I. Introduction – objectifs européens








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IV. 2. Scenario 2: Production ER + Smart Grid

IV. 2. A. Production d’énergie éolienne offshore

Impacts économiques


Le développement de l’éolien en Europe impacte favorablement la croissance économique de l’UE. En 2010, cette industrie a contribué pour 0,3 % du PIB16 total de l’Europe. La figure ci-dessous montre l’évolution croissante des impacts directs (des entreprises travaillant dans ce secteur) et indirects du développement de cette industrie en valeurs monétaires. Selon les prévisions1, l’industrie éolienne devrait contribuer à hauteur de 0,59 % du PIB de l’Europe en 2020 et à 1 % du PIB total en 2030.



Impacts directs et indirects du secteur de l’énergie éolienne sur l’économie européenne (prix constants, 2010). Source : EWEA (Deloitte)

Néanmoins, il faut garder à l’esprit que la mise en place d’infrastructures telles que les éoliennes offshore aura un coût important dans le domaine de la recherche. En effet, l'association européenne de l'énergie éolienne (European Wind Energy Association), prévoit un budget de 6 milliards d'euros jusqu'en 202017, pour investir dans la recherche pour de nouvelles turbines, de nouvelles technologies offshore et l'intégration au réseau européen (The European Wind Initiative, 2010).

Cependant, le prix du kWh sera négativement impacté par l'exploitation des sources éoliennes accrue pour produire l’électricité européenne, étant donné que les rendements de l'éolien, d'un point de vue purement économique (ressource économique nécessaire par unité de kWh produit), sont moindres comparés aux rendements de la production nucléaire par exemple. En effet, les coûts de production de l’électricité par les éoliennes offshores sont en moyennes deux fois plus élevés que pour les autres systèmes. En sachant que les coûts de distribution de l’électricité sont proportionnels aux coûts de production et que pour la Belgique, la répartition du prix du kWh se fait de la manière suivante:



Répartition du prix du kWh en Belgique

Source : https://www.electrabel.be/fr/particulier/prix-gaz-electricite-fournisseur/prix/prix-electricite-fournisseur-belgique
On arrive à une augmentation de 42% du prix actuel de l’électricité si toute celle-ci est produite par des éoliennes offshores. Néanmoins, si de nouvelles sources de financement de la technologie éolienne se développent (par exemples des subsides, réduction d'imposition, etc. visant à promouvoir cette technologie) alors il se peut que l'impact pour le consommateur d’électricité soit neutre, bien que, d’une manière indirecte, l'effort au budget des États devra quand même être supporté par les ménages.

Du point de vue de la compétitivité des entreprises européennes, étant donné que leurs coûts augmenteront, elles feront d'avantage face à la concurrence extérieure à l'Europe. Entre États membres cependant, l'impact est censé être neutre partant que les structures de coûts de toutes les entreprises européennes devraient proportionnellement augmenter dans une mesure similaire. Malgré cette perte de compétitivité, la transition vers une production accrue de source éolienne en Europe va permettre de réaliser des gains compétitifs autrement supérieurs au reste du monde. Développer des activités économiques « vertes » en investissant massivement dans de nouvelles formes de production, distribution et consommation d’énergie n’est pas seulement positif pour les besoins en énergie de l’Europe elle-même ; cela se révèle également être un avantage pour sa position de partenaire économique sur les marchés globaux dans le cadre de l’export de sa connaissance et de son savoir-faire en dehors de l’Europe.

Par ailleurs, développer ses propres capacités de production d’énergie à partir essentiellement d’énergies renouvelables et donc abondantes représenterait l’avantage pour l’Europe de ne pas dépendre d’échanges économiques pour une ressource aussi stratégique que l’énergie.

Impacts environnementaux


Dans les impacts environnementaux, on retrouve en premier lieu l’impact direct de la production d’électricité par des éoliennes offshore. Il est clair que cette mesure va dans un premier temps réduire les polluants atmosphériques et les émissions de GES. Selon les caractéristiques du système électrique dans lequel l'énergie éolienne est intégrée et la quantité de l'approvisionnement en énergie du vent, la réduction de la pollution atmosphérique et des émissions de GES peuvent être considérables (Kahn et al. 1979). Globalement, il a été estimé que les 160GW de capacité éolienne déjà installée à la fin de l'année 2009 pourrait générer 340TWh/an d'électricité et donc économiser plus de 0,2 Gt de CO2/an (IPCC, 2012).

