Résumé de l’ouvrage








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PARTIE 4 L’INFORMATIQUE DANS L’ORGANISATION
Chapitre 12 Acteurs, fonctions et rôles
Après avoir analyser l’évolution de l’offre technologique, Michel Volle s’applique à déterminer le besoin des organisations en terme d’informatisation en différentiant précisément le besoin de la demande. Si certains besoins sont très généraux (un SI qui fonctionne, être formé, avoir du support …) d’autres par contre sont propres à certaines fonctions de l’entreprise ou dépendent directement d’activités particulières et de leur contexte opérationnel.


  • Organisation et responsabilités MOA - MOE


Dans le contexte français, les rapports entre l’expression des besoins et la réalisation sont formalisées par les relations contractuelles maitrise d’ouvrage MOA (définition des besoins et organisation du travail pour produire) et maitrise d’œuvre MOE (fourniture du travail nécessaire pour produire). Pour simplifier, la MOA représente la personne morale qui passe un contrat formalisant la demande alors que la MOE est la personne morale qui livre un produit en coordonnant la sous-traitance. Dans cette structure, le principe essentiel est de séparer les fonctions d’expert des fonctions de décision. Dans ce diptyque, les missions principales de la MOA sont diverses :
Spécifier le besoin stratégique du point de vue du décideur

Maîtriser des processus supportés par l’application informatique

Assurer l’expertise métier durant les phases de spécification et de recette

Coordonne les maîtrises d’œuvre

Expliciter les arbitrages et gérer les risques.

Concevoir l’organisation des agents opérationnels et modéliser l’activité
La MOA porte l’expression du besoin métier (le modèle métier formalisé ou non à travers les spécifications générales) et la validation de la solution technique (spécification détaillée) proposée par la MOE. La maîtrise d’oeuvre est souvent réalisée par la DSI (Direction des Systèmes d’Information) en ce qui concerne les applications métiers. Dans ce cadre les missions principales de la MOE sont de conduire le chantier, de suivre le planning de réalisation, réaliser les recettes techniques, et assurer l’assistance à la MOA pour les recettes fonctionnelles.

La DSI agit également comme une maitrise d’ouvrage pour les choix en termes de plateforme technique.



  • La communication MOA – MOE : un dialogue de sourds ?


Michel Volle analyse les causes d’échecs des grands projets informatiques et identifie les causes usuelles de dysfonctionnements qui sont le manque de clarté des besoins, la versatilité des spécifications en cours de réalisation et l’aveuglement coupable des Directions de projets qui étouffent les alertes des Cassandres souvent bien intentionnés. Pour Michel Volle l’ensemble de ces dysfonctionnements sont du domaine de responsabilité de la MOA. Il devient impératif de professionnaliser ces MOA et les décideurs pour les amener à mieux appréhender les problématiques de conception des SI. La MOA pour dialoguer efficacement avec la MOE et apporter le support indispensable aux décideurs doit être capable de comprendre les éléments clefs de la conception d’un SI et en particulier de maîtriser les aspects ergonomiques des postes de travail, la volumétrie concernée, la définition claire des services attendus, le traitement des rejets, le fonctionnement des plateformes et des suites logicielles industrielles, les outils de modélisation, de test et d’intégration. Cette maîtrise du processus d’informatisation passe par le développement des savoir-faire de la MOA en terme d’urbanisation et de modélisation. Le langage UML serait comme la lingua référencia de la MOA dans une approche cognitive du savoir-faire métier.
CHAPITRE 13 Méthodes
Une démarche rationnelle de conception des SI est devenue indispensable bien qu’en terme d’informatisation il faille éviter les écueils liés à la survalorisation des projets au détriment du fonctionnement au quotidien et l’application dogmatique de méthodes. L’idée force est de vulgariser et mettre à la disposition de tous un schéma d’évolution du SI en dépassant l’obstacle de l’abstraction et de la représentation pour assimiler et guider les aspects pratiques sa mise en œuvre. Mais l’élargissement du champ d’action de l’informatique dans les organisations a accru le caractère transdisciplinaire du processus d’informatisation et donc rendue la coordination d’un grand nombre de spécialités très difficile et réactualisé la question des frontières de l’entreprise.


