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OBJECTIF DE LA MISSION

Visite du chantier de réhabilitation et de changement de niveau de service de la route entre Ouagadougou et Léo (N6) (incluant des bancs d’emprunt, une carrière, une retenue d’eau et un nouveau pont) et rencontres avec des personnes affectées.

ÉQUIPE DE MISSION

  • Mme CIRCÉ Manon, économiste, chef de mission

  • M. GYSEL Jean François, ingénieur en transport (le 11 octobre seulement)

  • Mme OUEDRAOGO, Maria, ingénieur en transport (le 11 octobre seulement)

  • M. ZOUGOURI Tidiane, environnementaliste (le 11 octobre seulement)

  • M. SY, Modi, Contrôleur de chantier, DGR



ACTIVITÉS RÉALISÉES ET PERSONNES RENCONTRÉES

  1. Visite du chantier

  2. Rencontre avec des personnes déplacées à Ipelce

  • Délégué administratif villageois

  • Deux boutiquiers

  1. Rencontre avec des responsables du périmètre irrigué de Boulbi

  • M. KABORÉ Jean, Président adjoint de la coopérative

  • M. ROUAMBA Pascal, Trésorier

  • M. NIKIEMA Dieudonné, Secrétaire adjoint

  • M. NIKIEMA François, Trésorier adjoint

  • Mme TOÉ-TRAORÉ Alima, Encadreur technique agricole



OBSERVATIONS ET COMMENTAIRES


  1. Visite du chantier


Le chantier s’étend actuellement sur environ 65 km et les travaux ont nécessité de déplacer près de 60 personnes car leur habitation ou boutique était localisée dans l’emprise de la route. De plus, approximativement 80 propriétaires d’arbres ont été identifiés, dont quelque-uns possèdent des plantations d’arbres fruitiers. Sur le parcours, il y avait aussi une personne qui détenait un titre foncier et une coopérative dont environ 25 membres ont perdu une partie ou la totalité de leur parcelle irriguée.
Les travaux sont très avancés et plusieurs portions de la route sont prêtes pour le bitumage. La route est très surélevée à certains endroits ce qui a obligé le déplacement de certaines personnes pour éviter qu’elles soient inondées et non parce qu’elles se trouvaient dans l’emprise. Par rapport au design initial, l’élévation de la route a été réduite à certains endroits. De tels ajustements, qui ne sont pas majeurs, sont décidés d’un commun accord entre l’entrepreneur et le Chef de la Cellule de gestion du projet. Les modifications de tracé ou autres modifications majeures doivent être approuvées par le Directeur Général de la DGR.
Lors de la définition d’emprise, des bois sacrés et quelques lieux de culte ont été identifiés. Des discussions ont donc eu lieu avec les autorités coutumières pour trouver un compromis. Des animaux ont été offerts pour sacraliser d’autres lieux en remplacement de ceux perdus.
La majorité du bois coupé pour élargir l’emprise et aménager les pistes d’accès et les bancs d’emprunt a été récupéré par le Ministère chargé de l’environnement qui a eu recours à des opérateurs privés pour faire produire du charbon de bois. Les recettes issues de la vente du charbon de bois sont partagées entre les producteurs, le Ministère chargé de l’environnement et le Ministère des Finances et du Budget dans des proportions différentes.
Les bancs d’emprunt visités étaient principalement en surface. Ceux ayant nécessité une excavation servaient maintenant de points d’abreuvage pour les animaux. Certains bancs d’emprunt étaient à proximité de la route, et donc visible à partir de celle-ci, alors que d’autres étaient plus éloignés et camouflés. Habituellement, les sites sont situés au plus à 5 km du chantier. Une carrière a été aménagé avec les installations requises pour transformer le granite. Ce site n’était pas sécurisé (clôturé) même si de la machinerie lourde y circulait.
Une retenue d’eau a été construite le long de la route. Cette année, le niveau d’eau n’a pas monté aussi haut que prévu. L’entrepreneur a aussi réalisé huit (8) forages dont six qui ont un débit de 20m3 et plus à l’heure. Ces derniers seront principalement utilisés par les populations. La Direction de l’Hydraulique a collaboré pour déterminer où les forages devaient être localisés. Pour sa part, l’entreprise s’est approvisionné principalement à un barrage existant à raison de 4 000 m3 par jour en moyenne.
Le chantier qui compte entre 500 et 600 travailleurs n’a pas vraiment de base-vie. La majorité des travailleurs non-résidents logent dans les familles des villages avoisinants. Ceci implique que ces villages ont probablement deux fois plus d’habitants en ce moment qu’ils en ont habituellement. Certains voyagent à partir de Ouagadougou sur une base journalière. Loger les travailleurs dans les familles riveraines représente certainement une importante économie pour l’entrepreneur, et conséquemment pour le Gouvernement, mais cela est une importante source d’impact négatif pour les populations d’accueil (particulièrement les femmes).
Le chantier actuel se termine par un pont nouvellement construit. Les travaux de définition d’emprise pour la seconde partie de la route ont commencé. Les premiers kilomètres traversent un parc national, la Parc National Kaboré Tambi, et il semble n’y avoir aucun expert en environnement pour s’assurer que les dommages causés à la végétation et à la faune seront minimisés. La nouvelle route exigera le déboisement d’une importante superficie et il est prévu que les bancs d’emprunt soient localisés dans le Parc National afin de ne pas être trop éloignés du chantier.