Cette économie d’énergie et d’émission de CO2 est notamment permise par les coûts énergétiques liés au cycle de vie des éoliennes offshores. En effet, les éoliennes offshores produisent entre 9 et 14gCO₂eq/kWh tout le long de son cycle de vie et la plus grande partie de cette production a lieu lors de la phase de construction (IPCC, 2012). Comme l’indique la figure ci-dessous, cet intervalle est très faible par rapport aux autres sources d’énergie, qu’elles soient renouvelables ou non. En effet, d’après une étude réalisée par un bureau d’étude danois (Danish Elsam Engineering 2004), il apparaît que 98% du poids des éléments constituant l’éolienne sont recyclables en bonne et due forme.



Cycle de vie des émissions de GES des différentes technologies d'énergie éolienne (IPCC, 2012).

En ajoutant à cela le temps de retour énergétique des centrales éoliennes (le temps de fonctionnement d’une éolienne pour produire une quantité équivalente d'énergie qu’il a été nécessaire pour la construire, l’exploiter et la désaffecter) qui est, de manière générale, assez bon puisqu’il est estimé à moins d’un an, l’éolienne offshore semble un bon compromis face aux problématiques actuelles liées au changement climatique (Jungbluth et al, 2005).

Cependant, le caractère intermittent des moyens de production renouvelables réduit les avantages de la production d'énergie par les éoliennes offshores. Ce problème de variabilité temporelle et de prévisibilité limitée de l'énergie éolienne devrait en partie être réglé par la mise en place d’un Smart Grid qui permettrait un équilibrage de cette intermittence au niveau des systèmes énergétiques par des méthodes de stockage électrique (Dong Energy, 2006).

Les avantages environnementaux nets sont par définition, l'équilibre précis entre les effets positifs et négatifs de l'énergie éolienne. Ces avantages nets, propres au système, sont difficilement quantifiables. Cependant, dans la plus grande partie de la littérature, il est considéré que les dommages monétaires du changement climatique, les impacts sur la santé humaine, les dommages matériels et les pertes agricoles montrent déjà en tant que tels de nombreux avantages significatifs de la production d'énergie par les éoliennes (Sundqvist et al. 2004).

D'autres études ont examiné les impacts écologiques du développement de l'énergie éolienne et malgré le temps réduit offert pour l'évaluation depuis l'installation des premiers grands parcs éolien offshores, des études ont déjà été menées sur les impacts environnementaux locaux des éoliennes en mer. Ces résultats fournissent des indications intéressantes mais ne sauraient être généralisés sans prendre en compte les spécificités de chaque site d'implantation. Il existe encore un manque crucial d’études d’impacts environnementaux sur l’implantation d’éoliennes offshore et, de fait, des besoins importants en recherche et développement dans ce domaine (European Wind Energy Technology Platform, 2008).

Dans un premier temps l’implantation d’un parc éolien offshore modifiera les habitats et les écosystèmes marins, ils comprennent entre autre l’évitement, le déplacement ou la destruction des habitats et par conséquent, la réduction de la reproduction des espèces. Les impacts de l'énergie éolienne offshore sur la vie marine des mammifères et des ressources halieutiques varient selon l’étape de mise en place (l'installation, l'exploitation et la désaffectation), mais dépendent également fortement des conditions particulières du site, et peuvent être négatifs ou positifs. Les impacts négatifs potentiels comprennent les sons sous-marins et les vibrations (particulièrement durant la phase de construction) (Kikuchi et al. 2010), les champs électromagnétiques (Wahlberg et al. 2005), la perturbation physique et l'établissement d'espèces envahissantes. Les impacts positifs sont la création de nouvelles structures physiques qui peuvent créer de nouvelles aires de reproduction ou d'abris et agir comme récifs artificiels ou comme dispositifs de concentration de poisson (Wilson et al. 2009).

Dans un second temps, cette implantation peut également avoir des impacts sur la faune aviaire. La grande peur concerne l'explosion de la mortalité liée aux collisions des oiseaux avec les pales (Desholm et al. 2005). Toutefois, celle-ci semble peu justifiée car les études soulignent des réactions d'évitement. L'impact finalement le plus pertinent à prendre en compte est en amont et se trouve sur les aires de nichage et d'habitat ainsi que sur les réserves de nourriture des oiseaux de mer qui peuvent être situées à proximité voire dans la zone, de plus en plus étendue, prévue pour l'implantation des parcs éoliens.