  • Démarche d’urbanisation et modélisation des processus


La difficulté rencontrée actuellement par la MOA est son incapacité quasi générale à concevoir une démarche d’urbanisation c’est à dire la définition d’un référentiel qui documente et formalise les domaines, processus, activités, composants, données, structurant la plateforme technique et permettant de maîtriser les évolutions du portefeuille applicatif. Après avoir explicité la production de l’entreprise il est nécessaire d’élucider les processus de production (le comment) et porter une vison de haut niveau apportant simplicité et clarté. Pour faire passer l’organisation des taches de l’implicite à l’explicite il faut vaincre les difficultés et la méfiance entre les organisateurs et les informaticiens. L’établissement d’un dialogue constructif passe par l’établissement d’un modèle de description commun permettant de simuler mentalement le fonctionnement de l’organisation. Pour fournir à la fois des concepts et des relations les unissant, ces modèles doivent être orientés vers l’action et vus comme des outils de communication et d‘échange A l’action de modeler du mode projet correspond l’implication des acteurs du mode récurrent exprimant le point de vue de l’utilisateur des services à la frontière entre conditions de fonctionnement et interfaces homme/machine. Modéliser au niveau de l’entreprise c’est documenter les taches faites par l’homme ou l’ordinateur, clarifier le vocabulaire, ordonner le langage, définir l’organisation en terme de misions et de responsabilités. L’urbanisation est une approche globale de l’entreprise (qui identifie les grands domaines, activités de l’organisation) basée sur un socle sémantique (le référentiel identifiants et nomenclatures) et le modèle des processus.
Dans de nombreuses organisations, la modélisation est considérée comme une pure spéculation intellectuelle sans intérêt opérationnelle. Néanmoins la modélisation a deux buts majeurs : sur le plan intellectuel elle permet de partager une représentation du fonctionnement du système et sur le plan technique c’est la première étape de construction. Le modèle doit donc à la fois être approprié à l’entreprise et être approprié par l’entreprise. Le besoin de modélisation est alors d’autant plus fort que le contexte est évolutif et devient indispensable pour rendre le SI adaptable ou flexible. La modélisation métier est indispensable lorsqu’on informatise le cœur métier de l’entreprise ou lorsque l’entreprise possède des expertises et des savoir-faire rares et pointus

Chapitre 14 Vers la maturité
L’organisation n’est pas l’organigramme mais ce dernier est la représentation du compromis managérial. Il traduit la culture de l’entreprise (Culture d’ingénieur Production/commercial, culture médiatique Finance/Communication …). Il faut le connoter pour le rendre utilisable  ajouter des poignées aux concepts pour les rendre actionnables. Mais les concepts fondateurs sont très difficiles à expliciter et relèvent d’une démarche d’ethnologue prospectiviste. En effet dans la maison-entreprise les activités réalisées par les différents métiers sont le résultat d’une fossilisation stratifiée des couches géologiques formées d’habitudes, de rites, de méthodes, d’ outils et de logiques figés dans le temps par les us et coutumes dont tout le monde s’accommode très bien dont seul le danger proche peut expliquer la remise en cause.