2. Rencontre avec des personnes déplacées à Ipelce
Les personnes déplacées dans le cadre de ce projet sont plutôt insatisfaites même si elles apprécient que la route traverse leur village et qu’elles peuvent déjà constater certains des bénéfices associés à la nouvelle route (trafic accru et facilité de déplacement).
Deux facteurs ont grandement contribué à leur insatisfaction. D’abord les personnes affectées n’ont pas été informées à l’avance de la date à laquelle elles devaient quitter leur habitation ou leur boutique. Un matin, l’entrepreneur est arrivé pour procéder à la démolition et tous étaient encore dans leur propriété. Ils avaient bien vu les travaux progresser vers leur ville mais ils attendaient d’être prévenus avant de bouger.
En fait, il y a eu un manque de communication entre le Préfet et les personnes affectées. Le Préfet a été informé par le MITH plusieurs semaines à l’avance de la date du déménagement mais il n’a pas transmis l’information aux personnes affectées, ayant envisagé qu’elles réagiraient très négativement à une telle annonce. Les personnes affectées ont donc eu seulement trois jours pour se reloger et la plupart se sont retrouvés dans des conditions beaucoup plus précaires que leurs conditions initiales.
Deuxièmement, ce qui est très difficile pour les personnes affectées est de ne toujours pas avoir reçu leur compensation près d’un an après le déménagement. Grâce au soutien des familles et aux quelques économies que les personnes affectées avaient, elles ont toutes pu auto-financer leur réinstallation mais les maisons et boutiques de remplacement sont généralement plus petites. Un des boutiquiers interviewés loge maintenant dans sa boutique avec sa famille.
Une telle situation est très difficile financièrement. Elle implique que les personnes affectées doivent fonctionner à partir de leurs propres fonds de roulement, ce qui les place en situation de vulnérabilité. De plus, tous les boutiquiers touchés ont vu leur chiffre d’affaires diminué depuis la démolition, ayant moins de marchandises à vendre. Malheureusement, les compensations ne prennent pas en compte ces aspects.
Finalement, comme personne ne sait exactement quelle sera sa compensation, il est impossible de s’endetter en empruntant à des proches ou à des institutions pour améliorer sa situation à court terme.

