paraissent avoir été surtout composées d’artisans, de bourgeois, en un mot de gens du pays. C’étaient les gardes nationales du moyen âge.

On remarquait enfin les volontaires, qui n’étaient pas assujettis à un service régulier, et qui se retiraient quand ils voulaient. A une époque où les religions chrétienne et musulmane étaient, pour ainsi dire, en présence, et où il s’agissait pour les Musulmans de la défense de leurs biens et de leurs personnes, on conçoit que le nombre des volontaires fut considérable. Parmi eux étaient des hommes pieux, des scheikhs, des faquirs, qui, à l’exemple des moines et des prêtres dans les armées chrétiennes, excitaient le zèle des guerriers et enflammaient leur courage.

En général, c’étaient les mêmes hommes qui servaient sur terre et sur mer. Parmi les marins, cependant on comptait un certain nombre de renégats et d’esclaves grecs, italiens, etc. La marine musulmane a, dans tout le moyen âge, été inférieure à celle des chrétiens, et ordinairement les Musulmans n’ont songé à équiper des flottes que lorsqu’il s’agissait de leur propre défense. Comment en eût-il été autrement ? Beaucoup de Musulmans, à l’exemple des idolâtres de l’Inde, professent une sorte d’aversion pour la mer. Il n’est pas étonnant, d’après cela, que l’état de marin n’ait jamais été très-honoré dans l’Orient. Makrizi, qui écrivait dans le XVe siècle de notre ère, nous apprend que, de son temps, en Égypte, le mot marin était un terme d’injure.

La manière dont toutes ces troupes étaient entretenues a varié selon les temps et les lieux. Sous Mahomet, les guerriers vivaient principalement du butin qu’ils faisaient sur l’ennemi. Il était rare qu’on leur accordât une gratification particulière ; mais aussi le partage du butin était parfaitement réglé d’avance. Après une victoire ou à la fin d’une campagne, on mettait en commun tout ce qui avait été pris, l’or, l’argent, les bestiaux, les armes, les captifs même. La part du prince prélevée, les guerriers se partageaient tout le reste, et on les laissait libres d’en disposer comme ils voulaient.

Mais sous Mahomet(Psl) il n’y avait pas encore d’armées permanentes. Lorsque les nomades de l’Arabie se furent rendus maîtres des richesses des contrées voisines, le calife Omar consacra une partie des revenus des pays conquis à la solde des guerriers, et alors il s’établit des troupes réglées. Rien ne fut changé d’ailleurs au partage du butin.

La solde des troupes réglées continua à être payée en argent jusqu’au milieu du XIe siècle. A cette époque, les Turcs Seldjoukides s’étant emparés de la Perse et de la Mésopotamie, et ces vastes contrées se trouvant appauvries à la suite des guerres qui les désolaient depuis longtemps, Nizam-Elmulk, visir du sultan Malek-Schah, imagina de consacrer à cet objet les terres qui appartenaient au fisc. Il nomma des personnes pour avoir l’administration de ces biens ; d’un côté, les guerriers eurent leur sort assuré ; de l’autre, les peuples commencèrent à se reposer de leurs souffrances. Ce fut ainsi que naquirent les bénéfices militaires.

On voit que l’établissement du système féodal, qui domine encore en partie dans l’Orient, est l’ouvrage des peuples nomades de la Tartarie. Il avait déjà dominé dans une portion de l’Asie, sous les rois parthes, et même plus anciennement. Mais les guerres des Romains et les conquêtes des Arabes en avaient abrogé l’usage.

Quoi qu’il en soit, les bénéfices militaires et les fiefs, d’abord amovibles, furent peu à peu considérés comme institués à vie. Enfin, l’autorité du suzerain s’affaiblissant, ils devinrent héréditaires. Les bénéfices mêmes, qui d’abord appartenaient à la masse des troupes, et étaient administrés en forme de régie, furent distribués aux titulaires, et ceux-ci les gouvernèrent comme ils voulurent.

Les princes abandonnèrent certaines terres aux guerriers qui servaient sous leurs drapeaux, mais encore ils concédèrent de vastes territoires à certaines tribus nomades, à condition qu’elles défendent le pays, de manière à laisser au moins aux troupes réglées le temps d’amener du secours. Les nomades auxquels les princes musulmans s’adressaient, étaient des Arabes et des Turcomans.