  • Rétablir des points de repère


Du coté de la maitrise d’ouvrage, la partie immergée de l’organisation incarnée par le SI n’est perçu que par l’intermédiaire de l’écran. Cette intermédiation pose des problèmes d’interprétation car il faut avoir l’œil exercé pour découvrir déceler là ou réside la gabegie intellectuelle, la laideur conceptuelle et les lignes de force usées et devenues obsolètes. Peu de personnes sont capables de percevoir les défauts et les vices cachés d’une conception de systèmes informatiques. Les MOA sous-traitées et sous pression manquent de pertinence et les éléments fondamentaux d’orientation, les points de repère fondateurs se perdent dans le flou organisationnel. Le processus de décision des arbitrages métiers est alors plus symbolique que rationnel. Il s’établit à la charnière entre le monde de la stratégie et le monde de l’ingénierie où seuls les dysfonctionnements perçus révèlent les faiblesses d’un système d’informations invisible et mal conçu bien qu’omniprésent.
Du coté de la DSI la position est schizophrénique. En effet sous le terme de DSI se cache en réalité un Janus à deux faces : coté pile les besoins des métiers de l’entreprise et coté face l’offre technologique. Le grand écart est permanent : d’un coté une plateforme technique doit fonctionner tous les jours sans défaillance tout en absorbant les changements et les progrès technologiques et de l’autre les métiers posent sans cesse des problèmes de cohérences sémantique et d’alignement stratégique. Les DSI sont donc en crise : crise de nature, crise de reconnaissance alors que leur puissance dans les organisations n’a jamais été aussi importante. Les DG qui ne sont pas familières avec les SI et pensent souvent se débarrasser du problème informatique en fourguant à un tiers le bébé l’eau du bain et l’après rasage de belle maman. Bien que la question de savoir qu’elles sont les activités et taches devant être réalisées en interne est d’une importance majeure les réponses apportées, par leur manque chronique de mise en perspective et de questionnement profond, sont marquées du sceau de la grégarité et l’effet mimétique issu des bons tuyaux entre amis bien intentionnés et très souvent très intéressés, des coteries de fournisseurs vendant des contrats d’externalisation juteux par des commerciaux grassement rémunérés mais créant des problèmes insurmontables à la fois chez l’externalisé et l’externaliseur. La difficulté pour le DSI est d’obtenir le meilleur de corporations de spécialistes et d’experts souvent antagonistes couplant approches métiers et approches techniques. Mais quelle que soit les qualités d’une DSI, le problème reste l’évaluation d’un SI. Comment vérifier qu’un SI est de qualité ? Quelles sont les pierres de touche permettant de déceler sa maturité (qualité du poste de travail, pertinences des tableaux de bord des dirigeants ou des managers opérationnels, respect des normes ITIL …) ? La difficulté est encore un positionnement spatial, c'est-à-dire d’assimiler le passage macrocosme microcosme ou plus prosaïquement le domaine de la spécification générale de la spécification détaillée, de distinguer le gros œuvre des finitions.
La maturité des entreprises des organisations et leur capacité d’assimiler les TIC et la conception des SI, sera le grand défi du XXIème siècle. Si les SI utiles présentent tous les mêmes caractéristiques (système urbanisé permettant de trouver l’équilibre entre stabilité et changements, vie courante et projets) force est de constater qu’actuellement aucune approche rationnelle ou empirique ne nous permet d’établir aisément ce point d’équilibre global du SI au delà des optimums applicatifs locaux.
PARTIE 5 : L’informatique dans le fonctionnement
Chapitre 15 : Economie de l’informatique
La recherche du point d’équilibre, l’atteinte de l’optimum global sont les questions quasi métaphysique de l’économie moderne d’entreprise. Malheureusement les enjeux macroéconomiques des TIC sont très mal connues et ceci pour deux principales raisons :au niveau microéconomique, l’entreprise qui peine à clarifier son organisation a une très faible connaissance de ses coûts informatiques et de leur dynamique. La compréhension de la valeur générée par des technologies est encore plus floue. D’autre part, la trivialité des discours économiques (optimisation, maximisation du profit …) couplée à l’indigence du discours managérial (business plan, création de valeur pour l’actionnaire …) masquent le besoin de finesse et de discernement d’où le paradoxe de Solow.
Dans ce contexte, l’efficacité de l’investissement informatique se pose avec une grande acuité. Il faut revoir le SI sous l’angle d’un capital et d’un stock accumulé, « une intensité capitalistique » faisant apparaître de nouveaux critères pour évaluer une entreprise : critères premiers (qualité de l’organisation, du marketing et maîtrise de la production) et critères secondaires (qualité des produits, des compétences, de la direction, satisfaction du client, engagements financiers, satisfaction des créanciers et actionnaires).


  • Calcul économique


La maîtrise du budget informatique passe par des logiques très différentes : vision économique et vision comptable difficiles à concilier. En particulier pour évaluer le retour sur investissement Il est impératif de comprendre le phénomène d’usure et d’obsolescence d’un SI ou d’une application informatique. La durée de vie du logiciel dépend de son coût de maintenance qui croit avec l’âge et le taux d’obsolescence des applications qui dépendent de l’évolution des besoins de l’entreprise. Michel Volle propose pour évaluer la fonction de production d’un SI de le découper selon trois couches régies par les cycles et logiques économiques différentes :plateforme physique, plateforme logicielle, programmes et applications

CHAPITRE 16 Pathologie de l’entreprise
L’entreprise peut être vue sous différents aspects dont elle assure la synthèse et la cohérence : l’angle économique (facteurs de production, coûts, marchés .. ), l’angle juridique (propriété du capital, contrat de travail ..), l’angle sociologique (valeurs, légitimité, pouvoirs) Concevoir un SI c’est rencontrer l’ensemble des phénomènes et représentations qui influencent les décisions et les comportements dans l’entreprise. L’analyse du système ne peut en aucun cas se réduire à l’examen d’une seule facette. Plus le système est dynamique, plus l’entreprise doit être perçue comme une trajectoire donnant la primauté à la qualité aux attentes aux valeurs modelées par les attentes et même l’inconscient collectif de l’ensemble de son personnel. Le SI sorte d’horloge biologique de l’organisation est chronologiquement dépend du cycle de vie de l’entreprise. Le compromis managérial amène l’entreprise à être conditionnée soit par une approche marché (marketing/client) soit sur son fonctionnement interne (management/organisation).
Ere des pionniers