3. Rencontre avec des responsables du périmètre irrigué de Boulbi

La Coopérative qui exploite les périmètres irrigués de Boulbi compte entre 200 et 230 membres. Environ 20 membres de cette coopérative ont perdu une partie de leur parcelle irriguée et 6 membres ont totalement perdu leur parcelle. Comme la coopérative n’a aucune parcelle disponible, les personnes qui ont tout perdu se sont retrouvées du jour au lendemain sans revenu. Il est important de souligner que tout membre de cette coopérative doit obligatoirement cultiver sa parcelle lui-même pour subvenir aux besoins de sa famille et vendre le surplus (règlement pour l’obtention d’une parcelle).
Le régime actuel de compensation ne prévoit aucun dédommagement pour les agriculteurs affectés partiellement ou totalement par les travaux. Si la production sur une parcelle affectée est presque prête à être récoltée lorsque les travaux ont lieu, alors l’agriculteur est compensé pour la valeur de la récolte perdue. Cependant, il n’existe aucune compensation pour les récoltes futures qui seront perdues. De plus, personne n’est responsable d’aider les agriculteurs privés de leur terre à trouver une autre terre. S’ils sont autochtones, il est fort probable qu’une nouvelle terre non-irriguée leur sera accordée. Toutefois, s’ils sont des migrants venus dans la région pour exploiter un périmètre irrigué, les options sont plus limitées.
Quand à la coopérative, elle ne sait que faire pour aider les membres qui ont été les plus affectés. Tous compatissent mais personne n’est prêt à procéder à une redistribution des périmètres pour partager avec ceux qui ont tout perdu. Il faut dire qu’une parcelle moyenne n’est pas très grande (2 500 mètres carrés).
Il faut aussi mentionner que deux des parcelles perdues l’ont été pour aménager la voie de déviation durant les travaux. Malheureusement, le MITH ne prévoit pas remettre en état ces parcelles car il conserve généralement ce type de voie pour de futurs travaux (réhabilitation dans 10 à 15 ans).
La coopérative a aussi subit d’autres préjudices à cause des travaux. Le sol de plusieurs périmètres irrigués a été compacté à cause des déplacements de la machinerie lourde. Une partie de la terre végétale de périmètres non touchés par les travaux a été utilisée comme terrassement car elle était facilement accessible. Des canaux ont été détruits ou obstrués, ce qui fait que certains exploitants n’ont toujours pas autant d’eau qu’avant les travaux, même si ces canaux sont supposés avoir été réparés. La coopérative n’avait aucune idée de ce qu’elle pouvait faire pour remédier à la situation, n’en n’ayant jamais été avisé lors des rencontres d’information.
La coopérative a aussi perdu une grande partie de son approvisionnement en eau pendant la saison sèche car l’entrepreneur s’est approvisionné au barrage qui fournit l’eau aux périmètres irrigués. Ce dernier avait obtenu l’autorisation du Préfet pour le faire mais de toute évidence le Préfet ne connaissait pas les impacts d’une telle autorisation. Certains exploitants ont perdu une partie de leur récolte de produits maraîchers faute d’eau pour les arroser. Si l’entrepreneur a payé pour utiliser l’eau du barrage, les membres de la coopérative n’en ont pas bénéficié pour compenser les pertes encourues.
La coopérative a indiqué qu’elle n’avait pas été suffisamment informée avant le début des travaux des impacts que ces derniers auraient sur les périmètres irrigués. Les dommages ont beaucoup excédé ce qui leur avait été annoncé et ce qu’ils avaient anticipé.


COMPTE RENDU DE MISSION SUR LE TERRAIN

Mardi et mercredi 8 et 9 octobre 2002

Ouagadougou – Koudougou – Bobo-Dioulasso



OBJECTIF DE LA MISSION

Visite de projets du PST-2 dans la région de Bobo-Dioulasso, tels qu’à l'aéroport et à la gare ferroviaire de la ville de Bobo Dioulasso, le chantier de réhabilitation de la route Boromo - Bobo-Dioulasso et la gare ferroviaire de Koudougou pour le projet de terminal minéralier.

ÉQUIPE DE MISSION

  • M. GYSEL Jean François, ingénieur, chef de mission

  • M. GNAMOU Djakaridja, économiste spécialisé en environnement

  • M. ZOUGOURI Tidiane, environnementaliste



ACTIVITÉS RÉALISÉES ET PERSONNES RENCONTRÉES

  1. Gare ferroviaire de Koudougou

  • Monsieur OUATTARA, chef de gare

  1. Chantier de réhabilitation de la route Boromo - Bobo-Dioulasso incluant le parc de véhicules et de machinerie, les bancs d'emprunts et les carrières.