II/ Organisation politique et économique

  1. Organisation politique

Le prophète Mohamed (Psl) avait instauré un Etat qui se préoccupait du bien-être de tout le monde. En effet, l’objectif d’un état islamique et son autorité politique est d’instauré la loi divine ; cela ne signifie pas nécessairement qu’un tel Etat soit une théocratie directement dirigé par des religieux ni une autocratie dans laquelle un seul dirigeant détiendrait le pouvoir absolu. Le rôle de l’Etat islamique est d’assurer l’ordre et la sécurité de façon à ce que les musulmans puissent accomplir leur devoir religieux et remplir leurs obligations quotidiennes. La sécurité de l’Etat était confiée uniquement aux musulmans conduits par le saint prophète lui-même. Les premiers successeurs du prophète sont choisis parmi ses compagnons « Abou Bakr son beau frère, Omar, Ousmane, Ali son gendre. Ils gardent tous pour capitale Médine 1».

Mais des rivalités personnelle entraine la guerre civile à propos du choix du Calife qui signifie « successeur » (du prophète s’entend) ; c’est ainsi que plusieurs dynasties vont se succéder dans le temps et on assiste à la formation de gouvernement et d’administration. Il est à noter que les dynasties qui ont eues à régner ont toutes apporté un changement dans l’organisation de la société islamique. Ainsi la victoire des Omeyyades (660-661) marque le succès d’une fraction de l’aristocratie mecquoise et une transformation de l’Etat théocratique légué par Mohamed (PSL) et ses successeurs en Etat séculier.

Cette transformation fondamentale fut l’œuvre de Mo’âwiya, fondateur de la dynastie Omeyyade, et de ses successeurs.

L’arbitrage d’Adhroh est dans l’histoire de l’Islam un événement sans précédent car il marque une rupture avec le principe plébiscitaire, à savoir la « Ba’aya », qui déterminait l’attribution du pouvoir depuis la mort du Prophète. Il a eu pour conséquence la dissidence des kharidjites et la proclamation de Mo’âwiya à la tête du khalifat.

A la tête de chaque gouvernement, se trouve le Calife, maitre absolu, souvent assisté d’un premier ministre, le Vizir. Dans les provinces, des Emirs sont directement nommés par le Calife. Califes et émirs s’entourent d’un luxe magnifique.

Les sujets musulmans du calife sont jugés par les cadis. En l’absence de politique de conversion forcée le succès des conquêtes fit passer sous domination arabe des populations non musulmanes bien plus nombreuses que les conquérants. Chrétiens, juifs, zoroastriens et autres « gens du Livre » (monothéistes détenteurs d’une révélation consignée par écrit) purent conserver leur religion et leurs biens en échange du paiement d’une taxe de capitation, la jizya, d’un impôt sur la terre et de certaines restrictions religieuses et sociales2. Mais les païens risquent d’être massacres ou réduits en esclavage ; c’est le triste sort qui est souvent celui des populations noires, à moins qu’elles se convertissent.

Le statut des non-musulmans

Abû Yûsuf Ya’qûb (mort en 798), Le Livre de

L’impôt foncier, traduit de l’arabe par E. Fagnan,

1921.

Je tiens d’un homme de science, parlant d’après Makhûl le Syrien, que [le général arabe] Abû ‘Ubayda, quand il pénétra en Syrie, conclut la paix avec les habitants aux conditions que voici : leurs églises et synagogues seront respectées, mais ils n’en construiront pas de nouvelles; […] ils édifieront à leurs frais les ponts franchissant les rivières ; ils hébergeront pendant trois jours les musulmans passant chez eux; ils n’injurieront ni ne frapperont les musulmans, ils n’érigeront pas de croix dans un milieu musulman, ils n’introduiront pas les porcs de chez eux dans la zone des maisons musulmanes, ils allumeront des signaux pour [servir] aux combattants dans la voie d’Allâh, ne feront point connaître les points faibles de notre territoire, ne feront retentir leurs crécelles ni avant notre appel à la prière ni au cours du leur, ne sortiront pas leurs bannières lors de leurs fêtes, ne porteront pas d’armes le jour où ils célèbrent leurs fêtes non plus qu’ils n’en auront chez eux – et la violation d’une de

ces clauses entraînera des châtiments et des sanctions. Telles furent les conditions de paix ; mais comme ils demandèrent à Abû ‘Ubayda de pouvoir sortir leurs croix, sans bannières, une fois par an, au jour de leur fête principale, ce chef y consentit, de sorte qu’ils se trouvèrent forcés d’exécuter toutes les clauses stipulées. La conquête des autres villes s’opéra dans les mêmes conditions.