C’est la période où l’entreprise souhaite changer le monde avec des idéaux d’aventuriers le SI est alors souple et modeste

Ere des organisateurs

Les recettes de succès ont été transformées en règles en normes de comportements, d’étique de culture. Le SI se structure autour d’applications fédératrices.

Ere des financiers

Le temps des fusions approche. Pour contourner le manque d’imagination au pouvoir il faut profiter de la rente financière, l’idée fixe est à la croissance externe, le montage financier, l’absorption, la fusion.. Le SI devient un grand organe de contrôle financier sclérosé coûteux en accumulant les dysfonctionnements nés des systèmes hétérogènes et de l’intégration incomplète des organisations. La DSI et l’informatique deviennent des problèmes.

Ere des prédateurs

Les corporatismes, le clanisme, les luttes tribales règnent en maître. Le partage du gâteau avant l’abime attise toutes les convoitises, le temps des mercenaires et des condottieres est venu. Le SI devient l’enjeu de toutes les luttes, le consensus nécessaire à son développement est impossible, il s’ossifie, totalement couturé de tous cotés. Le déclin est inéluctable.


  • L’entreprise malade de son management


Les styles de direction caractérisent aussi les différentes étapes de ce cycle de vie de l’organisation. En effet les valeurs modèlent le format de distribution des pouvoirs proposant le système des caciques, une logique rationalisée par la comptabilité ou des visions organiques transverses liées aux processus. La légitimité du décideur se situe au niveau de l’arbitrage entre ces différentes forces centrifuges de l’entreprise. Pour Michel Volle, quatre pôles de légitimité marquent le décideur moderne le Politique et la gestion de l’image de marque, l’Administratif et l’organisation du contrôle, l’expertise professionnelle des Métiers de l’entreprise et l’Informatique


L’administration (ou le management) des organisations est le grand malade de l’entreprise. Les SI de mauvaise qualité en sont les symptômes les plus évidents. Nombrilisme et féodalisme entraînent une mauvaise qualité des référentiels. Le manque de compréhension du SI par les experts en charge de soigner l’organisation (sociologues, juristes économistes …) ajoutent aux maux opérationnels. Ces derniers jaloux du pouvoir de levier des TIC qu’ils ne maitrisent ni ne comprennent rendent très difficile la dialectique positive indispensable entre les constructeurs et usagers du SI. Le DSI apparaît alors plus comme un potentat dont le pouvoir dépend de la taille de son budget. Il est considéré comme l’auxiliaire ancillaire des métiers et de l’administration de l’informatique et a beaucoup de mal à imposer sa logique économique et sa cohérence dans la durée. Le DSI doit concilier ses deux hémisphères sinon il court le risque d’hémiplégie : coté gauche la plate-forme technique, la rigueur, la physique de l’entreprise et coté droit la conception, la vision prospective, le langage et la physiologie de l’entreprise La clef du succès est d’organiser la symbiose et l’équilibre entre ces deux facettes complémentaires.


  • Besoin de s’approprier les sciences de l’informatisation


Les métiers au cœur du savoir faire de l’entreprise éprouvent également les plus grandes difficultés pour communiquer en dehors de leur quotidien et pour formaliser les bases de leur discipline. La capitalisation passe la formalisation du savoir métiers et leur modélisation. Cette phase de consolidation des savoir-faire est souvent bâclée car trois étapes sont indispensables pour d’approprier l’organisation et son SI : maîtriser l’existence de solutions techniques, comprendre le comment ça marche, savoir se servir des technologies. Il faut à la fois définir le modèle de représentation et dimensionner la plateforme technique ce qui suppose une capacité à anticiper le plan de charge ainsi que le comportement des futurs utilisateurs. Ceci nécessite une phase d’analyse et d’assimilation des problèmes et des solutions que peu de personnes et en tout cas rares sont les dirigeants et les sponsors impatients qui en soupçonnent l’utilité élémentaire. Ce qui semble si évident à un praticien chevronné est incompréhensible pour le dirigeant vivant dans un microcosme sans inertie ou les velléités du prince font office de possible.
La compréhension des phénomènes réels passe également par la maîtrise d’outils additionnels de simplifications et de synthèse. Comprendre les sciences statistiques facilite la conception et l’interprétation de tableaux de bord pertinents, la lecture de courbe de ventes. L’analyses en composantes principales et autres disciplines issue de la recherche opérationnelle permettent de structurer de la réalité d’un secteur, d’une organisation. Pour Michel Volle ne pas maîtriser les sciences et technologies qui supportent l’action et la prise de décision (sciences statistiques, recherche opérationnelle, informatique) c’est être incapable d’analyser rigoureusement les phénomènes globaux, d’extrapoler les études de cas particuliers contextuels et de questionner les présupposés issus de sa sphère d’expérience personnelle toujours parcellaire.