  2. Bureaux de l'entreprise DIWI Consult à Bobo-Dioulasso

  • Monsieur ANDRÉ Jean-Jacques, chef de mission de contrôle pour le chantier de la route Boromo - Bobo-Dioulasso

  1. Aéroport de Bobo-Dioulasso, visite de l'aéroport et des projets prévus

  • Monsieur ZONGO Modeste, directeur du génie civil et des infrastructures

  • Monsieur ZONGO Adama, délégué représentant du commandant de l'aéroport

  • Monsieur BACKOUAN Jean-Pierre

  • Monsieur SANON Anselme

  • Monsieur OUEDRAOGO T. Jean-Jacques

  • Monsieur SINGBEOGO Richard

  1. Gare ferroviaire de Bobo-Dioulasso, visite des ateliers

  • Monsieur TRAORÉ Abdoulaye, directeur division des installations

  • Monsieur NANA Djibril, chef de division des installations fixes

  • Monsieur ZONGO Felix, chef du département du matériel remorqué

  1. Rencontres avec des riverains de Koumbia, tous localisés à proximité de la route, pour obtenir leurs réactions face au chantier de réhabilitation de la route

  • Trois paysans

  • Deux boutiquiers

  • Un restaurateur

  • Un transporteur



OBSERVATIONS ET COMMENTAIRES



  1. Gare ferroviaire de Koudougou


L'objectif spécifique de cette visite était de voir le site et les plans du projet de terminal minéralier. Une rencontre a eu lieu avec le chef de gare, monsieur Ouattara, lequel n'ayant pas reçu d'instructions formelles de ses supérieurs quant à notre visite a préféré ne pas commenter le projet. Après avoir communiqué avec la Coordination du PST-2, il a été déterminé que le projet de terminal minéralier était une initiative privée et qu'à cet effet il n’a pas a être considéré dans le cadre de l’étude.



  1. Chantier de réhabilitation de la route Boromo - Bobo-Dioulasso


Le long de la route divers bancs d'emprunt ont été notés, dont plusieurs sont remplis d'eau et servent aux riverains pour abreuver le bétail ou s'approvisionner en eau. En d'autres endroits, les bancs d'emprunts sont en surface et peu profonds, et la zone est souvent laissée telle quelle une fois les travaux terminés (pistes d'accès, amoncellements de terre, arbres arrachés, trous, etc.). Il en va de même pour les carrières, où les emprunts semblent se faire sans soucis de réaménagement du site une fois les travaux terminés.
Le site de chantier visité près de Bobo-Dioulasso, où étaient rangés les camions et la machinerie lourde, était bien gardé, clôturé et semblait très bien entretenu. Les travaux en cours (dalots, murets, etc.) semblaient bien réalisés et le chantier était très propre.



  1. Rencontre avec le chef de mission de contrôle du chantier


Monsieur André (DIWI Consult) fait remarquer qu’il a du identifier une carrière de granite, un gisement de latérite et un de matériaux argileux dans le but de trouver les matériaux nécessaires pour les travaux de réhabilitation de la route. La recherche de ces gîtes d'emprunt se fait normalement avec l’appui de l’administration, par le biais d'une demande d’autorisation qui est adressée aux domaines. Ces derniers analysent le bien fondé de la demande eu égard aux impacts que l’exploitation pourrait causer, avant de donner un avis (favorable ou non).
Pour les bancs d'emprunt, l’administration formule une série d'obligations que les firmes chargées des travaux doivent respecter. Au nombre de ces obligations, il y a la remise en état des sites d’exploitation et le respect autant que possible du milieu naturel et humain. La remise en état des sites peut inclure la plantation d’arbre (pour ce projet spécifique, l'entrepreneur doit replanter 5 000 arbres en vue de reconstituer la flore). De même, lorsque la population se trouve lésée par l’approvisionnement en eau nécessaire au chantier, il est recommandé que l’entreprise en charge des travaux réalise des forages pour ses propres besoins.
Les réactions et perceptions de la population riveraine par rapport à ce projet sont très positives, selon monsieur Jean-Jacques André, car les gens savent que les perturbations (bruit, poussière, déplacement de magasins ou de maisons) sont moins importantes que les bénéfices liés à la route. Monsieur André ajoute que les gens sont très ouverts au projet au point où personne ne se préoccupe des nuisances possibles. Il note également que c’est sans doute parce que l’administration a fait un travail préalable d’information, mais surtout parce que la population comprend le bien fondé de ce projet. Au vu de ces éléments, il n’y a pas eu de demande d’indemnisation quelconque de la part des populations riveraines.
Monsieur André souligne que le projet a des implications positives et négatives. Les impacts positifs comprennent l'utilisation de main d’œuvre locale (ouvriers locaux non spécialisés créant ainsi des emplois temporaires) et la création de bancs d’emprunt qui serviront plus tard comme retenues d’eau pour abreuver les animaux domestiques. Les impacts négatifs comprennent l'importante quantité de poussière générée par les travaux, malgré l’arrosage, le déplacement de magasins et d’hangars appartenant aux riverains et l'abattage d'arbres dans l'emprise de la route lors de l’élargissement de cette dernière. Finalement, monsieur André fait remarquer que les avantages liés au projet sont tout de même plus importants et permanents que les inconvénients. Pour lui, c’est une autre raison de l’accueil favorable accordé par la population au projet.