  1. L’organisation économique

Les arabes étaient primitivement commerçants et surtout éleveurs nomades.

Les musulmans sont installés dans des pays chauds et souvent désertiques; l'irrigation et la gestion de l'eau (rare donc précieuse) est une nécessité.

L'agriculture produit de l'huile, du coton, de la canne à sucre, des fruits, des céréales...

Devenus maître de populations agricoles avec l’expansion de l’Islam, ils s’efforcent d’améliorer les productions dont ils tirent profit par le commerce ; els font connaitre des produits et des méthodes de culture entre diverses régions. Les arabes s’installent dans les villes et font cultiver leurs domaines par les campagnards du pays. C’est ainsi qu’en Espagne, ils introduisent les méthodes d’irrigation employées en Egypte et Mésopotamie. Par l’intermédiaire des musulmans, l’Europe s’enrichit de nouvelles cultures.

L’organisation économique repose essentiellement sur le commerce et les usages.

Le monde musulman occupe une position intermédiaire par rapport au reste du monde et il contrôle les points de passages maritimes les plus importants: détroit de Gibraltar, Bosphore, Mer Rouge, golfe Persique... Ce qui le met dans une situation de carrefour commercial entre l'Occident et les autres pays.

L’activité commerciale rapproche encore les différentes régions du monde musulman. Dans les ports de la Syrie arrivent de Chine la soie, la porcelaine, le thé, le papier de chiffon. Les flottes arabes ont le monopole du commerce dans l’océan Indien, dans la Mer rouge et le Golfe persique ; ils ne le perdront qu’au 16e siècle au profit des portugais.

Des ports du Golfe persique et de la Mer rouge arrivent comme à Bagdad ou à Alexandrie les épices, les perles, les pierres précieuses de l’Inde et des Iles de la Sonde.

D’Afrique noire, les arabes tirent la poudre d’or recherchée par le commerce, l’ivoire, les esclaves ; ils vont chercher soit sur les cotes de l’Afrique Orientale, soit dans les grands marchés du Soudan occidental : Aoudaghost, Ghana, Mali. De ces villes partent des caravanes qui traversent le Sahara pour aboutir aux centres commerciaux d’Afrique du Nord : Sidjilmassa, Marrakech, Tanger, Tunis, Barka3. Ainsi, ce commerce se faisait d’une manière jugée équitable entre les caravaniers et les habitants de ces villes car il était bien organisé et tous ceux qui s’y activés avaient une liberté d’action. Cette organisation s’est poursuivie dans les Etats avec la création d’un trésor alimentaire par le butin, la Sadaka et l’imposition de la capitation acquittés par les gens du Livre ; l’Islam oblige aux riches de s’acquitter de l’aumone ou « Zakkat » pour éviter l’entassement et la non utilisation des richesses. Donc à la fin de chaque année, il y a des biens destinés aux nécessiteux.

III/ Organisation socio - culturelle

  1. Organisation sociale

Pour une bonne organisation sociale, le prophète avait alors appelé les représentants des musulmans, ainsi que ceux des non musulmans de la région : (arabes, chrétiens, juifs) pour leur suggérer la création d’une cité Etat à Médine. D’accord avec eux, il la dota d’une constitution écrite, où l’on définit les devoirs et les droits des citoyens et du chef de l’Etat. Le prophète fut choisit à l’unanimité comme dirigeant ; on abolit la coutume de la justice privée, le soin en revenant dorénavant à l’organisme central de la communauté des citoyens toute entière ; on y précise les principes de la défense et de la politique étrangère. On établit un système d’assurances sociales pour les responsabilités trop lourdes. C’est cette même structuration que l’on retrouvera dans plusieurs lieux nouvellement conquis par les musulmans. Dans la plupart des sociétés, l’organisation dépendra étroitement du système de parenté et d’alliance.

Cependant, toutes les dynasties, tous les empires qui se succéderont dans le monde islamique, respecteront scrupuleusement les chartes de la loi sociale de l’Islam.

L’islam prône le bien-être de l’homme, et son objectif déclaré est d’établir une existence équilibrée. Ainsi la loi sociale comprend : le droit personnel du musulman, le droit d’autrui et le droit de toutes les créatures.