De manière générale, l’aménagement du territoire est moins un impact qu’un levier : les ressources disponibles sont en effet souvent une question de planification territoriale. La quantité d’énergie renouvelable disponible localement dépend des surfaces dédiées à l’exploitation des sources renouvelables, des caractéristiques énergétiques locales des sources et de la performance des systèmes de conversion. Ensemble elles pourraient dépasser les besoins de notre société. Mais leur exploitation à grande échelle requiert de l’espace là où la source est disponible.

Dans le cadre d’un projet éolien en mer, cette planification n’est pas totalement caduque car d’une part, les ports et les installations terrestres nécessaires demandent de l’espace sur le territoire côtier et font partie intégrante de la nouvelle architecture paysagère ; et d’autre part, la problématique des réserves naturelles est valable pour les territoires maritimes c’est-à-dire qu’elles doivent être considérées comme des zones non constructibles. Ces protections peuvent être décidées lors de conventions internationales (UNESCO, OSPAR, etc), légitimées au niveau européen au sein du Réseau Natura 2000 (en tant que SIC, « Site d’Importance Communautaire »), ou encore au niveau national et régional lors des inventaires.

A titre d’exemple, la 5è Conférence sur la Protection de la Mer du Nord a adopté en 2002 la déclaration de Bergen, y compris les mesures de suivi concernant les aires marines protégées. Les ministres des pays de la Mer du Nord (France, Belgique, Pays-Bas, Danemark, Allemagne et Suède), entre outre tous déjà liés par la convention OSPAR, ont convenu que la création de « Zones maritimes protégées » connectées en réseau.

Plus spécifiquement, la France comptabilise à elle seule près de 10 millions de km² d’aires marines protégées (tous statuts confondus) dont la plupart sont partiellement situées le long des côtes.

La pollution visuelle résultant de l’implantation d’éoliennes dans un paysage littoral est systématiquement prise en compte dans les études d’impacts environnementaux (EIA) puisqu’elle concerne un lieu de perception visuelle privilégié (Ó Cléirigh 2000, Ademe 2005, Metoc 2000, BWEA 2007, etc.). The Landscape Institute and the Institute of Environmental Assessment a publié en 1995 un guide méthodologique intitulé “Guidelines for Landscape and Visual Impacts Assessment” (GLVIA). Ces experts ont oeuvré pour que la dimension paysagère soit considérée au même titre que les autres critères lors des études d’incidences. Leur méthodologie distingue d’une part les « impacts paysagers » en considérant les paysages comme une ressource pour la société dans son ensemble et d’autre part les « impacts visuels » i. e. les changements de perception vécus par un individu ou un groupe d’individus en un endroit particulier (LI and IEMA 2005).

Quoi qu’il en soit, de par leur taille hors-normes, penser pouvoir dissimuler la présence des silhouettes éoliennes dans le vaste paysage ouvert du littoral semble vain et « toute stratégie de camouflage, si elle a un jour eu cours, est caduque. (CIRED 2010, p.1). Il n’est pas possible, ni souhaitable, de prendre une attitude de protection des paysages, au sens classique du terme. Il faut au contraire chercher à réussir un aménagement du paysage (ADEME 2005, p.53).

Une étude démontre que « le paysage est souvent assimilé à une "externalité" de la politique éolienne, la volonté première n‘étant pas d‘agir sur le paysage mais de décarboniser la production d‘électricité » (CIRED 2010, p. 1). Les particularités et atouts des planifications des implantations des infrastructures, si elles sont organisées comme des « processus collectifs de construction », permettent arbitrairement de donner à l’aménité environnementale « paysage » un signe positif ou négatif. C’est pourquoi l’impact visuel d’un parc éolien offshore doit représenter une grande partie de l’évaluation environnementale, comme c’est déjà le cas avec l’éolien terrestre.

Les « pollutions visuelles » peuvent concerner 2 dimensions différentes. Premièrement la dimension territoriale constituée de la zone de production d’énergie, de la zone de transport d’énergie et de la zone d’atterrage. Secondo, la dimension verticale laquelle peut être morcelée en une partie aérienne, une partie immergée et l’interface air-eau. Toutes ces aménités visuelles doivent être appréhendées lors de toutes les phases du cycle de vie d’un parc éolien offshore à savoir la construction du parc, son exploitation et son démantèlement.