  1. Aéroport de Bobo-Dioulasso


Les échanges se sont articulés autour des projets suivants :

  • Renforcement des aires de stationnement des avions;

  • Acquisition d'équipement pour l’aéroport;

  • Aménagement de l’esplanade côté ville de l’aéroport;

  • Construction d’un centre médical.


Selon les responsables, l’aéroport ne peut recevoir de gros porteurs, car l'aire de stationnement actuelle est trop restreinte, donc il s'avère nécessaire de l’élargir ou d'en créer une deuxième. Les travaux susceptibles d’être réalisés à ce titre comprennent le décapage de l'aire de stationnement actuelle ou la création d'une deuxième de l'autre côté de la tour de contrôle, la création d’une piste temporaire pour permettre aux engins d’avoir accès au nouveau site, le transport et le stockage des matériaux de construction.
Les responsables écartent actuellement le risque aviaire sur le site, parce qu’il y a moins d’oiseaux dans la zone qu’à l'aéroport de Ouagadougou. Les abattoirs près de ce dernier attirent les oiseaux, particulièrement les vautours. En ce qui concerne les nuisances sonores, il n’y en a pas car le bruit des avions est marginal. Actuellement, il n’y a qu’un seul vol quotidien, un Fokker 28 qui assure la liaison Bobo-Dioulasso - Ouagadougou (pas de gros porteur).
Par contre certains problèmes sociaux sont évoqués, comme la présence de champs cultivés et d’un cimetière dans l'enceinte de l’aéroport. En effet, les populations des anciens quartiers riverains de l'aéroport (Sosorobougou, secteur 21 et Lafiabougou, secteur 20) viennent cultiver les terres dans la zone réservée de l’aéroport. En réalité cette zone constituait leurs anciens champs et les populations concernées trouvent que le site de l’aéroport est inutilement vaste, et comme le trafic aérien est très faible, ils continuent d'y cultiver les terres malgré les interdictions et la surveillance policière qui détruit régulièrement leurs récoltes. Pour sa part, le cimetière fut englobé dans l’enceinte portuaire lors du dernier agrandissement en 1985. Jusqu’à tout récemment, les riverains continuaient d’y enterrer leurs morts. Les deux éléments mentionnés (cultures et cimetière) n'on aucun lien avec les travaux prévus dans le PST-2.
L’aménagement de l’esplanade implique la réalisation d’un espace vert et d'un parking de voitures et d’engins à deux roues pour les usagers, en avant des bâtiments aéroportuaires. L'acquisition d'équipements comprend les tapis roulants, les systèmes de détection à rayons X, etc. Selon les responsables de l'aéroport, la construction d’un terminal fruitier est également envisagé à la limite extérieure du site aéroportuaire, mais les détails de cet aménagement ne sont pas encore connus. De plus, compte tenu de la capacité future de l’aéroport, le centre médical sera mieux équipé et aura une plus grande capacité d’accueil.
Dans l’ensemble, la mission a constaté qu’il y aura beaucoup de travaux de génie civil liés à la réalisation des projets prévus à l'aéroport de Bobo-Dioulasso. De plus, les problèmes sociaux avec les riverains sont à prendre en compte (cultures illicites et utilisation du cimetière). Finalement, la production des déchets biomédicaux, l’émission de poussières et les nuisances sonores devront être pris en compte lors des travaux effectués à cet endroit.



  1. Gare ferroviaire de Bobo-Dioulasso


Après des échanges d’information sur les rôles de la SOPAFER-B et SITARAIL, la mission a fait une visite guidée des ateliers ferroviaires. Les échanges se sont articulées autour de :

  • la réhabilitation des bâtiments;

  • la construction d’un terminal à conteneur; et

  • l'aménagement de passages à niveau.