  • L’entreprise en crise

.

Les crises sont liés à des incidents et dérèglements répétitifs dont les causes sont communes à de très nombreuses organisations. Le processus de décision est mal défini avec l’usage abusif du pifomètre arbitraire sans intuition fondée sur la précision des faits et des statistiques. Les missions sont mal définies ou à contre emploi. La recherche systématique du bouc émissaire (fingerpointing) inhibe velléité d’innovation. Le langage est dévalué, miné par un vocabulaire incertain, jargonnant et une langue de bois omniprésente employant des superlatifs sans fondement. L’organisation perd son sens et son âme et la tyrannie du pragmatisme masque une imagination stérilisée et une vision atrophiée. Les dirigeants confondent comptabilité et économie. L’ « éthique » de la communication privilégie l’image médiatique et la propagande à l’expertise. .La culture du non dit s’impose sans partage avec ses adages du « pas de vagues » au «  pas vu pas pris » en passant par « après moi le déluge » qui favorise un management autiste et court-termiste valorisant la stratégie de la renonciation. La volupté du pouvoir ne réside plus dans la prise de décision partagée mais dans la jouissance de l’arbitraire.
Michel Volle propose de proposer une stratégie des petits pas, des petites étapes loin des triomphes éclatants mais éphémères, le pointillisme systématique diffusant le progrès par petites touches les petits bonheurs du quotidien. Mais peut-on réellement changer de paradigme, transformer nos organisations et notre rapport au travail sans bouleverser les certitudes sans révolutionner les points de vue et régénérer des peurs et angoisse séculaires ? La précision, la concision, le retour de l’efficacité du langage simple et modestie tracent une voie homéopathique de la recherche de pureté de patience.
6. CONCLUSION : comment vivre avec l’automate
L’automate, comme tous nos artefacts, a profondément modifié nos rapports à l’environnement, l’espace le temps. Les institutions si difficilement élaborées sont devenues obsolètes et mènent la lutte plus pour leur survie que pour servir. L’informatique est devenue l’esperanto de l’entreprise. C’est au niveau du langage et de la communication que ce trouve le nœud gordien. Il faut passer de la description du langage descriptif au langage opératoire. Cette pensée pratique orientée par l’action doit être abstraite et polysémique c'est-à-dire articuler plusieurs couches structurelles de langages. Les langages de programmation, l’art de l’algorithme, les systèmes d’exploitation et l’architecture sont les disciplines clefs de la science informatique mais les souffrance de l’apprentissage doivent nous rappeler les vertus indispensables pour réenchanter notre environnement économique : travail, abnégation, modestie et solidarité.


Comment réconcilier l’homme et l’automate et retrouver la connivence nécessaire ?
Dans un premier temps il faut intégrer la dimension SI dans la stratégie générale de l’entreprise ; c'est-à-dire développer une vision analytique pertinente du rôle de l’informatique dans les organisations en comprenant le processus d’informatisation ce qui passe par la modélisation des relations entre EHO et APU et exige la maîtrise de l’abstraction. Apprendre à vivre avec l’automate devient un objectif à la fois individuel et collectif. Il nous faut apprendre à concevoir nos prothèses au niveau des individus, des entreprises et de la société toute entière. L’automate est sans intention il transforme le monde en déplaçant les frontières du possible. Il pose simplement la question de la cible. Que voulons-nous faire de nos entreprises ? Comment les rendre plus efficaces ? En modifiant le contenu et la division du travail, il nous oblige à trouver de nouveaux équilibres : équilibre de l’échange, équilibre de la coopération, commerce de la considération.
Malgré notre adoration hypnotique pour la violence, la force, la beauté du tueur et la prédation symboles d’actions d’éclat, la société de l’information nécessite l’échange équilibré où l’automate reste un outil neutre nous apportant sa puissance pour l’épanouissement de l’homme ou son asservissement.