C’est pourquoi l’impact visuel d’un parc éolien offshore doit représenter une grande partie de l’évaluation environnementale, comme c’est déjà le cas avec l’éolien terrestre à travers des exercices de photomontages, de cartographie (« zones d’influence visuelle », « zones théoriques de visibilité »,etc) (et de modélisation (fly through)( BWEA p.25, LI and IEMA 1995, p. 105). Les facteurs prioritairement pris en compte sont le design de l’éolienne (sa forme, sa couleur, etc.), la distance avec la rive, l’harmonie et l’équilibre visuel, le principe de « regroupement », la signification sensible du paysage marin et du paysage terrestre à partir desquels les éoliennes seront susceptibles d’être vues, l’accès du public aux côtes, etc. (BWEA p. 25). Mais tous ces critères sont établis par les autorités nationales compétentes du territoire concerné par l’avant-projet du parc éolien et varient donc d’un état à l’autre. Le guide méthodologique sur « la programmation spatiale des projets éoliens » élaboré par le Comité de Liaison Energies Renouvelables (CLER) et soutenu par la Commission européenne, compile les méthodes et critères utilisés dans les pays des partenaires européens. Mais ce guide reste une série de « recommandations » et leurs études comparatives révèlent clairement l’hétérogénéité actuelle des étapes et des paramètres de l’élaboration des parcs éoliens sur le territoire européen (Cler 2002).

Impacts sociaux


L’éolien est un marché porteur et créateur d’emplois en Europe. En effet, diverses compétences sont requises pour la fabrication et l’installation des éoliennes offshore ; de nouveaux métiers sont concernés et les formations doivent être adaptées. Ce besoin de différents profils s’explique par la complexité de l’éolien en mer. « A puissance installée égale, il faut six fois plus d’ETP (ndlr : équivalents temps plein) que dans l’éolien terrestre pour construire puis exploiter des éoliennes offshore » calcule Elodie Perret, responsable des filières éolienne et énergies marines du Syndicat des énergies renouvelables (SER)18.

Les fonctions dont il est question concernent les phases d’exploitation, de construction, de conception en amont, de démantèlement ainsi que de maintenance. A ces emplois régionaux il faut souvent ajouter les emplois créés par les usines de conception et de fabrication de mâts et de pâles et la construction de navires19. Les métiers suivant s’y retrouvent : le génie civil, le formage et l’assemblage des métaux, l’électronique et l’électrotechnique ou encore les métiers des composites20.

La plupart des emplois créés pendant la construction d’éoliennes sont de courte durée. Néanmoins, au niveau de la maintenance, "un parc de 100 éoliennes nécessite une centaine de personnes pour assurer correctement cette activité, soit un emploi par éolienne" de manière pérenne, précise Jean-Christophe Chomette, directeur France d'Iberdrola. Mais, pour répondre aux besoins grandissants de personnel, des formations spécifiques doivent être mises en place21.

Cette demande croissante de nouvelles mains d’œuvre fut affirmée lorsque fin 2010, le nombre d’employés dans le secteur éolien tripla passant de 235.000 personnes en 2005, à 670.000 personnes dans le monde22. En Europe, il s’agit déjà de 150.000 personnes en 2010, mais ces créations d’emplois bénéficient surtout aux pays industriels de l’éolien : 60.000 emplois dédiés en Allemagne, 30.000 en Espagne pour 10.000 emplois en France23.



Répartition des emplois issus de l’éolien en Europe en 2007

Source: EWEA, SER, Ademe, analyse PwC

Le rapport de l’EWEA 201024 annonçait que l’industrie éolienne employait 189.000 personnes directement et indirectement en Europe et qu’elle créerait environ 273.000 emplois supplémentaires dans les dix prochaines années. D’ici à 2020, la filière européenne pourrait donc employer 462.000 personnes dont 169.500 employés dans le secteur de l’éolien offshore. En 2030, environ 480.000 personnes seraient employées dans le secteur, dont 300.000 emplois dans la filière offshore (62% du total). Il est ainsi considéré que d’ici à 2025, le nombre d’emplois dans le secteur offshore dépassera celui de l’onshore25.