Selon les responsables, les projets de réhabilitation des bâtiments sont déjà réalisés. Pour ce qui est de la construction du terminal à conteneur et des passages à niveau, ils pensent que ceci relève plutôt de la prérogative de la municipalité et non de la société ferroviaire. Ils ont suggéré à la mission de rentrer en contact avec la SOPAFER-B qui, selon eux, gère tous les projets ferroviaires inclus dans le PST-2. Le seul projet de la société ferroviaire qui demeure à présent sous sa responsabilité est la construction d’une gare routière.
La visite guidée a conduit la mission dans les ateliers d'entretien et de réparation des wagons et des locomotives. Quelques machines réhabilitées ou neuves ont été vues, et certaines sont encore à remplacer. Il y avait également des wagons en réhabilitation sur lesquels des ouvriers travaillaient et des locomotives en entretien, ainsi que de nombreuses pièces de rechange.
La zone dans laquelle sont situés les ateliers ferroviaires (cour ferroviaire de SITARAIL) est un domaine réservé et privé, mais il existe un problème de cohabitation avec des personnes installées dans cette même enceinte. En effet, des terrains avaient été cédés aux chemineaux de la société ferroviaire dans le but d'y installer leurs habitations, ces derniers devant être disponibles pour travailler en tout temps. Or, avec le temps, les anciens employés ont quitté les lieux mais d'autres personnes se sont installées sur ces terrains et de nombreux vols dans les ateliers sont associés à leur présence. De plus, les eaux usées industrielles (contenant de l'huile, du plomb et du mercure) sont canalisées sous les ateliers et ressortent dans un fossé à proximité de ces habitations, présentant un sérieux danger pour la santé des résidents. Cette situation n'est pas liée à des travaux particuliers, ni associée au PST-2, mais elle est une source de problèmes pour SITARAIL et pour les populations concernées.
La mission suggère que les différents points suivants soient pris en compte dans le cas de la réalisation d’un projet sur le site des ateliers :

  • la réhabilitation des machines et le remplacement de certains équipements;

  • les problèmes sociaux dus à la présence de riverains;

  • le problème des eaux usées industrielles qui ne sont pas traitées; et

  • la gestion des copeaux de fer issus des ateliers.




  1. Rencontres avec les riverains de Koumbia


Dans le village de Koumbia, sur la route du retour, l’équipe a rencontré des riverains de la voie réhabilitée. Les points suivants ressortent de l'entretien :


  • Les problèmes liés à la réhabilitation de la route sont surtout la poussière, le bruit, les déplacements temporaires de hangars, de boutiques et de restaurants qui se trouvaient trop près de la route, mais également des vibrations associées au compactage de la chaussée, susceptibles de fissurer les murs des habitations. Heureusement, aucune fissure n'est à déplorer dans le cas du présent chantier.




  • Un premier boutiquier mentionne qu'il n’a pas été touché directement, ni son magasin d'ailleurs, et que les seuls inconvénients furent la poussière et le bruit. Pour lui, ces travaux auront pour finalité d’accroître ses activités commerciales et, par conséquent, ils sont les bienvenus.




  • Un paysan indique que les travaux permettront d’améliorer les déplacements. En plus, des gens du village ont été employés à titre de manœuvres dans le cadre du chantier. Il ajoute que la population a été informée bien avant le début des travaux et donc qu'elle attendait les travaux. Les gens sont très satisfaits des résultats.




  • Quand au second boutiquier, qui est aussi un restaurateur, ses hangars ont été déplacés pendant les travaux, mais cela ne l'a jamais empêché de poursuivre ses activités commerciales. Il a fait néanmoins remarquer qu’avec la pluie et le manque d’infrastructure de drainage des eaux de ruissellement durant les travaux, il a eu sa boutique et son restaurant inondés. Il dit avoir appris la venue du chantier par la télévision et la radio.




  • Toutes les autres personnes rencontrées ont abondé dans le même sens que les premières. Elles disent toutes ne pas s'être plaintes et n'avoir pas exigé de compensation. Pour tous, cette voie publique va rendre service à l’ensemble de la communauté et personne n’a eu sa maison affectée.
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