7. Discussion et critiques

Petit guide de savoir faire et savoir-vivre

à l’attention des élites mal comprenant

« Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à  chercher de nouveaux paysages mais à  avoir de nouveaux yeux. » Marcel Proust

Introduction
Avant tout, remercions Michel Volle pour cet ouvrage salutaire qui permet de clarifier et d’élucider cette science naissante des systèmes d’information mais déjà si mal comprise et si fortement controversée. Néanmoins, au nom de tous ceux qui pensent que la lecture de quelques chapitres de « De l’informatique » participe à une meilleure digestion après l’absorption d’un pack de bière durant un match de l’équipe de France de football suivi par l’épreuve intellectuelle que représente la compréhension du discours sibyllin du grand Raymond, nous pardonnerons à Michel Volle quelques redites récurrentes qui ont pour vertu de rappeler les principes philosophiques soutenant l’épistémologie du génie informatique mais qui ne facilitent pas toujours la recherche de sa page après un endormissement subit. Une astuce simple pour retrouver cette page si palpitante c’est l’usage du marque-page en fer forgé version rasoir d’occam, concept un peu lourd d’emploi mais qui posé entre Parménide et Thomas d’Aquin matérialise joliment cette si foudroyante pensée de Kant qui vous a plongé dans un sommeil semi comateux.
Autre remarque stylistique, Michel Volle ne peut s’empêcher de retrouver les joies juvéniles des classes préparatoires scientifiques, le temps béni où l’intégrale sentait bon le Biactol et l’acné adolescent, les premiers émois pour Evariste Gallois (le Bolivar de l’équation polynomiale, le Che Guevara de l’intégrale triple) et sa voisine du premier rang. Quelle volupté nostalgique de retrouver cette période bénie de la découverte un peu puéril de la puissance formelle des mathématiques qui ravissent le micro-économiste esthète et le sociologue positiviste ! Joie ineffable qui permet de démontrer consécutivement la conjecture de Goldbach, le monopole naturel et la quadrature du cercle. Loin de la sécheresse formelle de la pensée philosophique, qu’il est bon de retrouver les certitudes et la puissance évocatrice de ces gracieuses courbes et équations qui embellissent si aimablement les doctes thèses de la puissance magique irréfutable de symboles mathématiques sublimes, de cette incantation chamanique si propice à convaincre le béotien le plus récalcitrant.
Plus sérieusement, si la caricature de l’ingénieur économiste mathématicien philosophe positiviste est facile, reconnaissons à Michel Volle d’introduire de façon très synthétique l’absolue nécessité, si l’on veut disséquer les liens entre l’automate et l’humain, de réintroduire des notions philosophiques humanistes indispensables à la compréhension de la période contemporaine source de confusions programmées et d’injonctions paradoxales déstabilisantes Les luttes d’influence, de frontières, les cicatrices laissées par les spécialistes de la restructuration, les coups de bistouris des chirurgiens du « cost killing », les effets collatéraux des cabinets de consultants, les boursouflures des discours lénifiant du marketing des fournisseurs, les promesses jamais tenues, la sueur pour stabiliser les plate-forme techniques souffrant de rhumes de cerveau chroniques, la métis et les ruses tactiques des apprentis machiavel, les rêves paranoïaques d’empire au Sahara ou de châteaux en Espagne des industriels du sucre, toutes ses péripéties, toutes ces incuries sont autant de vestiges fossilisés ancrés dans les couches géologiques des SI de l’entreprise et expliquent ces référentiels mal conçus, ses applications incohérentes, ses silos informationnels déconnectés du reste de l’entreprise.


Nous allons reprendre les différents points de points de vue des ethnotypes qui modèlent par leurs représentations le système d’information de l’entreprise, théâtre où se trame l’intrigue et se déploie le jeu des différents acteurs. Pour exprimer le gouffre séparant les champs de signification et d’interprétations, nous avons choisi pour reprendre l’expression d’Horace « de joindre l’utile à l’agréable » en décrivant sur le ton du conte et de la fable, l’esthétique carnavalesque des masques et des tragicomédies qui se tissent autour du concept de système d’information. Bien évidemment satire et caricature n’ont comme but que de mettre en lumière des comportements excessifs très loin de la réalité des faits.

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