Le développement de l’offshore permet de stimuler l’emploi dans bien d’autres domaines encore tel que dans la recherche et le développement. En effet, la croissance du secteur de l’éolien offshore, notamment en Allemagne, permet de diversifier certains ports grâce à la concentration d'activités liées à l'éolien offshore dans des terminaux offshores où se côtoient grands groupes, sous-traitants et centres de recherche.

À un tout autre niveau, le succès actuel des visites de parcs éoliens terrestres rend envisageable l’intérêt du public pour les fermes éoliennes en mer. Leur découverte pourrait faire l’objet d’une valorisation d’ordre touristique. Cette valorisation impliquerait alors l’association des acteurs locaux du tourisme à leur implantation.

Impacts politiques


L’étendue d’une entreprise telle que l’implantation de parcs éoliens offshores a des impacts à tous niveaux: au niveau local, on constatera une implication importante des citoyens en tant que prosommateurs (ou consommateurs/producteurs), mais aussi en tant que participants aux différents processus de décisions lancés ici et là, en amont de prises de décisions telles que la construction de parcs éoliens offshores sur un territoire maritime donné. L’engagement du consommateur devient donc une variable clé du succès commercial du Smart Grid en Europe, ce qui révèle l’importance des campagnes de sensibilisation à implémenter26. De fait, de tels projets auront également des impacts directs sur les activités des collectivités territoriales et leurs budgets : augmentation de la charge de travail des agents de la fonction territoriale, coordination des acteurs locaux, délivrance de permis, mise en place d’enquêtes et de débats publics, etc. La mise en place d’un tel dispositif à l’échelle de l’UE impose la nécessité d’une certaine normalisation du cadre légal, notamment afin d’harmoniser les pratiques administratives et techniques à tous niveaux. Ceci devrait avoir un impact non négligeable sur les budgets des collectivités locales (coûts d’élaboration des stratégies UE, de mise en œuvre au niveau des Etats membres et coûts d'application au niveau local) mais les gains globaux qui pourront être constatés en terme d’efficacité ainsi qu'en lourdeur administrative devraient venir contrebalancer ce bilan a priori négatif. Par conséquent, force est de constater que ces impacts seront plus ou moins positifs en fonction de l’échelle de temps observée.

IV. 2. B. La distribution via un réseau européen intégré (Smart Grid)

Impacts économiques


Tandis que la production à partir d'éolien tend à impacter négativement le prix du kWh pour le consommateur, son transport via un réseau efficace permettra des gains de productivité censés se répercuter sur la facture du consommateur. Le développement de ce réseau va nécessiter des investissements de grande ampleur, qui seront soit pris en charge par les États soit par les entreprises privées de production (soit les deux). Dans tous les cas le consommateur en supportera les coûts, mais aussi les bénéfices à plus long terme (gains de productivité).

La coopération économique entre États membres en vue de l'objectif de l'installation du réseau  Smart Grid  sera accrue, ce qui est favorable au projet européen puisque cela le renforce (moins de compétition entre États, plus de coopération et d’interdépendance).

D’après l’Agenda Stratégique de Recherche, le réseau électrique européen doit être (ETPs 2012):

- flexible: Combler les besoins de clients tout en répondant aux mutations du réseau et aux nouveaux enjeux.

- accessible: Garantir l’accès à la connexion à tous les utilisateurs du réseau en incluant les énergies renouvelables et les générations à haut rendement local avec des émissions de carbone faibles voire nulles.

- fiable: Assurer et améliorer la sécurité et la qualité de l’offre, conformément aux exigences de l’ère numérique en intégrant l’auto-réparation du système.

- économique: Fournir le meilleur rapport qualité-prix grâce aux innovations, à une gestion efficace de l’énergie, à un bon niveau de compétition et à la régulation.

P
our que la mise en place d’un réseau Smart Grid à l’échelle européenne soit possible, des innovations technologiques sont nécessaires à tous les niveaux de l’architecture du système électrique et sont représentées dans la figure suivante.

L’agenda stratégique des besoins en recherches et développement.