L’un des principes fondamentaux de la charia est : « votre personne a des droits sur vous ». La loi interdit l’usage de toutes les choses qui sont nuisibles à l’existence physique, mentale et morale de l’homme. Exemple : la consommation de la drogue.

La loi autorise à l’homme tout ce qui est sain et propre et lui demande de ne pas priver son corps de nourriture et de porter une tenue décente.

La loi désapprouve l’oisiveté et la paresse. Elle interdit à l’homme d’en arriver à la persécution et au reniement de soi. Elle interdit formellement le suicide et inculque à l’homme l’idée que sa vie appartient à Dieu. La loi interdit le mensonge, le vol, la corruption, la tricherie, l’usure, la médisance, le commérage, la calomnie, la diffamation, les jeux de hasard, la spéculation, le monopole, la thésaurisation, le marché noir, le meurtre, etc.

Outre les restrictions négatives, la loi exhorte les musulmans à coopérer positivement les uns avec les autres et créer des institutions sociales qui contribueraient au bien-être de tous et à l’établissement d’une société humaine. La famille est l’institution de base de la civilisation musulmane. Elle est dirigée par le mari à qui il incombe le devoir d’entretenir et de protéger sa femme et ses enfants. Le cercle de la famille s’élargit grâce aux naissances et aux mariages. Le mariage est interdit entre les personnes qui ont entre elles par naissance ou par alliance des liens de parenté très étroits. Lorsqu’il n’existe aucun empêchement pour degré de parenté, le mariage peut être contracté.

L’héritage doit être distribué de manière à ce que chaque parent proche reçoive sa part, une part déterminée par la charria. S’il n’existe aucun parent prioritaire, les biens sont répartis entre les parents les plus proches existants.

La loi considère également l’homme dans ses rapports avec ses amis, ses voisins, les habitants de sa localité et les gens avec lesquels il est en contact constant. La loi exhorte le musulman à les traiter avec honnêteté, sincérité, justice et courtoisie. La loi interdit l’usage de vaisselles d’or et d’argent, de vêtement de soie coûteux. La libre fréquentation des deux sexes est interdite. Aucun homme ne devrait exposer son corps des genoux au nombril, et une femme ne devrait jamais exposer aucune partie de son corps excepté son visage, ses mains, et ses pieds.

Dans le droit d’autrui, la loi définit également les relations entre les musulmans et les non musulmans. Elle impose au musulman :

  • d’être tolérant et large d’esprit.

  • de ne critiquer ni insulter leurs chefs religieux, leurs saints.

  • de ne pas chercher inutilement des dissensions avec eux.

  • de vivre en paix et bonne amitié

Tout ceci tant que les non musulmans conservent une attitude paisible et conciliante envers les musulmans.

2- Organisation culturelle

  1. au niveau intellectuel

Le Coran recommande la recherche de la vérité, du savoir et du développement des connaissances.

En bons commerçants, les arabes sont très vite passés maîtres dans le domaine de l’algèbre, tout en réalisant de formidables progrès en Chimie, en Astrologie, en Médecine, en Agronomie, entre autres.

Aussi, dans les grandes villes musulmanes, des écoles coraniques et des « medersas » (universités ou écoles supérieures). Après les Grecs et les Hindous, les musulmans font faire des progrès décisifs aux mathématiques (ils empruntent aux Hindous les chiffres commodes que nous appelons « arabes »), à la géographie, aà la médecine, à la chimie (ils isolent des produits nouveaux : l’alcool, la potasse, l’acide sulfurique). Quelques uns des plus grands savants du Moyen âge furent des musulmans. La pensée occidentale est influencée par de grands intellectuels musulmans, comme Averroès (philosophe arabe, commentateur d’Aristote).

Dans certaines bibliothèque, comme celle de Cordoue – qui, au 10e siècle, contenait 400 000 volumes-, on trouve des œuvres des écrivains et savants grecs, alors oubliés en Italie et en Gaules, des livres hindous, des ouvrages persans : livres de médecine, de poésie ou de contes, comme le recueil intitulé les « Mille et une Nuits ».

Dans le domaine des sciences et des lettres, les Arabes ont fait connaitre des œuvres d’auteurs étrangers et ont contribué à conserver les chefs d’œuvre de la pensée des hommes.

C’est ainsi qu’on assiste à un rayonnement intellectuel du 9e au 13e siècle par la présence de poètes, de philosophes, de mathématiciens ou de médecins.