Source : ETPs 2007
Jusqu'en 2020, les innovations technologiques doivent surtout servir au développement de composés isolés. Par contre pour 2035, les sites de production, de transformation, de stockage et de consommation doivent pouvoir être reliés et coopérer : Smart Grid intégré, afin d'atteindre les objectifs fixés pour 2050. Depuis 2005, la plate-forme Smart Grid (ETP SmartGrid-European Technology Platform) coordonne les fonds des Programmes cadres de R&D concernés (PCRD). Le 6ème PCRD (2002-06) a soutenu plus de 60 projets sur la thématique « réseaux intelligents et intégration des énergies renouvelables » pour un coût total de 190 millions d'euros. Le 7ème PCRD (2006-13) finance également des projets sur la même thématique. L'initiative Européenne pour le réseau électrique (EEGI) est une des Initiatives Industrielles Européenne appartenant au Plan Stratégique Européen pour les technologies énergétiques (SET-PLAN) et propose un programme de 9 ans pour la recherche afin d’accélérer l'innovation et le développement des futures réseaux électriques européens. La Commission européenne a mis en place en 2009, la Smart Grid Taskforce : groupe de travail rassemblant tous les acteurs concernés par les Smart Grids (régulateurs, gestionnaires de réseaux, producteurs d’électricité, fournisseurs d’énergie, équipementiers). Son objectif est d’élaborer un jeu de recommandations pour l’intégration des technologies de Smart Grids dans des conditions favorables pour les utilisateurs des réseaux.

Impacts environnementaux


En ce qui concerne les impacts environnementaux, le développement d’un Smart Grid permettra l’injection massive d’énergie verte dans le réseau et donc une utilisation plus importante d’énergies renouvelables à travers l’Europe, ce qui contribuera à une baisse des émissions de CO2. Le Smart Grid va permettre de déclencher différents mécanismes pour faciliter des économies d'énergie plus élevées, et donc la réduction des émissions de dioxyde de carbone. Trois mécanismes différents entrent en jeu dans le cadre de ce travail à savoir l’amélioration du service à la clientèle, l’amélioration de l'efficacité opérationnelle et l’accroissement de la réponse à la demande / contrôle de la charge.

Certains d’entre eux peuvent être quantifiés, d’autres le sont plus difficilement et ont parfois une contribution tellement faible qu’elles sont considérées comme négligeables par rapport à d’autres mécanismes qui permettent une plus grande économie d’énergie.

Dans un premier temps la mise en place du Smart Grid va donc permettre d’améliorer le service à la clientèle et par cela, il permettra également de faire des économies d'énergie et de réduire les émissions de carbone. En effet, la mise en service continue et la maintenance proactive seront facilitées par la mise en place du Smart Grid. Celle-ci consiste en une plus grande automatisation de la surveillance et de la mise à jour constante des réglages et des performances des équipements afin d’optimiser la performance et l’efficacité de ceux-ci. Il est estimé dans l’étude mené par Electrical Power Research Institute27 en Juin 2008 que la réduction de la consommation d’énergie dans les buildings par la mise en service continue serait de 9% d’ici à 2030. Le Smart Grid va également permettre des économies d’énergie et par conséquent une réduction des émissions de dioxyde de carbone par une amélioration de l'efficacité opérationnelle. Celle-ci va en effet permettre une réduction des pertes d’énergie qui se produisent lors de la transmission et de la distribution de l’électricité provenant des sources de production pour aboutir chez les utilisateurs finaux utilisant l'infrastructure électrique existante. Actuellement cette perte d’énergie est estimée à 5%28 de la consommation pour l’Union Européenne, elle représente donc 167 TWh et pourrait diminuer d’ici 2030 de 2% à 3%29 et ainsi ne représenter que 100 à 70 TWh.

Enfin, le Smart Grid va permettre d’accroître la réponse à la demande et le contrôle de la charge du système électrique. En effet, les économies d'énergie possibles grâce à la réduction de la demande aux heures de pointe sont une fonction de la fréquence et de la durée de l'opération de réponse à la demande. Le Smart Grid permettra ainsi aux événements de réponse à la demande d’être plus longs et plus fréquents, c’est-à-dire que le Smart Grid va faire répondre la demande en continu pour la faire correspondre à la production. Le Smart Grid a le potentiel de réduire de 5% la demande aux heures de pointe, ce qui correspond à une économie d’énergie de l’ordre de 370TWh.

Les recherches devront également porter sur la sécurité des travailleurs en développant un accès aux infrastructures plus sécurisé pour la maintenance.

En termes de santé humaine, les champs magnétiques de fréquence extrêmement basse (50 Hz) générés par le passage du courant dans les câbles électriques à hautes tension ont été classés "cancérogènes possibles pour l'homme" en 200230. Néanmoins, le lien de causalité entre l'exposition aux lignes à haute tension et le développement de maladies n'a jusqu'à présent jamais été prouvé. De plus le développement d’un réseau intelligent sur le territoire européen ne nécessite à priori pas de nouvelles lignes électriques, le réseau existant déjà densément.

Le « paysage de l’énergie » ne devrait pas être influencé par la consolidation d’un réseau européen intelligent puisque la plupart des lignes à haute tension existent et sont déjà opérationnelles actuellement. La coordination interne entre les différents partenaires nationaux ne devrait pas affecter visuellement le territoire et le paysage européen.

Impacts sociaux


Le Smart Grid nécessitera vraisemblablement des équipes de développement informatique lors des phases d’analyse, de développements informatiques, de testing et de déploiement de la solution. Il s’agirait ici de main d’œuvre plus qualifiée pour la R&D et la gestion du réseau. La mise en œuvre des réseaux intelligents est donc une opportunité importante pour l'industrie européenne de la recherche, pour l’exportation des nouvelles technologies et pour la création de nouveaux emplois.

Impacts politiques


L’Union Européenne affirmera son indépendance énergétique vis-à-vis des pays tiers qui la fournissent en pétrole et en gaz notamment. Ceci représente un avantage dans un contexte de développement des économies émergentes, dont on constate qu’elles sont toujours plus demandeuses en énergies fossiles, avec l’impact que cela peut avoir sur les prix de l’énergie primaire au niveau mondial. Par ailleurs, un investissement dans le réseau Smart Grid permet une échappatoire à la dépendance de l’UE vis-à-vis des énergies fossiles en général. En effet, les sources de pétroles qui répondront à nos besoins énergétiques de demain restent majoritairement encore à découvrir ; ces découvertes seront sans nul doute sujettes à des fluctuations élevées des prix. Ainsi, en produisant son énergie localement et en mettant en place un réseau efficace pour le transport de l’énergie, l’Europe assure sa sécurité énergétique de demain.



Tendances nationales à réagir au besoin de développement d’un Smart Grid
Source : enerzine.com31

Les Etats membres ne partent pas d’un pied d’égalité en termes de production d’énergie renouvelable, de transport de l’énergie, mais surtout en termes de volonté politique. La figure ci-dessus illustre bien le fait que l’échelon supranational se présente comme l’échelon politique adapté et permettrait de ne pas créer d’ambiguïté quant à sa prééminence sur les codes, les lois et les règlementations préexistantes aux niveaux nationaux et régionaux (Association Négawatt. Manifeste Négawatt. 2012). Le rôle de la Commission européenne vise dans ce cas précis à apporter des cadres juridiques et financiers favorables afin d’accélérer les développements techniques particuliers, ainsi qu’à motiver la participation des acteurs du marché européen de l’électricité (détaillants d’électricité ou les gestionnaires de réseaux). Une telle impulsion de la part de l’UE permettra aux états membres d’avoir les mêmes objectifs et d’aller dans le sens d’une coopération pour l’efficacité et l’indépendance énergétiques de l’espace européen.

IV. 2. C. Consommation et utilisation

Impacts économiques


Le développement d’un réseau Smart Grid, sans la mise en place des mesures et des outils permettant l’allocation utile et intelligente des flux d’énergie que sont l’utilisation rationnelle de l’énergie (URE) et l’installation de Smart Meters rencontre ici ses limites : avec des besoins énergétiques croissants, dans un contexte de nécessité de réduction des émissions de gaz à effet de serre, la pression sur la demande de services énergétiques à partir de l'éolien offshore se verra renforcée au fil du temps. De fait, en maintenant le « business as usual » en matière de consommation et d’utilisation de l’énergie, on devrait constater une augmentation du prix du kWh d’électricité. Bien que cela puisse constituer un certain intérêt pour les budgets publics nationaux notamment, ceci aurait un impact négatif direct sur le pouvoir d’achat des consommateurs finaux et une fragilisation des utilisateurs déjà vulnérables.

Aussi, la seule mise en place d’un réseau Smart Grid induit que ce dernier soit suffisamment puissant pour répondre aux besoins qui, comme nous l’avons vu, ne sauront être amenés à leur niveau optimum (soit le plus bas possible). L’investissement dans un réseau de transport de l’énergie plus puissant représente un coût encore supérieur, si des mesures supplémentaires pour la réduction de la demande d’énergie ne sont pas engagées, comme le que prévoit le scénario 3.
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