La langue arabe a permis l’élaboration de nombreux ouvrages.

Les grands savants ont été des esprits universels ; de ces écoles et universités sortent des maîtres coraniques qui vont à leur tour enseigner la langue.

b) au niveau artistique

Dans les régions musulmanes se développent un art très riche et très divers selon les époques et les régions.

Cet art est grand tributaire de l’art byzantin qui était en plein épanouissement à l’époque où commence la conquête musulmane, et aussi de l’art persan.

A l’architecture byzantine, les musulmans ont emprunté sa coupole sur pendentifs et des voutes en plein centres on décor conventionnel et ses chapiteaux cubiques.

A l’art persan, ses colonnes hautes et minces, ses sveltes minarets, ses arcades aux formes variées et ses coupoles ovoïdes.

Cet art se développe rapidement dans le monde en Afrique par exemple, la construction des mosquées prend des formes variées ; la décoration des mosquées est un art de l’écriture, elle joue sur les écritures arabes ou arabesques (ornements faits de lignes et de végétaux entrelacés) qui expriment la parole divine.

Cette activité de calligraphie est principalement réservée à une élite ; l’ornementation géométrique et conventionnelle est d’une fastueuse prodigalité.

L’art islamique est avant tout un art qui privilégie les formes géométriques et les motifs végétaux. Toutes les formes qui représentent un humain ou un animal sont à éviter. Mais pouvons nous parler d’art musulman sans parler de la mosquée. La première mosquée aurait été aménagée à Médine par le prophète lui-même. Les plus anciens exemples architecturaux ayant survécu aux siècles datent de l’époque omeyyade. Les califes de cette dynastie menèrent une politique de construction d’imposants monuments religieux : le dôme du Rocher et la mosquée al-Aqsâ à Jérusalem (fin du VIIe siècle) et la Grande Mosquée de Damas. Cette dernière fut construite par Al-Walîd qui y dépensa l’impôt foncier de l’État durant sept ans, afin qu’elle perpétuât son nom, et il acheva la mosquée en huit ans. […] La mosquée de Damas est construite en marbre et en mosaïque, couverte de teck, ornée de lapis lazuli et d’or. Le mihrâb est incrusté de joyaux précieux et de pierres merveilleuses.

La ville est le cadre de la civilisation musulmane et vers l'an 1000, les villes de l'islam sont parmi les plus grandes agglomérations du monde: 1,5 M d'habitants à Bagdad; 500 000 à Cordoue et plus de 300 000 à Damas.

La ville, souvent protégée par des remparts, sert de relais pour les hommes, les marchandises et les idées; elle s'organise autour de 3 pôles:

  • la Grande Mosquée qui regroupe la communauté musulmane pour la prière

  • le Palais ou « Alcazar », centre politique et administratif, résidence du calife ou de l'émir

  • Le marché ou « souk » où de part et d'autre de rues couvertes s'affairent marchands et artisans et où grouille la foule des clients mais aussi des mendiants.

Les villes prennent un grand développement à cause du commerce et des obligations religieuses : la Grande prière faite en commun le Vendredi. Elles ont toutes des points communs : au cœur de la cité s’élève la grande mosquée ; autour s’étale le quartier des affaires avec ses « bazars », vastes cours fermées où l’on pénètre par un passage couvert donnant sur la rue. Les « fondouks » ou hôtelleries reçoivent les marchands en déplacement ; une grande halle, la « quaisarya », est l’entrepôt des marchandises les plus précieuses.

Les habitants se groupent par quartiers selon leur origine.

Dans les villes musulmanes, la société est très variée : les quartiers résidentiels sont occupés par de riches marchands ou de propriétaires fonciers qui ont palais en ville et château aux champs ; les artisans sont étroitement surveillés dans leur travail pour ne livrer que des objets de bonne fabrication et à des prix honnêtes ; dans les faubourgs populeux s’agite tout un monde de petits travailleurs, de mendiants et de paysans réfugiés.

Conclusion

Au sortir de son expansion, l’empire musulman s’est révélé aux yeux du monde fort d’une organisation politique, militaire, sociale, et culturelle de grande envergure. S’inspirant souvent des Etats qu’il a conquis, l’Islam s’est doté d’un rayonnement artistique (Le Dôme de la Coupole) et scientifique (création de la boussole entre autres) reconnu dans le monde.

Cependant, l’Islam va entrer dans une nouvelle ère caractérisée par l’apparition de grands personnages.

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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